Père

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Homme ayant engendré ou adopté un enfant. Titre que l’on donne à Dieu.

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Définition sur Wiktionnaire.

Article sur Wikipedia.

Jésus-Christ[modifier]

Je suis la voie, la vérité et la vie ; personne ne vient au Père si ce n‘est par moi. Si vous m’aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père ; mais désormais vous le connaîtrez, et vous l’avez déjà vu.

  • « Missel quotidien des fidèles », le Christ Jésus, cité dans l’Évangile selon saint Jean Jn 14, 1-13, éd. Clovis, 2012, p. 1316-1317 (texte intégral sur Wikisource)


En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais auprès du Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai.

  • « Missel quotidien des fidèles », le Christ Jésus, cité dans l’Évangile selon saint Jean Jn 14, 1-13, éd. Clovis, 2012, p. 1317 (texte intégral sur Wikisource)


Autres citations[modifier]

Pascal Bruckner[modifier]

Il est l’heure d’aller dormir. Agenouillé au pied du lit, la tête inclinée, les mains jointes, je murmure à voix basse ma prière. J’ai dix ans. Après un bref recensement des fautes du jour, j’adresse à Dieu, notre Créateur tout-puissant une requête.(…) Je lui demande simplement, je L’abjure de provoquer la mort de mon père, si possible en voiture. Un frein qui lâche dans une descente, une plaque de verglas, un platane, ce qui Lui conviendra.

  • Un bon fils, Pascal Bruckner, éd. Grasset, 2014, p. 11


Charles Dantzig[modifier]

Œdipe : Quel sujet t’amène, ma fille ?
Ismène : Le souci de toi, père.

  • De Sophocle, Œdipe à Colonne, cité par :
  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 745


Robertson Davies[modifier]

Tout individu de quelque valeur a plusieurs pères et l'homme qui l'a engendré, que ce soit dans la luxure, la boisson, à cause d'un pari ou même dans la douceur d'un amour sincère, peut ne pas être son père le plus important. Ce sont les pères qu'on se choisit qui comptent.

  • Le Manticore, Robertson Davies (trad. Lisa Rosenbaum), éd. Payot, 1989, p. 332-333


Romain Gary[modifier]

J'aurais préféré avoir un père que ne pas avoir un héros.

  • La Vie devant soi (1975), Romain Gary (Émile Ajar), éd. Gallimard, coll. Folio, 1982 (ISBN 2070373622), p. 42


Henning Mankell[modifier]

Son père, Fermi, était mort quand il avait six ans. Il s'en souvenait à peine, le père n'était qu'une des ombres de sa vie, un portrait inachevé dans l'une de ses immenses galeries intérieures.

  • A propos du Caravage.
  • Les chaussures italiennes, Henning Mankell (trad. Anna Gibson), éd. Seuil, 2009, p. 175


Joyce Mansour[modifier]

Certains pays rocailleux, oubliés dans la putréfaction de la genèse, loin, loin derrière l'horizon du possible, voient ainsi naître un homme doué de méchanceté exceptionnelle. Dolman dépassait de beaucoup le plus mauvais : sa mère, prise comme une omelette de pieuse frayeur, était morte avant sa naissance. Son père, un brave pêcheur sans personnalité particulière, se sachant dénué de solides raisons de croire à sa paternité, partit en haussant les épaules vers l'Orient, sans marquer le moindre regret et sans laisser de testament.

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 46


« Je veux être père ». C'était dit d'un ton minable et Dolman n'en put croire ses oreilles. « Quoi ? » La voix s'enlisa dans la boue criblée de gousses d'ail et siffla : « Il faut que je sois père, ne serait-ce que d’un pou ». « Laissez-moi réfléchir, dit Dolman à quatre pattes, revenez après la nuit. ».

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 52


Octave Mirbeau[modifier]

Ce que j'ai voulu, c'est, en donnant à ces souvenirs une forme animée et familière, rendre plus sensible une des plus prodigieuses tyrannies, une des plus ravalantes oppressions de la vie, dont je n'ai pas été seul à souffrir, hélas ! – c'est-à-dire l'autorité paternelle. Car tout le monde en souffre, tout le monde porte en soi, dans les yeux, sur le front, sur la nuque, sur toutes les parties du corps où l'âme se révèle, où l'émotion intérieure afflue en lumières attristées, en spéciales déformations, le signe caractéristique et mortel, l'effrayant coup de pouce de cette initiale, ineffaçable éducation de la famille.

  • Dans le ciel (1989), Octave Mirbeau, éd. du Boucher, 2003, chap. VIII, p. 57


Daniel Pennac[modifier]

Être père, c'est devenir manchot.


Antonio Porchia[modifier]

Mon père, en s'en allant, a donné un demi siècle à mon enfance.

  • (es) Mi padre, al irse, le regaló medio siglo a mi infancia.


Jean-Jacques Rousseau[modifier]

Qu'une fille manque de raison, d'expérience pour juger de la sagesse et des moeurs, un bon père y doit suppléer sans doute ; son droit, son devoir même est de dire : Ma fille, c'est un honnête homme, ou, c'est un fripon ; c'est un homme de sens, ou, c'est un fou. Voilà les convenances dont il doit connaître ; le jugement de toutes les autres appartient à la fille.

  • Julie ou La nouvelle Héloïse (1761), Jean-Jacques Rousseau, éd. Garnier-Flammarion, coll. GF Flammarion, 1967 (ISBN 2-08-070148-7), partie II, Lettre II de Milord Edouard à Claire, p. 135


Shurik’n[modifier]

Souvent je pense à papa, mon combat
Réussir pour l´envoyer là-bas
Quand je parlais de nos projets, papa que j´aime disait Inch Allah
Son retour au pays s´est bien fait en Août
Mais son voyage s´est fait froid dans une soute
Rien ne me le ramènera... pfff
Pas même leur foutu contrat
Pendant que la course aux richesses nous distrait
Chacun de nous passe à côté du vrai


Amanda Sthers[modifier]

Un trou dans l'image paternelle a toujours donné lieu à une violence non régulée.

  • Les érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 28


Alors, qui joue le rôle du papa dans la société américaine? Un être carré, moralisateur, dissipé parfois, toujours présent: le poste de télévision.

  • Les érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 29


Psychologie[modifier]

Catherine Azoulay[modifier]

Freud (1912) a envisagé la manie comme « une fête du moi » en l'apparentant au repas totémique des primitifs, c'est-à-dire avec le crime originel de l'humanité, le meurtre du père et sa consommation rituelle.

  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. II « Approche psycho-pathologique et clinique de la schizophrénie (Catherine Azoulay) », 1. Formes et caractéristiques de la schizophrénie, p. 82


Citations à revoir, enlever ou déplacer[modifier]

Joyce Mansour[modifier]

Dolman se lassa de son image aqueuse et ordonna à nouveau la mise en route de la communauté. Les villageois ensablés arrachèrent leurs enfants aux cocotiers et repartirent en se lamentant sur les chemins de la forêt. Dolman était lourd d'angoisse. Il retrouva sa hutte et ses vieilles habitudes sans plaisir. L'insatisfaction usait ses méninges, et un désir galopant gonflait ses poumons comme un caillot de sang. La mort acheta un billet de loterie en son nom.
C'est alors que le Diable intervint. Ne pouvant accepter l'évasion d'une de ses créatures, il quitta sa tour de silence et accourut, détermine à enfermer Dolman dans les perspectives toujours changeantes d'une souffrance sans issue. On pense bien qu'il ne pouvait permettre l'anéantissement de la fange, il en avait trop besoin pour consolider son règne. Il retroussa donc ses babines et se prépara à la lutte. Il ne laissa rien au hasard car l'imprévu est père du rire et le rire libère, allège et arrache le guidon des pattes démoniaques.

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 50


James Joyce[modifier]

Il ceignit ses cheveux ébouriffés d'une couronne de feuilles de vigne en souriant à Vincent. Cette réponse et ces feuilles, lui dit Vincent, vous feront une parure plus convenable quand quelque chose de plus, de beaucoup plus qu'une poignée de poésies fugitives pourra se réclamer de votre génie comme d'un père. Tous ceux qui vous veulent du bien en forment le voeu. Tous désirent vous voir réaliser l'oeuvre que vous méditez.

Mary Esther Harding, Les Mystères de la femme, 1953[modifier]

Dans notre système patriarcal occidental, la jeune fille non mariée appartient à son père, mais en des temps plus reculés, et comme c'est encore le cas dans certaines communautés primitives, elle était sa propre maîtresse jusqu'à son mariage. Le droit de disposer de soi-même jusqu'à ce qu'on se marie fait partie du concept primitif de la liberté. Une protection générale est accordée aux jeunes filles dans les sociétés primitives, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la tribu [...]. Cette liberté d'action implique le droit de refuser les privautés aussi bien que celui de les accepter. Une fille appartient à elle-même tant qu'elle est vierge, célibataire, et l'on ne peut l'obliger ni à conserver sa chasteté ni à consentir à une étreinte non désirée. En tant que vierge elle n'appartient qu'à elle-même, elle est une.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. VII. La lune mère, p. 170


Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli[modifier]

Pour Lacan, le pervers oppose à la castration une face qui reconnaît le manque structurel de l'objet du désir, mais aussi, et simultanément, une face, relevant de l'imaginaire, qui affirme l'existence de cet objet que le sujet ne peut que vouloir. C'est l'importance accordée par le pervers au fantasme et à l'imaginaire en général, au détriment du symbolique, qui constitue la source de l'acte pervers et de la quête de jouissance, position psychique qui tient à l'échec de la structuration oedipienne. En effet, l'accès à l'Oedipe fait que le sujet renonce à l'objet primordial, renoncement qui inaugure la possibilité du désir supposant l'existence du désir de l'autre. La perversion, avatar de l'angoisse de la castration, réalise par le déni de la castration maternelle un fragile équilibre entre une reconnaissance de la différence des sexes et une jouissance, dans le défi et la transgression, qui s'affranchit du désir de la mère pour le père.

  • Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 2. Critères psychopathologiques, 2.2 Les conceptions post-freudiennes b) Structure perverse ?, p. 49


Maria-Concepcion Perez, Chateaubriand — Europe n°775-776, 1993[modifier]

[...] ce n'est pas la femme, jamais atteinte, mais le père, le grand générateur de silence à Combourg. Son mouvement vital automatisé est réglé par le son répété et identique de l'horloge, et, figure de mort, il projette le vide et l'incommunication autour de lui. Déjà le château lui-même est un immense tombeau, dont la construction intérieure rappelle celle de la grande pyramide. Espace retentissant, il subsume la sonorité potentielle en silence absolu, de la même façon qu'il absorbe en obscurité toute possibilité de lumière. La métonymie de l'Histoire, à partir de la figure castratrice du père est assez évidente, car le château est le symbole spatial d'un âge révolu.

  • Il est ici question de la jeunesse de Chateaubriand à Combourg.
  • « Dernier chant, dernier témoin », Maria-Concepcion Perez, Chateaubriand — Revue Littéraire Europe (ISSN 0014-2751), nº 775-776, Novembre-décembre 1993, p. 87

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