Antiquité grecque

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L'aurige de Delphes (Ve siècle av. J.-C.).

L'Antiquité grecque ou la Grèce antique renvoie à la civilisation des peuples de langue et de culture grecques durant l'Antiquité. On entend parfois plus précisément par Grèce antique la Grèce classique, en particulier l'Athènes du Ve siècle av. J.-C., celle de Périclès et de la tragédie, et celle du IVe siècle av. J.-C., de Platon et d'Aristote.

Jacqueline de Romilly[modifier]

La Grèce inaugure, […], une culture écrite. Mais cette culture conserve encore quelques chose des forces irrationnelles auxquelles elle s'arrache, et quelque chose aussi de l'intensité secrète des débuts. Elle laisse entrevoir mystères et sacrifices. Elle demeure la patrie des cosmogonies et devient vite celle du tragique. Bien plus, elle tire une part de son attrait du rayonnement de ses dieux et de la présence du sacré, souvent inséparable de l'humain. Comment nier que ces ombres venues de loin, cette dimension supplémentaire et la charge d'émotion qui l'accompagne, jouent un rôle considérable et attirent les esprits, à telle ou telle époque, et peut-être toujours, vers la Grèce antique ?
  • Pourquoi la Grèce ? (1992), Jacqueline de Romilly, éd. Éditions de Fallois, coll. « Le Livre de poche », 1994  (ISBN 978-2-253-13549-4), partie Préface, p. 18-19


Claude Roy[modifier]

[…] L’intérêt de la Grèce et son importance, c’est que ce petit rectangle de collines, de bois, de plaines et de montagnes entouré d’îles et strié de cigales bavardes, n’a pas cessé, depuis deux mille ans, d’être l’auberge espagnole de la culture : on trouve en Grèce ce qu’on y apporte, et un peu davantage. Le moine de Cluny, le poète louis-quatorzien, le romantique allemand, le militant révolutionnaire contemporain ont pu tous faire le voyage de Grèce (au propre ou au figuré) et en revenir enrichis. Chacun s’est fait de la Grèce une image partiale, partielle et exacte, chacun d’eux lui a posé des questions différentes, et aucun n’a été éconduit. La Grèce est inépuisable.
   Le passé se définit et s’éclaire par l’image que nous choisissons de lui donner. On croit que la fouille de l’archéologue ou les recherches du philologue enrichissent ou transforment l’idée que nous nous faisons, par exemple, de l’antiquité grecque. Ce n’est vrai qu’à demi. […] Il y a moins de hasard et de chance qu’on ne le croit dans les découvertes. On découvre essentiellement ce qu’on cherchait. […] On a la Grèce qu’on mérite, celle qu’on choisit.
  • Le Commerce des classiques, Claude Roy, éd. Gallimard, coll. « Blanche », 1953, chap. Essai sur mon ignorance de la Grèce, p. 27-28