Marquis de Sade
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Donatien Alphonse François de Sade (2 juin 1740 à Paris – 2 décembre 1814 à Charenton-Saint-Maurice) est un écrivain français, philosophe, politicien, libertin, hédoniste et athée, plus connu sous le nom de marquis de Sade.
[modifier] Les Infortunes de la vertu, 1787
Le triomphe de la philosophie serait de jeter du jour sur l'obscurité des voies dont la providence se sert pour parvenir aux fins qu'elle se propose sur l'homme, et de tracer d'après cela quelque plan de conduite qui pût faire connaitre à ce malheureux individu bipède, perpétuellement balloté par les caprices de cet être qui, dit-on, le dirige aussi despotiquement, qui, dis-je, pût lui faire entendre la manière dont il faut qu'il interprète les décrets de cette providence sur lui, la route qu'il faut qu'il tienne pour prévenir les caprices bizarres de cette fatalité à laquelle on donne vingt noms différents, sans être encore parvenu à la définir.
- Premier paragraphe du récit.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 49 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[…] le coupable nourrit au fond de son cœur un ver qui, le rongeant sans cesse, l'empêche de jouir de cette lueur de félicité qui l'environne et ne lui laisse au lieu d'elle que le souvenir déchirant des crimes qui la lui ont acquise.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 57-58 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
M. Dubourg : […] cette vertu dont vous faites tant d'étalage, ne sert à rien dans le monde, vous aurez beau en faire parade, vous ne trouverez pas un verre d'eau dessus.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 61 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Le procès d'une infortunée qui n'a ni crédit, ni protection est promptement fait en France. On y croit la vertu incompatible avec la misère, et l'infortune dans nos tribunaux est une preuve complète contre l'accusé ; une injuste prévention y fait croire que celui qui a dû commettre le crime l'a commis effectivement, les sentiments s'y mesurent sur l'état dans lequel on vous trouve et sitôt que des titres ou de la fortune ne prouvent pas que vous devez être honnête, l'impossibilité que vous le soyez devient démontrée tout de suite suivant ces préjugés qui dégradent bien la magistrature française et qu'il serait bien temps que l'autorité souveraine détruisît comme ils méritent de l'être.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 69 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
La prière est la plus douce consolation du malheureux, il devient plus fort quand il a prié.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 75 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
C'est l'instant du réveil qui est le plus fatal pour les infortunés ; le calme des idées, l'oubli instantané de leurs maux, tout les rappelle au malheur avec plus de force, tout leur en rend alors le poids plus onéreux.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 75 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
M. de Bressac : Ah! crois-le, Sophie, ce dieu que tu admets n'est que le fruit de l'ignorance d'un côté et de la tyrannie de l'autre ; quand le plus fort voulut enchaîner le plus faible, il lui persuada qu'un dieu sanctifiait les fers dont il l'accablait, et celui-ci abruti par sa misère crut indifféremment ce que l'autre voulut. Toutes les religions, nées de cette première fable, doivent être dévouées au mépris comme elle, il n'en est pas une seule qui ne porte l'emblème de l'imposture et de la stupidité ; je vois dans toutes des mystères qui font frémir la raison, des dogmes outrageant la nature et des cérémonies grotesques qui n'inspirent que la dérision.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 83-84 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
O vous qui lirez cette histoire, puissiez-vous en tirer le même profit que cette femme mondaine et corrigée, puissiez-vous vous convaincre avec elle que le véritable bonheur n'est que dans le sein de la vertu et que si Dieu permet qu'elle soit persécutée sur la terre, c'est pour lui préparer dans le ciel une plus flatteuse récompense.
- Dernier paragraphe du livre.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 186 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Idée sur le mode de la sanction des lois, 1792
Peuple, vous pouvez tout sans eux, eux seuls ne peuvent rien sans vous.
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« Idée sur le mode de la sanction des lois » (1792), dans Écrits politiques, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Jean-Jacques Pauvert, 1957, p. 20
[modifier] La philosophie dans le boudoir, 1795
Dolmancé : [...] c'est pour nous sauver tous, assure l'imbécile [Jésus], qu'il a pris chair, quoique dieu, dans le sein d'une enfant des hommes; et les miracles éclatants qu'on va lui voir opérer, en convaincront bientôt l'univers! Dans un souper d'ivrognes, en effet, le fourbe change, à ce qu'on dit, l'eau en vin; dans un désert, il nourrit quelques scélérats avec des provisions cachées que ses sectateurs préparèrent; un de ses camarades fait le mort, notre imposteur le ressuscite; il se transporte sur une montagne, et là, seulement devant deux ou trois de ses amis, il fait un tour de passe-passe dont rougirait le plus mauvais bateleur de nos jours. Maudissant d'ailleurs avec enthousiasme tous ceux qui ne croient pas en lui, le coquin promet les cieux à tous les sots qui l'écouteront. Il n'écrit rien, vu son ignorance; parle fort peu, vu sa bêtise; fait encore moins, vu sa faiblesse, et, lassant à la fin les magistrats, impatientés de ses discours séditieux, quoique fort rares, le charlatan se fait mettre en croix, après avoir assuré les gredins qui le suivent que, chaque fois qu'ils l'invoqueront, il descendra vers eux pour s'en faire manger. On le supplicie, il se laisse faire. Monsieur son papa, ce Dieu sublime, dont il ose dire qu'il descend, ne lui donne pas le moindre secours, et voilà le coquin traité comme le dernier des scélérats, dont il était si digne d'être le chef.
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« La philosophie dans le boudoir » (1795), dans Oeuvres De Sade, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Jeune Parque, 1947, p. 171-172

