Atlantide

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Carte de l’Atlantide dans Mundus Subterraneus d’Athanasius Kircher (1664).

L’Atlantide est une île engloutie imaginaire dont la description et l’histoire furent écrites par Platon dans le Timée et dans le Critias.

À partir de la Renaissance, le mythe suscita une innombrable littérature qui inspira ensuite le cinéma, la télévision et la bande dessinée entre autres.

Platon[modifier]

Timée[modifier]

[N]os écrits disent l’importance de la puissance étrangère que votre cité [Athènes] arrêta jadis dans sa marche insolente sur toute l’Europe et l’Asie réunies, lançant une invasion à partir de l’océan Atlantique. C’est que, en ce temps-là, on pouvait traverser cette mer lointaine. Une île s’y trouvait en effet devant le détroit qui, selon votre tradition, est appelé les Colonnes d’Héraclès. Cette île était plus étendue que la Libye et l’Asie prises ensemble.
  • « Timée » (trad. Luc Brisson), 24e, dans Timée. Critias, Platon, éd. Flammarion, coll. « GF », 2017  (ISBN 978-2-0814-2156-1), p. 111


Or, dans cette île, l’Atlantide, s’était constitué un empire vaste et merveilleux, que gouvernaient des rois dont le pouvoir s’étendait non seulement sur cette île tout entière, mais aussi sur beaucoup d’autres îles et sur des parties du continent. En outre, de ce côté-ci du détroit, ils régnaient encore sur la Libye jusqu’à l’Egypte, et sur l’Europe jusqu’a la Tyrrhénie.
  • « Timée » (trad. Luc Brisson), 25a-b, dans Timée. Critias, Platon, éd. Flammarion, coll. « GF », 2017  (ISBN 978-2-0814-2156-1), p. 112


En l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit funestes, toute votre armée fut engloutie d’un seul coup sous la terre, et l’île Atlantide s’enfonça pareillement sous la mer.
  • « Timée » (trad. Luc Brisson), 25c-d, dans Timée. Critias, Platon, éd. Flammarion, coll. « GF », 2017  (ISBN 978-2-0814-2156-1), p. 112


Critias[modifier]

[Les rois de l’Atlantide] possédaient des richesses en une abondance telle que jamais sans doute n’en posséda avant eux aucune lignée royale et que dans l’avenir nulle n’arrivera facilement à en posséder ; en outre, ils disposaient de tout ce que pouvaient fournir et la cité et le reste du pays. Car, si beaucoup de choses venaient du dehors, en raison de l’etendue de leur puissance, c’était l’île qui fournissait la plupart des choses qui sont nécessaires à la vie. En premier lieu, tous les métaux, durs ou malléables, extraits du sol par le travail de la mine, sans parler de celui dont il ne subsiste aujourd’hui que le nom, mais dont en ce temps-là il y avait plus que le nom, la substance même, l’orichalque, que l’on extrayait de la terre en maints endroits de l’île ; c’etait en ce temps-là le métal le plus précieux après l’or.
  • « Critias » (trad. Luc Brisson), 114d-e, dans Timée. Critias, Platon, éd. Flammarion, coll. « GF », 2017  (ISBN 978-2-0814-2156-1), p. 366-367


Sur le mythe[modifier]

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant[modifier]

[L’]Atlantide rejoint le thème du paradis, de l’Âge d’Or, qui se retrouve dans toutes les civilisations, soit aux debuts de l’humanité, soit à son terme. Son originalité symbolique tient à l’idée que le paradis réside dans la prédominance en nous d’un élément divin. Les hommes, montrent encore l’Atlantide, finissent toujours, parce qu’ils ont laissé perdre les plus beaux des biens les plus précieux, par être chassés du paradis qui s’engloutit avec eux. N’est-ce pas suggérer que le paradis et l’enfer sont d’abord en nous-mêmes?
  • « Atlantide », dans Dictionnaire des symboles (1969), Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, éd. Robert Laffont / Jupiter, coll. « Bouquins », 1982  (ISBN 2-221-08716-X), p. 82-83


Jean-François Mattéi[modifier]

La fascination exercée à travers le temps par le mythe de l’Atlantide tient peut-être à sa structure spéculaire générale qui révèle, à travers la profusion de ses images, la limite infranchissable du mythe et le silence final de la parole. En ce sens, le miroir de l’Atlantide se donne d’emblée comme un miroir de mort dans lequel tous les fantasmes des utopies ultérieures viendront se refléter.
  • Platon et le Miroir du mythe. De l’âge d’or à l’Atlantide (1996), Jean-François Mattéi, éd. PUF, coll. « Quadrige », 2002  (ISBN 978-2-13-053183-8), chap. 9. Le mythe de l’Atlantide, p. 252-253


[…] Atlantis est le simulacre de la cité juste qui sera engloutie à la fin du cycle dans « l’océan infini » de la dissemblance. La disparition de l’île dans un abîme de sel voué aux fantasmes de mort est liée à la suspension de la parole du dieu.
  • Platon (2005), Jean-François Mattéi, éd. PUF, coll. « Que sais-je ? », 2018  (ISBN 978-2-13-080383-6), chap. VI. Muthos. La leçon du mythe, IV. Le miroir de l’Atlantide, p. 120


Pierre Vidal-Naquet[modifier]

Pour nous modernes, Platon, avec le récit de l’Atlantide et de sa guerre contre Athènes, a inventé un genre littéraire encore bien vivant, puisqu’il s’agit de la science-fiction.
  • L’Atlantide. Petite histoire d’un mythe platonicien (2005), Pierre Vidal-Naquet, éd. Les Belles Lettres, coll. « Points / Essais », 2007  (ISBN 978-2-7578-0040-9), chap. I. Au commencement était Platon, p. 41


Rendre le mythe à l’image et à la poésie, après en avoir désossé l’histoire, c’est la grâce que je souhaite à tous ceux qui liront ce petit livre.
  • L’Atlantide. Petite histoire d’un mythe platonicien (2005), Pierre Vidal-Naquet, éd. Les Belles Lettres, coll. « Points / Essais », 2007  (ISBN 978-2-7578-0040-9), chap. VIII. L’eau, la terre et les songes, p. 148


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