Démocratie
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[modifier] Histoire
[modifier] Alexis de Tocqueville, Souvenirs, XIXè s.
Tous ces hommes se mirent à la file deux par deux, suivant l'ordre alphabétique ; je voulus marcher au rang que m'assignait mon nom, car je savais que dans les temps et les pays démocratiques, il faut se faire mettre à la tête du peuple et ne pas s'y mettre soi-même.
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« Souvenirs », Alexis de Tocqueville (1814-1859), dans Les campagnes dans les évolutions sociales et politiques en Europe, Jean Vigreux, Jean-Marc Moriceau (dir.), éd. SEDES/CNED, 2005, p. 162
[modifier] Histoire politique
[modifier] Emmanuel-Joseph Sieyès, Lors du Discours du Citoyen à la tribune de l'Assemblée constituante, 1789
Les citoyens qui désignent des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; donc ils n'ont pas de volonté particulière à imposer. Toute influence, tout pouvoir leur appartient sur la personne de leur mandataire, mais c'est tout. S'ils dictaient des volontés ce ne serait plus un état représentatif, ce serait un état démocratique.
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Emmanuel-Joseph Sieyès, 7 septembre 1789, Discours du Citoyen Sieyès à la tribune de l'Assemblée constituante, dans Discours du Citoyen Sieyès, Archives parlementaires - série 1 - vol. 8.
[modifier] Winston Churchill,Lors d'un discours, 1947
La démocratie est le plus mauvais système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire.
- (en) Democracy is the worst form of Government except all those other forms that have been tried from time to time
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Winston Churchill (trad. Wikiquote), 11 novembre 1947, à Londres, Chambre des communes, dans The Official Report, House of Commons (5th Series), 11 November 1947, vol. 444, cc. 206–07.
[modifier] Jacques Chirac, Lors d'un discours, 2003
[J]'ai la conviction que notre génération saura créer les institutions et les règles d'une démocratie planétaire ouverte et solidaire.
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Jacques Chirac , 21 mai 2003, dans du Président de la République à propos de la présidence française du sommet d'Evian, paru Site officiel de l'Elysée, Jacques Chirac.
[modifier] Littérature
[modifier] Essai
[modifier] Jorge Luis Borges, Oeuvres complètes 1996
La démocratie, ce curieux abus de la statistique.
- (es) la democracia, ese curioso abuso de la estadística.
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(es) Obras completas, Jorge Luis Borges, éd. Émece, 1996 (ISBN 950049496), p. 122
Citation choisie citation du jour pour le 27 avril 2009.
[modifier] Critique
[modifier] Jean-Paul Clément, Chateaubriand — Europe n°775-776, 1993
En 1831, Chateaubriand fulmine contre la monarchie bourgeoise « débiffée » de juillet [...].
L'égalité, en passant par l'Etat, secrète en effet une égalité qui lui est consubstantielle. Certes, la Restauration décorera-t-elle la France napoléonienne — la vraie, celle qui survit à travers tout le XIXe siècle — de « fictions » aristocratiques (le mot est de Chateaubriand). Les journées de juillet 1830 en emporteront les lambeaux dérisoires.
En Angleterre, en revanche, estime Chateaubriand, « l'esprit aristocratique a tout pénétré : tout est privilèges, associations, corporations. Les anciens usages, comme les antiques lois et les vieux monuments, sont conservés avec une espèce de culte. Le principe démocratique n'est rien ; quelques assemblées tumultueuses qui se réunissent de temps en temps, en vertu de certains droits de comtés, voilà tout ce qui est accordé à la démocratie. Le peuple, comme dans l'ancienne Rome, client de la haute aristocratie, est le soutien et non le rival de la noblesse ». Il ajoute : « On conçoit, messieurs, que dans un pareil état de choses, la couronne n'a rien à craindre du principe démocratique ; on conçoit aussi comment des pairs de trois royaumes, comment des hommes qui auraient tout à perdre à une révolution, professent publiquement des doctrines qui sembleraient devoir détruire leur existence sociale : c'est qu'au fond, ils ne courent aucun danger. Les membres de l'opposition anglaise prêchent en sûreté la démocratie dans l'aristocratie ; rien n'est si agréable que se donner les discours populaires en conservant des titres, des privilèges et quelques millions de revenus. » On peut, à bon compte, être démocrate sans risque. Chateaubriand ne se prétendait-il pas « bourbonien par honneur » et « républicain par goût », mais aristocrate par la naissance et les manières ?
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« Chateaubriand et l'Angleterre », Jean-Paul Clément, Chateaubriand — Revue Littéraire Europe (ISSN 0014-2751), nº 775-776, Novembre-décembre 1993, p. 59
[modifier] Récit de voyage
[modifier] Guy de Maupassant, La Vie errante, 1890
La Côte italienne
Quand on pénètre dans ces demeures magnifiques, odieusement peinturlurées par les descendants de ces grands citoyens de la plus fière des républiques, et qu’on compare le style, les cours, les jardins, les portiques, les galeries intérieures, toute la décorative et superbe ordonnance, avec l’opulente barbarie des plus beaux hôtels du Paris moderne, avec ces palais de millionnaires qui ne savent toucher qu’à l’argent, qui sont impuissants à concevoir, à désirer une belle chose nouvelle et à la faire naître avec leur or, on comprend alors que la vraie distinction de l’intelligence, que le sens de la beauté rare des moindres formes, de la perfection des proportions et des lignes, ont disparu de notre société démocratisée, mélange de riches financiers sans goût et de parvenus sans traditions.
- Il est ici question de la ville de Gênes.
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La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, La Côte italienne, p. 34
[modifier] Théâtre
[modifier] Jean Giraudoux, Amphitryon 38, 1929
Mercure : [...] Vous voyez. On nous dérange déjà. Cachons-nous... Non, ne faites pas de nuée spéciale, Jupiter ! Ici-bas nous avons, pour nous rendre invisibles aux créanciers, aux jaloux, même aux soucis, cette grande entreprise démocratique, — la seule réussie, d'ailleurs, — qui s'appelle la nuit.
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Amphitryon 38 (1929), Jean Giraudoux, éd. Grasset, coll. Le Livre de Poche, 1983 (ISBN 2-253-01068-5), partie Acte I Scène I, p. 20
[modifier] Médias
[modifier] Presse
[modifier] Charles-Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 1851
Diderot est un homme consolant à voir et à considérer. Il est le premier grand écrivain en date qui appartienne décidément à la moderne société démocratique. Il nous montre le chemin et l'exemple : être ou n'être pas des académies, mais écrire pour le public, s'adresser à tous, improviser, se hâter sans cesse, aller au réel, au fait, même quand on a le culte de la rêverie ; donner, donner, donner encore, sauf à ne recueillir jamais ; plutôt s'user que se rouiller, c'est sa devise. Voilà ce qu'il a fait jusqu'à la fin, avec énergie, avec dévouement, avec un sentiment parfois douloureux de cette déperdition continuelle.
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Les lumières et les salons — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. Collection savoir : lettres, 1992 (ISBN 2-7056-6178-6), partie Diderot, 20 janvier 1851. Causeries du lundi, t. III, p. 54
[modifier] Alphonse de Lamartine, Le conseiller du peuple, 1865
On entend par démocratie et par peuple la famille française tout entière.
- (fr) On entend par démocratie et par peuple la famille française tout entière, la nation dans sa généralité la plus complète dans toutes les classes, dans tous les modes d'existence, de situation, de professions qui la composent [...]. Voilà la démocratie, voilà la république démocratique, c'est-à-dire l'unité du peuple au lieu de la séparation privilégiée des classes, l'universalité du gouvernement au lieu du privilége du gouvernement en haut, qu'on appelle aristocratie, ou du privilége du gouvernement en bas, qu'on appelle démagogie. Nous n'avons voulu ni de l'un ni de l'autre. L'aristocratie humilie les peuples avancés ; la démagogie les tue, les démembre et les dévore. La république démocratique ne reconnaît ni aristocratie ni démagogie ; elle ne veut pas deux peuples, ni trois peuples, ni dix peuples dans la nation, elle n'en veut qu'un.
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Le conseiller du peuple, Alphonse de Lamartine, éd. Michel Levy, 1865, p. 269-271
[modifier] Noam Chomsky, La Doctrine des bonnes intentions, 2006
Autrement dit, on a compris en Irak que les États-Unis veulent la démocratie s'ils peuvent la contrôler. Et c'est bien ça. La démocratie, c'est un système où vous êtes libre de faire tout ce que vous voulez tant que vous faites ce que nous vous disons.
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La Doctrine des bonnes intentions (2005), Noam Chomsky (Entretiens avec David Barsamian) (trad. Paul Chemla), éd. Éditions 10/18 n°4054, coll. Fait et cause, 2006 (ISBN 978-2-264-04509-6), p. 90
Citation choisie citation du jour pour le 7 mars 2010.
Si l'on ne contribue pas à une culture démocratique vivante, permanente, capable de faire pression sur les candidats, ils ne feront pas ce pour quoi on les a élus. Mettre un bout de papier et rentrer chez soi ne va rien changer.
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La Doctrine des bonnes intentions (2005), Noam Chomsky (Entretiens avec David Barsamian) (trad. Paul Chemla), éd. Éditions 10/18 n°4054, coll. Fait et cause, 2006 (ISBN 978-2-264-04509-6), p. 102
[modifier] Télévision
[modifier] Jean-Pierre Raffarin,Journal de 20 heures, 2007
On n'exporte pas la démocratie dans un fourgon blindé.
- Citation de Jacques Chirac à Silvio Berlusconi lors des débats sur la guerre en Irak en 2003, rapportée par Jean-Pierre Raffarin.
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Jean-Pierre Raffarin, Journal de 20 heures, TF1, 11 mars 2007 (commentaire à la suite l'allocution de Jacques Chirac au cours de laquelle il annonce n'être pas candidat à l'élection présidentielle).
Citation choisie citation du jour pour le 27 août 2009.
[modifier] Philosophie
[modifier] Montesquieu, De l'esprit des lois, 1748
La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.
- (fr) La liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un état, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l'esprit ce que c'est que l'indépendance, et ce que c'est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent, et si un citoyen pouvoit faire ce qu'elles défendent, il n'auroit plus de liberté, parce que les autres auroient tout de même ce pouvoir.
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De l'esprit des lois (1748), Montesquieu, éd. Pourrat, 1831, t. 1, chap. III-Ce que c'est que la liberté, p. 290
L'amour de la république, dans une démocratie, est celui de la démocratie ; l'amour de la démocratie est celui de l'égalité.
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« De l'esprit des lois », dans Œuvres complètes, Montesquieu, éd. Adamant, 2001 (ISBN 0543996123), t. 1, chap. III, livre V, p. 37 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Karl Popper, La Société ouverte et ses ennemis, 1945
Je n'ignore rien des difficultés et des dangers inhérents à la démocratie, mais je n'en pense pas moins qu'elle est notre seul espoir. Bien des exemples montrent que cet espoir n'est pas vain.
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La Société ouverte et ses ennemis, Karl Popper, éd. Seuil, 1980, t. 1, chap. préface, p. 8
[modifier] Étienne Balibar, Droit de cité — Culture et politique en démocratie, 1998
Un pouvoir est légitime dans la mesure où il n’entre pas en contradiction avec certaines lois supérieures de l’humanité [...] le respect des vivants et des morts, l’hospitalité, l’inviolabilité de l’être humain, l’imprescriptibilité de la vérité. [...] De telles lois non écrites sont au-dessus de toute législation de circonstance.
- « Etat d'urgence démocratique » paru initialement dans Le Monde du 19 février 1997.
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Droit de cité. Culture et politique en démocratie, Étienne Balibar, éd. l'Aube, 1998, p. 18
[modifier] Bernard Stiegler, De la démocratie participative : fondements et limites, 2007
On ne peut pas parler sérieusement de la démocratie si l'on n'est pas capable d'envisager que d'autres modèles politiques que ceux de la démocratie sont possibles.
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De la démocratie participative : fondements et limites, Marc Crépon et Bernard Stiegler, éd. Mille et une nuits, coll. Essai, 2007 (ISBN 978-2-75550-033-2), chap. Français, encore un effort, par Bernard Stiegler, p. 65
[modifier] Psychologie
[modifier] Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980
Préambule et divertimento
[...] lancés comme nous sommes dans les méandres des paradoxes, irons-nous en voyage au sud de l'Italie, à Élée, aujourd'hui Velia, dans un paysage merveilleusement virgilien d'oliviers et de lauriers-roses, jadis fréquenté par Énée un des premiers armateurs grecs à la recherche d'un siège social en Italie entre le cap Palinuro où il perdit son pilote, et le cap Leucosie, où il rejoignit une starlette, ou une nymphe, qui l'attendait dans une vaste propriété aujourd'hui privée ? A Élée nous retrouverions Parménide, qui aimait l'éternité, et surtout Zénon, champion des apories et des paradoxes, Zénon qui avait installé une fabrique de flèches n'atteignant jamais leur cible mobile, et qui organisait des courses entre lièvres et tortues, que nul ne gagnait jamais. Faut-il être fou, faut-il être schizophrène pour assurer qu'on peut arrêter le temps avec sa tête ! Alors, schizo, Zénon ? Freud disait à peu près que les philosophies sont les délires des bien-portants et vous vous rappelez que j'ai pris soin de distinguer la folie de la psychose. Irons-nous cependant penser que, dirigée ainsi qu'elle l'était par des gens comme Parménide et Zénon, Élée était une cité folle ? Eh bien pas du tout. Je me suis laissé dire que nulle part aux temps antiques la démocratie n'a mieux réussi qu'à Élée ce qui donne à penser que mieux vaut penser les paradoxes, mieux vaut certes les penser, que les semer comme peaux de bananes sous les semelles de ses congénères, comme il en est qui aiment à le faire.
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Les Schizophrènes (1980), Paul-Claude Racamier, éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 978-2-228-89427-2), partie Préambule et divertimento, A Élée, p. 36
[modifier] Sciences politiques
[modifier] Raymond Aron, Machiavel et les tyrannies modernes, 1993
Ce qui est essentiel dans l'idée d'un régime démocratique, c'est d'abord la légalité : régime où il y a des lois et où le pouvoir n'est pas arbitraire et sans limites. Je pense que les régimes démocratiques sont ceux qui ont un minimum de respect pour les personnes et ne considèrent pas les individus uniquement comme des moyens de production ou des objets de propagande.
- Etats démocratiques et Etats totalitaires, communication à la Société française de philosophie, 17 juin 1939.
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Machiavel et les tyrannies modernes, Raymond Aron, éd. Livre de Poche, 1995, p. 187
Citation choisie citation du jour pour le 26 avril 2009.
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