Louis Aragon
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Louis Aragon (3 octobre 1897, Neuilly-sur-Seine — 24 décembre 1982, Paris) est un poète et un romancier français.
Fondateur du mouvement surréaliste avec André Breton notamment, il est engagé depuis 1927 au Parti communiste français. Sa poésie est pour la plupart inspirée de l'amour qu'il portait à sa compagne, Elsa Triolet (Cantique à Elsa, Les yeux d'Elsa, Le Fou d'Elsa…).
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[modifier] Le Libertinage, 1924
La parole n’a pas été donnée à l'homme : il l'a prise.
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Le Libertinage, Louis Aragon, éd. NRF, 1924, p. 20
Citation choisie citation du jour pour le 1 juin 2009.
[modifier] Traité du style, 1928
On sait que le propre du génie est de fournir des idées aux crétins une vingtaine d'années plus tard.
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Traité du style, Louis Aragon, éd. L'Imaginaire/Gallimard n° 59, 1980, p. 64
[modifier] Les Yeux d'Elsa, 1942
C'est au sens de Virgile que je dis je chante quand je le dis. Arma virumque cano… "Je chante les armes et les hommes…" ainsi commence l'Énéide, ainsi devrait commencer toute poésie.
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Les Yeux d'Elsa (1942), Louis Aragon, éd. Seghers, 1992 (ISBN 2-232-10280-7), p. 30
Pourquoi écrivez-vous ? Ma réponse, elle est dans Virgile. Et mon chant ne peut se refuser d'être; parce qu'il est une arme lui aussi pour l'homme désarmé, parce qu'il est l'homme même, dont la raison d'être est la vie. Je chante parce que l'orage n'est pas assez fort pour couvrir mon chant, et que quoi que demain l'on fasse, on pourra m'ôter cette vie, mais on n'éteindra pas mon chant.
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Les Yeux d'Elsa (1942), Louis Aragon, éd. Seghers, 1992 (ISBN 2-232-10280-7), p. 31
L'enfant accaparé par les belles images
Équarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages
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Les Yeux d'Elsa (1942), Louis Aragon, éd. Seghers, 1992 (ISBN 2-232-10280-7), p. 34
Pour qui chanter vraiment en vaudrait-il la peine
Si ce n'est pas pour ceux dont tu rêves souvent
Et dont le souvenir est comme un bruit de chaînes
La nuit s'éveillant dans tes veines
Et qui parle à ton cœur comme au voilier le vent
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Les Yeux d'Elsa (1942), Louis Aragon, éd. Seghers, 1992 (ISBN 2-232-10280-7), p. 104
[modifier] Les Yeux et la Mémoire, 1954
Je réclame le droit de rêver au tournant
De la route Aux grands charmes de la promenade
Le droit de m’émouvoir du monde maintenant
Que s’approche la canonnade
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Les Yeux et la Mémoire, Louis Aragon, éd. Gallimard, 1954, IV (« Je plaide pour les rues et les bois d'aujourd'hui »), p. 36
[modifier] Le Roman inachevé, 1956
Sur le Pont-Neuf j'ai rencontré
Fumée aujourd'hui comme alors
Celui que je fus à l'orée
Celui que je fus à l'aurore
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Le Roman inachevé (1956), Louis Aragon, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-030011-0), p. 16
Un front qui s'appuie
À moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers
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Le Roman inachevé (1956), Louis Aragon, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-030011-0), p. 182
Mais toutes les comparaisons ici paraissent inutiles
Vous pouvez brûler tous les mots sans expliquer ce qu'est le feu
Le bonheur et la flamme sont ce qui danse au fond de nos yeux
Pour qui ne les a jamais vus comment se ressembleraient-ils
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Le Roman inachevé (1956), Louis Aragon, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-030011-0), p. 184
Vous retrouverez dans mon sang ses pleurs
Vous retrouverez dans mon chant sa voix
Ses yeux dans mes veines
Et tout l'avenir de l'homme et des fleurs
Toute la tendresse et toute la joie
Et toutes les peines
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Le Roman inachevé (1956), Louis Aragon, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-030011-0), p. 184
[modifier] Le Fou d'Elsa, 1963
Croire au soleil quand tombe l'eau.
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Le Fou d'Elsa (1963), Louis Aragon, éd. Gallimard, 1963, p. 292
[modifier] Monument aux morts, guerre 1939-1945, Bayeux (Calvados)
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leurs pas
Que l'un fût de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
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Louis Aragon, 1945, Bayeux, dans Monument aux morts, Louis Aragon : Inscriptions sur la stèle.