Réalité

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Le mot réalité (du latin res, la chose) désigne le caractère de ce qui existe effectivement, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif. Inventé par Duns Scot au XIIIe siècle, ce concept philosophique a intégré le langage courant et donné lieu à des usages spécifiques, notamment en science.

Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Écrit intime

[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986

Janvier (1932)

Je ne peux rien avaler en sa présence. Extérieurement, je suis calme, avec cette placidité orientale si trompeuse. Elle boit et elle fume. En un sens, elle est complètement folle, sujette à des peurs et des passions incontrôlées. Sa conversation, essentiellement inconsciente, serait très révélatrice pour un analyste, mais je suis incapable d'analyse. Ce sont surtout des mensonges. Pour elle, tout ce qu'elle imagine devient réalité. Mais que construit-elle avec tant de soin ? Essaie-t-elle de gonfler, de fortifier, de glorifier sa personnalité ? Dans la douce chaleur de mon admiration, elle s'épanouit.


Elle est devenue pour moi quelqu'un qu'il faut plaindre et protéger. Elle se trouve entraînée dans des situations fausses et tragiques dont elle n'est pas capable de s'extirper. J'ai enfin saisi sa faiblesse. Sa vie est faite de fantasmes. Je veux la ramener à la réalité. Je veux lui faire violence. Moi, toujours plongée dans les rêves, dans les actes à demi vécus, me voilà devant un projet des plus fous : je veux m'emparer des mains fuyantes de June, oh ! avec quelle force, je veux l'emmener dans une chambre d'hôtel et réaliser son rêve et le mien — un rêve qu'elle s'est toute sa vie caché à elle-même.


[modifier] Manifeste

[modifier] André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924

Pourquoi n'accorderais-je pas au rêve ce que je refuse parfois à la réalité, soit cette valeur de certitude en elle-même, qui, dans son temps, n'est point exposée à mon désaveu ?


Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire.


[modifier] René Crevel, Note en marge du jeu de la vérité, 1934

Pour l’homme, se trahir, c’est démanteler les forteresses des coutumières prudences, c'est, afin de les rendre au mouvement, libérer des préjugés qui la cuirassent et des bandelettes qui la momifient, la réalité si prompte à se surpasser, se surmonter, à apparaître en voie de surréalité.

  • « Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 22


[modifier] Prose poétique

[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927

Je crois encore au merveilleux en amour, je crois à la réalité des rêves, je crois aux héroïnes de la nuit, aux belles de nuit pénétrant dans les cœurs et dans les lits.


Quand il sortit, au crépuscule, la chanson des fontaines publiques peuplait les rues de sirènes imaginaires. Elles s’enlaçaient, tournaient et se traînaient jusqu’aux pieds du corsaire. Muettes, elles imploraient du conquérant la chanson qui les rendrait aux limbes maritimes, mais lui, le gosier sec, ne troubla pas de sa voix les rues et les murs sonores car ses yeux lucides, plus lucides que les yeux de la réalité, discernaient par-delà le désert et les régions habitées l’ombre de la robe de celle que j’aime et à laquelle je n’ai pas cessé de penser depuis que ma plume, animée quoique partie du mouvement propre à l’ensemble, vole dans le ciel blafard du papier.


Le corps de Louise Lame vaincue et fatiguée repose dans la flaque de sang. Le corsaire attentif comprend que l’heure est venue des représailles. Il s’apprête à sortir quand la sirène apparaît dans le salon. Il la saisit à bras le corps, la soulève et la jette à toute volée dans la rue, à travers une fenêtre. Les vitres volent en éclats et l’eau fait irruption dans le club : une eau bleue et bouillonnante, écumeuse, qui renverse les tables, les fauteuils, les buveurs. Corsaire Sanglot, durant ce temps, s’éloigne d’un quartier si paisible que le rêve y devient réalité. Son chemin est celui de la pensée, fougère à queue de paon.


[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948

Partage formel

L'imagination consiste à expulser de la réalité plusieurs personnes incomplètes pour, mettant à contribution les puissances magiques et subversives du désir, obtenir leur retour sous la forme d'une présence entièrement satisfaisante. C'est alors l'inextinguible réel incréé.

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Partage formel, p. 65


[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958

Être naturel

A cette heure guerrière, à cette heure de sauve-qui-peut, les amants se penchent au balcon du vertige. Ils s'élèvent doucement, épi de bonheur qui se balance sur un champ calciné. Leur amour est un aimant auquel est suspendu le monde. Il règle les marées, il ouvre les écluses de la musique. Au pied de leur chaleur, la réalité brise sa coquille.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — II, p. 105


[modifier] Roman

[modifier] Marcel Proust, Le Temps retrouvé, 1927

Ce que nous appelons la réalité est un certain rapport entre ces sensations et ces souvenirs qui nous entourent simultanément – rapport que supprime une simple vision cinématographique, laquelle s’éloigne par là d’autant plus du vrai qu’elle prétend se borner à lui — rapport unique que l’écrivain doit retrouver pour en enchaîner à jamais dans sa phrase les deux termes différents.

  • À la recherche du temps perdu, Marcel Proust, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1989, chap. Le Temps retrouvé, p. 468


[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

J'aime que ce soit le dragonnier faussement endormi qui se tienne au seuil du palais de feuillages qu'est le jardin climatologique de la Orotava prêt à défendre la réalité éternelle de tous les contes, cette princesse folle de palmes. Elle glisse, ou bien c'est toi qui glisse près de moi le long des allées en veilleuse. A peine sommes-nous entrés que tous les petits génies de l'enfance se sont jetés à notre cou. D'une petite fleur à transformation, notre très savant guide M. Bolinaga, qui préside au développement de tout ce faste, n'a, en effet, pas dédaigné de faire bondir sous nos yeux le lapin d' Alice in Wonderland et c'est la table de repas même d'Alice qui se déroula à perte de vue devant nous quand nous eûmes porté à notre bouche la tomate lilliputienne du pitanga, au goût exquis de poison.


[modifier] André Pieyre de Mandiargues, La Marge, 1967

Divagation ou retour à une réalité tragique, Sigismond a été tiré (au bout de quelle ligne, par quels doigts tenue ?) jusqu'en cette pointe du jardin du mas où sur des rochers vers Sète se dresse la tour des vents. Là, où est aussi un clair bassin, une gourgue, comme il se dit, où des couleuvres nagent, le caprice de l'architecte de la maison a bâti une colonne en briques rouges entourée d'un escalier de fer, lequel, dépourvu de rampe, porte à une plate-forme ceinte d'une frêle balustrade et couverte d'un toit de forme chinoise. C'est la tour des vents, et l'on ne sait par qui elle fut ainsi nommée, ni quand.


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Littérature, Enquête — Pourquoi écrivez-vous ?, 1919

Paul Féval

Né au milieu des manuscrits de mon père, dans une maison où les succès du romancier et de l'auteur dramatique apportaient l'aisance, avec le va-et-vient continuel des journalistes, des artistes, des éditeurs et des directeurs, il m'eût été bien difficile de rêver une carrière autre.
Écrire m'est un plaisir.
A côté de l'existence commune l'homme de lettres s'extériorise par imagination, des deux vies la seconde est préférable à la première.
Le rêve surpasse la réalité.

  • Paul Féval donne suite à une enquête concernant son statut d'écrivain menée par le mensuel surréaliste Littérature, ce sur plusieurs numéros.
  • « Notre enquête — Pourquoi écrivez-vous ? », Paul Féval, Littérature, nº 10, Décembre 1919, p. 22


[modifier] Littérature, Enquête — Pourquoi écrivez-vous ?, 1920

J'écris, comme tout écrivain, pour affirmer des tendances intimes refoulées dans la vie réelle. Je crois que l'oeuvre d'art pourrait être définie une compensation du réel. Nos instincts révolutionnaires et sexuels, nos instincts de domination et de connaissance ne peuvent se satisfaire pleinement au cours de la vie. Leur refoulement produit une sublimation qui donne naissance à l'oeuvre d'imagination. Celle-ci n'est donc que l'épanouissement de vélléités contrariées. Elle peut, dans les cas de refoulement excessifs, aboutir à une contradiction complète et magnifique de l'existence effective de l'écrivain.
Les atrocités sans frein des ouvrages du Marquis de Sade peuvent s'expliquer par le fait qu'il écrivit surtout en prison. L'outrance de ses inventions me ferait plutôt croire à la non-réalisation de ses tendances érotiques. C'est une revanche du rêve sur la réalité.
En ce qui me concerne, il n'y a pas lieu de douter que certaines de mes pièces, Poussière, les Possédés, Terres chaudes, entre autres, sont une tentative de compensations d'instincts révolutionnaires entravés et de désirs de voyages incomplètement satisfaits.

  • H. R. Lenormand donne suite à une enquête concernant son statut d'écrivain menée par le mensuel surréaliste Littérature, ce sur plusieurs numéros.
  • « Notre enquête — Pourquoi écrivez-vous ? », H. R. Lenormand, Littérature, nº 11, Décembre 1920, p. 24


[modifier] Philosophie

[modifier] Gaston Bachelard, L'Eau et les Rêves, 1942

L'imagination n'est pas, comme le suggère l'étymologie, la faculté de former des images de la réalité ; elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité. Elle est une faculté de surhumanité.

  • L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, 1993 (ISBN 978-2-253-06100-7), partie VII, chap. Introduction: Imagination et matière, p. 25


C'est le sentiment de la victoire certaine qui donne au réflexe sa flèche, la joie souveraine, la joie mâle de perforer la réalité.

  • L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, 1993 (ISBN 978-2-253-06100-7), partie I, chap. VIII L'eau violente, p. 181


[modifier] Bertell Ollman, La dialectique mise en œuvre, Le processus d'abstraction dans la méthode de Marx, 2005

[...] la réalité ne se réduit pas aux apparences, et qu'à s'en tenir aux apparences, à ce qui nous frappe immédiatement et directement on peut se fourvoyer.

  • La dialectique mise en œuvre, Le processus d'abstraction dans la méthode de Marx, Bertell Ollman, éd. Syllepse, 2005, p. 24


[modifier] Psychanalyse

[modifier] Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l'inconscient, 1933

[...] la persona n'est rien de réel : elle ne jouit d'aucune réalité propre ; elle n'est qu'une formation de compromis entre l'individu et la société, en réponse à la question de savoir sous quel jour le premier doit apparaître au sein de la seconde. [...] comparée à l'individualité du sujet, sa persona n'est qu'une réalité secondaire, un simple artifice, un compromis à la constitution duquel d'autres participent bien souvent davantage que l'intéressé lui-même.

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie I. Des effets de l'inconscient sur le conscient, chap. III. La « persona », élément constitutif de la psyché collective, p. 84


[modifier] Alberto Eiguer, Le Pervers narcissique et son complice, 1989

Le Champ de la perversion narcissique

Les « pervers de caractère » sont peu supportés par l'entourage, leur besoin de nier la réalité de l'autre est trop grande : ils réclament fébrilement des gages immédiats et une reconnaissance totale ; ce que le pervers narcissique demande aussi, mais celui-ci sait attendre, puis « organiser » une stratégie relationnelle, qui viendrait confirmer ses fantasmes.

  • Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie I. Le Champ de la perversion narcissique, chap. Définition et description générale, Différences avec le sadisme, p. 9


Le champ d'opération de tout pervers est la réalité, l'environnement, le lien à un autre. Sa problématique s'extériorise, se développe donc dans le socius, et c'est ce socius que nous devons interroger pour compendre le pervers.

  • Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie I. Le Champ de la perversion narcissique, chap. Définition et description générale, L'induction narcissique, p. 13


[modifier] Psychologie

[modifier] Jean Gortais, Processus de la schizophrénie, 2002

« Dans la névrose un fragment de la réalité est évité sur le mode de la fuite ; dans la psychose, il est reconstruit. Ou : dans la psychose, la fuite initiale est suivie d'une phase active, celle de la reconstruction, dans la névrose, l'obéissance initiale est suivie, après coup, d'une tentative de fuite. Ou encore : la névrose ne désire pas la réalité, elle veut seulement ne rien savoir d'elle ; la psychose la désire et cherche à la remplacer. »

  • Citation extraite du second texte freudien élaboré à ce sujet, « La perte de réalité dans la névrose et dans la psychose » (1924).
  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 4. Narcissisme et perte de réalité, p. 18


Si, pour Klein (1957), le morcellement constitue l'un des traits caractéristiques de la schizophrénie, elle retient également « l'élément confusionnel » qui lui paraît très important : « Le schizophrène a non seulement l'impression d'être morcelé mais d'être incorporé aux autres. Il est incapable de distinguer les bonnes et les mauvaises parties de soi, le bon et le mauvais objet, la réalité interne et externe. Aussi ne peut-il ni se comprendre ni se fier à lui-même. »

  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 7. L'objet interne à l'épreuve des angoisses primitives, p. 26


Le trouble de pensée dans la schizophrénie ne relève pas tant de la perte de réalité que du « gain de réalité » qui conditionne une première étape de la maladie, « celle où les pensées sont devenues réelles — la conséquence suivante est l'interprétation réelle par des faits faussement conçus comme réels ».

  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 9. Schizophrénie et psychologie du moi, p. 32


Le processus schizophrénique, selon P. Federn, s'étaye sur un trouble de la « frontière du moi » : celle-ci n'est pas à entendre dans un sens statique ni comme une ligne de partage également répartie au sein du psychisme. Lorsqu'il avance que la mutilation narcissique dans la schizophrénie est liée avant tout à la « perte d'investissement de la frontière mentale et corporelle du moi », il entend alors insister sur une perte et une mise en échec de la fonction de séparation que le moi exerce habituellement, à l'état vigile, entre la réalité extérieure et le monde psychique interne.

  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 9. Schizophrénie et psychologie du moi, p. 33


[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005

Caractéristiques des perversions

Le processus pervers est en relation avec le fantasme de castration. Dans toutes les perversions, il y a déni de l'absence de pénis de la mère, c'est-à-dire de la différence des sexes et, donc, du fantasme de castration. Ce déni entraîne un clivage, séparation du moi entre deux attitudes opposées, l'une admet la réalité de la différence des sexes, l'autre l'ignore.

  • Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 2. Critères psychopathologiques, 2.1 Les conceptions freudienne, p. 40


Perversions narcissiques

Bergeret distingue les « perversion de caractère » (correspondant aux pervers atteints de perversité) des perversions sexuelles. Pour lui, « l'aménagement caractériel » provient de l'intensité des formations réactionnelles (précoces) face à des angoisses dépressives devant la perte d'objet (perte d'étayage). Ce mode de défense, coûteux en énergie, permet une bonne adaptation au réel. Dans ce cadre, la « perversion de caractère » relève de personnalités ayant un besoin de restauration phallique et de reconnaissance narcissique au point de se manifester comme des « petits paranoïaques » (se sentant toujours agressés pour se faire respecter, ou admirer). On ne trouve pas chez eux de culpabilité ni de souffrance mais une volonté de « tourner » les choses à leur avantage sans jamais se mettre en cause. Comme le pervers sexuel, le pervers de caractère utilise le déni, mais un déni très focalisé et partiel de la réalité : non de la réalité sexuelle de la femme, mais de la réalité « identitaire » et narcissique de l'autre perçu comme une entrave à son propre narcissisme.

  • Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie IV. Perversions narcissiques, chap. 1. Pourquoi l'extension du terme ?, 1.3 Perversion de caractère, p. 104


[modifier] Édith Sales-Wuillemin, La catégorisation et les stéréotypes en psychologie sociale, 2006

Introduction

Selon Lippman, les individus ont des images rigides du monde environnant, des stéréotypes qui se superposeraient à la réalité et permettraient d'éviter un traitement approfondi des informations du monde environnant. Cette explication part du point de vue que les données environnementales seraient trop nombreuses et que le système cognitif aurait trouvé là un moyen de traitement économique des informations. Sans eux le monde environnant serait insensé et incompréhensible au sujet.

  • La catégorisation et les stéréotypes en psychologie sociale, Édith Sales-Wuillemin, éd. Dunot, coll. Psycho Sup (Psychologie sociale), 2006 (ISBN 2 10 049391 4), partie Introduction, Préjugés et stéréotypes, p. 6


Stéréotypes sociaux et processus de stéréotypisation

Selon Lippman (1922), les stéréotypes sont des shémas de pensée qui permettent de simplifier la réalité. Ils sont indispensables au traitement des informations provenant de l'environnement ; sans eux, il y aurait une surcharge mentale : « [...] l'environnement réel est à la fois trop vaste, trop complexe [...]. Nous [en tant qu'individus] ne sommes pas équipés pour faire face à autant de subtilité et de diversité, à autant de permutations et de combinaisons. Puisque nous devons composer avec un tel environnement, il nous faut donc le réduire en un modèle plus simple avant de pouvoir le gérer. »

  • La catégorisation et les stéréotypes en psychologie sociale, Édith Sales-Wuillemin, éd. Dunot, coll. Psycho Sup (Psychologie sociale), 2006 (ISBN 2 10 049391 4), partie II. Stéréotypes sociaux et processus de stéréotypisation, p. 71


Caractéristiques des perversions

La structure perverse a pour particularité une reconnaissance de la loi et de la castration, mais sur le mode original du déni de la réalité du sexe de l'autre ou de son narcissisme (la loi existe puisque le pervers la transgresse et jouit de cette transgression). Cette position de contestation relève d'un clivage du moi qui permet la coexistence de deux représentations psychiques contradictoires qui fonctionnent sans s'influencer mutuellement : l'absence et la présence du phallus chez la femme.

  • Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 2. Critères psychopathologiques, 2.2 Les conceptions post-freudiennes b) Structure perverse ?, p. 49


[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006

La relation d'emprise (cadre psychanalytique)

La conduite perverse se distingue de la conduite psychopathique par son excellente adaptation à la réalité. Le pervers est même, comme on dit souvent, « sur-adapté » aux conditions sociales.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Évolutions et séquelles d'une relation d'emprise

[...] ne pouvant que faiblement s’appuyer sur l’extérieur, la victime doit d’abord prendre conscience de sa situation d’assujettissement. Il est essentiel pour cela qu’elle anticipe l’inattendu et l’imprévisible : il lui faut accepter que la réalité ne soit pas toujours telle qu’elle semble être, et faire le deuil, parfois douloureux, de ses illusions, avant de pouvoir espérer sortir de cette relation. C’est alors en montrant qu’elle n’a pas peur, que la victime peut briser le cercle vicieux de la relation d’emprise et essayer de désamorcer l’agression.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Évolutions et séquelles d'une relation d'emprise : Sortir de la relation d'emprise, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.


[modifier] François Marty, Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008

Les mécanismes de défense

Dans la psychose, le moi psychotique, entré en conflit avec le monde extérieur, opère un déni de réalité perceptive et remplace celle-ci par une (néo)réalité hallucinatoire ou délirante plus avantageuse pour le ça alors que le névrosé refoule certaines représentations pulsionnelles pour résoudre son conflit avec le ça.

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