Philosophie
La philosophie (du grec ancien φιλοσοφία, composé de φιλεῖν, « aimer » et σοφία, « la sagesse, le savoir », c'est-à-dire littéralement : « l'amour de la sagesse ») désigne une activité et une discipline existant depuis l'Antiquité et se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l'existence humaine, ou encore comme un savoir systématique
Littérature [modifier]
Essai [modifier]
Léon Bloy, Sur la tombe de Huysmans, 1913 [modifier]
Huysmans et son dernier Livre
L’aquatique pureté du feuilleton se sentit menacée jusque dans sa colle la plus intime par ce moraliste indépendant qui ne craignait pas de retrousser les âmes et de visiter les cœurs au spéculum de la plus imperturbable analyse.
Et puis, Huysmans avait le malheur d’être un écrivain, il avait cette inéligible tare qui doit être unanimement réprouvée par l’opinion de toutes les obédiences de la muflerie publique, en attendant qu’une juste loi la flétrisse enfin de quelque infamante peine.
Nul n’est censé ignorer, d’ailleurs, que tout écrivain véritable est radicalement inapte à la production d’une congruente philosophie. Critique d’art, psychologie, sciences morales ou naturelles, tout est interdit à cet empêtré d’azur.
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Sur la tombe de Huysmans, Léon Bloy, éd. Paris, coll. Collection des Curiosités littéraires, 1913, Avant la Conversion : Huysmans et son dernier Livre, p. 24
Prose poétique [modifier]
Jacques Baron, La Journée des mille dimanches, 1922 [modifier]
Ici commence la partie philosophique de ce gros oeuvre qui occupa toute ma vie. Elle comprend quatre volumes in-octavo reliés en peau de truie. Elle sert de papier dans les W.-C. des cafés à la mode. Je suis connu dans toutes les bonnes sociétés. On prétend même qu'on chante des hymnes en mon honneur dans les couvents de nonnes que j'eus plaisir il y a quelques temps à dépuceler les unes après les autres.
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« La Journée des mille dimanches », Jacques Baron, Littérature Nouvelle Série, nº 4, Septembre 1922, p. 15
Roman [modifier]
Dominique Fernandez, Porporino ou les mystères de Naples, 1974 [modifier]
— A Naples les richesses sont concentrées dans les mains de quelques grandes familles qui les dilapident sans en créer de nouvelles ; la noblesse se croirait déchue si elle se mettait à travailler ; le peuple est trop misérable pour penser au lendemain. Tout stagne, tout périclite. La philosophie des lumières se heurte à l'évidence d'un marasme chronique. Tant que le royaume n'aura pas une bourgeoisie marchande et industrielle qui prenne en main les affaires et assume les responsabilités d'une classe dirigeante véritable, la meilleure volonté du monde ne pourra ici qu'enregistrer la défaite de la raison.
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Porporino ou les mystères de Naples (1974), Dominique Fernandez, éd. Grasset, coll. Les Cahiers Rouges, 1974 (ISBN 978-2-246-01243-6), partie III « Naples », Castrapolis, p. 353
Psychologie [modifier]
Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980 [modifier]
Préambule et divertimento
[...] lancés comme nous sommes dans les méandres des paradoxes, irons-nous en voyage au sud de l'Italie, à Élée, aujourd'hui Velia, dans un paysage merveilleusement virgilien d'oliviers et de lauriers-roses, jadis fréquenté par Énée un des premiers armateurs grecs à la recherche d'un siège social en Italie entre le cap Palinuro où il perdit son pilote, et le cap Leucosie, où il rejoignit une starlette, ou une nymphe, qui l'attendait dans une vaste propriété aujourd'hui privée ? A Élée nous retrouverions Parménide, qui aimait l'éternité, et surtout Zénon, champion des apories et des paradoxes, Zénon qui avait installé une fabrique de flèches n'atteignant jamais leur cible mobile, et qui organisait des courses entre lièvres et tortues, que nul ne gagnait jamais. Faut-il être fou, faut-il être schizophrène pour assurer qu'on peut arrêter le temps avec sa tête ! Alors, schizo, Zénon ? Freud disait à peu près que les philosophies sont les délires des bien-portants et vous vous rappelez que j'ai pris soin de distinguer la folie de la psychose. Irons-nous cependant penser que, dirigée ainsi qu'elle l'était par des gens comme Parménide et Zénon, Élée était une cité folle ? Eh bien pas du tout. Je me suis laissé dire que nulle part aux temps antiques la démocratie n'a mieux réussi qu'à Élée ce qui donne à penser que mieux vaut penser les paradoxes, mieux vaut certes les penser, que les semer comme peaux de bananes sous les semelles de ses congénères, comme il en est qui aiment à le faire.
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Les Schizophrènes (1980), Paul-Claude Racamier, éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 978-2-228-89427-2), partie Préambule et divertimento, A Élée, p. 36
André Comte-Sponville [modifier]
La philosophie n’est ni une science ni une religion : chacun y cherche une même vérité (qui serait la vérité) mais ne trouve jamais que la sienne, qu’il confronte à celle des autres.
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Confessions d’un philosophe. Réponses à André Comte-Sponville, Marcel Conche et André Comte-Sponville, éd. Albin Michel, coll. Biblio Essais, 2003 (ISBN 2-253-131000-8), p. 12
Citation choisie citation du jour pour le 30 janvier 2011.
Marcel Conche [modifier]
J’entends par « homme philosophe », celui qui mesure qu’il n’appartient qu’à lui-même de décider de ce que signifie « être » et de la façon, pour lui, d’être « vraiment ». Philosophe, tout homme l’est virtuellement. Mais la plupart des humains sont des « hommes collectifs », qui abdiquent en autrui la responsabilité de leur être.
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Confessions d’un philosophe. Réponses à André Comte-Sponville, Marcel Conche et André Comte-Sponville, éd. Albin Michel, coll. Biblio Essais, 2003 (ISBN 2-253-13100-8), p. 202
La philosophie est recherche de la vérité au sujet du Tout de la réalité, et de la place de l’homme dans le Tout. […] La philosophie n’est ni recherche du bonheur ni recherche d’un sagesse qui serait possession de la Vérité, car posséder la Vérité est impossible ; mais elle a pour condition une sagesse, car sans une certaine sagesse, on ne peut se vouer à la recherche de la vérité.
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Confessions d’un philosophe. Réponses à André Comte-Sponville, Marcel Conche et André Comte-Sponville, éd. Albin Michel, coll. Biblio Essais, 2003 (ISBN 2-253-13100-8), p. 275
Descartes [modifier]
C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher.
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Lettre-préface à l'édition francaise Les principes de la philosophie, Descartes, éd. ferdinand alquié, 1989 (ISBN 2-04-017304-8), p. 771
Épicure, Lettre à Ménécée [modifier]
Il faut (…) que le jeune homme aussi bien que le vieillard cultivent la philosophie : celui-ci pour qu'il se sente rajeunir au souvenir des biens que la fortune lui a accordé dans le passé, celui-là pour être, malgré sa jeunesse, aussi intrépide en face de l'avenir qu'un homme avancé en âge.
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Epicure et les épicuriens (1961), Épicure (trad. Maurice Solovine, choix des textes Jean Brun), éd. Presses Universitaires de France, coll. Les grands textes, 2004, p. 129 (texte intégral sur Wikisource)
Victor Hugo, Les Misérables [modifier]
La philosophie est le microscope de la pensée.
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Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, partie V, chap. 2, p. 162 (texte intégral sur Wikisource)
Karl Marx et Friedrich Engels, Thèses sur Feuerbach [modifier]
XI. Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières — ce qui importe, c'est de le transformer.
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Textes 1 (1845), Karl Marx (trad. R. Cartelle et G. Badia), éd. sociales, coll. Classiques du marxisme, 1972, chap. Un nouveau matérialisme, p. 91
Roger Nimier, Le Hussard bleu [modifier]
La philo n'est pas mal non plus. Malheureusement, elle est comme la Russie : pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands.
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Le Hussard bleu, Roger Nimier, éd. Gallimard, coll. Folio, 2004 (ISBN 2-07-036986-2), p. 348
Platon, La République [modifier]
Si l'on arrive pas, ou bien à ce que les philosophes règnent dans les cités, ou bien à ce que ceux qui à présent sont nommés rois et hommes puissants philosophent de manière authentique et satisfaisante, et que coïncident l'un avec l'autre pouvoir politique et philosophie; et à ce que les nombreuses natures de ceux qui à présent se dirigent séparément vers l'une ou l'autre carrière en soient empêchées par la contrainte, il n'y aura pas de cesse aux maux des cités, ni non plus il me semble, du genre humain.
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La République, Platon (trad. Pierre Pachet), éd. Folio essais, 1993, p. Livre V, 473d
Bertrand Russell [modifier]
Tout problème philosophique, soumis à une analyse et une élucidation indispensable, se trouve ou bien n'être pas philosophique du tout ou bien logique, dans le sens où nous employons ce terme.
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La méthode scientifique en philosophie, Bertrand Russell (trad. Philippe Devaux), éd. Payot&Rivages, 2002 (ISBN 2-228-89529-6), Deuxième conférence, p. 65
Le propre de la philosophie est de commencer par quelque chose de si simple qu'il ne semble pas la peine de l'énoncer, et de terminer par quelque chose de si paradoxal que personne n'y croira.
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« La philosophie de l'atomisme logique » (1918), dans Écrits de logique philosophique, Bertrand Russell (trad. Jean Michel Roy), éd. PUF, 1989, p. 352
Penez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie.
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Bertrand Russell, Exergue de My Philosophical Development, 1959, dans Anne-Francoise Schmid, INSA de Lyon et archives Poincaré (Université de Nancy-2, UMR CNRS 7117) (version pdf accessible en ligne, 2003).
Térence, Heauton Timoroumenos [modifier]
Rien de ce qui est humain ne m'est étranger .
- (la) Homo sum: humani nihil a me alienum puto.
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« Heauton Timoroumenos » (163 av. JC), dans Comédies, tome II, éd. Collection des universités de France, acte 1, scène 1, p. 23, vers 77 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Ludwig Wittgenstein [modifier]
Tractatus logico-philosophicus [modifier]
La tractacus logico-philosophicus de M. Wittgenstein, qu’il se révèle ou non comme donnant la vérité définitive sur les sujets dont il traite, mérite certainement, par son ampleur et sa portée et sa profondeur, d’être considéré comme événement important dans le monde philosophique.
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Tractatus logico-philosophicus (1921), Ludwig Wittgenstein, avec une introduction de Bertrand Russell (trad. Gilles-Gaston Granger), éd. Gallimard, 2004 (ISBN 2-07-075864-7), p. 13
4.003 - La plupart des propositions et des questions qui ont été écrites touchant les matières philosophiques ne sont pas fausses, mais sont dépourvues de sens.
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Tractatus logico-philosophicus (1921), Ludwig Wittgenstein (trad. Gilles-Gaston Granger), éd. Gallimard, 1993 (ISBN 2-07-075864-8), p. 51
4.0031 - Toute philosophie est « critique du langage ».
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Tractatus logico-philosophicus (1921), Ludwig Wittgenstein (trad. Gilles-Gaston Granger), éd. Gallimard, 1993 (ISBN 2-07-075864-8), p. 51
Recherches philosophiques [modifier]
Voir aussi Jeux de langage
Quand bien même un lion saurait parler, nous ne pourrions le comprendre.
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Recherches philosophiques, Ludwig Wittgenstein (trad. Elisabeth Rigal), éd. Gallimard, 2004 (ISBN 2-07-075852-4), partie II, chap. xi, p. 313
Donner des ordres, et agir d’après des ordres - Décrire un objet en fonction de ce qu’on voit, ou à partir des mesure que l’on prend - Produire un objet d’après une description (dessin) - Rapporter un événement - Faire des conjectures au sujet d’un événement - Établir une hypothèse et l’examiner - Représenter par des tableaux et des diagrammes les résultats d’une expériences - Inventer une histoire ; et la lire. Jouer du théâtre - Chanter des comptines - Résoudre des énigmes - Faire une plaisanterie ; la raconter - Résoudre un problème d’arithmétique appliquée - Traduire d’une langue dans une autre - Solliciter, remercier, maudire, saluer, prier..
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Recherches philosophiques, Ludwig Wittgenstein, éd. Gallimard, 2004 (ISBN 978-2-07-075852-4), p. 39-40
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Signo, 2006, dans Nicolas Xanthos, « Les jeux de langage chez Wittgenstein », dans Louis Hébert (dir.), Rimouski (Québec), en ligne.