Colère

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En psychologie, la colère est considérée comme une émotion secondaire à une blessure, un manque, une frustration. Dans la religion catholique, c'est l'un des sept péchés capitaux.

Littérature[modifier]

Critique[modifier]

Louis Aragon, in Littérature n°8, 1919[modifier]

Voici des années mortes. On vit au jour le jour. De temps à autre, on tourne la page et ce qu'on lit au verso n'est pas pour effrayer. A force de monter les escaliers et de les descendre, je me suis fait une philosophie. Quelques pays, quelques amis : tout passe, et parfois il y a des colères bleues, des injures, des gifles, un peu de sang sur les doigts. Mais ce qui revient toujours, c'est le décor de Paris que traversent la Seine et le métropolitain comme deux poignards tatoués.

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton. Elle expose les propos critiques de Louis Aragon dans une rubrique qu'il lui avait été attribuée dans ce numéro. Il avait choisi notamment de commenter le recueil Dix-neuf poèmes élastiques de Blaise Cendrars dont il est question ici.


Poésie[modifier]

Henri de Régnier, Les Regrets, 1897[modifier]

Au crépuscule mauve au delà de la haie
Où l’épine à la fleur survit avec la baie,
La Colère a passé, ce soir, sur le chemin,
Hautaine avec la torche et le glaive à la main,
Et l’Orgueil la suivait pas à pas et la Haine
Et l’Amour qui fit signe à mon âme incertaine ;
Il a tourné la tête et j’aurais pu le suivre...

  • « Les Regrets », dans Les jeux rustiques et divins, Henri de Régnier, éd. Mercure de France, 1897, p. 99


Prose poétique[modifier]

Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958[modifier]

' Être naturel

Plumes de colère ou quartiers de joie, éblouissements, décisions imprévues, toujours précises et coupantes, les verts — ils amassent les sucs, avant de le crier, ils mâchent bien leur cri, froid et qui scintille dans leur épaisseur.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — I, p. 104


Théâtre[modifier]

William Shakespeare, Henry V, 1599[modifier]

Le roi Henry : Nous ne sommes pas un tyran, mais un roi chrétien
et notre colère est assujettie à notre mansuétude,
tout comme les misérables mis aux fers dans nos prisons.

  • (en) King Henry : We are no tyrant, but a Christian king,
    Unto whose grace our passion is subject
    As is our wretches fettered in our prisons ;


Roman[modifier]

Sayd Bahodine, Le Voyageur de Minuit, 1989[modifier]

Il fallut une longue période avant que l'on découvrît ce fait lourd de conséquences : le Chef Illimité était vénéneux. Il répandait autour de lui un poison, d'où résultèrent trois maladies contagieuses inconnues jusqu'alors, et pratiquement incurables : l'ennui, la colère et la peur.

  • Le Voyageur de Minuit (Ego-Monstre I), Sayd Bahodine Majrouh (trad. Serge Sautreau), éd. Phébus, coll. « Domaine persan », 1989 (ISBN 2-85940-123-7), Cycle I, Cercle premier, « La ville malade de son maître », p. 42-43


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