Sylvain Gouguenheim

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Sylvain Gouguenheim, né le , est un historien médiéviste français.

Citations sur l'affaire Gouguenheim[modifier]

Historiens et philosophes, nous avons lu avec stupéfaction l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim intitulé Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne (Seuil) qui prétend démontrer que l’Europe chrétienne médiévale se serait approprié directement l’héritage grec, au point de dire qu’elle “aurait suivi un cheminement identique même en l’absence de tout lien avec le monde islamique”. L’ouvrage va ainsi à contre-courant de la recherche contemporaine, qui s’est efforcée de parler de translatio studiorum et de mettre en avant la diversité des traductions, des échanges, des pensées, des disciplines, des langues. S’appuyant sur de prétendues découvertes, connues depuis longtemps, ou fausses, l’auteur propose une relecture fallacieuse des liens entre l’Occident chrétien et le monde islamique, relayée par la grande presse mais aussi par certains sites Internet extrémistes. Dès la première page, Sylvain Gouguenheim affirme que son étude porte sur la période s’étalant du VIe au XIIe siècle, ce qui écarte celle, essentielle pour l’étude de son sujet, des XIIIe et XIVe siècles. Il est alors moins difficile de prétendre que l’histoire intellectuelle et scientifique de l’Occident chrétien ne doit rien au monde islamique !


En 2008, un livre dû à Sylvain Gouguenheim, historien du Moyen Âge, mais non spécialiste de ce problème précis, a voulu rappeler que les Arabes n'ont pas été les seuls à transmettre le savoir grec, mais qu'une partie est passée directement du grec au latin. Le livre a des défauts. On lui a en tout cas prêté une idée qu'il ne défend pas, et qui est très fausse, à savoir que rien du tout ne serait passé par les Arabes. C'est ce qui a soulevé une tempête inhabituelle, presque un lynchage. J'ai pour ma part essayé de calmer le jeu, qui me semblait s'emballer. Mais les gens modérés se font attaquer des deux côtés. On assiste à un jeu de balancier, on minore le rôle du monde arabe ou on le majore. La justice rendue à celui-ci est fonction de la justesse des études historiques. Ce rôle, on l'a parfois minoré. Au début des années 90, dans un petit livre sur la culture européenne, j'ai rappelé, après bien d'autres, l'importance de l'apport culturel arabe. Il me semble que l'on va trop dans l'autre sens, que l'on dépasse souvent la juste mesure en faisant des Arabes (allégrement confondus avec la religion musulmane) des précurseurs du génial Popov, qui a tout inventé.
  • « Rémi Brague — “Notre obsession identitaire, un symptôme de mauvaise santé” », Propos de Rémi Brague recueillis par Bernard Poulet, lexpansion.lexpress.fr, (lire en ligne)


L'affaire Gouguenheim montre avec éclat la manière dont la liberté de pensée d'un historien sérieux et indépendant peut être entravée. N'a-t-il pas montré dans un livre qu'il fallait sérieusement relativiser l'apport des savants musulmans, entre le VIIe et le XIIe siècle, dans l'apport de la culture gréco-latine en Occident et que cet apport reviendrait plutôt à Byzance. Cette thèse, qui aurait pu être discutée objectivement entre historiens au niveau académique, est devenue un objet de scandale, car elle enfreint le dogme qui veut que l'Islam ait été au Moyen Age le principal vecteur en Europe de la culture de l'Antiquité classique.


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