Vingt Mille Lieues sous les mers

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Illustration d'Alphonse de Neuville et d'Édouard Riou pour le roman en 1870.

Vingt Mille Lieues sous les mers est un roman d'aventures de Jules Verne, paru en 1869-1870. Il relate le voyage de trois naufragés capturés par le capitaine Nemo, mystérieux inventeur qui parcourt les fonds des mers à bord du Nautilus, un sous-marin très en avance sur les technologies de l'époque.

Citations[modifier]

« Et le babiroussa vivant de monsieur ? » (Chapitre III)
L’année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n’a sans doute oublié.
  • Première phrase du roman.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre I, p. 1


Les grandes profondeurs de l’Océan nous sont totalement inconnues. La sonde n’a su les atteindre. Que se passe-t-il dans ces abîmes reculés ? Quels êtres habitent et peuvent habiter à douze ou quinze milles au-dessous de la surface des eaux ? Quel est l’organisme de ces animaux ? On saurait à peine le conjecturer.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre II, p. 10


L’esprit humain se plaît à ces conceptions grandioses d’êtres surnaturels.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre II, p. 11


— Prépare-moi, prépare-toi. Nous partons dans deux heures.

— Comme il plaira à monsieur, répondit tranquillement Conseil.
— Pas un instant à perdre. Serre dans ma malle tous mes ustensiles de voyage, des habits, des chemises, des chaussettes, sans compter, mais le plus que tu pourras, et hâte-toi !
— Et les collections de monsieur ? fit observer Conseil.
— On s’en occupera plus tard.
— Quoi ! les archiotherium, les hyracotherium, les oréodons, les chéropotamus et autres carcasses de monsieur ?
— On les gardera à l’hôtel.
— Et le babiroussa vivant de monsieur ?
— On le nourrira pendant notre absence. D’ailleurs, je donnerai l’ordre de nous expédier en France notre ménagerie.

  • Le professeur Aronnax donne ses ordres à son serviteur Conseil avant de s'embarquer sur la frégate Abraham-Lincoln.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre III, p. 15


Oh ! les chiffres ! On fait ce qu’on veut avec les chiffres !
  • Ned Land
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre IV, p. 23


Je suis bon nageur, sans prétendre égaler Byron et Edgar Poe, qui sont des maîtres.
  • le professeur Aronnax
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre VII, p. 42


Mobilis in mobili : Mobile dans l’élément mobile. Devise du Nautilus (chapitre VIII).
« Si monsieur veut avoir l’extrême obligeance de s’appuyer sur mon épaule, monsieur nagera beaucoup plus à son aise. »

Je saisis d’une main le bras de mon fidèle Conseil.
« Toi ! dis-je, toi !
— Moi-même, répondit Conseil, et aux ordres de monsieur.
— Et ce choc t’a précipité en même temps que moi à la mer ?
— Nullement. Mais étant au service de monsieur, j’ai suivi monsieur ! »

  • le professeur Aronnax
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre VII, p. 43


Mobilis in mobili. Mobile dans l’élément mobile ! Cette devise s’appliquait justement à cet appareil sous-marin, à la condition de traduire la préposition in par dans et non par sur.
  • Devise du Nautilus.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre VIII, p. 57


Monsieur le professeur, je ne suis pas ce que vous appelez un homme civilisé ! J’ai rompu avec la société toute entière pour des raisons que moi seul j’ai le droit d’apprécier. Je n’obéis donc point à ses règles, et je vous engage à ne jamais les invoquer devant moi !
  • Le capitaine Nemo
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre IX, p. 67-68


Mais renoncer à reprendre cet insupportable joug de la terre, que les hommes croient être la liberté, n’est peut-être pas aussi pénible que vous le pensez !
  • Le capitaine Nemo
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre IX, p. 69


Capitaine Nemo : Vous m'avez attaqué ! Vous êtes venus surprendre un secret que nul homme au monde ne doit pénétrer, le secret de toute mon existence ! Et vous croyez que je vais vous renvoyer sur cette terre qui ne doit plus me connaître ! Jamais ! En vous retenant, ce n’est pas vous que je garde, c’est moi-même !
« Vous allez voyager dans le pays des merveilles. » Illustration d'Alphonse de Neuville et d'Édouard Riou pour le roman en 1870.
Vous allez voyager dans le pays des merveilles.
  • Le capitaine Nemo, au professeur Aronnax
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre IX, p. 70


La mer est tout ! Elle couvre les sept dixièmes du globe terrestre. Son souffle est pur et sain. C’est l’immense désert où l’homme n’est jamais seul, car il sent frémir la vie à ses côtés. La mer n’est que le véhicule d’une surnaturelle et prodigieuse existence ; elle n’est que mouvement et amour ; c’est l’infini vivant, comme l’a dit un de vos poètes.
  • Le capitaine Nemo, au professeur Aronnax
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie I, chapitre X, p. 74


Parmi ces ouvrages, je remarquai les chefs-d’œuvre des maîtres anciens et modernes, c’est-à-dire tout ce que l’humanité a produit de plus beau dans l’histoire, la poésie, le roman et la science, depuis Homère jusqu’à Victor Hugo, depuis Xénophon jusqu’à Michelet, depuis Rabelais jusqu’à madame Sand.
  • Le professeur Aronax observe les livres de la bibliothèque du capitaine Nemo dans le Nautilus.
  • Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, Partie I, chapitre 11, p. 76


On peut braver les lois humaines, mais non résister aux lois naturelles.


L’Atlantide, l’ancienne Méropide de Théopompe, l’Atlantide de Platon, ce continent nié par Origène, Porphyre, Jamblique, D’Anville, Malte-Brun, Humboldt, qui mettaient sa disparition au compte des récits légendaires, admis par Possidonius, Pline, Ammien-Marcellin, Tertullien, Engel, Sherer, Tournefort, Buffon, d’Avezac, je l’avais là sous les yeux, portant encore les irrécusables témoignages de sa catastrophe ! C’était donc cette région engloutie qui existait en dehors de l’Europe, de l’Asie, de la Libye, au-delà des colonnes d’Hercule, où vivait ce peuple puissant des Atlantes, contre lequel se firent les premières guerres de l’ancienne Grèce !
  • Le capitaine Nemo montre les ruines englouties de l'Atlantide au professeur Aronnax lors d'une sortie en scaphandres.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre IX, p. 298


Quelquefois, j’entendais résonner les sons mélancoliques de son orgue, dont il jouait avec beaucoup d’expression, mais la nuit seulement, au milieu de la plus secrète obscurité, lorsque le Nautilus s’endormait dans les déserts de l’Océan.
  • Passe-temps du capitaine Nemo à bord du Nautilus.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XI, p. 314


Je ne suis pas un boucher, je suis un chasseur, et ceci n’est qu’une boucherie.
  • Ned Land, devant un massacre de cachalots ordonné par le capitaine Nemo pour protéger un troupeau de baleines.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XII, p. 331


Pierre Aronnax : Un incident, capitaine ?
Capitaine Nemo : Non, monsieur, un accident cette fois.
Pierre Aronnax : Grave ?
Capitaine Nemo : Peut-être.


Les feux de ces myriades de diamants se confondaient. Le Nautilus, emporté par son hélice, voyageait dans un fourreau d’éclairs.
  • Le Nautilus voyage sous des icebergs.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XV, p. 363


« C'était un calmar de dimensions colossales... » Illustration d'Alphonse de Neuville et d'Édouard Riou pour le roman en 1870.
C’était un calmar de dimensions colossales, ayant huit mètres de longueur. Il marchait à reculons avec une extrême vélocité dans la direction du Nautilus. Il regardait de ses énormes yeux fixes à teintes glauques. Ses huit bras, ou plutôt ses huit pieds, implantés sur sa tête, qui ont valu à ces animaux le nom de céphalopodes, avaient un développement double de son corps et se tordaient comme la chevelure des furies. On voyait distinctement les deux cent-cinquante ventouses disposées sur la face interne des tentacules sous forme de capsules semi-sphériques. Parfois ces ventouses s’appliquaient sur la vitre du salon en y faisant le vide. La bouche de ce monstre — un bec de corne fait comme le bec d’un perroquet — s’ouvrait et se refermait verticalement. Sa langue, substance cornée, armée elle-même de plusieurs rangées de dents aiguës, sortait en frémissant de cette véritable cisaille. Quelle fantaisie de la nature ! Un bec d’oiseau à un mollusque ! Son corps, fusiforme et renflé dans sa partie moyenne, formait une masse charnue qui devait peser vingt à vingt-cinq mille kilogrammes. Sa couleur inconstante, changeant avec une extrême rapidité suivant l’irritation de l’animal, passait successivement du gris livide au brun rougeâtre.
  • Description d'un des poulpes qui attaquent le Nautilus.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XVIII, p. 392-393


Tout homme, par cela seul qu’il est homme, vaut qu’on songe à lui.
  • Le professeur Aronnax
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XIX, p. 404


Je suis le droit, je suis la justice ! me dit-il. Je suis l’opprimé, et voilà l’oppresseur ! C’est par lui que tout ce que j’ai aimé, chéri, vénéré, patrie, femme, enfants, mon père, ma mère, j’ai vu tout périr ! Tout ce que je hais est là ! Taisez-vous !
  • Le capitaine Nemo, au sujet du navire que le Nautilus s'apprête à attaquer.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XXI, p. 421


Maelstrom ! Maelstrom !
  • Ned Land
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XXII, p. 431


Aussi, à cette demande posée, il y a six mille ans, par l’Écclésiaste : « Qui a jamais pu sonder les profondeurs de l’abîme ? » deux hommes entre tous les hommes ont le droit de répondre maintenant. Le capitaine Nemo et moi.
  • Dernière phrase du roman.
  • Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne, éd. Hetzel, coll. « Voyages extraordinaires », 1870, partie II, chapitre XXIII, p. 434


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