Préjugé

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On nomme préjugés des opinions adoptées en l'absence d'information ou de pratique suffisante. Parfois articulés sur des mythes ou des croyances, ou résultant d'une généralisation hâtive, ils sont considérés dans une perspective bayésienne comme le point de départ nécessaire de toute acquisition d'information, le processus d'apprentissage consistant simplement à les rectifier aussi vite que possible à la lumière de l'expérience - et pour commencer à acquérir cette dernière si son coût ne s'y oppose pas.

Ingrid Astier, Petit éloge de la nuit, 2014[modifier]

Nous sommes tous des oiseaux mazoutés, englués dans des préjugés, pétris par les vents contraires de l’influence. L’effet de la conversation, qui taille à l’emporte-pièce dans le gras de la vérité ; des mauvais médias, aussi, gauchis par la polémique et le spectaculaire. Une seconde peau insidieuse, dont l’esprit veut se défaire mais qui colle et s’accroche. Les opinions valent les hydrocarbures.


Gracchus Babeuf[modifier]

enfans de l'ignorance qui ont fait en tous tems le malheur des races humaines.
  • Avec l'orthographe personnelle de Babeuf
  • in Gracchus Babeuf avec les Egaux, Jean-Marc Shiappa, éd. Les éditions ouvrières, 1991  (ISBN 27082 2892-7), p. 49


Il ne s'est jamais rien fait de grand dans le monde que par le courage et la fermeté d'un seul homme qui brave les préjugés de la multitude.
  • in Gracchus Babeuf avec les Egaux, Jean-Marc Shiappa, éd. Les éditions ouvrières, 1991  (ISBN 27082 2892-7), p. 43


Emil Cioran, De l'inconvénient d'être né, 1973[modifier]

Tous ces peuples étaient grands, parce qu'ils avaient de grands préjugés. Ils n'en ont plus. Sont-ils encore des nations ? Tout au plus des foules désagrégées.
  • De l'inconvénient d'être né, Emil Cioran, éd. Gallimard, 2006  (ISBN 2-07-032448-6), partie VIII, p. 152

André Gide, Les Faux-monnayeurs[modifier]

Les préjugés sont les pilotis de la civilisation.
  • Les Faux-monnayeurs, André Gide, éd. Gallimard, 1925  (ISBN 2070400824), partie I (« Paris »), chap. 2, p. 19

Bérénice Levet[modifier]

Le mépris que nous réservons aux préjugés, aux mœurs, a des accents d'enfants gâtés. Il faut, comme nous, générations qui n'ont pas connu la guerre et ses épreuves, avoir été épargnés par l'histoire, par le tragique du XXe siècle, pour méconnaître la saveur des coutumes, des rites, des préjugés, des représentations venues de la nuit des temps. Il est bon de relire le témoignage de ceux qui ont fait l'expérience, dans leur chair, de l'exil forcé, ceux qui, à l'instar d'Hannah Arendt ou de Günther Anders, "changèrent de pays plus souvent que de souliers", selon les mots de Brecht, pour savoir ce qu'il en coûte d'en être privé.

  • « Le conservatisme, c'est l'avenir », Bérénice Levet, Eléments, nº 166, Juin-Juillet 2017, p. 69


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Alexandre Zinoviev[modifier]

Les idées fausses qui se transforment en préjugés ont la vie plus dure que les vérités objectives.
  • Science Fiction - Politique (1983), Alexandre Zinoviev, éd. Denoël, 1984  (ISBN 2 207 33002 8), t. 2, partie "1984" et 1984, p. 49


Rien ne prend si bien racine dans l'esprit des gens que des idées fausses devenues préjugés. L'ignorance est une force !
  • Les confessions d'un homme en trop, Alexandre Zinoviev, éd. éditions Folio, 1991, chap. "1984" et 1984, p. 673