Bertrand Russell

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Russell in 1916.jpg

Bertrand Russell (Tellek, Monmouthshire, 18 mai 1872 - près de Penrhyndeudraeth, Pays de Galles, 2 février 1970), était un logicien, philosophe et homme politique britannique.

La méthode scientifique en philosophie, 1914[modifier]

Tout problème philosophique, soumis à une analyse et une élucidation indispensables, se trouve ou bien n'être pas philosophique du tout ou bien logique, dans le sens où nous employons ce terme.
  • (en) Every philosophical problem, when it is subjected to the necessary analysis and purification, is found either to be not really philosophical at all, or else to be, in the sense in which we are using the word, logical.


La physique, avec son principe de relativité et ses investigations révolutionnaires sur la nature de la matière, éprouve un besoin de renouveler ses hypothèses fondamentales, et la philosophie scientifique aspire à faciliter sa tâche.


La seule et unique condition, je crois, qui soit nécessaire pour assurer à la philosophie dans un avenir prochain une perfection surpassant tout ce qui a été atteint jusqu'ici par les philosophes est la création d'une école de penseurs, ayant un entraînement scientifique, et des intérêts philosophiques, débarrassés des traditions du passé, et ne se laissant par égarer par les méthodes littéraires, qui copient les Anciens en toutes choses, excepté leurs mérites.


La philosophie de l'atomisme logique, 1918[modifier]

Le propre de la philosophie est de commencer par quelque chose de si simple qu'il ne semble pas la peine de l'énoncer, et de terminer par quelque chose de si paradoxal que personne n'y croira.
  • « La philosophie de l'atomisme logique » (1918), dans Écrits de logique philosophique, Bertrand Russell (trad. Jean Michel Roy), éd. PUF, 1989, p. 352


Principes de reconstruction sociale, 1924[modifier]

Trois passions, simples et extrêmement fortes, ont gouverné ma vie : la recherche passionnée de l’amour, la quête du savoir et une douloureuse pitié devant la souffrance de l’humanité[1].
  • extrait de autobiographie
  • « introduction », Normand Baillargeon, dans Principes de reconstruction sociale (1924), Bertrand Russell (trad. E. de Clermont-Tonnerre), éd. Presse de l’université de Laval, 2007  (ISBN 978-2-7637-8485-4), p. 1


…Cet écrit circonstanciel, tout empreint de passion et de sérieux, est aussi un des écrits (certains assureraient même : l’écrit) politiques majeurs de Russell. Richard A. Rempel rappelle ainsi, avec raison, que cet ouvrage est généralement reconnu, « tant par les spécialistes que par le publique en général, comme la plus importante contribution de Russell à la philosophie politique ».
  • « introduction », Normand Baillargeon, dans Principes de reconstruction sociale (1924), Bertrand Russell (trad. E. de Clermont-Tonnerre), éd. Presse de l’université de Laval, 2007  (ISBN 978-2-7637-8485-4), p. 1-2


Quand la guerre fut finie, je vis que tout ce que j’avais fait avait été complètement inutile[...]. Je n'avais pas sauvé une seule vie ou raccourci la guerre d'une seule minute. Je n’avais pas été capable de quoi que ce soit pour diminuer la profonde amertume qui donnerait le Traité de Versailles.
  • « introduction », Normand Baillargeon, dans Principes de reconstruction sociale, Bertrand Russell (trad. E. de Clermont-Tonnerre), éd. Presse de l’université de Laval, 2007  (ISBN 978-2-7637-8485-4), p. 21


Le socialisme, quoi que nous pensions de ses mérites, est un grand pouvoir, qui se développe et transforme la vie économique et politique ; et le socialisme doit son nom à un petit nombre de théoriciens isolés.
  • « VIII - Ce que nous pouvons faire » (trad. Normand Baillargeon), dans Principes de reconstruction sociale (1924), Bertrand Russell (trad. E. de Clermont-Tonnerre), éd. Presse de l’université de Laval, 2007  (ISBN 978-2-7637-8485-4), p. 176


Essais sceptiques (Sceptical Essays), 1928[modifier]

Sauf en Chine, on considère partout qu'un homme n'est qu'une pauvre créature s'il n'a pas d'opinions très fortement arrêtées sur ces questions ; les hommes haïssent les sceptiques beaucoup plus que les défenseurs des opinions contraires aux leurs. On croit que les exigences de la vie pratique réclame des opinions sur ces questions et que, si nous devenions plus rationnels, l'existence sociale serait impossible.


Encore une fois, sauf en Chine, il n'y a pas de pays où les gens tolèrent la vérité sur eux-mêmes ; en temps ordinaire, la vérité est considérée comme de mauvais goût ; mais en temps de guerre elle est considérée comme criminelle.


Un homme adroit résumera les « pour » et les « contre » d'une question qui l'intéresse, d'un point de vue égoïste, plus ou moins inconsciemment (des arguments altruistes pèsent rarement dans l'inconscience d'un homme, sauf quand ses propres enfants sont en jeu). Après avoir pris une saine décision égoïste à l'aide de l'inconscient, l'homme se met à inventer ou à emprunter chez d'autres une série de phrases grandiloquentes pour prouver qu'il ne pense qu'au bien public et accomplit un grand sacrifice personnel.


On peut admettre en règle générale, et à peu d'exceptions près, que les hommes, lorsqu'ils se trompent sur leur intérêt véritable, font plus de mal aux autres en adoptant la manière d'agir qui leur semble sage que s'ils agissaient d'une manière vraiment sage. C'est pourquoi, tout ce qui rend les gens meilleurs juges de leur intérêt fait du bien.


Le poète Euripide éveilla l'amoureux dans l'imagination de l'auditoire ; mais poète et amoureux étaient oubliés à la sortie, et le fou (en l'espèce un maniaque homicide) dirigeait les actions politiques de ces hommes et femmes qui se croyaient eux-mêmes aimables et vertueux.


Pas à pas, les relations avec les autres êtres humains dissipent les mythes de tous, sauf de ceux qui jouissent de plus de succès. La vanité personnelle est dissipée par les frères, la vanité de famille par les camarades d'école ; la vanité de classe par la politique ; la vanité nationale par les défaites militaires ou commerciales. Mais la vanité humaine reste et, dans ce domaine, en tant qu'elle intervient dans les rapports sociaux, la faculté de créer des mythes peut se donner libre carrière.


Dans le monde visible, la Voie Lactée n'est qu'un petit fragment ; à l'intérieur de ce fragment, le système solaire n'est qu'une poussière infiniment petite, et notre planète n'est qu'une parcelle microscopique de cette poussière. Sur cette parcelle de minuscules masses de carbone impur et d'eau, d'une structure compliquée, possédant des propriétés physiques et chimiques peu communes, rampent pendant quelques années pour se dissoudre enfin de nouveau dans les éléments dont ils sont composés. Ils partagent leur temps entre le travail nécessaire pour remettre au plus tard le moment de leur propre dissolution et des luttes furieuses pour avancer celui des autres espèces. Des convulsions de la nature en détruisent périodiquement quelques milliers ou millions, et des maladies en balayent prématurément encore davantage. Ces événements sont considérés comme des malheurs ; mais quand les hommes réussissent à accomplir des destructions analogues par leurs propres efforts, ils s'en réjouissent et rendent grâce à Dieu.


Hegel veut nous persuader que l'univers ressemble à l'État prussien de son époque ; ses disciples anglais estiment qu'il ressemble plutôt à une démocratie ploutocratique fonctionnant avec deux Chambres. Les raisons qu'on nous donne de ces conceptions sont soigneusement camouflées, si bien que même leurs auteurs méconnaissent leur liaison avec les désirs humains : on les fait naître, extérieurement, de sources aussi sèches que la logique et l'analyse des propositions. Mais les sophismes révèlent l'influence des désirs ; ils tendent tous dans le même sens.


La recherche scientifique implique un mélange spécial de l'intérêt général et de l'intérêt particulier ; on n'étudie le particulier que dans l'espoir d'éclairer d'une lumière nouvelle le général. Au Moyen Âge, on pensait qu'on pouvait en théorie déduire le particulier des principes généraux ; à la Renaissance, ces principes généraux furent discrédités, et la passion pour l'histoire de l'Antiquité engendra un grand intérêt pour des faits particuliers. Cet intérêt agissant sur des esprits entraînés par les traditions grecque, romaine et scolastique produisit finalement l'atmosphère intellectuelle qui rendit possible les Kepler et les Galilée.


La science, telle qu'elle existe actuellement, est en partie agréable et en partie désagréable. Elle est agréable par la puissance qu'elle nous donne de manier notre milieu, et, pour une petite mais importante minorité, elle est agréable parce qu'elle lui fournit des satisfactions intellectuelles. Elle est désagréable, car, quels que soient les moyens par lesquels nous cherchons à cacher ce fait, elle admet un déterminisme qui implique, théoriquement, le pouvoir de prédire les actions humaines ; et, par là, elle semble diminuer la puissance de l'homme. Bien entendu, les gens désirent garder l'aspect agréable de la science tout en rejetant son aspect désagréable ; mais jusqu'ici ces tentatives ont échoué.


Il est évident que notre ancienne et confortable notion de « matière solide » ne peut survivre. Un morceau de matière n'est pas autre chose qu'une série d'événements qui obéit à certaines lois. La conception de la matière est née à une époque où les philosophes n'avaient aucun doute sur la valeur de la notion de « substance ». La matière, c'était la substance qui existait dans l'espace et dans le temps ; l'esprit était la substance qui n'existait que dans le temps. La notion de substance s'effaçait de plus en plus de la métaphysique à mesure que le temps avançait, mais elle a survécu en physique parce qu'elle était inoffensive, jusqu'au moment où l'on a inventé la relativité. Traditionnellement, la substance était une notion composée de deux éléments. Premièrement, une substance avait la propriété logique de ne paraître dans une proposition qu'en tant que sujet, jamais en tant que prédicat. En second lieu, elle était quelque chose qui subsistait à travers le temps, ou, comme dans le cas de Dieu, qui était en dehors du temps. Ces deux propriétés ne sont pas nécessairement liées l'une à l'autre, mais on ne s'en est pas aperçu, car la physique enseignait que les morceaux de matière étaient immortels, et la théologie enseignait que l'âme était immortelle. On considérait donc les deux comme des substances. Mais maintenant la physique nous oblige à considérer des événements fugitifs comme des substances dans le sens logique de ce mot, c'est-à-dire comme des sujets qui ne peuvent pas être des prédicats. Un morceau de matière qui nous semblait une seule entité stable est en réalité un chapelet d'entités, comme les images en apparence stable d'un film de cinéma. Et rien ne nous empêche d'affirmer la même chose de l'esprit : le moi stable semble aussi fictif que l'atome stable. Les deux ne sont que des chapelets d'événements qui ont des rapports intéressants l'un avec l'autre. La physique moderne nous permet de donner corps à l'hypothèse de Mach et de James que la « matière » des mondes physique et mental est la même. La « matière solide » était évidemment quelque chose de bien différent des pensées et aussi du moi stable. Mais, si la matière et le moi ne sont tous les deux que des agrégations convenables d'événements, il est beaucoup moins difficile de les imaginer comme construits avec les mêmes matériaux. De plus, ce qui jusqu'ici semblait une des plus marquantes particularités de l'esprit, à savoir la subjectivité, ou la capacité d'avoir un point de vue, a envahi maintenant la physique, et il apparaît qu'elle n'implique pas l'esprit : des appareils photographiques placés dans des endroits différents peuvent photographier le même événement, mais ils le photographieront différemment. Même les chronomètres et les instruments de mesure deviennent subjectifs dans la physique moderne ; ce qu'ils marquent, ce ne sont pas des faits physiques, mais leur rapport avec un fait physique. Ainsi, la physique et la psychologie se sont rapprochés l'une de l'autre, et l'ancien dualisme de l'esprit et de la matière s'est écroulé.


Le nouveau réalisme [...] tend seulement à clarifier les idées fondamentales de la science et à synthétiser les différentes sciences en une seule et vaste conception de ce fragment du monde que la science a réussi à explorer. Il ne sait pas ce qui est au-delà ; il ne dispose pas d'un talisman pour transformer l'ignorance en savoir. Il offre des joies intellectuelles à ceux qui les apprécient, mais il ne cherche pas à flatter la vanité humaine comme la plupart des autres philosophies. S'il est sec et technique, c'est la faute de l'univers, qui a choisi de fonctionner d'une manière mathématique plutôt que d'une manière qu'auraient aimée les mystiques et les poètes. Peut-être est-ce regrettable, mais on ne s'attendra tout de même pas à ce qu'un mathématicien le regrette.


Pourquoi, en réalité, désirons-nous presque tous augmenter nos revenus ? Il peut sembler, à première vue, que ce sont les biens matériels que nous désirons. Mais, en fait, nous les désirons principalement pour impressionner nos voisins. [...] Une des plus puissantes de toutes nos passions est le désir d'être admiré et respecté. Dans l'état actuel des choses, on entoure d'admiration et de respect les hommes qui semblent riches. C'est la principale raison pour laquelle les hommes désirent être riches. Les biens matériels qu'ils pourraient acheter pour leur argent ne jouent qu'un rôle très secondaire. [...] L'importance de ces faits consiste en ceci que le désir moderne pour les richesses n'est pas inhérent à la nature humaine et pourrait être détruit par d'autres institutions sociales. Si, par la loi, nous avions tous exactement le même revenu, nous serions obligés de trouver un autre moyen d'être supérieur à nos voisins, et notre volonté actuelle des biens matériels cesserait en grande partie. De plus, comme ce désir est de la nature de la concurrence, il ne nous rend heureux que si nous dépassons un rival, qui par ce fait est rendu malheureux. Une augmentation générale des richesses ne donne pas un avantage sur des rivaux, et c'est pourquoi il ne donne pas de bonheur. Bien entendu, il y a un certain plaisir qui vient de l'usage des biens acquis, mais, nous l'avons vu, cela n'est qu'une petite partie de ce qui nous fait désirer la richesse. Et, dans la mesure où notre désir vient de la concurrence, aucune augmentation du bonheur humain total ne vient de l'acroissement des revenus, qu'il soit général ou particulier.


Les chérubins aiment Dieu et les séraphins le contemplent, et c'est en cela que consiste leur suprême perfection. Tout cet idéal est statique. Il est vrai qu'au ciel on chante des hymnes et qu'on joue de la harpe, mais chaque jours ce sont les mêmes hymnes, et on ne tolère aucun perfectionnement dans la construction des harpes. Une telle existence ennuie l'homme moderne. Une des raisons pour laquelle la théologie a perdu son ascendant est qu'elle n'a pas réusssi à fournir au ciel des machines perfectionnées, bien que Milton en ait garni l'enfer.


Je ne peux pas croire que la vertu est proportionnelle au revenu, ni qu'il est mauvais moralement d'avoir des difficultés à s'adapter au troupeau. Nul doute que mes opinions sur ce sujet ne soient tendancieuses puisque je suis pauvre et bizarre ; mais, bien que je reconnaisse ce fait, elles demeurent tout de même mes opinions.


Confucius parle beaucoup, comme il sied à un maître de morale, du devoir, de la vertu, etc., mais jamais il ne demande à l'homme de faire quelque chose contre la nature et les affections naturelles. Cela se voit dans la conversation suivante : « She s'adressa à Confucius, disant : « Nous avons un homme droit dans notre pays. Son père a volé une brebis et son fils a témoigné contre lui. - Dans notre pays, répondit Confucius, la droiture est quelque chose de différent. Un père cache la faute de son fils, et un fils cache la faute de son père. C'est une telle conduite qui est vraiment droite.» »


On a besoin de beaucoup d'organisation, et quand il en faut tant, on finit presque sûrement par en avoir plus qu'il n'en faudrait. Le mal que cela produira consistera dans la diminution du nombre d'occasions où l'initiative individuelle pourra s'exercer. De vastes organisations produisent un sentiment d'impuissance chez l'individu, qui conduit à un affaiblissement de l'effort. On pourra éviter ce danger si les administrateurs s'en rendent compte, mais c'est un danger dont la plupart des administrateurs sont constitutionnellement incapables de se rendre compte. Dans chaque plan soigneusement établi pour organiser la vie humaine, il est nécessaire d'injecter une certaine dose d'anarchisme suffisante pour empêcher l'immobilité qui conduit au dépérissement, mais insuffisante à provoquer la rupture. C'est un problème délicat, non insoluble théoriquement, mais il est à peine probable qu'il soit résolu au milieu du chaos des affaires pratiques.
  • Essais sceptiques, Bertrand Russell, éd. Les presses du compagnonnage, éditions Rombaldi, coll. « Prix nobel de littérature édité sous le patronage de l'académie suédoise et de la fondation nobel », 1969, p. 261


Histoire de mes idées philosophiques, 1961[modifier]

J'ai trouvé, pour prendre un exemple important, que par l'analyse de la physique et de la perception, on peut entièrement résoudre le problème du rapport de l'esprit et de la matière. Il est vrai que personne n'a accepté ce qui me paraît la solution, mais je crois et j'espère que c'est seulement parce que l'on n'a pas compris ma théorie.
  • Histoire de mes idées philosophiques, Bertrand Russell (trad. George Auclair), éd. Gallimard, coll. « TEL », 1961  (ISBN 2070714748), chap. I, p. 16


La science n'a jamais tout à fait raison, mais elle a rarement tout à fait tort, et, en général, elle a plus de chance d'avoir raison que les théories non scientifiques. Il est donc rationnel de l'accepter à titre d'hypothèse.
  • Histoire de mes idées philosophiques, Bertrand Russell (trad. George Auclair), éd. Gallimard, coll. « TEL », 1961  (ISBN 2070714748), chap. I, p. 19


Correspondance[modifier]

Mes étudiants sont des bolcheviques, parce que c’est la mode. Ils ne comprennent pas que je sois pas davantage bolchevique moi-même. Il n'ont pas le niveau pour faire de la logique mathématique. Je leur enseigne la psychologie, la philosophie, la politique et Einstein. De temps à autre je les invite à une soirée chez moi et ils font partir des feux d’artifices dans la cour. Il préfèrent cela à mes cours.
  • Réponse de Bertrand Russell à Ludwig Wittgenstein, en 1921, alors qu’il se trouve à Pekin.
  • Le devoir de génie, Ray Monk (trad. Abel Gerschenfeld), éd. Éditions Flammarion, 2009  (ISBN 978-2-0812-3305-8), p. 229


Citations rapportées[modifier]

[La beauté des mathématiques est] froide et austère, comme celle d'une sculpture sans référence à quelque partie de notre nature fragile, sans les magnifiques illusions de la peinture ou de la musique, et pourtant pure et sublime, capable d'une stricte perfection que seuls les plus grands arts peuvent montrer.


A onze ans, j'ai commencé la géométrie, avec mon frère comme précepteur. Ce fut l'un des grands événements de ma vie, aussi merveilleux qu'un premier amour. Je n'aurais jamais imaginé qu'il pût exister rien d'aussi délicieux au monde. Quand j'eus assimilé le cinquième théorème, mon frère me dit qu'il était généralement considéré comme difficile, mais je n'y avais trouvé quant à moi nulle difficulté. [...] A partir de ce moment là jusqu'au jour où Whitehead et moi terminâmes les Principia Mathematica, vingt-sept ans plus tard, les mathématiques furent pour moi le principal objet d'intérêt et la principale source du bonheur.


Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie.


Citations à propos de Bertrand Russell[modifier]

Mais il demeurera toujours fidèle au principe de parcimonie qui, comme il le dit lui-même, caractérise sa « renonciation progressive à Pythagore ». Une formulation particulière de ce principe consiste à dire que « la logique mathématique a pour but, non de donner aux mots un statut ontologique qui pourrait être mis en doute, mais plutôt de diminuer le nombre de mots dont la signification directe est de désigner un objet ». Voilà bien le principe paradigmatique que Russell lègue à la philosophie toute entière : lorsque le sage montre la lune, il est prudent au préalable de jouer à l’imbécile en examinant le doigt.


Bertrand Russell est un philosophe sans philosophie. On pourrait dire la même chose en disant qu’il est un philosophe de toutes les philosophies. Il n’est guère de point de vue philosophique important aujourd’hui que l’on ne trouve reflété dans ses écrits à une période ou une autre.


Une chose est ce qu’elle est, et pas autre chose.
  • (en) De l’Évèque Joseph Butler : Everything is what it is, and not another thing.


D'après Marcel Barzin, philosophe belge et préfacier de l'ouvrage de Bertrand Russell La méthode scientifique en philosophie :

Selon Russell, tout problème philosophique, après qu'on l'a analysé et purifié, se réduit soit en une question qui n'est pas réellement philosophique, soit en une question de logique.


Références[modifier]

  1. Principes de reconstruction social, Bertrand Russell, revue et corrigé par Normand Baillargeon, introduction.

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