Émile Durkheim

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Émile Durkheim (15 avri 1858, Épinal — 15 novembre 1917, Paris) est un sociologue français et l'un des fondateurs de la sociologie moderne.

De la division du travail social, 1893[modifier]

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Il ne faut pas dire qu'un acte froisse la conscience commune parce qu'il est criminel, mais qu'il est criminel parce qu'il froisse la conscience commune.

  • De la division du travail social, Émile Durkheim, éd. PUF, coll. Quadrige, 1991 (ISBN 2-13-043970-5), chap. livre premier (« La fonction de la division du travail »), VI (« Solidarité mécanique ou par similitudes »), § 1, p. 48


Au nom du dogme de la concurrence vitale et de la sélection naturelle, on nous dépeint sous les plus tristes couleurs cette humanité primitive dont la faim et la soif, mal satisfaites d'ailleurs, auraient été les seules passions ; ces temps sombres où les hommes n'auraient eu d'autre souci et d'autre occupation que de se disputer les uns aux autres leur misérable nourriture. Pour réagir contre les rêveries rétrospectives de la philosophie du XVIIIe siècle, et aussi contre certaines doctrines religieuses, pour démontrer avec plus d'éclat que le paradis perdu n'est pas derrière nous et que notre passé n'a rien que nous devions regretter, on croit devoir l'assombrir et le rabaisser systématiquement. Rien n'est moins scientifique que ce parti pris en sens contraire. Si les hypothèses de Darwin sont utilisables en morale, c'est encore avec plus de réserve et de mesure que dans les autres sciences. Elles font, en effet, abstraction de l'élément essentiel de la vie morale, à savoir de l'influence modératrice que la société exerce sur ses membres et qui tempère et neutralise l'action brutale de la lutte pour la vie et de la sélection. Partout où il y a des sociétés, il y a de l'altruisme, parce qu'il y a de la solidarité.

  • De la division du travail social, Émile Durkheim, éd. PUF, coll. Quadrige, 1991 (ISBN 2-13-043970-5), chap. livre premier (« La fonction de la division du travail »), VI (« Prépondérance progressive de la solidarité organique et ses conséquences »), § 4, p. 173-174


Les Règles de la méthode sociologique, 1895[modifier]

La première règle et la plus fondamentale est de considérer les faits sociaux comme des choses.

  • Les Règles de la méthode sociologique, Émile Durkheim, éd. PUF, coll. Quadrige, 1990 (ISBN 2-13-043147-X), chap. II (« Règles relatives à l'observation des faits sociaux »), p. 15


Le Suicide, 1897[modifier]

C'est l'action de la société qui a suscité en nous ces sentiments de sympathie et de solidarité qui nous inclinent vers autrui ; c'est elle qui, nous façonnant à son image, nous a pénétrés de ces croyances religieuses, politiques, morales qui gouvernent notre conduite ; c'est pour pouvoir jouer notre rôle social que nous avons travaillé à étendre notre intelligence et c'est encore la société qui, en nous transmettant la science dont elle a le dépôt, nous a fourni les instruments de ce développement.

  • Le Suicide, Émile Durkheim, éd. PUF, coll. Quadrige, 1990 (ISBN 2-13-043033-3), chap. livre deuxième (« Causes sociales et types sociaux »), III (« Le suicide égoïste »), § 6, p. 226-227


Mais cette conséquence du divorce est spéciale à l'homme ; elle n'atteint pas l'épouse. En effet, les besoins sexuels de la femme ont un caractère moins mental, parce que d'une manière générale sa vie mentale est moins développée. Ils sont plus immédiatement en rapport avec les exigences de l'organisme, les suivent plus qu'ils ne les devancent et y trouvent par conséquent un frein efficace. Parce que la femme est un être plus instinctif que l'homme, pour trouver le calme et la paix, elle n'a qu'à suivre ses instincts. Une réglementation sociale aussi étroite que celle du mariage et, surtout, du mariage monogame ne lui est donc pas nécessaire.

  • Le Suicide, Émile Durkheim, éd. PUF, 1897, p. 306


Les Formes élémentaires de la vie religieuse, 1912[modifier]

une société a tout ce qu'il faut pour éveiller dans les esprits, par la seule action qu'elle exerce sur eux, la sensation du divin ; car elle est à ses membres ce qu'un dieu est à ses fidèles.

  • Les Formes élémentaires de la vie religieuse, Émile Durkheim, éd. PUF, coll. Quadrige, 1990 (ISBN 2-13-043338-3), chap. livre deuxième (« Les croyances élémentaires »), VII (« Origines de ces croyances : genèse de la notion de principe ou mana totémique »), § 2, p. 295


L'opinion, chose sociale au premier chef, est […] une source d'autorité et l'on peut même se demander si toute autorité n'est pas fille de l'opinion. On objectera que la science est souvent l'antagoniste de l'opinion dont elle combat et rectifie les erreurs. Mais elle ne peut réussir dans cette tâche que si elle a une suffisante autorité et elle ne peut tenir cette autorité que de l'opinion elle-même. Qu'un peuple n'ait pas foi dans la science, et toutes les démonstrations scientifiques seront sans influence sur les esprits. Même aujourd'hui, qu'il arrive à la science de résister à un courant très fort de l'opinion publique, et elle risquera d'y laisser son crédit.

  • Les Formes élémentaires de la vie religieuse, Émile Durkheim, éd. PUF, coll. Quadrige, 1990 (ISBN 2-13-043338-3), chap. livre deuxième (« Les croyances élémentaires »), VII (« Origines de ces croyances : genèse de la notion de principe ou mana totémique »), § 2, p. 298


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