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Joan Miró

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Joan Miró en 1935.

Joan Miró, né à Barcelone le et mort à Palma de Majorque le , est un peintre, graveur, sculpteur et céramiste espagnol.

Citations

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Écrits et entretiens

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Ensemble, Masson et moi, nous avons découvert Paul Klee, découverte essentielle pour l'un et pour l'autre. Par des reproductions d'abord, dans une grande librairie du boulevard Raspail. Ensuite dans une petite galerie au coin de la rue Vavin dont le propriétaire allait de temps en temps voir Klee et rapportait de ses voyages quelques aquarelles. Il nous faisait signe, nous nous précipitions. Éluard et Crevel s'intéressaient également à Klee, ils sont même allés le voir. Breton, lui, le dédaignait.
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie II. Paris et Montroig, 1915-1928, p. 116


Mon rêve, lorsque je pourrai me fixer quelque part, est d'avoir un très grand atelier, non pas pour des raisons d'éclairage, lumière du nord etc., auxquelles je suis indifférent, mais pour avoir de la place, beaucoup de toiles, car plus je travaille plus j'ai envie de travailler. Je voudrais m'essayer à la sculpture, à la poterie, à l'estampe, avoir une presse. M'essayer aussi à dépasser, dans la mesure du possible, la peinture de chevalet qui, à mon avis se propose un but mesquin, et me rapprocher, par la peinture, des masses humaines auxquelles je n'ai jamais cessé de songer.
  • « Je rêve d’un grand atelier », XXe siècle, vol. 1, no2, 1938 [1]
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie IV. Paris et Varengeville, 1936-1940, p. 173


que les œuvres soient conçues avec une âme de feu, mais réalisées avec une froideur clinique
  • Notes de travail 1940-1941 (Carnet)
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie V. Palma de Majorque, Montroig et Barcelone, 1940-1945, p. 188


la technique a une énorme importance et ouvre des possibilités infinies – penser à Klee et à L. de Vinci
  • Notes de travail 1940-1941 (Carnet)
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie V. Palma de Majorque, Montroig et Barcelone, 1940-1945, p. 189


Ce qui m'intéresse le plus aujourd'hui, c'est le matériau avec lequel je travaille. Il procure le choc qui suggère la forme tout comme les fissures dans un mur suggéraient des formes à Léonard de Vinci. C'est pour cette raison que je travaille toujours sur plusieurs toiles à la fois. Je commence une toile sans penser à ce qu'elle peut devenir par la suite. Je la mets de côté dès que le premier feu baisse. Je peux la laisser sans la regarder pendant des mois. Alors je la sors et j'y travaille froidement comme un artisan, strictement guidé par les règles de composition, une fois le premier choc de la suggestion atténué.
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie VI. Barcelone et Montroig, 1947-1954, p. 232
Le spectacle du ciel me bouleverse. Je suis bouleversé quand je vois, dans un ciel immense, le croissant de la lune ou le soleil. Il y a, d'ailleurs, dans mes tableaux, de toutes petites formes dans de grands espaces vides. Les espaces vides, les horizons vides, les plaines vides, tout ce qui est dépouillé m'a toujours beaucoup impressionné.
  • Entretien avec Yvon Tallandier, « Je travaille comme un jardinier », XXe siècle, 15 février 1959, supplément mensuel, p. 4-6.
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie VII. Palma de Majorque, 1957-1978, p. 269


Quand je commence une toile, j'obéis à une impulsion physique, au besoin de me lancer; c'est comme une décharge physique. Bien sûr, une toile ne peut pas me satisfaire tout de suite. […] C'est une lutte entre moi et ce que je fais, entre moi et la toile, entre moi et mon malaise. Cette lutte m'excite et me passionne. Je travaille jusqu'à ce que le malaise cesse. Je commence mes tableaux sous l'effet d'un choc que je ressens et qui me fait échapper à la réalité. La cause de ce choc peut être un petit fil qui se détache de la toile, une goutte d'eau qui tombe, cette empreinte que laisse mon doigt sur la surface brillante de cette table. De toute façon, il me faut un point de départ, ne serait-ce qu'un grain de poussière ou un éclat de lumière.
  • « Je travaille comme un jardinier », 1959.
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie VII. Palma de Majorque, 1957-1978, p. 271


Je travaille longtemps, parfois des années sur un même tableau. Mais pendant tout ce temps, il y a des moments, parfois très longs, pendant lesquels je ne m'en occupe pas. L'important, pour moi, c'est qu'on y sente le point de départ, le choc qui l'a déterminé. Qu'une toile reste pendant des années en train dans mon atelier, ça ne m'inquiète pas. […] Je considère mon atelier comme un potager. Là, il y a des artichauts. Ici, des pommes de terre. Il faut couper les feuilles pour que les fruits poussent. A un moment donné, il faut tailler. Je travaille comme un jardinier ou comme un vigneron. Les choses viennent lentement.
  • « Je travaille comme un jardinier », 1959.
  • Écrits et entretiens, Joan Miró, éd. D. Lelong, 1995  (ISBN 2-86882-009-3), partie VII. Palma de Majorque, 1957-1978, p. 271-272


Ceci est la couleur de mes rêves

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C’est près de la Rotonde, dans une petite galerie, à l’angle de la rue Vavin et du boulevard Raspail, que j’ai vu les premiers Klee. […] J’avais vu des reproductions avant. Mais pour moi, ç’a été très important. Klee m’a fait sentir qu’il y avait quelque chose d’autre, en toute expression plastique, que la peinture-peinture, qu’il fallait aller au-delà, pour atteindre des zones plus émouvantes et profondes. En 23, il était très peu connu à Paris. […] Je n’ai pas connu Klee, mais j’ai été très ému lorsqu’un jour Kandinsky m’a expliqué que Klee, au temps du Bauhaus, lui avait dit, en parlant de moi : « Il faut suivre ce que ce garçon fait. »
  • Ceci est la couleur de mes rêves, entretiens avec Georges Raillard (1977), Joan Miró, Georges Raillard, éd. Hermann, 2018  (ISBN 978-2-7056-9789-1), partie Chez Joan Miró à Palma, chap. 5 : Ceci est la couleur de mes rêves, p. 63-64


Maintenant, j'entre dans mon atelier et je suis attiré comme par magnétisme… Un tube de couleur est par terre et il m'attire, il faut que je l'ouvre, que je commence n'importe quoi. Ça vient tout seul. Je suis dans ma grotte, comme un enfant dans sa grotte.
  • Ceci est la couleur de mes rêves, entretiens avec Georges Raillard (1977), Joan Miró, Georges Raillard, éd. Hermann, 2018  (ISBN 978-2-7056-9789-1), partie Chez Joan Miró à Palma, chap. 8. Je suis dans ma grotte, p. 114


Il me faut quelque chose qui déclenche une émotion. L'émotion, c'est ce qui me fait bouger. Ce n'est pas du domaine du sentiment. Comme si une punaise me pique.
  • Ceci est la couleur de mes rêves, entretiens avec Georges Raillard (1977), Joan Miró, Georges Raillard, éd. Hermann, 2018  (ISBN 978-2-7056-9789-1), partie Chez Joan Miró à Palma, chap. 8. Je suis dans ma grotte, p. 115


Autres citations

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Je ne suis jamais content de ce que je viens de terminer. La seule chose qui m’intéresse, c’est toujours le travail que j’ai en chantier ; dès qu’il est terminé, je vois cela comme une chose qui m’est étrangère et qui ne m’intéresse plus.

Citations sur

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René Char

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Voir le recueil de citations : René Char

André Chastel

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Voir le recueil de citations : André Chastel

René Crevel

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Voir le recueil de citations : René Crevel
[…] il faut beaucoup de naïveté pour faire de grandes choses et rien d’admirable n’apparaît possible sans cette innocence dont le spectacle faisait écrire à Robert Desnos, à propos du peintre Miró dont les tableaux venaient de se révéler si libres, si révolutionnaires, que nul ne pouvait se défendre d’en avoir été surpris : « Miró est un peintre béni. »


Robert Desnos

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Voir le recueil de citations : Robert Desnos
Il est des noms prédestinés de toute éternité à jouer un rôle dans le destin de qui les porte. Ce n’est pas à moi que l’on fera croire que le hasard seul veut qu’un poète se nomme Edgar Poe et un peintre Miró.
  • Cahiers de Belgique, 6, juin 1929.


[…] il est votre cartographe et le minutieux descripteur de vos merveilles. Du fond des infinis multipliés une lumière de son immense et régulière vitesse se dirige vers nous avec des messages étoilés : La peinture de Miró est Mirobolante.
  • Écrits sur les peintres, Robert Desnos, éd. Flammarion, 1984  (ISBN 2-08-064609-5), p. 107


Raymond Queneau

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Voir le recueil de citations : Raymond Queneau
Comme tous les artistes, Miró prend son bien, où il se trouve. On peut dire aussi qu'il trouve son bien où il le prend, car « prendre son bien où il se trouve » comme « cherchez et vous trouverez » sont de ces aphorismes célèbres dont les termes sont intervertibles. Donc Miró, également, trouve et cherchera. Qu'est-ce qu'il trouve ? Un râteau, une courge, des bouts d'os, une vieille boîte de fer rouillée. Qu'est-ce qu'il cherche ? Ce que le regardeur trouvera.

André Masson

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Voir le recueil de citations : André Masson

Édouard Roditi

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Tous ceux qui ne réussissent pas à trouver dans l’œuvre même de Miró l’explication de son art ne pourront guère s’attendre à obtenir de lui un complément d’information. Miró est en effet de ces artistes à qui la magie de leur activité créatrice ne pose aucun problème ; ils l’acceptent sans la discuter, sans chercher à se l’expliquer. Leur art est ainsi leur seul moyen d’exprimer, en un langage qui leur est aussi naturel et explicite que la parole peut l’être pour d’autres.


Pierre Schneider

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Voir le recueil de citations : Pierre Schneider

Tristan Tzara

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Voir le recueil de citations : Tristan Tzara

Notes et références

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  1. Repris dans XXe siècle, 21, 13, 1959 [lire en ligne] et dans XXe 1972.

Voir aussi

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Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :

  • [Miró 1995] Écrits et entretiens (choisis, présentés et annotés par Margit Rowell), D. Lelong, (ISBN 2-86882-009-3). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Miró 2018] Ceci est la couleur de mes rêves : entretiens avec Georges Raillard, Hermann, (ISBN 978-2-7056-9789-1). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article