Patrie

Citations « Patrie » sur Wikiquote, le recueil de citations libre

La patrie est le pays où l’on est né, la nation dont on fait partie, la société politique dont on est membre. Le patriotisme est son expression sentimentale ou politique.

Sommaire

[modifier] Cyrano de Bergerac

[U]n honnête homme n'est ni français, ni allemand, ni espagnol, il est Citoyen du Monde et sa patrie est partout.


[modifier] Napoléon Bonaparte

[L]a première des vertus est le dévouement à la patrie.

  • Napoléon Bonaparte, 1815, dans Vie politique et militaire de Napoléon, racontée par lui-même, paru Anselin, 1827, t.2, p.249, Henri de Jomini.


[modifier] Jorge Luis Borges

Cette idée de frontières et de nations me paraît absurde. La seule chose qui peut nous sauver est d’être des citoyens du monde.


[modifier] Albert Camus

Oui, j'ai une patrie : la langue française .

  • Carnets II, janvier 1942-mars 1951, Albert Camus, éd. Gallimard, 1964, p. 337


[modifier] Emil Cioran

On n'habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c'est cela et rien d'autre.

  • Aveux et anathèmes (1987), Emil Cioran , éd. Gallimard, 1987, p. 21


[modifier] Pierre Drieu La Rochelle

L'idée de patrie est liée à l'idée de guerre. Etant donné ce qu'est devenue la guerre dans le monde actuel, elle fait de la Patrie la force la plus immédiatement dangereuse qui circule au milieu de nous.

  • Pierre Drieu La Rochelle, 1928, dans Genève ou Moscou, paru Drieu témoin et visionnaire, Grasset, 1952, p.160, Pierre Andreu.


[modifier] Emile Faguet

Deux états sociaux ruinent l'idée ou plutôt le sentiment de la patrie : la vie politique trop violente, et la vie politique nulle.

  • Etudes littéraires : Dix-huitième siècle, Emile Faguet, éd. H. Lecène et H. Oudin, 1890, p. VII


[L]a Révolution française a été tout d'abord cosmopolite, et non française, [elle] a songé «à l'homme» plus qu'à la patrie, et n'est devenue «patriote» que quand le territoire a été envahi.

  • Etudes littéraires : Dix-huitième siècle, Emile Faguet, éd. H. Lecène et H. Oudin, 1890, p. VIII


[modifier] Fénelon

Chacun doit infiniment plus au genre humain, qui est la grande patrie, qu'à la patrie particulière dans laquelle il est né.

  • « Dialogues des Morts » (1692-1696), dans Oeuvres de Fénelon, Fénelon , éd. Lefèvre, 1835, t. 2, chap. 25, Dialogue 17, p. 584


[modifier] Gustave Flaubert

L'idée de la patrie [...] m'a paru toujours étroite, bornée et d'une stupidité féroce

  • (fr) Je ne suis pas plus moderne qu'ancien, pas plus Français que Chinois, et l'idée de la patrie c'est-à-dire l'obligation où l'on est de vivre sur un coin de terre marqué en rouge ou en bleu sur la carte et de détester les autres coins en vert ou en noir m'a paru toujours étroite, bornée et d'une stupidité féroce.
  • Lettre du 26 août 1846 à Louise Colet.


La vraie patrie est celle où l'on rencontre le plus de gens qui vous ressemblent.

  • Rome, Naples et Florence (1826), Gustave Flaubert, éd. Le Divan, 1956, p. 180


[modifier] Victor Hugo

Un jour, espérons-le, le globe sera civilisé. Tous les points de la demeure humaine seront éclairés, et alors sera accompli le magnifique rêve de l'intelligence : avoir pour patrie le Monde et pour nation l'Humanité.

  • Les Burgraves (1843), Victor Hugo, éd. J. Hetzel, 1843, Préface, p. 22


Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. - Soyons l'humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie.

  • « Choses vues » (1887), dans Oeuvres complètes, Histoire, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1987, p. 1313


[modifier] Alphonse de Lamartine

L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ; la fraternité n'en a pas !

  • « Jocelyn » (1836), dans Oeuvres de Lamartine, Alphonse de Lamartine, éd. Firmin Didot, 1850, t. 1, p. 386


[modifier] Andrée Maillet

La langue c'est notre vraie race ; notre vraie patrie.

  • Les Montréalais (1962), Andrée Maillet , éd. Michel Lévy, 1987, p. 280


[modifier] Victor Margueritte

O Patrie, que de criminels impunis sous ton masque!.

  • Les munitions du pacifisme: anthologie de plus de 400 pensées et arguments contre la guerre, Victor Margueritte, éd. Flammarion, 1931, p. 34


[modifier] Montesquieu

Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime.

  • Oeuvres complètes, Montesquieu, éd. Firmin Didot frères, 1854, Pensées diverses, p. 622


[modifier] Sully Prudhomme

Je suis citoyen du monde, en tous lieux où la vie abonde, le sol m'est doux et l'homme cher ! [...] Mon compatriote, c'est l'homme.

  • « Impressions de la guerre » (1870), dans Oeuvres de Sully Prudhomme 1866-1872, Sully Prudhomme, éd. A. Lemerre, 1866, Repentir, p. 222


[modifier] Ernest Renan

[U]ne patrie étant un ensemble de préjugés et d'idées arrêtées que l'humanité entière ne saurait accepter.

  • La réforme intellectuelle et morale (1871), Ernest Renan, éd. Michel Lévy, 1874, p. 236


[modifier] Germaine Tillion

Notre patrie ne nous est chère qu'à la condition de ne pas devoir lui sacrifier la vérité.

  • (fr) Nous neconnaissons d'emblée qu'une cause qui nous est chère, celle de notre patrie, c'est par amour pour elle que nous nous sommes groupés, c'est pour essayer de maintenir sa foi et son espérance. Mais nous ne voulons pas, nous ne voulons absolument pas lui sacrifier la vérité, car notre patrie ne nous est chère qu'à la condition de ne pas devoir lui sacrifier la vérité. Notre coeur est engagé à fond dans la cause de la patrie, mais notre esprit doit rester vigilant et clair, prêt à juger contre nous-mêmes si c'est nécessaire.
  • Germaine Tillion, 1941, dans La cause de la vérité, paru dans A la recherche du vrai et du juste, Seuil, 2001, p.74, Tzvetan Todorov.


[modifier] Tzvetan Todorov

Seuls les Etats totalitaires rendent obligatoire l'amour de la patrie.


Quel est le défaut inhérent au patriotisme ? C'est que, en préférant une partie de l'humanité au reste, le citoyen transgresse le principe fondamental de la morale, celui de l'universalité : sans le dire ouvertement, il admet que les hommes ne sont pas égaux. [...] la vraie morale, la vraie justice, la vraie vertu présupposent l'universalité, et donc l'égalité des droits.


[modifier] Léon Tolstoï

Quand je songe à tous les maux que j'ai vus et que j'ai soufferts, provenant des haines nationales, je me dis que tout cela repose sur un grossier mensonge : l'amour de la Patrie.

  • Les munitions du pacifisme: anthologie de plus de 400 pensées et arguments contre la guerre, Ermenonville, éd. Brochure Mensuelle, 1933, p. 30


[modifier] Voltaire

Qu’est-ce que l’amour de la patrie? Un composé d’amour-propre et de préjugés dont le bien de la société fait la plus grande des vertus.


Il est triste que souvent pour être bon patriote on soit l'ennemi du reste des hommes. [...] Telle est donc la condition humaine, que souhaiter la grandeur de son pays c'est souhaiter du mal à ses voisins. Celui qui voudrait que sa patrie ne fût jamais ni plus grande, ni plus petite, ni plus riche, ni plus pauvre, serait le citoyen de l'univers.

  • Dictionnaire philosophique (1764), Voltaire, éd. Menard et Desenne, 1827, t. 11, article « Patrie », p. 236-237


[modifier] Voir aussi