Affaire Hildebrand

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L'affaire Hildebrand est une affaire politique et économique qui s’est déroulée en Suisse pendant le mois de janvier 2012. Elle implique le directeur de la Banque nationale suisse Philipp Hildebrand et son épouse Kashya Hildebrand, auparavant employée à New York par Moore Capital Management comme opérateur de marché et trader de devises, Kashya Hildebrand est propriétaire d'une galerie d'art contemporain à Zurich. Des accusations de délit d'initié ont conduit à la démission de Philipp Hildebrand de son poste: celui-ci et sa femme auraient en effet exploité les informations qu'il détenait sur la politique monétaire suisse du fait de sa position privilégiée — notamment sur la prochaine fixation d'un taux plancher de l'euro par rapport au franc suisse — pour spéculer sans risques sur les devises, par des achats et reventes sur le Forex.

Citations[modifier]

Charles Poncet[modifier]

Siégeant depuis 2001 au conseil de banque de la BNS et le présidant aujourd'hui, tu incarnes malgré toi un calamiteux système de prébendes, qui est en passe de réduire ce pays au rang de république bananière. L'arcane - parfois appelé "Filz" outre-Sarine- repose sur quatre piliers: le partage de l'assiette au beurre; le compagnonnage par intimidation réciproque; l'impunité assurée; le juridisme tatillon dissimulant le mépris total que les attributaires éprouvent pour autrui.
  • À propos de l'Affaire Hildebrand, s'adressant à Hansueli Raggenbass


Les prébendes suisses sont divisées entre les quatre partis gouvernementaux: socialistes, radicaux-libéraux, PDC et UDC cohabitent dans les grandes régies -CFF, Poste, BNS, Fonds national de la recherche scientifique, SSR, grandes écoles, Pro Helvetia., etc. - l'un(e) présidant sans bruit, l'autre plus exposé comme directeur général; d'autres encore, simples potiches, prennent place à la table de bombance, muets, tenant d'une main reconnaissante la sébile à jetons de présence où s'entassent les pistoles. Car il s'agit de récompenser les caciques des partis, voire d'acheter leur silence; leurs compétences, quand ils en ont, sont rarement décisives. Malgré des débâcles récentes - Swissair ou UBS pour ne parler que d'elles - l'arcane déploie toujours ses effets dans certaines entreprises, y compris, hélas, les médias suisses, dont la pusillanimité étonne à juste titre les rares étrangers qui s'y intéressent. Contagieuses, cette peste s'étend aux cantons et aux communes: services industriels, transports publics, banques cantonales ont au conseil des ganaches redevables à une allégeance partisane de la sinécure où elles se complaisent.
  • À propos de l'Affaire Hildebrand, s'adressant à Hansueli Raggenbass


Un chantage réciproque et permanent cimente l'assemblage. Personne ne pourfendra le rentier de l'autre camp: fût-il incapable, voire félon, qu'il risquerait au plus des égratignures et la démission en douceur, chacun redoutant que, s'il se voyait chassé sans ménagement des verts pâturages où ses commensaux broutent à loisir, le résignataire ne troublât le confort général par quelque confession intempestive; voire qu'en représailles il n'ouvrît au vent du large les placards dont émaneraient à coup sûr de forts effluves de brie ou de schabziger propres à troubler la béate torpeur de la plus vieille démocratie du monde. Il est donc logique que tant de mésaventures suisses demeurent sans conséquences réelles: la camarilla qui en vit a lu la Bible et sait qu'à laisser impunément Samson secouer les colonnes du temple, l'édifice entier s'écroulerait tantôt sur la tête des philistins.
  • À propos de l'Affaire Hildebrand, s'adressant à Hansueli Raggenbass


Toni Brunner[modifier]

Le plus fou dans l'affaire Hildebrand est toutefois ce qui s'est passé autour. Différents médias ont, par des actions ciblées, fait de l'affaire Hildebrand une affaire Blocher/UDC. Un coup bas, qui visait à détourner l'attention des réels manquements. Le tout orchestré par une confrérie de magouilleurs désireux de se maintenir au pouvoir.


Christoph Blocher[modifier]

Plus vous édictez de règles et plus vous créez de lacunes. Je ne comprends pas pourquoi la BNS ne s'est pas contentée d'une seule phrase, qui plus est d'une banalité affligeante: le président et les membres de la direction, enfin ceux qui peuvent influencer la valeur des monnaies et des actions, n'ont pas le droit de spéculer.
  • À propos du nouveau règlement de la BNS qui a suivi l'Affaire Hildebrand


Tout le monde sait que les membres de la direction de la BNS ne doivent pas spéculer avec des monnaies étrangères ou des actions suisses. C'est dangereux parce qu'un conflit peut naître entre les intérêts de notre pays et la fortune personnelle de ces gens. C'est de cela dont il fallait débattre au Parlement. A la place, les autre partis ont préféré défendre ceux qui ont fauté et attaquer l'UDC, qui a rendu publique cette affaire. Que voulez-vous? On sait depuis Sophocle que c'est toujours le messager qui est attaqué.
  • À propos de l'Affaire Hildebrand


Mais après l'affaire Hildebrand, on peut quand même mieux veiller à l'éthique des dirigeants. Je prends encore un exemple du nouveau règlement de la BNS. Il prévoit que les comptes en banque des dirigeants puissent être vérifiés. Mais qui va le faire? Quand? Quelle est l'instance de surveillance? Le Conseil fédéral ou le conseil de la banque? Le Parlement a fait une grave erreur en refusant d'ouvrir ce débat. Ca me rappelle l'affaire Swissair. Là aussi, le Parlement a soutenu les dirigeants... Jusqu'à ce qu'il soit trop tard!
  • À propos de l'Affaire Hildebrand


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