Arthur Schopenhauer

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Arthur Schopenhauer

Arthur Schopenhauer (1788 - 1860) est un philosophe allemand.

La Dialectique éristique publiée en Français sous le titre L'Art d'avoir toujours raison, 1830[modifier]

Ainsi, nous sommes quasi obligés d'être malhonnête lors de controverse, ou tout du moins légèrement tentés de l'être. De cette façon, la faiblesse de notre intelligence et la perversité de notre volonté se soutiennent mutuellement.


Dans toute controverse ou argumentation, il faut que l'on s'entende sur quelque chose, un principe à partir duquel on va juger du problème posé : on ne saurait discuter avec quelqu'un qui conteste les principes.

  • Contra negantem principia non est disputandum.
  • L’art d'avoir toujours raison (titre original Eristische Dialektik) (1830), Arthur Schopenhauer (trad. Dominique Miermont), éd. Mille et une nuits, 1998 (ISBN 978-2-84205-301-7), p. 21


Bref, très peu de gens savent réfléchir, mais tous veulent avoir des opinions; que leur reste-t-il d’autre que de les adopter telles que les autres les leurs proposent au lieu de se les forger aux-même?

  • L’art d’avoir toujours raison (titre original Eristische Dialektik) (1830), Arthur Schopenhauer (trad. Dominique Miermont), éd. Mille et une nuits, 1998 (ISBN 978-2-755-50242-8), p. 55


Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est : on pourrait appeler cela l’argumentum ad personam pour faire la différence avec l’argumentum ad hominem. »


La seule parade sûre est donc celle qu'Aristote a indiquée dans le dernier chapitre des Topiques : ne pas débattre avec le premier venu, mais uniquement avec les gens que l'on connaît et dont on sait qu'ils sont suffisamment raisonnables pour ne pas débiter des absurdités et se couvrir de ridicule (...) Il en résulte que sur cent personnes, il s'en trouve à peine une qui soit digne qu'on discute avec elle. Quant aux autres, qu'on les laisse dire ce qu'elles veulent car c'est un droit des gens que d'extravaguer, et que l'on pense aux paroles de Voltaire "La paix vaut encore mieux que la vérité." Et un proverbe arabe dit : "à l'arbre du silence est accroché son fruit : la paix."

  • desipere est juris gentium.
  • L'art d'avoir toujours raison (titre original Eristische Dialektik) (1830), Arthur Schopenhauer (trad. Dominique Miermont), éd. Mille et une nuits, 1998 (ISBN 978-2-755-50242-8), p. 68


Le Monde comme volonté et comme représentation, 1818-1819 et 1844[modifier]

Étudier la logique en vue de ses avantages pratiques, ce serait vouloir apprendre au castor à bâtir sa hutte.

  • Le Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer, éd. Presse Universitaire de France, 1978, p. 77


Celui qui se donne la mort voudrait vivre; il n'est mécontent que des conditions dans lesquelles la vie lui est échue.

  • Le Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer, éd. Presses universitaires de France, 1978, p. 155


Tout homme blanc est un homme décoloré.

  • Le Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer (trad. Auguste Burdeau), éd. Alcan, 1909, t. 3, partie Supplément au quatrième livre, chap. XLIV (« Métaphysique de l'amour »), p. 358 (texte intégral sur Wikisource)


Que l'on considère, par exemple, le Coran ; ce méchant livre a suffi pour fonder une grande religion, satisfaire, pendant douze cent ans le besoin métaphysique de plusieurs millions d'hommes ; il a donné un fondement à leur morale, leur a inspiré un singulier mépris de la mort et un enthousiasme capable d'affronter des guerres sanglantes, et d'entreprendre les plus vastes conquêtes. Or nous y trouvons la plus triste et la plus pauvre du théisme. Peut-être le sens nous en échappe-t-il en grande partie dans les traductions. Cependant je n'ai pas pu y découvrir une seule idée un peu profonde.

  • Le Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer (trad. Auguste Burdeau), éd. Presses universitaires de France, 1943, t. 2, p. 296


Aphorismes sur la sagesse dans la vie, 1886[modifier]

On ne peut être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ; qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul.

  • Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Arthur Schopenhauer (trad. J.-A Cantacuzène), éd. Félix Alcan, 1924, chap. V (« Parénèses et maximes », II (« Concernant notre conduite envers nous-même », p. 174 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


Nul ne peut voir par-dessus soi. Je veux dire par là qu'on ne peut voir en autrui plus que ce qu'on est soi-même, car chacun ne peut saisir et comprendre un autre que dans la mesure de sa propre intelligence.

  • Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Arthur Schopenhauer (trad. J.-A Cantacuzène), éd. Félix Alcan, 1924, chap. V (« Parénèses et maximes », II (« Concernant notre conduite envers les autres », p. 220 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


L'art d'être heureux[modifier]

Le bonheur positif et parfait est impossible ; il faut seulement s'attendre à un état comparativement moins douloureux.

  • L'art d'être heureux, Arthur Schopenhauer (trad. Jean-Louis Schlegel), éd. Seuil, 2001 (ISBN 2-02-038760-3), p. 28


Nous sommes tous nés en Arcadie, autrement dit nous entrons dans la vie pleins d'exigences de bonheur et de jouissance, et nous avons l'espoir fou de les réaliser jusqu'à ce que le destin nous tombe dessus sans ménagement et nous montre que rien n'est à nous…

  • L'art d'être heureux, Arthur Schopenhauer (trad. Jean-Louis Schlegel), éd. Seuil, 2001 (ISBN 2-02-038760-3), p. 30


…l'expérience […] nous enseigne que bonheur et jouissance sont de pures chimères qu'une illusion nous indique au loin ; qu'au contraire la souffrance, la douleur sont réelles, qu'elles se font connaître elles-mêmes immédiatement sans avoir besoin d'illusion et de délais.

  • L'art d'être heureux, Arthur Schopenhauer (trad. Jean-Louis Schlegel), éd. Seuil, 2001 (ISBN 2-02-038760-3), p. 30



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