Patriotisme
Le patriotisme (du latin pinder, parrain) est un sentiment d'appartenance à un pays, la patrie, qui renforce l'alliance selon des valeurs communes.
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[modifier] Georges Darien
Le patriotisme n'est pas seulement le dernier refuge des coquins ; c'est aussi le premier piédestal des naïfs et le reposoir favori des imbéciles.
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Belle France (1900), Georges Darien, éd. Complexe, 1993, p. 57-58
[modifier] Romain Gary
Le patriotisme, c'est d'abord l'amour des siens, le nationalisme, c'est d'abord la haine des autres.
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Pour Sganarelle (1965), Romain Gary, éd. Gallimard, 1965, p. 371
[modifier] Georges Elgozy
Patriotisme : seule forme avouable de xénophobie.
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Le Fictionnaire ou précis d'indéfinitions, Georges Elgozy , éd. Denoël, 1973, p. 257
[modifier] Hermann Goering
Bien entendu, le peuple ne veut pas de guerre. Pourquoi est-ce qu'un pauvre gueux dans une ferme voudrait risquer sa vie dans une guerre dont il ne peut espérer au mieux qu'il en reviendra entier ? Naturellement, le commun de la population ne veut pas de guerre ; ni en Russie, ni en Angleterre, ni en Amérique, ni, en ce qui nous concerne, en Allemagne. C'est bien entendu. Mais, après tout, ce sont les dirigeants d'un pays qui en déterminent les lignes d'action, et ce n'est jamais qu'une question simple que d'entraîner le peuple, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, un Parlement, ou une dictature communiste. […] Le peuple peut toujours être converti à la cause des dirigeants. Cela est facile. Tout ce qu'il suffit de faire, c'est de leur dire qu'ils sont attaqués et dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme qui expose le pays au danger. Cela marche de la même manière dans tous les pays.
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Nuremberg Diary, Gustave Gilbert, éd. Da Capo Press, 1995 (Reprint Edition) (ISBN 978-0306806612), p. 278
[modifier] Alphonse de Lamartine
Je suis homme avant d'être Français, Anglais ou Russe, et s'il y avait opposition entre l'intérêt étroit de nationalisme et l'immense intérêt du genre humain, je dirais, comme Barnave : « Périsse ma nation, pourvu que l'humanité triomphe! ».
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La France parlementaire (1834-1851) : oeuvres oratoires et écrits politiques, Alphonse de Lamartine, éd. A. Lacroix, Verboeckhoven, 1864, vol. 2, p. 382
[modifier] Guy de Maupassant
Si la guerre est une chose horrible, le patriotisme ne serait-il pas l'idée-mère qui l'entretient ?
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Belle France (1900), Guy de Maupassant, éd. Ollendorff, 1901, p. 159
[modifier] Jean-Jacques Rousseau
L'esprit patriotique est un esprit exclusif, qui nous fait reconnaître comme ennemi tout autre que nos concitoyens. Tel était l'esprit de Sparte et de Rome.
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Correspondance complète de Jean Jacques Rousseau, Jean Jacques Rousseau, éd. Institut et Musée Voltaire, 1991, vol. 16, Lettre à Paul Usteri (1763), p. 15
[modifier] Arthur Schopenhauer
Le patriotisme est la plus sotte des passions et la passion des sots.
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Les munitions du pacifisme: anthologie de plus de 400 pensées et arguments contre la guerre, Ermenonville, éd. Brochure Mensuelle, 1933, p. 15
[modifier] Shūsui Kōtoku
Je crois avoir réussi à vous expliquer et éclaircir la nature du patriotisme, ce qu'on nomme l'amour de la patrie. Elle se résume en un instinct animal, en superstition, en fanatisme, en vanité, en sentiment belliqueux.
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L'impérialisme, le spectre du XX siècle, Shūsui Kōtoku, éd. CNRS éditions, 2008 (1901), p. 126
[modifier] Tzvetan Todorov
Le règne de l'égalité chez soi n'empêche pas d'être esclavagiste ou colonialiste à l'extérieur : telle est la logique du patriotisme.
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Nous et les autres, Tzvetan Todorov, éd. Seuil, 1989, p. 249
Quel est le défaut inhérent au patriotisme ? C'est que, en préférant une partie de l'humanité au reste, le citoyen transgresse le principe fondamental de la morale, celui de l'universalité : sans le dire ouvertement, il admet que les hommes ne sont pas égaux. [...] la vraie morale, la vraie justice, la vraie vertu présupposent l'universalité, et donc l'égalité des droits.
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Nous et les autres, Tzvetan Todorov, éd. Seuil, 1989, p. 251
[modifier] Léon Tolstoï
Au lieu des haines nationales qu'on nous inspire sous le couvert du patriotisme, il faut enseigner aux enfants l'horreur et le mépris de la carrière militaire, qui sert à diviser les hommes, il faut leur enseigner à considérer comme un signe de sauvagerie la division des hommes en Etats, la diversité des lois et des frontières; que massacrer des étrangers inconnus sans le moindre prétexte est le plus horrible des forfaits dont est capable l'homme tombé au dernier degré de la bête.
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Les munitions du pacifisme: anthologie de plus de 400 pensées et arguments contre la guerre, Ermenonville, éd. Brochure Mensuelle, 1933, p. 25
Le patriotisme est un sentiment artificiel et déraisonnable, source funeste de la plupart des maux qui désolent l'humanité.
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Les munitions du pacifisme: anthologie de plus de 400 pensées et arguments contre la guerre, Ermenonville, éd. Brochure Mensuelle, 1933, p. 47
[modifier] Voltaire
Qu’est-ce que l’amour de la patrie? Un composé d’amour-propre et de préjugés dont le bien de la société fait la plus grande des vertus.
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« Pensées sur le gouvernement » (1752), dans OEuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Hachette, 1860, t. 18, p. 202
Il est triste que souvent pour être bon patriote on soit l'ennemi du reste des hommes. [...] Telle est donc la condition humaine, que souhaiter la grandeur de son pays c'est souhaiter du mal à ses voisins. Celui qui voudrait que sa patrie ne fût jamais ni plus grande, ni plus petite, ni plus riche, ni plus pauvre, serait le citoyen de l'univers.
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Dictionnaire philosophique (1764), Voltaire, éd. Menard et Desenne, 1827, t. 11, article « Patrie », p. 236-237
[modifier] Uli Windisch
Je trouve pourtant notre patriotisme plutôt soft. On ne se tape plus sur la poitrine, on ne bombe plus le torse. On ne s'est jamais considérés comme un peuple élu, et en tout cas pas élu par Dieu. Cela ne correspond pas à la sensibilité populaire.
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« On ne s'est jamais considérés comme le peuple élu », Uli Windisch, Migros Magazine, nº 35, 29 août 2010, p. 13
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