Victor Hugo
Victor Hugo né le 26 février 1802 à Besançon, mort le 22 mai 1885 à Paris, est un auteur romantique de langue française.
Sommaire |
[modifier] Poésie
[modifier] Les Orientales, 1829
L'Alhambra ! l'Alhambra ! palais que les Génies
Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies;
Forteresse aux créneaux festonnés et croulans,
Où l'on entend la nuit de magiques syllabes,
Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,
Sème les murs de trèfles blancs !
- Sur l'Alhambra de Grenade en Espagne
-
Les Orientales, Victore Hugo, éd. C. Gosselin, 1829, Grenade, p. 292
Au Nil je le retrouve encore.
L'Egypte resplendit des feux de son aurore;
Son astre impérial se lève à l'orient.
Vainqueur, enthousiaste, éclatant de prestiges,
Prodige, il étonna la terre des prodiges.
Les vieux scheiks vénéraient l'émir jeune et prudent;
Le peuple redoutait ses armes inouïes;
Sublime, il apparut aux tribus éblouies
Comme un Mahomet d'Occident.
- Sur Napoléon Bonaparte
-
Les Orientales, Victor Hugo, éd. C. Gosselin, 1829, Lui, p. 378
[modifier] Les Châtiments, 1853
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front,
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime,
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
-
« Les Châtiments », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, t. Poésie. IV, livre IV (« La religion est glorifiée »), poème IX (« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »), p. 219 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 1 décembre 2010.
Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
-
« Les Châtiments », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, t. Poésie. IV, livre IV (« La religion est glorifiée »), poème IX (« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »), p. 219 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Les Contemplations, 1856
L’homme est une prison où l’âme reste libre.
-
« Les Contemplations », dans Œuvres complètes de Victor Hugo (1856), Victor Hugo, éd. Hetzel/Quantin, 1883, t. Poésie VI, livre VI (« Au bord de l'infini »), poème XXVI (« Ce que dit la bouche d'ombre »), p. 350 (texte intégral sur Wikisource)
[…} l'enfant ne sera plus
Une bête de somme attelée à Virgile ;
Et l'on ne verra plus ce vif esprit agile
Devenir, sous le fouet d'un cuistre ou d'un abbé,
Le lourd cheval poussif du pensum embourbé.
Chaque village aura, dans un temple rustique,
Dans la lumière, au lieu du ma gis ter antique,
Trop noir pour que jamais le jour y pénétrât,
L'instituteur lucide et grave, magistrat
Du progrès, médecin de l'ignorance, et prêtre
De l'idée; et dans l'ombre on verra disparaître
L'éternel écolier et l'éternel pédant.
-
Les Contemplations, Victor Hugo, éd. Hachette, 1858, t. 1, p. 64-65
[…} dans nos regards vains
Brillent nos plans chétifs que nous croyons divins,
Nos vœux, nos passions que notre orgueil encense,
Et notre petitesse, ivre de sa puissance;
Et, bouffis d'ignorance ou gonflés de venin,
Notre prunelle éclate et dit : Je suis ce nain!
-
Les Contemplations, Victor Hugo, éd. Hachette, 1858, t. 1, p. 275-276
L'être pour l'être est sphinx.
L'aube au jour parait blême
L'éclair est noir pour le rayon.
[...]
La cendre ne sait pas ce que pense le marbre;
L'écueil écoute en vain le flot; la branche d'arbre
Ne sait pas ce que dit le vent.
-
Les Contemplations, Victor Hugo, éd. Hachette, 1858, t. 1, p. 285
[modifier] Les Chansons des rues et des bois, 1866
Ce livre est écrit beaucoup avec le rêve, un peu avec le souvenir.
Rêver est permis aux vaincus; se souvenir est permis aux solitaires.
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« Les Chansons des rues et des bois », dans Œuvres complètes de Victor Hugo (1866), Victor Hugo, éd. Hetzel/Quantin, 1882, t. Poésie VIII, préface, p. 2 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] L'Année terrible, 1872
Vous m'offrez la cité, je préfère les bois ;
Car je trouve, voyant les hommes que vous êtes,
Plus de cœur aux rochers, moins de bêtise aux bêtes.
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« L'Année terrible » (1872), dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, vol. Poésie. XII, Juillet 1871, p. 372 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Les Quatre Vents de l'esprit, 1881
Le monde est à plat ventre, et l'homme, altier naguère,
doux et souple aujourd'hui, tremble. — Paix ! dit la guerre.
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« Les Quatre Vents de l'esprit », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, vol. Poésie. XV, livre I (« Le Livre satirique »), poème XXI, p. 90 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] La fin de Satan
— Toute la loi d'en haut est dans un mot : aimer.
— Peuple, cria le prêtre, on vient de blasphémer.
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La Fin de Satan (Livre II), Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, p. 312
« Le livre d'en haut dit : — Qui que tu sois, qui somme
L'Être de s'expliquer et le sphinx d'être clair,
Qui que tu sois qui veux saisir l'eau, tenir l'air,
Donner à la nuée une forme, et qui plonges,
Avec ta nasse, bonne à la pêche des songes,
Dans le sinistre abîme où flotte ce mot : Dieu;
Qui que tu sois, qui viens forcer l'ombre à l'aveu,
Tâter la certitude avec ta main peu sûre,
Au temple sidéral adosser ta masure,
Et désigner à l'Être un texte, un nombre, un lieu;
Homme, qui que tu sois, qui viens faire du feu
Sous la foudre, allumer ta lampe sous l'étoile,
Et dire à l'univers sans fond : Lève-toi, voile!
Qui que tu sois qui prends l'impossible aux cheveux,
Qui prononces ces mots inutiles : Je veux,
Je sais, je suis, je crois, je sauve, je ranime;
Qui que tu sois qui dis à l'Être : « Allons, abîme,
Réponds, puisque c'est moi qui t'ai questionné ! —
Sache que ta folie est sombre, infortuné!
-
La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. La Sibylle, p. 316
Un dogme est l'oiseleur guettant dans la forêt,
Qui, parce qu'il a pris un passereau, croirait
Avoir tous les oiseaux du ciel bleu dans sa cage.
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La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. La Sibylle, p. 322
Quatre anges se tenaient aux quatre coins du monde;
Ces anges arrêtaient au vol les quatre vents,
Pour qu'aucun vent ne pût souffler sur les vivants,
Ni troubler le sommet des montagnes de marbre,
Ni soulever un flot, ni remuer un arbre.
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La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. La Marche au Supplice, p. 384
Ainsi sur ce troupeau frémissant, immobile,
Lugubre et stupéfait, qu'on nomme Humanité,
Tombent, du fond de l'ombre et de l'éternité,
On ne sait quels lambeaux de chimère et d'histoire
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La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. Le Crucifix, p. 396
Chaque fois que celui qui doit enseigner, ment,
Chaque fois que d'un traître il jaillit un serment,
Chaque fois que le juge, après une prière,
Jette au peuple ce mot : Justice ! et, par derrière,
Tend une main hideuse à l'or mystérieux,
Chaque fois que le prêtre, époussetant ses dieux,
Chante au crime hosanna, bat des mains aux désastres
Et dit : gloire à César ! là-haut, parmi les astres,
Dans l'azur qu'aucun souffle orageux ne corrompt,
Christ frémissant essuie un crachat sur son front.
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La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. Le Crucifix, p. 398
Pas un autel sur terre, hélas ! n'est sans remords.
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La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. Le Crucifix, p. 401
[modifier] Divers
Désobéir, c'est chercher.
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Océan. Tas de pierres, Victor Hugo, éd. Albin Michel, 1942, p. 319
Citation choisie citation du jour pour le 21 novembre 2008.
Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines.
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Océan. Tas de pierres, Victor Hugo, éd. Albin Michel, 1942, p. 454
Mieux vaut une conscience tranquille qu'une destinée prospère. J'aime mieux un bon sommeil qu'un bon lit.
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Océan., Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 1989, p. 85
Vous qui cherchez à plaire
Ne mangez pas l'enfant dont vous aimez la mère
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« Bon conseil aux amants », Victor Hugo, dans La poésie française d'humour, Claude Michel Cluny (dir.), éd. Poésie 1 (n°13), 1970, p. 58
[modifier] Roman
[modifier] Claude Gueux, 1834
Au moment où l'aide le liait sur la hideuse mécanique, il fit signe au prêtre de prendre la pièce de 5 francs qu'il avait en sa main droite, et lui dit : "Pour les pauvres".
Comme huit heures sonnait en ce moment, le bruit du beffroi de l'horloge couvrit sa voix, et le confesseur lui répondit qu'il n'entendait pas.
Claude attendit l'intervalle de deux coups et répéta avec douceur : "Pour les pauvres".
Le huitième coup n'était pas encore sonné que cette noble et intelligente tête était tombée.
- Cette oeuvre s'inscrit dans le combat de Victor Hugo contre la peine de mort.
-
Claude Gueux, Victor Hugo, éd. Magnard (Classiques contemporains), 2000, p. 43 lignes 698-706 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Les Misérables, 1862
- Voir le recueil de citations : Les Misérables
[modifier] Les Travailleurs de la mer, 1866
On contemplait la mer, on écoutait le vent, on se sentait gagner par l’assoupissement de l’extase. Quand les yeux sont remplis d’un excès de beauté et de lumière, c’est une volupté de les fermer. Tout à coup on se réveillait. Il était trop tard. La marée avait grossi peu à peu. L’eau enveloppait le rocher.
On était perdu. Redoutable blocus que celui-ci : la mer montante. La marée croît insensiblement d’abord, puis violemment. Arrivée aux rochers, la colère la prend, elle écume.
-
« Les Travailleurs de la mer », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie Première partie : Sieur Clubin, chap. VIII (« La chaise Gild-Holm-'UrV »), livre premier (« De quoi se compose une réputation »), p. 69 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Or si jamais un rêve avait été impraticable et insensé, c’était celui-ci : sauver la machine échouée sur les Douvres. Envoyer travailler sur ces roches un navire et un équipage serait absurde ; il n’y fallait pas songer. C’était la saison des coups de mer ; à la première bourrasque les chaînes des ancres seraient sciées par les crêtes sous-marines des brisants, et le navire se fracasserait à l’écueil. Ce serait envoyer un deuxième naufrage au secours du premier. Dans l’espèce de trou du plateau supérieur où s’était abrité le naufragé légendaire mort de faim, il y avait à peine place pour un homme. Il faudrait donc que, pour sauver cette machine, un homme allât aux rochers Douvres, et qu’il y allât seul, seul dans cette mer, seul dans ce désert, seul à cinq lieues de la côte, seul dans cette épouvante, seul des semaines entières, seul devant le prévu et l’imprévu, sans ravitaillement dans les angoisses du dénûment, sans secours dans les incidents de la détresse, sans autre trace humaine que celle de l’ancien naufragé expiré de misère là, sans autre compagnon que ce mort. Et comment s’y prendrait-il d’ailleurs pour sauver cette machine ? Il faudrait qu’il fût non seulement matelot, mais forgeron. Et à travers quelles épreuves ! L’homme qui tenterait cela serait plus qu’un héros. Ce serait un fou.
-
« Les Travailleurs de la mer », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie Première partie : Sieur Clubin, chap. I (« la perle au fond du précipice »), livre septième (« Imprudence de faire des questions à un livre »), p. 181 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Gilliatt monta sur la grande Douvre. […].
L’ouest était surprenant. Il en sortait une muraille. Une grande muraille de nuée, barrant de part en part l’étendue, montait lentement de l’horizon vers le zénith. Cette muraille, rectiligne, verticale, sans une crevasse dans sa hauteur, sans une déchirure à son arête, paraissait bâtie à l’équerre et tirée au cordeau. C’était du nuage ressemblant à du granit. […]. Cette muraille de l’air montait tout d’une pièce en silence. Pas une ondulation, pas un plissement, pas une saillie qui se déformât ou se déplaçât. Cette immobilité en mouvement était lugubre. Le soleil, blême derrière on ne sait quelle transparence malsaine, éclairait ce linéament d’apocalypse. La nuée envahissait déjà près de la moitié de l’espace. On eût dit l’effrayant talus de l’abîme.
C’était quelque chose comme le lever d’une montagne d’ombre entre la terre et le ciel. C’était en plein jour l’ascension de la nuit. […]. Le ciel, qui de bleu était devenu blanc, était de blanc devenu gris. […]. Pas un souffle, pas un flot, pas un bruit. […]. Les oiseaux s’étaient cachés. On sentait de la trahison dans l’infini. Le grossissement de toute cette ombre s’amplifiait insensiblement. La montagne mouvante de vapeurs qui se dirigeait vers les Douvres était un de ces nuages qu’on pourrait appeler les nuages de combat. Nuages louches. à travers ces entassements obscurs, on ne sait quel strabisme vous regarde. Cette approche était terrible.
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« Les Travailleurs de la mer », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie Deuxième partie : Gilliatt le malin, chap. VI (« Le combat »), livre troisième (« La lutte »), p. 261 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Pour croire à la pieuvre, il faut l’avoir vue. Comparées à la pieuvre, les vieilles hydres font sourire. […]. Orphée, Homère et Hésiode n’ont pu faire que la Chimère ; Dieu a fait la pieuvre. Quand Dieu veut, il excelle dans l’exécrable. Le pourquoi de cette volonté est l’effroi du penseur religieux. Tous les idéals étant admis, si l’épouvante est un but, la pieuvre est un chef-d’oeuvre.
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« Les Travailleurs de la mer », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie Deuxième partie : Gilliatt le malin, chap. II (« Le monstre »), livre quatrième (« Les doubles fonds de l'obstacle »), p. 278 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
La pieuvre n’a pas de masse musculaire, pas de cri menaçant, pas de cuirasse, pas de corne, pas de dard, pas de pince, pas de queue prenante ou contondante, pas d’ailerons tranchants, pas d’ailerons onglés, pas d’épines, pas d’épée, pas de décharge électrique, pas de virus, pas de venin, pas de griffes, pas de bec, pas de dents. La pieuvre est de toutes les bêtes la plus formidablement armée. Qu’est-ce donc que la pieuvre ? C’est la ventouse.
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« Les Travailleurs de la mer », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie Deuxième partie : Gilliatt le malin, chap. II (« Le monstre »), livre quatrième (« Les doubles fonds de l'obstacle »), p. 279 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Gilliatt avait silencieusement accosté les Bravées, et avait amarré la panse à l’anneau de la durande sous la fenêtre de mess Lethierry. Puis il avait sauté par-dessus le bordage et pris terre. Gilliatt, laissant derrière lui la panse à quai, tourna la maison, longea une ruette, puis une autre, ne regarda même pas l’embranchement de sentier qui menait au bû de la rue, et au bout de quelques minutes, s’arrêta dans ce recoin de muraille où il y avait une mauve sauvage à fleurs roses en juin, du houx, du lierre et des orties. […]. Comme une bête rentrée au trou, glissant plutôt que marchant, il se blottit. Une fois assis, il ne fit plus un mouvement.
-
« Les Travailleurs de la mer », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie Troisième partie : Déruchette, chap. II (« Encore la cloche du port »), livre premier (« Nuit et lune »), p. 343 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Quatrevingt-treize, 1874
Le vieillard regarda le canonnier.
- Approche, dit-il.
Le canonnier fit un pas.
Le vieillard se tourna vers le comte du Boisberthelot, détacha la croix de Saint-Louis du capitaine, et la noua à la vareuse du canonnier.
- Hurrah ! crièrent les matelots.
Les soldats de marine présentèrent les armes.
Et le vieux passager, montrant du doigt le canonnier ébloui, ajouta :
- Maintenant, qu’on fusille cet homme.
La stupeur succéda à l’acclamation. […].
L’homme à la veste duquel brillait la croix de Saint-Louis courba la tête.
-
« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie I (« En Mer »), chap. VI (« Les deux plateaux de la balance »), livre deuxième (« HalmaloLa Corvette Claymore »), p. 814 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Il tira de sa poche un carnet et un crayon, et écrivit sur le carnet le chiffre 128. […].
Le capitaine marqua sur son carnet le chiffre 52. […].
Et il écrivit au-dessous du chiffre 52 le chiffre 40 […].
Le capitaine écrivit au-dessous des premiers chiffres, 160. […].
Le capitaine avait l’œil fixé sur son carnet et additionnait entre ses dents.
- Cent vingt-huit, cinquante-deux, quarante, cent soixante.
En ce moment La Vieuville remontait sur le pont.
- Chevalier, lui cria le capitaine, nous sommes en présence de trois cent quatre-vingts pièces de canon.
- Soit, dit La Vieuville.
- Vous revenez de l’inspection, La Vieuville ; combien décidément avons-nous de pièces en état de faire feu ?
- Neuf.
- Soit, dit à son tour Boisberthelot.
-
« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie I (« En Mer »), chap. VIII (« 9 = 380 »), livre deuxième (« La Corvette Claymore »), p. 818-819 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Ah oui, c'est vrai, tu as raison, j'ai tué ton frère. Ton frère avait été courageux, je l'ai récompensé ; il avait été coupable, je l'ai puni. Il avait manqué à son devoir, je n'ai pas manqué au mien. Ce que j'ai fait, je le ferais encore. […] en pareil cas, de même que j'ai fait fusiller ton frère, je ferais fusiller mon fils.
-
« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie I (« En Mer »), chap. II (« La parole, c’est le Verbe »), livre troisième (« Halmalo »), p. 827 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Le regard devient fixe en présence de ce sommet. Jamais rien de plus haut n'est apparu sur l'horizon des hommes. Il y a l'Himalaya et il y a la Convention. La Convention est peut-être le point culminant de l'histoire.
-
« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie II (« À Paris »), chap. I (« La Convention »), livre troisième (« La Convention »), p. 891 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Telle était cette Convention démesurée ; camp retranché du genre humain attaqué par toutes les ténèbres à la fois, feux nocturnes d'une armée d'idées assiégées, immense bivouac d'esprits sur un versant d'abîme. Rien dans l'histoire n'est comparable à ce groupe, à la fois sénat et populace, conclave et carrefour, aréopage et place publique, tribunal et accusé.
La Convention a toujours ployé au vent ; mais ce vent sortait de la bouche du peuple et était le souffle de Dieu.
Et aujourd'hui, après quatre-vingts ans écoulés, chaque fois que devant la pensée d'un homme, quel qu'il soit, historien ou philosophe, la Convention apparaît, cet homme s'arrête et médite. Impossible de ne pas être attentif à ce grand passage d'ombres.
-
« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie II (« À Paris »), chap. I (« La Convention »), livre troisième (« La Convention »), p. 907 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
A la Convention l’intempérance de langage était de droit. Les menaces volaient et se croisaient dans la discussion comme les flammèches dans l’incendie. [...] - UNE VOIX : Mort à Marat ! - MARAT : Le jour où Marat mourra, il n’y aura plus de Paris, et le jour où Paris périra, il n’y aura plus de République.
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Quatrevingt-treize (1874), Victor Hugo, éd. Seuil, coll. L'Intégrale, 1963, partie II (« À Paris »), chap. I (« La Convention »), livre troisième (« La Convention »), p. 471 (texte intégral sur Wikisource)
Un jour, cette séance [de la Convention] a eu pour témoin le vieux Buonarotti, Robespierre prend la parole et parle deux heures, regardant Danton, tantôt fixement, ce qui était grave, tantôt obliquement, ce qui était pire. Il foudroie à bout portant. Il termine par une explosion indignée, pleine de mots funèbres [...] Et quand Robespierre a fini, Danton, la face au plafond, les yeux à demi fermés, un bras pendant par-dessus le dossier de son banc, se renverse en arrière, et on l’entend fredonner :
- Cadet Roussel fait des discours
- Qui ne sont pas longs quand ils sont courts.
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Quatrevingt-treize (1874), Victor Hugo, éd. Seuil, coll. L'Intégrale, 1963, partie II (« À Paris »), chap. I (« La Convention »), livre troisième (« La Convention »), p. 472 (texte intégral sur Wikisource)
- Le marquis de Lantenac a l'honneur d'informer son petit-neveu, monsieur le vicomte Gauvain, que, si monsieur le marquis a la bonne fortune de se saisir de sa personne, il fera bellement arquebuser monsieur le vicomte. [...].
Il se retourna, et éclaira de sa lanterne une autre affiche placée en regard de la première sur l'autre battant de la porte. Le voyageur lut :
- Gauvain prévient Lantenac que s'il le prend il le fera fusiller.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. I (« Plus quam civilia bella »), livre deuxième (« Les Trois Enfant »), p. 929 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
La Tour-Gauvain avait une destinée étrange : un Gauvain l'attaquait, un Gauvain la défendait.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. XI (« Affreux comme l'antique »), livre deuxième (« Les Trois Enfant »), p. 966 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Cette grande charrette avec son chargement voilé d'une sorte de suaire, cet attelage, ces gendarmes, le bruit de ces chaînes, le silence de ces hommes, l'heure crépusculaire, tout cet ensemble était spectral.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. I (« La mort passe »), livre quatrième (« La Mère »), p. 966 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Tuer Lantenac, c'était tuer la Vendée ; tuer la Vendée, c'était sauver la France. Cimourdain n'hésitait pas. Cet homme était à l'aise dans la férocité du devoir.
-
« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. VI (« Situation »), livre quatrième (« La Mère »), p. 996 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Qu'est-ce, sergent Radoub ?
- Citoyen commandant, nous, les hommes du bataillon du Bonnet-Rouge, nous avons une grâce à vous demander.
- Laquelle ?
- De nous faire tuer.
- Ah ! dit Gauvain.
- Voulez-vous avoir cette bonté ?
- Mais… c'est selon, dit Gauvain.
- Voici, commandant. Depuis l'affaire de Dol, vous nous ménagez. Nous sommes encore douze.
- Eh bien ?
- Ça nous humilie.
- Vous êtes la réserve.
- Nous aimons mieux être l'avant-garde.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. VIII (« Préliminaires »), livre quatrième (« La Mère »), p. 999 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Un désespoir calme, froid, sinistre.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. IX (« Les désespérés »), livre quatrième (« La Mère »), p. 1011 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Un grand cri s'éleva :
- Tous sont sauvés !
Tous étaient sauvés, en effet, excepté le vieillard. […]
- Je t'arrête, dit Cimourdain.
- Je t'approuve, dit Lantenac.
-
« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. III (« Où l'on voit se réveiller les enfants qu'on a vus se rendormir »), livre cinquième (« In daemone Deus »), p. 1030 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Gauvain venait d'assister à un prodige. En même temps que le combat terrestre, il y avait eu un combat céleste. Le combat du bien contre le mal.
Un cœur effrayant venait d'être vaincu. Etant donné l'homme avec tout ce qui est mauvais en lui, la violence, l'erreur, l'aveuglement, l'opiniâtreté malsaine, l'orgueil, l'égoïsme, Gauvain venait de voir un miracle. La victoire de l'humanité sur l'homme. L'humanité avait vaincu l'inhumain.
Et par quel moyen ? de quelle façon ? comment avait-elle terrassé un colosse de colère et de haine ? quelles armes avait-elle employées ? quelle machine de guerre ? le berceau.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. II (« Gauvain pensif »), livre sixième (« C'est après la Victoire qu'a lieu le combat »), p. 1033-1034 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Quel champ de bataille que l'homme ! Nous sommes livrés à ces dieux, à ces monstres, à ces géants, nos pensées.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. II (« Gauvain pensif »), livre sixième (« C'est après la Victoire qu'a lieu le combat »), p. 1035 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Cimourdain se tourna vers Radoub.
- Vous votez pour que l'accusé soit absous ?
- Je vote, dit Radoub, pour qu'on le fasse général.
- Je vous demande si vous votez pour qu'il soit acquitté.
- Je vote pour qu'on le fasse le premier de la république.
- Sergent Radoub, votez-vous pour que le commandant Gauvain soit acquitté, oui ou non ?
- Je vote pour qu'on me coupe la tête à sa place.
- Acquittement, dit Cimourdain.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. III (« Les votes »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1053 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Une sombre colère entourait Cimourdain. Quatre mille hommes contre un seul, il semble que ce soit une force ; ce n'en est pas une. Ces quatre mille hommes étaient une foule, et Cimourdain était une volonté.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. IV (« Après Cimourdain juge, Cimourdain maître »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1054 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Tout dépendait de lui. Ce qu'il avait fait comme juge martial, seul, il pouvait le défaire comme délégué civil. Seul il pouvait faire grâce. Il avait pleins pouvoirs ; d'un signe il pouvait mettre Gauvain en liberté ; il était le maître de la vie et de la mort ; il commandait à la guillotine. En ce moment tragique, il était l'homme suprême.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. IV (« Après Cimourdain juge, Cimourdain maître »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1054 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Soit. Vous voulez le service militaire obligatoire. Contre qui ? contre d'autres hommes. Moi, je ne veux pas de service militaire. Je veux la paix. Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée. Vous voulez l'impôt proportionnel. Je ne veux point d'impôt du tout. Je veux la dépense commune réduite à sa plus simple expression et payée par la plus-value sociale.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. V (« Le cachot »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1057 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Gauvain reprit :
- Et la femme ? qu'en faites-vous ?
Cimourdain répondit :
- Ce qu'elle est. La servante de l'homme.
- Oui. A une condition.
- Laquelle ?
- C'est que l'homme sera le serviteur de la femme.
- Y penses-tu ? s'écria Cimourdain, l'homme serviteur ! jamais. L'homme est maître. Je n'admets qu'une royauté, celle du foyer. L'homme chez lui est roi.
- Oui. A une condition.
- Laquelle ?
- C'est que la femme y sera reine.
- C'est-à-dire que tu veux pour l'homme et pour la femme…
- L'égalité.
- L'égalité ! y songes-tu ? les deux êtres sont divers.
- J'ai dit l'égalité. Je n'ai pas dit l'identité.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. V (« Le cachot »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1057-1058 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Un monstre de pierre faisant pendant au monstre de bois. Et, disons-le, quand l'homme a touché au bois et à la pierre, le bois et la pierre ne sont plus ni bois ni pierre, et prennent quelque chose de l'homme. Un édifice est un dogme, une machine est une idée.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. VI (« Cependant le soleil se lève »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1061 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
La Tourgue, c'était la monarchie ; la guillotine, c'était la révolution.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. VI (« Cependant le soleil se lève »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1061 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
les larmes des soldats sont terribles.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. VI (« Cependant le soleil se lève »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1064 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Et ces deux âmes, soeurs tragiques, s'envolèrent ensemble, l'ombre de l'une mêlée à la lumière de l'autre.
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« Quatre-vingt-treize », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), partie III (« En Vendée »), chap. VI (« Cependant le soleil se lève »), livre septième (« Féodalité et Révolution »), p. 1065 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Théâtre
[modifier] Les Burgraves, 1843
Un jour, espérons-le, le globe sera civilisé. Tous les points de la demeure humaine seront éclairés, et alors sera accompli le magnifique rêve de l'intelligence : avoir pour patrie le Monde et pour nation l'Humanité.
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Les Burgraves (1843), Victor Hugo, éd. J. Hetzel, 1843, Préface, p. 22
[modifier] Torquemada, 1869
Le hasard a pétri la cendre avec l'instant ;
Cet amalgame est l'homme. Or, moi-même n'étant
Comme vous que matière, ah ! je serais stupide
D'être hésitant et lourd quand la joie est rapide,
De ne point mordre en hâte au plaisir dans la nuit,
Et de ne pas goûter de tout, puisque tout fuit !
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Théâtre de Victor Hugo, Tome II (Partie I, Acte II, scène III, réplique du Chasseur), Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 1985, p. 319
[modifier] Les Gueux, 1872
Quand Dieu, qui pourrait tout faire du bout du doigt,
M'escamote en avril le printemps qu'il me doit,
Mauvais payeur faisant faillite aux échéances ;
Quand, le bien-être étant une de nos créances,
Ce Dieu, qui n'est pas Dieu s'il n'est la probité,
Nous donne trop d'hiver et pas assez d'été ;
[...]
Quand, sans pitié pour l'être affreux qu'il met au monde,
Procréant au hasard le laid, l'abject, l'immonde,
Il manque Antinoüs et réussit Veuillot,
J'aime mieux, ne voyant à personne à bon lot
Douter qu'il soit, plutôt que de conclure en somme
Que cet honnête Dieu n'est pas un honnête homme.
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Théâtre de Victor Hugo, Tome II, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 1985, réplique de Mouffetard, p. 545
[modifier] Discours
Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue.
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« Ateliers nationaux » (20 juin 1848), dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, vol. Actes et paroles. I, partie Assemblée constituante, p. 214 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Enfin, il y a un livre, un livre qui semble d'un bout à l'autre une émanation supérieure, un livre qui est pour l'univers ce que le Koran est pour l'islamisme, ce que les Védas sont pour l'Inde, un livre qui contient toute la sagesse humaine éclairée par toute la sagesse divine, un livre que la vénération des peuples appelle le livre, la Bible !
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Assemblée nationale, séance du 15 janvier 1850. Discours prononcé par M. Victor Hugo, dans la discussion de la loi sur l'instruction publique, Victor Hugo, éd. Lyon : impr. de Boursy, 1850, p. 8
Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient -le mot n'est pas trop vaste- au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous
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Discours d'ouverture du Congrès littéraire international de 1878., Victor Hugo, éd. In Libro Veritas, 2005, p. 1
[modifier] Autre genre
[modifier] L’Archipel de la Manche, 1883
L'Atlantique ronge nos côtes. […]. Ce prodigieux travail, aujourd'hui ralenti, a été terrible. Il a fallu pour le contenir cet éperon immense, le Finistère. Qu'on juge de la force du flux polaire et de la violence de cet affouillement par le creux qu'il a fait entre Cherbourg et Brest. […]. La dernière voie de fait décisive de l'océan sur notre côte a pourtant date certaine. En 709, soixante ans avant l'avènement de Charlemagne, un coup de mer a détaché Jersey de la France. D'autres sommets des terres antérieurement submergées sont, comme Jersey, visibles. Ces pointes qui sortent de l'eau, sont des îles. C'est ce qu'on nomme l'archipel normand.
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« L’Archipel de la Manche », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, vol. roman III, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, 2002 (ISBN 2-221-09672-X), chap. I (« Les anciens cataclysmes »), p. 3 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Choses vues
Les révolutions sont de magnifiques improvisatrices. Un peu échevelées quelquefois.
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« Choses vues » (1830), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 105
En France, que de gens à longues oreilles : ânes en littérature, lièvres en politique !
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« Choses vues » (1830), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 105
Avant une république, ayons, s'il se peut, une chose publique.
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« Choses vues » (1830), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 108
Très bonne loi électorale (quand le peuple saura lire) :
Article premier. — Tout Français est électeur.
Article II. — Tout Français est éligible.
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« Choses vues » (1830), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 105
Le jour où Louis-Philippe tombera du trône, il ne se fera pas maître d'école, comme Denys de Syracuse, mais épicier.
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« Choses vues » (1832), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 118
Sans la moindre métaphore et dans toute l'acception du mot, vivre, c'est brûler.
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« Choses vues » (1846), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 294
Le plus excellent symbole du peuple, c'est le pavé. On marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête.
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« Choses vues » (1848), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 595
En France, il y a toujours une révolution possible à l'état de calorique latent
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« Choses vues » (1848), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 597
Égalité, traduction en langue politique du mot envie
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« Choses vues » (1848), dans Choses vues 1830-1848, Victor Hugo, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 1972, p. 597
Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. - Soyons l'humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie.
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« Choses vues » (1887), dans Oeuvres complètes, Histoire, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1987, p. 1313
[modifier] Citations le concernant
Dans ce recueil des Ombres et Rayons, il y a des choses aussi belles que jamais, mais aussi il y en a de plus détestables et d'insupportables vraiment. Conçoit-on par exemple que, parlant de l'amour, et après une longue et assez poétique énumération,
«Aimer, c'est comprendre les cieux,
C'est mettre (qu'on dorme ou qu'on veille)
Une lumière dans ses yeux,
Une musique en son oreille,»
il ajoute comme chose toute simple :
«C'est se chauffer à ce qui bout !»
N'est-ce pas exactement comme si, au plus beau milieu du plus beau salon, on apportait tout d'un coup une marmite ? Il y a désormais force de ces incongruités-là chez Hugo ; ce ne sont plus des taches, ce sont des immondices.
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Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 48
Hugo enfin veut être de l'Académie ; il s'en occupe, il vous en entretient gravement, il s'y appesantit durant des heures, il vous reconduit par distraction du boulevard Saint-Antoine à la Madeleine, à minuit, tout en vous en parlant. Dès que Hugo tient une idée, toutes ses forces s'y portent en masse et s'y concentrent ; et l'on entend arriver du plus loin sa grosse cavalerie d'esprit, artillerie et train, et métaphores.
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Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 50
Hugo croit les hommes et le monde plus bêtes en vérité qu'ils ne le sont. Le monde est malin. Lui, le jeune et illustre Caliban, il y est pris, il le sera toujours. Son orgueil lui bouche la fenêtre. Les Girardin le flattent, l'exaltent, l'accaparent : cela me fait l'effet d'une pêche à la baleine ; ils le pêcheront.
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Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 51
Hugo a du grossier et du naïf (je l'ai dit souvent, et je le redis ici d'après une personne qui le connaît encore mieux que moi). Juliette [Drouet] vieillie le garde par ses flatteries basses auxquelles il est pris. L'acteur Frédérick l'avait dit dès le premier jour : «Elle le prendra en lui disant : Tu es grand! Et elle le gardera en lui disant: Tu es beau! Il y va chaque jour parce qu'il a besoin de s'entendre dire : Tu rayonnes, et elle le lui dit. Elle le lui écrit jusque dans ses comptes de cuisine qu'elle lui soumet (car avec cela il est ladre),» et elle prend note ainsi : «Reçu de mon trop chéri..., reçu de mon roi..., de mon ange, de mon beau Victor, etc. tant pour le marché, — tant pour le blanchissage — quinze sous qui ont passé par ses belles mains, etc.»
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Mes Poisons, Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. IV. Sur Victor Hugo, p. 55
A mesure que j'avançais en âge, mon « hugolâtrie » grandissait, et chaque nouvelle œuvre du poète, attendue avec impatience, était dévorée dès son apparition. Si j'entendais autour de moi grincer d'irritantes critiques, je me réconfortais en causant avec Berlioz, qui voulait bien m'honorer de son amitié et dont l'admiration pour Hugo égalait la mienne.
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Regards sur mes contemporains, Camille Saint-Saëns, éd. Ed. Bernard Coutaz, 1990, p. 162
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