Jeu

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On peut définir le jeu comme une activité de loisirs d'ordre physique ou bien psychique, soumise à des règles conventionnelles, à laquelle on s'adonne pour se divertir, tirer du plaisir et de l'amusement.

Ce n'est pas tant des événements que j'ai curiosité, que de moi-même. Tel se croit capable de tout, qui, devant que d'agir, recule... Qu'il y a loin, entre l'imagination et le fait ! ... Et pas plus le droit de reprendre son coup qu'aux échecs. Bah ! qui prévoirait tous les risques, le jeu perdrait tout intérêt ! ...


Les religions sont comme les jeux du trictrac et des échecs  : elles nous viennent de l'Asie. Il faut que ce soit un pays bien supérieur au nôtre, car nous n'avons jamais inventé que des pompons et des falbalas ; tout nous vient d'ailleurs jusqu'à l'inoculation.
  • « Lettre à M.Le Chevalier de La Motte-Gefrard » (mars 1763), dans Œuvres complètes de Voltaire (1760), Voltaire, éd. Moland, 1875, t. 44, p. 476


Jeux d'argent et addiction au jeu[modifier]

George Sand, Lélia (1833)[modifier]

Le joueur est âpre, il est stoïque, il triomphe froidement, il succombe froidement ; il passe en quelques heures des derniers rangs de la société aux premiers, dans quelques heures il redescend au point d'où il était parti ; et cela, sans changer d'attitude ni de visage.
  • Lettre de Lélia à Sténio, à propos de Trenmor, autrefois dévoré par la passion des jeux d'argent.
  • Lélia (version de 1833) (1833), George Sand, éd. Gallimard, 1985, VIII, p. 24


Puzzles[modifier]

L'autre chose qui nous lie, c'est les puzzles. Pendant que je passe un temps fou à segmenter les arrondis et les angles pour isoler la bonne pièce, elle prend la première qui lui tombe sous le main et tape avec le poing pour l'emboîter de force. Poésie pure.
  • « Q.I. », dans Tout à l'ego, Tonino Benacquista, éd. Gallimard, 1999  (ISBN 2070755657), p. 151


Michel Audiard, Le Gentleman d'Epsom, 1962[modifier]

Le Commandant : Jouez-vous toujours au billard avec le baron Emblin ?

Hubert : Non !
Le Commandant : Ah.
Hubert : Nous n'avons jamais joué au billard, mais au bridge.
Le Commandant : Oui, mais enfin c'est la même chose.
Hubert : Je n'avais pas remarqué.

Le Commandant : Si, si. C'est la même chose quant au résultat : il ne jouera plus avec vous. À rien.
  • Jean Gabin, Jean Martinelli, Le Gentleman d'Epsom (1962), écrit par Michel Audiard


Charles-Augustin Sainte-Beuve Parlant de Voltaire[modifier]

Ce fut toute sa vie sa prétention d'avoir l'existence d'un écrivain gentilhomme, qui vit de son bien, s'amuse, joue la tragédie en société, s'égaie avec ses amis et se moque du monde. Bon nombre de préceptes de vie se rapportent à ce régime de gaieté auquel il dérogea souvent, mais sur lequel aussi il revient trop habituellement pour que ce ne soit pas celui qu'il préfère : Ce monde est une guerre ; celui qui rit aux dépens des autres est victorieux. — Il faut toujours s'amuser, rien n'est si sain. — Je me ruine [à bâtir], je le sais bien ; mais je m'amuse. Je joue avec la vie ; voilà la seule chose à quoi elle est bonne.
  • Les lumières et les salons — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. « Collection savoir : lettres », 1992  (ISBN 2-7056-6178-6), partie Voltaire, 20 et 27 octobre 1856. Causeries du lundi, t. XIII, p. 169


Jules Renard, Journal 1887-1910[modifier]

L’ironie est surtout un jeu d’esprit. L’humour serait plutôt un jeu du cœur, un jeu de sensibilité.


Prose poétique[modifier]

Joyce Mansour, Illusions de vol, 1964[modifier]

Je me souviens de nos jeux de fin d'après-midi. En péril mortel devant sa sœur ennemie, le roi noir la menaça de ses crochets sans toutefois se décider à mordre, par une répugnance que je ne me charge pas d'expliquer.
« Échec au roi ».
Le sol quadrillé était fort mal éclairé par la fenêtre donnant sur la baie et mon roi n'avait plus sa tour, son terrier, dont le rôle est de quelque valeur tant dans l'attaque directe que dans la défense.
« Dommage que les pions-soldats ne puissent être renouvelés après consommation ».

  • « Illusions de vol », Joyce Mansour, La Brèche, nº 6, Juin 1964, p. 22


Roman[modifier]

André Breton, L'Amour fou, 1937[modifier]

La vie est lente et l'homme ne sait guère la jouer. Les possibilités d'atteindre l'être susceptible de l'aider à la jouer, de lui donner tout son sens, se perdent dans la carte des astres. Qui m'accompagne, qui me précède cette nuit encore une fois ? Demain reste fait de déterminations bon gré mal gré acceptées sans tenir compte de ces boucles charmantes, de ces chevilles pareilles à des boucles. Il serait temps encore de reculer.


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