Bonheur

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Happy ArcadiaKonstantin Makovsky (XIXè s.)

Le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction.

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Marie-Jo Bonnet, Les Relations amoureuses entre les femmes, 1981

Le démon de l'expérimentation s'empare de toute une société « éclairée », cherche une nouvelle façon de vivre, vérifie ce qu'on lui dit, explore, découvre de nouveaux horizons, rêve tout haut et pense que le salut ne vient plus de dieu, mais de l'Histoire, c'est-à-dire de la capacité de l'Homme à établir sur terre le bonheur commun.

  • Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. Poches, 1981, partie 2. Des mystères de la nature à ceux de Lesbos (XVIIIè siècle), chap. I Lumières... sur la passion du semblable, Introduction, p. 93


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Charles-Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 1858

Si un jour nous nous sentions heureux, sincèrement heureux ; si les jeunes âmes touchées d'un bon souffle, atteintes de ce contentement louable et salutaire qui n'engendre pas un puéril orgueil et qui ne fait qu'ajouter à la vie l'émulation, se sentaient heureuses de vivre dans un temps, dans un régime social qui permet ou favorise tous les beaux mouvements de l'humanité ; si elles ne se constituaient pas dès le début en révolte, en fronde, en taquinerie, en aigreur, en regrets ou en espérances d'en arrière ou d'au-delà, si elles consentaient à répandre et à diriger toutes leurs forces dans le large lit ouvert devant elles — oh ! alors l'équilibre entre les talents et le milieu, entre les esprits et le régime social, se trouverait établi ; on se retrouverait à l'unisson ; la lutte, la maladie morale cesserait et la littérature d'elle-même redeviendrait classique par les grandes lignes et par le fond (c'est l'essentiel) — non pas qu'on aurait plus de talent, plus de science, mais on aurait plus d'ombre, d'harmonie, de proportion, un noble but et des moyens plus simples et plus de courage pour y arriver. Nous recommencerions peut-être à avoir des monuments.

  • Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. Collection savoir : lettres, 1992 (ISBN 2-7056-6179-4), partie De la tradition en littérature, 12 avril 1858. Causeries du lundi, t. XV, p. 10


[modifier] Littérature

[modifier] Écrit intime

[modifier] Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, 1782

C'est de cette époque que je puis dater mon entier renoncement au monde et ce goût vif pour la solitude qui ne m'a plus quitté depuis ce temps-là. L'ouvrage que j'entreprenais ne pouvait s'exécuter que dans une retraite absolue ; il demandait de longues et paisibles méditations que le tumulte de la société ne souffre pas. Cela me força de prendre pour un temps une autre manière de vivre dont ensuite je me trouvai si bien que ne l'ayant interrompue depuis lors que par force et pour peu d'instants, je l'ai reprise de tout mon coeur et m'y suis borné sans peine aussitôt que je l'ai pu, et quand ensuite les hommes m'ont réduit à vivre seul, j'ai trouvé qu'en me séquestrant pour me rendre misérable, ils avaient plus fait pour mon bonheur que je n'avais su faire moi-même.


[modifier] Paul Klee, Journal, 1957

O intarissable pêle-mêle, les déplacements de plans, le soleil sanglant, la profonde mer semée de voiles inclinées. Matière sur matière, au point qu'on pourrait s'y dissoudre. Etre homme, être antique, naïf et rien, pourtant heureux.


La couleur me possède. Point n'est besoin de chercher à la saisir. Elle me possède, je le sais. Voilà le sens du moment heureux : la couleur et moi sommes un. Je suis peintre.


[modifier] Essai

[modifier] Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Du bonheur, 1724

Un grand obstacle au bonheur, c'est de s'attendre à un trop grand bonheur.

  • « Du bonheur », dans Œuvres de Fontenelle, Fontenelle, éd. Paris-Berlin, 1818, t. 2, p. 383


Le plus grand secret pour le bonheur, c'est d'être bien avec soi.

  • « Du bonheur », dans Œuvres de Fontenelle, Fontenelle, éd. Paris-Berlin, 1818, t. 2, p. 387


[modifier] Prose poétique

[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924

Servantes de la faiblesse, servantes du bonheur, les femmes abusent de la lumière dans un éclat de rire.


[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958

Je suis fatiguée de ce jeu de patience inachevé. Heureuse la femelle du scorpion que ses petits dévorent. Heureux le serpent qui change de chemise. Heureuse l'eau qui se boit elle-même.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Papillon d'obsidienne, p. 92


Prends mon collier de larmes. Je t'attends de ce côté du temps où la lumière inaugure un règne heureux : le pacte des jumeaux ennemis, l'eau qui fuit entre les doigts et la glace, pétrifiée comme une reine dans son orgueil. Là tu fendras mon corps en deux pour épeler les lettres de ton destin.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Papillon d'obsidienne, p. 93


A cette heure guerrière, à cette heure de sauve-qui-peut, les amants se penchent au balcon du vertige. Ils s'élèvent doucement, épi de bonheur qui se balance sur un champ calciné. Leur amour est un aimant auquel est suspendu le monde. Il règle les marées, il ouvre les écluses de la musique. Au pied de leur chaleur, la réalité brise sa coquille.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Etre naturel — II, p. 105


[modifier] Roman

[modifier] Jean-Jacques Rousseau, Julie ou La nouvelle Héloïse, 1761

Adieu, mon cher et bon ami ; si je croyais que la fortune pût vous rendre heureux, je vous dirais : « Courez à la fortune » ; mais peut-être avez-vous raison de la dédaigner avec tant de trésors pour vous passer d'elle ; j'aime mieux vous dire : « Courez à la félicité », c'est la fortune du sage.


Pour moi je pense que le signe le plus assuré du vrai contentement d'esprit est la vie retirée et domestique, et que ceux qui vont sans cesse chercher leur bonheur chez autrui ne l'ont point chez eux-mêmes. Un père de famille qui se plaît dans sa maison a pour prix des soins continuels qu'il s'y donne la continuelle jouissance des plus doux sentiments de la nature. Seul entre tous les mortels, il est maître de sa propre félicité, parce qu'il est heureux comme Dieu même, sans rien désirer de plus que ce dont il jouit. Comme cet être immense, il ne songe pas à amplifier ses possessions, mais à les rendre véritablement siennes par les relations les plus parfaites et la direction la mieux entendue : s'il ne s'enrichit pas par de nouvelles acquisitions, il s'enrichit en possédant mieux ce qu'il a.


[modifier] André Gide, Les Nouvelles Nourritures, 1919

Que l'homme est né pour le bonheur, certes toute la nature l'enseigne. C'est l'effort vers la volupté qui fait germer la plante, emplit de miel la ruche et le coeur de l'homme de bonté.

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
  • « Les Nouvelles Nourritures », André Gide, Littérature, nº 1, Mars 1919, p. 2


[modifier] Albert Camus, La Peste, 1947

[...] il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul.


[modifier] Daniel Pennac, La Fée carabine, 1987

Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n’est qu’un rêve de prédateur.


[modifier] Théâtre

[modifier] Jean Giraudoux, Amphitryon 38, 1929

Alcmène : Oh ! Jupiter. Daignez l'arrêter. Il s'agit d'Alcmène.
Jupiter : Encore d'Alcmène ! Il s'agira donc toujours d'Alcmène aujourd'hui ! Alors, évidemment, Mercure se trompe ! Alors c'est l'aparté des aparté, le silence des silences. Alors disparaissons, dieux et comparses, vers nos zéniths et vers nos caves. Vous tous spectateurs, retirez-vous sans mot dire en affectant la plus complète indifférence. Qu'une suprême fois Alcmène et son mari apparaissent seuls dans un cercle de lumière, où mon bras ne figurera plus que comme un bras indicateur pour indiquer le sens du bonheur ; et sur ce couple, que l'adultère n'effleura et n'effleurera jamais, auquel ne sera jamais connue la saveur du baiser illégitime pour clore de velours cette clairière de fidélité, vous là-haut, rideaux de la nuit qui vous contenez depuis une heure, retombez.


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Pascal Bruckner, La séduction est un mystère insondable, 2009

Le bonheur, en tant qu'état magique qui vous élève au-dessus de votre condition, est rare. L'important, c'est de reconnaître quand ce moment de bonheur arrive.


[modifier] Philosophie

[modifier] Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal, 1886

LE DANGER DANS LE BONHEUR. « Maintenant, tout me réussit : j'aime toute espèce de destinée : — qui a envie d'être ma destinée ? »

  • Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1991 (ISBN 978-2-253-05614-0), partie IV, chap. « Maximes et intermèdes », § 103, p. 159


[modifier] Friedrich Nietzsche, L’Antéchrist, 1888

Qu'est-ce que le bonheur ? Le sentiment que la puissance croît, qu'une résistance est en voie d'être surmontée.
Non d'être satisfait, mais d'avoir davantage de puissance. Non pas la paix, mais la guerre. Non la vertu, mais la valeur (vertu dans le sens de la Renaissance, virtu, une vertu «garantie sans moraline»).


[modifier] Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu, 1938

Pour être heureux, il faut penser au bonheur d'un autre.

  • La Psychanalyse du feu, Gaston Bachelard, éd. Gallimard, coll. NRF idées, 1949, conclusion, p. 181


[modifier] Gaston Bachelard, L'Eau et les Rêves, 1942

La barque de Charon va toujours aux enfers. Il n'y a pas de nautonier du bonheur.


[modifier] Propos de moralistes

[modifier] Joseph Joubert, Pensées

Il entre dans la composition de tout bonheur l’idée de l’avoir mérité.


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