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Fascisme

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Le fascisme (en italien fascismo) est un système politique autoritaire qui associe populisme, nationalisme et totalitarisme au nom d'un idéal collectif suprême. Mouvement d'extrême droite révolutionnaire, il s'oppose frontalement à la démocratie parlementaire et au libéralisme traditionnel, et remet en cause l'individualisme codifié par la pensée philosophique des Lumières. Issu de diverses composantes de la philosophie européenne du XIXe siècle, le fascisme a trouvé dans les circonstances économiques et historiques de l'après-Première Guerre mondiale le contexte qui lui a permis d'accéder au pouvoir, d'abord en Italie dans les années 1920 avec Mussolini, puis sous une variante accentuée, militariste, en Allemagne dans les années 1930 avec le nazisme d'Adolf Hitler. Le terme fascisme s'applique au sens strict à la période mussolinienne de l'histoire italienne et au sens large à un système politique aux caractéristiques inspirées par l'exemple italien et allemand mais qui a pu prendre des aspects différents selon les pays.

Albert Camus[modifier]

Le fascisme, c'est le mépris, en effet. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.
  • (fr) L'Homme révolté, Albert Camus, éd. Gallimard, 1951, p. 191


Winston Churchill, Mémoires sur la Deuxième Guerre Mondiale[modifier]

Le fascisme était l'ombre, ou plutôt l'enfant monstrueux du communisme. [...] Comme le fascisme sortit du communisme, le nazisme fut engendré par le fascisme.
  • À propos des premières années suivant la Première Guerre Mondiale, et la montée d'Adolf Hitler et de Benito Mussolini au pouvoir, respectivement en Allemagne et Italie.
  • Mémoires sur la Deuxième Guerre Mondiale, Winston Churchill (trad. inconnu), éd. Librairie Plon, 1948, t. 1 (L'Orage Approche), partie 1. D'une Guerre à l'autre 1919-1939, chap. Premier (Les Folies des Vainqueurs), p. 13


Umberto Eco, Reconnaître le fascisme[modifier]

Je crois possible d'établir une liste de caractéristiques typiques de ce que je voudrais appeler l’Ur-fascisme c’est-à-dire le fascisme primitif et éternel. Impossible d'incorporer ces caractéristiques dans un système, beaucoup se contredisent réciproquement et sont typiques d'autres formes de despotisme ou de fanatisme. Mais il suffit qu'une seule d'entre elles soit présente pour faire coaguler une nébuleuse fasciste.
  • (fr) Reconnaître le fascisme, Umberto Eco, éd. Grasset, 2017 (première édition française 2010), p. 17 (de la version epub)


Nous devons veiller à ce que le sens de ces mots ne soit pas oublié de nouveau. L’Ur-fascisme est toujours autour de nous, parfois en civil. Ce serait tellement plus confortable si quelqu’un s’avançait sur la scène du monde pour dire “Je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noires reviennent parader dans les rues italiennes !” Hélas, la vie n’est pas aussi simple. L’Ur-fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes. Notre devoir est de le démasquer, de montrer du doigt chacune de ses nouvelles formes – chaque jour, dans chaque partie du monde.
  • (fr) Reconnaître le fascisme, Umberto Eco, éd. Grasset, 2017 (première édition française 2010), p. 28 (de la version epub)


Romain Gary[modifier]

Qu'est-ce que c'est, le fascisme ? – Je ne sais pas exactement. C'est une façon de haïr.
  • Éducation européenne (1945), Romain Gary, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1956  (ISBN 9782070362035), p. 116


Françoise Giroud[modifier]

Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser.
  • Gais-z-et-contents, Françoise Giroud, éd. Éditions du Seuil, 1997  (ISBN 2-020-31608-0), p. 217


Hermann von Keyserling[modifier]

Dès le commencement de la révolution allemande, je fus impressionné par la parenté du national-socialisme avec l'islam et cette impression n'a fait que se préciser et s'affermir depuis. L'islam, qui à l'origine était la foi d'une obscure tribu nomade, conquit avec une rapidité vertigineuse la plus grande partie de l'Orient qui comptait alors, historiquement parlant, et cela parce qu'il constituait un mouvement puriste et purificateur au milieu d'un monde civilisé à l'extrême et moralement pourri. Sans la corruption monstrueuse de l'époque précédente, corruption plus contraire que tout au monde au tréfonds du caractère allemand, Adolf Hitler n'eut jamais pu, en un temps si court réunir autour de lui l'écrasante majorité du peuple. Mais la lutte contre la corruption entraine la suprême estime accordée aux valeurs de caractères;et par la, le critère auparavant valable de la culture et de l'esprit tombe en désuétude. Les vertus les plus simples et les plus élémentaires deviennent déterminantes, et ainsi nait du jour au lendemain, qu'il s'agisse du national-socialisme ou de l'islam, une nouvelle unité, dont la force et la tension sont immenses; et en face de cette unité on voit s'écrouler et se réduire à néant la plupart des différences précédemment importantes (dans le cas de l'islam, les différences entre les peuples et les cultures; en Allemagne, les classes et les partis). En outre les deux mouvements sont essentiellement religieux, et non pas politiques. Si l'on observe les points essentiels, ils se distinguent surtout en ceci : l'esprit de l'islam était originellement nomade et partant conquérant et il le resta durant des siècles; le national-socialisme, par contre représente une rupture avec le déracinement provoqué par l'ère intellectualiste, et un retour aux racines du Sang et de la Terre.
  • La révolution Mondiale et la responsabilité de l'Esprit (1934), Hermann von Keyserling, éd. Librarie Stock, 1934, p. 134-135


Michel Leiris, Langage tangage ou Ce que les mots me disent (1985)[modifier]

fascisme – miasme affreux de scie et de hache.


Enzo Traverso[modifier]

[Le fascisme] : Il s'agit pour tous les trois, [Georges L. Mosse, Zeev Sternhell et Emilio Gentile], d'une "révolution de droite"[1] , dont le moteur social résidait dans les classes moyennes et dont l'ambition était la construction d'une civilisation nouvelle[2]. Autrement dit, une révolution à la fois antilibérale et antimarxiste, "spirituelle" et "communautaire".
  1. note 10 : Emilo Gentils, Qu'est ce que le fascisme ? Histoire et interprétation, Gallimard, Paris, 2004, p152
  2. note 11 : George L. Mosse, La Révolution fasciste, Seuil 2003, p71 ; Zeev Sternhel, "Le concept de fascisme" in Zeev Sternhel, Mario Sznajder, Maja Ashéri, Naissance de l'idéologie fasciste, Gallimard, "folio", Paris 1994, p 23-24.
  • L'Histoire comme champ de Bataille, Interpréter les violences du XXe, Enzo Traverso, éd. La Découverte, 2011, p. 95


Maud de Belleroche[modifier]

Un fasciste ne doute de rien et surtout pas de lui. Ce qu'il veut, il l'obtient.
  • Le Ballet des crabes, Maud de Belleroche, éd. Dualpha (rééd.), 2007, p. 21


J'ai entendu le mot « fascisme » au sens sorélien du terme, niant toute analyse rationelle et rempli de contradictions. L'appel à la force et à la santé, le mérite individuel sans considération de l'origine sociale, le culte du héros, voilà qui convenait à ma vigueur révoltée contre la médiocrité bourgeoise et démocratique de la France d'avant-guerre, à son auto-satisfaction méprisante et cloisonnée.
  • Le Ballet des crabes, Maud de Belleroche, éd. Dualpha (rééd.), 2007, p. 29


Si c'est être fasciste qu'abominer l'égalité démocratique, les grèves surmultipliées des travailleurs aigris auxquels le régime corporatif a offert et offrirait une superbe occasion de progrès en commun, l'émiettement sans panache de notre Empire, l'extinction des feux du faste aristocratique et de la culture subtile dont la France a conservé le monopole durant des siècles, alors, oui, je suis fasciste.
  • Le Ballet des crabes, Maud de Belleroche, éd. Dualpha (rééd.), 2007, p. 292


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