Paul Nizan

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Paul Nizan (né le 7 février 1905 à Tours et mort le 23 mai 1940 à Audruicq) est un écrivain et essayiste français.

[modifier] Les Chiens de garde

Il faudra expliquer comment un philosophe est actuel et comment il peut en paroles et en pensée ignorer son actualité.


Monsieur Michelin doit faire croire qu'il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui.


N'osant s'avouer ni avouer les fins qu'elle poursuit, la bourgeoisie, hantée par les craintes qu'elle éprouve et par les derniers scrupules d'un libéralisme éteint, arrange le désordre et les menaces qui la troublent, en cachant derrière les promesses qu'elle fait les activités qu'elle déploie.


Tout bourgeois se sent élu.

Je ne demande pas à la raison si j’ai raison.


On entend dire d’un homme : il est bon à se tourner les pouces, il ne sait rien faire de ses dix doigts. Voilà ce qu’il faut dire d’un clerc : il est bon à tourner sa logique, il ne sait rien faire de son entendement.


Trop commodes morales de l'Intention. Il est temps de les envoyer rejoindre les antiques démons chrétiens. Das habe ich nicht gewollt : et on lâche l'offensive de Verdun.


[modifier] La Conspiration

C'étaient cinq jeunes gens qui avaient tous le mauvais âge, entre vingt et vingt-quatre ans ; l'avenir qui les attendait était brouillé comme un désert plein de mirages, de pièges et de vastes solitudes. Ce soir-là, ils n'y pensaient guère, ils espéraient seulement l'arrivée des grandes vacances et la fin des examens.


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