Antoine Blondin

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Antoine Blondin, né le 11 avril 1922 à Paris et mort le 7 juin 1991 à Paris, est un écrivain français. Romancier et journaliste, il est connu également sous le pseudonyme Tenorio et reste associé au mouvement des Hussards.

Citations d'Antoine Blondin[modifier]

Un singe en hiver, 1959[modifier]

Au second verre, de Vermouth cette fois, j'ai senti renaître le vieux désir de lier connaissance avec les autres, ce sentiment d'avoir beaucoup de choses à leur communiquer, et l'illusion qu'on pourrait s'arranger pour vivre si l'on était assuré d'une marge où l'existence s'échauffe et brille dans ses plus modestes manifestations. On prétend que ces alchimistes se réunissent pour se saouler. La vérité est que l'état d'ivresse ne fait pas l'objet de leurs cérémonies extrêmement subtiles : il en est la conséquence et la rançon.


Je ne suis pas un individu triste. Je suis un triste individu. J'ai beau me dire que le calvados d'Esnault pousse à l'angoisse, tous les états d'âme ne viennent pas du foie. Le casque des soucis me tombe sur la tête, jusqu'aux sourcils. Je ne voudrais pas que le jour se lève…


Une épreuve de force était ouverte devant laquelle il ne pouvait se dérober. « Vieux, pensa-t-il, prépare-toi. Je ne suis pas venu pour te détruire mais pour te réveiller. Je suis un de ces avions porteurs de bombes, qui attendent leur signal rouge, et mon objectif est à deux mètres de moi. »


Quentin inspire le respect ; mais il l'éclaire pour moi d'un jour nouveau. Ce qui est respectable chez les gens âgés n'est pas ce vaste passé qu'on baptise expérience, c'est cet avenir précaire qui impose à travers eux l'imminence de la mort et les familiarise avec de grands mystères. Là, il me semble que mon ami a baissé les bras un peu vite.


Citations sur Antoine Blondin[modifier]

Il écrivait en excellent français ce qui lui passait par la tête, au lieu d'écrire ce qui passe successivement par le crâne d'André Siegfried et les pieds de Georges Duhamel – et se nomme humanisme.
  • « Le fondateur du blondinisme », dans Les écrivains sont-ils bêtes ?, Roger Nimier, éd. Rivages, 1990, p. 60


Oui, je crois qu'il faut, au bilan du XXe siècle, inscrire ce magicien au même niveau que les abonnés Proust et Céline. Certes, son œuvre est aussi mince que son visage, mais tant mieux : le caviar doit s'apprécier en petite quantité. Blondin est notre Fitzgerald. Il marie la mélancolie et la fête, il cache de la profondeur dans les plaisanteries, il ne pleure pas, il n'éclate pas de rire, il fabrique juste de la beauté. Nous lui devons tout simplement quelques unes des plus cristallines pages de la littérature française : la dernière page de l'Humeur vagabonde, la première page de l'Europe buissonnière, la page 63 de Un singe en hiver et la page 74 de Monsieur Jadis suffisent à le hisser au même niveau que Baudelaire et Verlaine.


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