Vladimir Volkoff

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Vladimir Volkoff

Vladimir Volkoff, né à Paris le 7 novembre 1932, et mort dans sa maison de Bourdeilles (Dordogne) le 14 septembre 2005 (à 72 ans), est un écrivain français, auteur de nombreux romans ayant trait notamment à l'histoire russe, à la guerre froide et à la guerre d'Algérie, d'essais consacrés à la désinformation, mais également dramaturge, poète, biographe et traducteur. Sa langue de prédilection pour l’écriture est le français, mais il a publié des romans en anglais et des textes en russe.

Le Bouclage, 1990[modifier]

Le ciel du couchant se déploya ce soir-là comme une queue de paon, comme un étang ocellé de nymphéas. Les superstitieux y virent un présage, ils ne savaient pas de quoi.

Des nuages couleur de craie, de crevette, de nacre et même bleu cru y naviguaient comme des nacelles à la fête foraine, s'y entrechoquaient silencieusement, émettaient des flocons de vapeur blanche, ou, telles des seiches, des jets d'ancre. Sur un fond qui se dégradait de saumoné en taupe, des barres rouges et noires verrouillaient l'horizon. Au zénith, traversant l'un après l'autre ces paysages divers, circulait un point incandescent.[...]
– Voilà le bon Dieu qui a jeté son mégot.
Pepito, le petit frère, dix ans, accroupi aux pieds de l'Antéchrist entre les boites à ordures, jouait avec un merle unijambiste auquel il avait confectionné une patte de rechange au moyen d'une allumette fixée par un élastique au moignon.
– Sariel, fit-il, les yeux fixés sur la comète rouge, ça me fait mal quand tu parles du bon Dieu comme ça.
Il était le seul à appeler son grand frère par son prénom.
– Toi, Pepito ,quand je t'aurais écrasé ton oiseau...

L'Antéchrist sourit dans le noir de toutes ses petites dents de loutre, anticipant sur le plaisir de faire craquer la carcasse vivante et jouissant déjà de l'angoisse qu'il créait.
  • Incipit
  • Le Bouclage, Vladimir Volkoff, éd. Éditions de Fallois, L'Age d'Homme, 1990  (ISBN 2-87706-094-2), p. 11


Le Berkeley à cinq heures, 1993[modifier]

Il est cinq heures passées, largement passées, et je ne vois pas un visage connu. Un hasard ? Peut-être. Cela arrivait quelquefois. C'est tout de même angoissant. Je n'aime pas les usages qui se perdent.
Certains prétendent que celui du Berkeley à cinq heures date de l'ancien Berkeley, cossu et rembourré, où des producteurs de cinéma et des gagsters en feutres mous, accompagnés de leurs hétaïres, assuraient les revenues d'une noble famille du Périgord. Possible. A cette époque là, je n'avais pas les moyens de fréquenter le Berkeley, et d'ailleurs je n'étais pas initié au rite des cinq heures. Je n'ai jamais connu que l'actuelle brasserie de luxe au personnel extraordinairement complaisant : une fois, j'ai vu toutes les vestes noires et blanches, sans compter la dame du vestiaire, abandonner momentanément leur service pour chercher un cardigan qu'une amie d'un mien cousin avait égaré.
  • Incipit
  • Le Berkeley à cinq heures, Vladimir Volkoff, éd. Éditions de Fallois, L'Age d'Homme, 1993  (ISBN 2-87706-135-3), p. 11


Opération Barbarie[modifier]

L'un des secrets du monde, c'est qu'on a quelquefois le devoir de faire ce qu'on n'a pas le droit de faire, le corollaire étant qu'on n'a pas le droit de faire ce qu'on a le devoir de faire. À l'homme d'action de prendre ses responsabilités. Et de subir ensuite les diatribes des irresponsables.
  • Opération Barbarie, Vladimir Volkoff, éd. Éditions des Syrtes, 2001  (ISBN 2-84545-035-4), p. 220


Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :