Friedrich Hayek

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Friedrich Hayek (8 mai 1899 à Vienne - 23 mars 1992 à Fribourg) est un philosophe et économiste autrichien, naturalisé britannique en 1938.

La Route de la servitude (The Road to Serfdom, 1943)[modifier]

Bien des gens qui se considèrent très au-dessus des aberrations du nazisme et qui en haïssent très sincèrement toutes les manifestations, travaillent en même temps pour des idéaux dont la réalisation mènerait tout droit à cette tyrannie abhorrée.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 11


La tendance moderne vers le socialisme signifie une rupture brutale avec toute l’évolution de la civilisation occidentale. [..] Nous abandonnons rapidement non seulement les idées de Cobden, de Bright, de Smith, de Hume, de Locke, de Milton mais encore une des caractéristiques les plus saillantes de la civilisation occidentale telle qu’elle s’est édifiée sur les fondations posées par le christianisme, par la Grèce et par Rome. Ce qu’on abandonne, ce n’est pas simplement le libéralisme du 19e et du 18e siècle, mais encore l’individualisme fondamental que nous avons hérité d’Érasme et de Montaigne, de Cicéron et de Tacite, de Périclès et de Thucydide.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 17


Il n'y a rien dans les principes du libéralisme qui permette d'en faire un dogme immuable ; il n'y a pas de règles stables, fixées une fois pour toutes. Il y a un principe fondamental : à savoir que dans la conduite de nos affaires nous devons faire le plus grand usage possible des forces sociales spontanées, et recourir le moins possible à la coercition.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 20


[Le libéralisme économique] considère la concurrence comme supérieure non seulement parce qu'elle est dans la plupart des circonstances la méthode la plus efficace qu'on connaisse, mais plus encore parce qu'elle est la seule méthode qui permette d'ajuster nos activités les unes aux autres sans intervention arbitraire ou coercitive de l'autorité.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 33


Reconnaître l'individu comme juge en dernier ressort de ses propres fins, croire que dans la mesure du possible ses propres opinions doivent gouverner ses actes, telle est l'essence de l'individualisme.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 49


Ce n'est pas la source mais la limitation du pouvoir qui l'empêche d'être arbitraire.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 56


La démocratie est essentiellement un moyen, un procédé utilitaire pour sauvegarder la paix intérieure et la liberté individuelle. En tant que telle, elle n'est nullement infaillible. N'oublions pas non plus qu'il a souvent existé plus de liberté culturelle et spirituelle sous un pouvoir autocratique que sous certaines démocraties, - et qu'il est au moins concevable que sous le gouvernement d'une majorité homogène et doctrinaire, la démocratie soit aussi tyrannique que la pire des dictatures.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 82


Existe-t-il une échelle de valeurs que tout homme sensé puisse admettre, capable de justifier un nouvel ordre hiérarchique de la société et à même de satisfaire l'aspiration naturelle des hommes à la justice ?

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 93


En dernier ressort, la société de concurrence recourt à l'huissier, et l'économie dirigée, au bourreau.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 93


La liberté individuelle est incompatible avec la suprématie d'un but unique auquel toute la société est subordonnée en permanence.

  • La Route de la servitude (1943), Friedrich Hayek (trad. G. Blumberg), éd. PUF, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130389576), p. 149


La Constitution de la liberté (The Constitution of Liberty), 1960[modifier]

Ambition, impatience, hâte d'agir sont souvent dignes d'admiration chez des individus, mais elles sont pernicieuses quand elles guident l'usage du pouvoir de contraindre et de corriger aux mains de gens qui, une fois investis de l'autorité, supposent que celle-ci s'accompagne d'une sagesse supérieure, et par conséquent du droit d'imposer aux autres leurs convictions.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 7


Si les hommes en tant que membres de la société civilisé peuvent poursuivre leurs fins individuelles avec plus de succès que s'ils étaient isolés, c'est largement parce que la civilisation leur permet constamment de tirer parti d'un savoir que personnellement ils n'ont pas ; et l'emploi fait par chaque individu de son savoir particulier sert à d'autres qu'il ne connaît pas, en leur facilitant la poursuite de leurs buts respectifs.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 26


La raison humaine ne peut ni prévoir ni modeler délibérément son propre devenir. Ses avancées consistent à déceler les endroits où elle s'est trompée.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 41


Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il est sans doute vrai qu'une société libre qui réussit est toujours dans une large mesure une société attachée à des traditions.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 60


Bien plutôt, déclarer que quelqu’un est responsable de ce qu’il fait tend à rendre ses actions différentes de ce qu’elles seraient s’il ne croyait pas l’être réellement. Nous assignons à un homme de la responsabilité, non pour dire que tel qu’il était il aurait pu agir autrement, mais afin de le rendre différent.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 73


De même que la propriété de tous n'est en fait la propriété de personne, la responsabilité de tout le monde n'est la responsabilité de personne.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 81


C'est une caractéristique essentielle d'une société libre que la situation d'un individu n'ait pas de rapport nécessaire avec l'opinion de ses concitoyens sur le mérite qu'il s'est acquis.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 91


La démocratie est avant tout un processus de formation de l'opinion. Son avantage principal ne réside pas dans sa méthode de sélection de ceux qui gouvernent, mais dans le fait que lorsqu'une grande partie de la population prend une part active dans la formation de l'opinion, il y a aussi une plus grande variété de personnes parmi lesquelles choisir de possibles gouvernants.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 106


La philosophie politique n'a jamais autant de raisons de se soupçonner de faillir à son devoir que lorsqu'il constate que ses opinions personnelles sont très populaires.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 113


Le libéral considère que les bornes qu'il souhaite que la démocratie s'impose, sont précisément les limites dans lesquelles elle peut fonctionner efficacement et celles dans lesquelles elle peut vraiment diriger et contrôler les actes du gouvernement.

  • La Constitution de la liberté (1960), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audoin et Jacques Garello), éd. Litec, coll. Libéralia, 1996 (ISBN 9782711124107), p. 113


Essais de philosophie, de science politique et d'économie, 1967[modifier]

La principale leçon que le vrai libéral doit retenir du succès des socialistes est que ce fut leur courage d'être des utopistes qui leur a valu le soutien des intellectuels et donc un pouvoir d'influence sur l'opinion publique, laquelle sait rendre tous les jours possible ce qui hier semblait hors d'atteinte. Ceux qui ne s'intéressent qu'à ce qui semble praticable dans l'état présent de l'opinion ont toujours pu constater que même cela devenait impossible à réaliser à mesure que survenaient des changements dans une opinion publique qu'ils n'avaient rien fait pour guider.

  • Essais de philosophie, de science politique et d'économie (1967), Friedrich Hayek (trad. Philippe Nemo), éd. Routledge, 1978, p. 194


Droit, législation et liberté (Law, Legislation and Liberty), 1973-1979[modifier]

Qu’il fût possible aux hommes de vivre ensemble paisiblement et à leur mutuel avantage, sans avoir à se mettre d’accord sur des objectifs concrets communs, en étant tenus simplement par des règles de conduite abstraites, a été peut-être la plus grande découverte qu’ait jamais faite l’humanité.

  • Droit, législation et liberté (1976), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audouin), éd. PUF, 2007 (ISBN 978-2-13-056496-6), p. 582


La concurrence est précieuse précisément parce qu’elle constitue une méthode de découverte, dont nous n’aurions pas besoin si ses résultats pouvaient être prédits.

  • Droit, législation et liberté (1979), Friedrich Hayek (trad. Raoul Audouin), éd. PUF, 2007 (ISBN 978-2-13-056496-6), p. 734


Autre[modifier]

Je dirai que, comme institutions pour le long terme, je suis complètement contre les dictatures. Mais une dictature peut être un système nécessaire pour une période transitoire. Parfois il est nécessaire pour un pays d'avoir, pour un temps, une forme ou une autre de pouvoir dictatorial. [...] Personnellement je préfère un dictateur libéral plutôt qu'un gouvernement démocratique manquant de libéralisme. Mon impression personnelle est que [...] au Chili par exemple, nous assisterons à la transition d'un gouvernement dictatorial vers un gouvernement libéral.


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