France

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La France, officiellement la République française, est un pays d'Europe de l'Ouest, dont le territoire métropolitain est bordé par l'océan Atlantique à l'ouest, par la Manche (qui la sépare du Royaume-Uni) et la mer du Nord au nord, par la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie à l'est, et par la mer Méditerranée, l'Andorre, Monaco et l'Espagne au sud.


Christine Harache, Toute la fonction d'assistante, 2008[modifier]

Une approche de l'interculturel

Parmi les sociétés très individualistes, on trouve les États-Unis, l'Australie, la Grande-Bretagne, le Canada, de nombreux pays de l'Europe de l'Ouest dont la France.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : L'individualisme/la mentalité communautaire, p. 28


La France vit dans la logique de l'honneur. Une logique qui remonte au Moyen-Âge, au temps de la chevalerie. L'honneur est fondé sur la tradition, il est lié à la fierté que l'on a de son rang et la crainte d'en déchoir. L'honneur établit l'opposition entre ce qui est noble et ce qui est vil. Il favorise l'existence d'ordres et de corps qui se reconnaissent des devoirs et jouissent de privilèges. Chacun se doit d'être à la hauteur des devoirs liés à son corps d'appartenance.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : La France ou la logique de l'honneur, p. 31


[En France] Les personnes ont la fierté du travail bien fait. Elles entretiennent une relation très affective au travail, où les seuls comptes à rendre le sont à sa conscience, à son sens de l'honneur. L'important, c'est de remplir ses devoirs. C'est plus important que de respecter un contrat. Il y a une sorte de chevalerie, de noblesse du travail.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : La France ou la logique de l'honneur, p. 31


[En France] Les supérieurs hiérarchiques peuvent être respectés ou méprisés selon leur comportement. A quelqu'un qu'on respecte, on obéit sans contrainte, car on s'élève soi-même. Obéir par crainte ou par intérêt avilit.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : La France ou la logique de l'honneur, p. 31


Littérature[modifier]

Prose poétique[modifier]

Francis Picabia, Histoire de voir, 1922[modifier]

Il est plus facile de nager dans l'eau sale que dans l'eau propre ; l'eau sale est plus lourde, dans l'eau de cuisine inutile de savoir nager ; les vieillards y clapotent avec bonheur et tous les crétins y font la planche. Canudo est chef baigneur des Eaux-Grasses ! Gonzague-Frick y enfonce sa tête pour savoir si vraiment c'est écrit en bon français ; nous, nous nageons dans le merveilleux cristal des sources de l'horizon.

  • « Histoire de voir », Francis Picabia, Littérature Nouvelle Série, nº 6, Novembre 1922, p. 17


Jacques Bainville[modifier]

…la fusion des races a commencé dès les âges préhistoriques. Le peuple français est un composé. C'est mieux qu'une race. C'est une nation.

  • Histoire de France (1924), Jacques Bainville, éd. Americ-Edit, 1930, p. 13


Brigitte Bardot[modifier]

La France de mon enfance et de mon éducation est morte. Je me sens une émigrée dans mon propre pays qui est devenu un territoire étranger.


Raymond Barre [modifier]

La France a été dans le passé et sera dans l'avenir une société composée de communautés de provenances diverses et de cultures variées. La France, comme les États-Unis, est un creuset. Aucun autre pays, à l'exception de la Yougoslavie, n'a une composition ethnique si hétérogène. [...] L'unité française s'est construite sur — et contre — une extraordinaire diversité ethnique et culturelle.

  • Questions de confiance: entretiens avec Jean-Marie Colombani (1988), Raymond Barre , éd. Flammarion, 1988, p. 280


Jean-Claude Barreau [modifier]

La France occupe le centre de l'isthme européen, et elle constitue le chemin le plus court entre le Nord et le Midi. […] Elle peut se définir comme l'union de la mer du Nord et de la Méditerranée. […] Elle fut le résultat d'une action politique séculaire de la monarchie, puis des républiques. La France est donc une nation artificielle et « politique ». D'autres pays d'Europe sont des pays « ethniques ». […] Rien de tel en France. Il y a davantage de différence entre un Alsacien (ethnie germanique), un Breton (ethnie celte), un Dunkerkois (ethnie flamande) et un Marseillais (Méditerranéen métissé) qu'entre, par exemple, un Serbe et un Croate. Mais une volonté politique séculaire a tissé des liens affectifs forts […]. Une langue commune, imposée par Paris […] est parlée par tous. […] Surtout, une mentalité commune a surgi qui paraît aujourd'hui étrange aux étrangers.[…] Jamais le peuple français n'a été plus réel. Et pourtant il a génétiquement beaucoup changé […], l'immigration a considérablement métissé les ethnies françaises originelles. […] Le plus innatendu, c'est que l'intégration des nouveaux arrivants finit pas se faire quand même. La France, ce pays politique, est aussi un creuset puissant, un dissolvant efficace qui efface avec sa laïcité les différences trop marquées.


Maurice Barrès[modifier]

Hélas! Il n'y a point de race française, mais un peuple français, une nation française.

  • Scènes et Doctrines du nationalisme (1902), Maurice Barrès, éd. Plon-Nourrit, 1925, t. 1, p. 85


Georges Bernanos[modifier]

Il n'existe pas de race française. La France est une nation, c'est-à-dire une œuvre humaine, une création de l'homme; notre peuple [...] est composé d'autant d'éléments divers qu'un poème ou une symphonie.

  • Le chemin de la Croix-des-Âmes, Georges Bernanos, éd. Gallimard, 1948, p. 423


Éric Besson[modifier]

La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage.


Hervé Le Bras[modifier]

La France ne contient pas un peuple mais cent, qui diffèrent par la conception de la vie et de la mort, par le système de parenté, par l'attitude face au travail ou à la violence. Du point de vue de l'anthropologie, la France ne devrait pas exister. La plupart des nations d'Europe et du monde, grandes ou petites - Angleterre, Allemagne, Russie, Japon, Suède, Irlande, Pologne par exemple - ne sont d'une certaine façon, que des systèmes originels et homogènes, tribus anciennes et minuscules, démesurément gonflées par mille ans d'expansion démographique, pour atteindre aujourd'hui l'échelle de nation. Des pays comme l'Inde, la Yougoslavie, l'Espagne sont, au contraire, absolument hétérogènes, juxtapositions de peuples n'ayant pas réalisé leur unité linguistique et administrative. [...] La France [...] n'a pas été fondée par aucun peuple particulier. Elle porte le nom d'un groupe germanique, parle une langue dérivée du latin, avec un fort accent gaulois nous disent les linguistes. Elle fut inventée par une communauté de peuples. Plus que tout autre nation au monde, elle est un défi vivant aux déterminations ethniques et culturelles.


On sait aujourd'hui que les ancêtres des Français sont des agriculteurs venus du Proche-Orient, arrivés il y a six mille ans.

  • « Enquête sur le peuplement de la France », Hervé Le Bras, L'Histoire, nº 326, Décembre 2007, p. 42


Au cours de cette révolution néolithique, entre 4000 et 2500 ans av.J.-C., le territoire de notre pays a vu sa population passer approximativement de 50.000 à 5 millions de personnes. [...] Au regard de ce phénomème, les apports ultérieurs, ceux qui ont nourri l'imaginaire des "grandes invasions", ont sans doute été modestes. Les Germains, les fameux Francs, les Huns, les Maures, les Wisigoths qui sont entrés en Gaule, formaient des bandes de quelques dizaines de milliers d'hommes, dont le nombre était grossi par la peur qu'ils inspiraient. [...] Le regain actuel d'interrogations sur les origines doit beaucoup aux vagues d'immigration qui ses sont succédé depuis le XIXe siècle. [...] Ils ont dépassé les 2 millions durant l'entre-deux-guerre, puis les 3 millions à partir de 1975. Le véritable apport à la population française n'est donc pas celui des Gaulois, des Basques, des Francs, des Wisigoths ou des Sarrasins, maintenant largement disséminé dans toute la population mais celui de ces nouveaux acteurs.

  • « Enquête sur le peuplement de la France », Hervé Le Bras, L'Histoire, nº 326, Décembre 2007, p. 47-49


Fernand Braudel[modifier]

[Q]ui pourrait, en France, parler de « race » ? Les Maghrébins sont de race blanche et notre Midi a sa pinte de sang sarrasin, espagnol, andalou. […] Tant d'« immigrés », depuis si longtemps, depuis notre Préhistoire jusqu'à l'histoire très récente, ont réussi à faire naufrage sans trop de bruit dans la masse française que l'on pourrait dire, en s'amusant, que tous les Français, si le regard se reporte aux siècles et aux millénaires qui ont précédé notre temps, sont fils d'immigrés. Très diverse, la France ne peut-elle courir le risque de le devenir, biologiquement, davantage encore ?

  • L'identité de la France - Les Hommes et les Choses (1986), Fernand Braudel, éd. Flammarion, 1990, p. 215


Jean-Louis Brunaux[modifier]

Les Gaulois figurent seulement parmi d'autres dans la multitude de couches de peuplement fort divers (Ligures, Ibères, Latins, Francs et Alamans, Nordiques, Sarrasins…) qui aboutissent à la population du pays à un moment donné.

  • (fr) A la question « les Gaulois sont-ils nos ancêtres? », la réponse qui peut être donnée porte donc moins sur la réalité d'une ascendance toute relative que sur celle du possessif qui, depuis maintenant deux siècles, fait l'objet d'un choix délibéré des Français. Mesurer l'« ancestralité » qu'Amédée Thierry voulait voir dans le rapport entre ses contemporains et les Gaulois paraît dans la France colorée du XXIe siècle une préoccupation non seulement désuète mais encore totalement vaine. Les Gaulois figurent seulement parmi d'autres dans la multitude de couches de peuplement fort divers (Ligures, Ibères, Latins, Francs et Alamans, Nordiques, Sarrasins…) qui aboutissent à la population du pays à un moment donné. Le sont-ils dans une plus ou moins grande proportion ? La seule certitude est que les Français se sont appropriés ces ancêtres-là dont ils attendent aujourd'hui bien autre chose que ce que les historiens nationalistes leur demandaient. Ils ne se voient pas leurs héritiers, comme les nobles voulaient l'être des Francs. Ils ne revendiquent pas une sorte de bagage spirituel qu'il faudrait transmettre à leur tour. Ils reconnaissent seulement en eux une origine qui n'est pas si mythique qu'on a voulu le dire, puisque c'est celle d'un pays et d'une vie en société qu'il a vue naître.


Le pays gaulois, autrement dit la Gaule, n'existe pas en tant que réalité historique. Il s'agit d'une invention tardive, due à César lui-même


Adolphe Chéruel[modifier]

Les Arabes ont exercé une grande influence sur la France, et spécialement sur les contrées méridionales. Au Xe siècle le célèbre Gerbert d'Aurillac, qui fut successivement archevêque de Reims et pape sous le nom de Sylvestre II, alla étudier dans les écoles arabes les sciences mathématiques, qu'il enseigna à la France. La poésie des troubadours, avec sa galanterie subtile, la scolastique qui profita des travaux des Arabes sur Aristote, l'architecture gothique, enfin, dont les ornements capricieux ont conserve le nom Arabesques, subirent certainement l'influence de la poésie, de la philosophie et de l'architecture arabes. Les premiers médecins de l'école de Montpellier avaient étudié aux écoles arabes d'Espagne. Les principales notions de physique et de chimie, au moyen âge, furent dues à ce peuple. Enfin, il suffit de rappeler le papier-linge, les chiffres arabes, la boussole et la poudre a canon, pour indiquer tout ce que la France doit aux Arabes.

  • Dictionnaire historique des institutions, moœurs et coutumes de la France (1855), Adolphe Chéruel, éd. Hachette et cie, 1855, vol. 1, Article Arabes, p. 30


Suzanne Citron[modifier]

L'histoire de France traditionnelle nous a masqué le caractère "multinational" du royaume de France. Le mythe des ancêtres Gaulois revenait à dire que tous les Français avaient la même origine par le biais d'un ancien peuple, parlant une même langue, ayant les mêmes coutumes. On gommait ainsi plus de mille ans de brassages ethnique, culturel et politique !

  • L'Histoire de France autrement, Suzanne Citron, éd. Editions de l'Atelier, 1992, p. 63


Il faut réinventer l’identité française par référence à : une nation non plus gauloise, homogène et passéiste, mais plurielle, métissée et ouverte sur l’avenir; une République plus fraternelle, capable de reconnaître et de valoriser l’unité sociale et la dignité de tous les travaux et métiers propres et sales, manuels et intellectuels, nécessaires, indispensables à l’Être-ensemble de notre société.

  • « Histoire de France : crise de l’identité nationale », Suzanne Citron, Dialogues Politiques, nº 2, Janvier 2003, p. 15


Inventée pour et transmise par l’école de la IIIe République, notre histoire multiculturelle et poly-ethnique doit être réécrite dans la France d’aujourd’hui, une France post-vichyste, post-coloniale, amarrée au char de l’Europe, insérée dans la complexité du monde du XXIe siècle.

  • « Dénationaliser l’histoire de France », Suzanne Citron, Libération, jeudi 30 décembre 2004, p. 10


L’école gratuite, obligatoire et laïque a fait croire aux Français qu’ils descendent des Gaulois. Le Petit Lavisse, le manuel phare de la 3e République, commençait ainsi: "Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants, les Gaulois." […] Cette lecture du passé français à travers la grille d’une Gaule qui préfigurerait la "nation" est obsolète et non sans effets pervers. D’une part elle conditionne spatialement le passé autour du seul Hexagone, excluant de ce passé tout ce qui géographiquement lui est extérieur, comme les Antilles ou même la Corse. Elle confère à la durée de la présence sur le sol hexagonal présumé "gaulois" une vertu quasi-magique au nom d’une antériorité généalogique qui serait synonyme de supériorité. […] D’autre part, et c’est le plus grave, l’idée d’une souche gauloise ethnicise fantasmatiquement la "véritable" nation et nie la diversité raciale et culturelle qui a constamment accompagné la création historique de la France. […] L’histoire de la France "Gaule" et d’un peuple français d’origine "gauloise" fabriquée au XIXe siècle correspond à la vision des fondateurs de la République et garantit à leurs yeux l’unité et l’indivisibilité nationale. […] Mais cette histoire de la France "Gaule" est aujourd’hui obsolète pour décrypter une identité française aux multiples racines post-coloniales et mondiales.


Albert Dauzat[modifier]

Il n'ya pas de race française. La France est essentiellement un pays d'immigration, un vieux pays d'immigration, comme l'Argentine est un jeune pays d'immigration. Tout législateur qui ne s'inspirera pas de cette idée ne fera pas une loi sur la nationalité qui soit viable.

  • Revue politique et parlementaire (1919), Albert Dauzat, éd. Armand Colin, 1919, p. 42


Yves Debay[modifier]

Quant aux donneurs de leçons (...) qui n'ont que le mot citoyen à la bouche, nous n'avons pas de leçons de patriotisme à recevoir d'eux... nous vivons dans la France dégénérée qu'ils nous offrent depuis trop longtemps.


Jean-Paul Demoule[modifier]

Ernest Renan voyait juste en voyant la nation française comme une communauté librement consentie de citoyens que réunit un « plébiscite de chaque jour ». Il y a 1,5 million d'années, le premier Français était l'immigré Erectus qui donna Neandertal. Il s'est mêlé à Sapiens, venu d'Afrique, lequel a fait place à des agriculteurs venus du Proche-Orient. Et les migrations ont continué avec les Romains, les peuples germaniques et ainsi jusqu'à l'arrivée de la main-d'œuvre des anciennes colonies. L'identité française est née de ce remodelage permanent et l'archéologie peut permettre de nous éloigner d'une vision à court terme et de relativiser ce qu'on ressent comme inédit.


Gutierre Díez de Games[modifier]

Les Français sont une noble nation; ils sont sages, entendus et raffinés en toutes choses qui appartiennent à bonne éducation courtoisie et noblesse. Ils sont très élégants dans leurs habits et magnifiques en leurs équipages. Ils ont leurs modes, qu'ils suivent curieusement; ils sont larges et grands donneurs de présents; ils aiment à faire plaisir à tout le monde; ils traitent très honorablement les étrangers; ils savent louer, et louent beaucoup les belles actions; ils ne sont pas malicieux, ils hébergent même les ennuyeux; ils ne demandent raison à personne en paroles ou en fait, sauf s'il y va beaucoup de leur honneur. Ils sont très-courtois et gracieux dans leur parler; ils sont très-gais, se livrent au plaisir de bon cœur et le recherchent, aussi bien les femmes que les hommes. Ils sont très-amoureux et s'en piquent.


Jean Dutourd[modifier]

Si la France est une cause perdue, l'honneur commande de s'y dévouer.


Bruno Étienne[modifier]

L'Histoire de France, tout du moins celle qui nous a été imposée par l'Ecole normale, celle des manuels Lavisse, Malet-Isaac mais aussi celle de Michelet, cette histoire patriotique, nationale et colonialiste, n'est que l'histoire du Centre françois vainqueur des périphéries par écrasement violent […]. Et depuis la France unifiée et centralisée fonctionne grâce à l'amnésie et à l'amnistie y compris dans son aventure coloniale qui ne fut que le prolongement de cette expansion commencée avec la croisade contre les albigeois.


Benito Jerónimo Feijoo[modifier]

Si l'on fait attention au courage inné de la Nation Françoise, l'on peut dire qu'il n'est aucun Peuple plus glorieux, de quelque côté qu'on le regarde. Les Lettres, les Armes, les Arts, tout fleurit dans ce Roïaume opulent. Il a fourni quantité de Saints au Ciel, des Héros fans nombre fur la Terre, et une infinité de Sçavans aux Ecoles. La valeur et la vivacité des François les font briller par tout où ils se trouvent.

  • Théâtre critique universel (1728), Benito Jerónimo Feijoo (trad. Vaquette d'Hermilly), éd. Pierre Prault, 1745, t. 2, discours 9 ; §. IV, p. 15-16


Andre Frossard[modifier]

Le peuple français est né d'une mère chrétienne et d'un père inconnu ... Je dis père inconnu parce que la France est et a toujours été une nation d'immigrants.

  • (en) The French people were born of a Christian mother and an unknown father... I say unknown father because France is a nation of immigrants and always has been.
  • Andre Frossard était un journaliste et essayiste français, membre de l'Académie française.
  • Crime and the Académie Française: dispatches from Pari, Patrick Marnham (trad. wikiquote), éd. Viking, 1993, p. 28


Francis Garnier[modifier]

Un pays comme la France, quand il pose le pied sur une terre étrangère et barbare, doit-il se proposer exclusivement pour but l'extension de son commerce et se contenter de ce mobile unique, l'appât du gain ? Cette nation généreuse dont l'opinion régit l'Europe civilisée et dont les idées ont conquis les monde, a reçu de la Providence une plus haute mission, celle de l'émancipation, de l'appel à la lumière et à la liberté des races et des peuples encore esclaves de l'ignorance et du despotisme. Éteindra-t-elle en ses mains le flambeau de la civilisation vis-à-vis des ténèbres profondes de l'Annam ?

  • La Cochinchine française en 1864, Francis Garnier, éd. E. Dentu, 1864, p. 44-45


René Gillouin[modifier]

La France n'est pas une race, mais une nation. Si le racisme était la vérité, la France n'aurait qu'une chose à faire : se dissoudre.

  • J'étais l'ami de maréchal Pétain, René Gillouin, éd. Plon, 1966, p. 274


Hans Günther[modifier]

Le sud de la France montre nettement les apports des races proche-orientale et orientale alors que le restant du pays le montre moins. Il s'agit d'apports devant être imputés en partie aux mélanges raciaux de l'ère préhistorique et en partie à des événements historiques tels que l'établissement de colonies phéniciennes puis carthaginoises, l'établissement de soldats à la retraite et d'origine levantine, de soldats de l'armée romaine, etc. On doit en outre se rappeler que les Arabes, en très grande majorité d'origine orientale, s'étaient avancés, au VIIIe siècle, d'une part jusqu'au Poitou, d'autre part jusqu'à la vallée de la Saône et aussi qu'après leur défaite, ils demeurèrent relativement nombreux sur tout le littoral, de l'embouchure du Rhône à la frontière espagnole ainsi que dans les Alpes. Ils devinrent chrétiens et s'intégrèrent à la population autochtone. Il paraît que l'influence orientale se fait nettement sentir sur tout le littoral du golfe du Lion et autour de l'étang de Berre.

  • Les peuples de l'europe (1927), Hans Günther, éd. Editions du Lore, 2006, p. 142


Karl Hauffen[modifier]

Les Bretons, les Corses, les Alsaciens, les Savoyards, les Occitans, les Normands, les Flamands ne sont pas les fils de la France, c'est la France qui est leur fille. Une fille gâtée sans mémoire et sans reconnaissance, qui sacrifie ses pères sur l'autel de la république pour mieux s'adonner à ses caprices universalistes.

  • « L'Europe des régions, un combat d'avenir », Karl Hauffen, Jeune Résistance (ISSN 1279 - 4759), nº 21, hiver 2000, p. 3


Adolf Hitler[modifier]

Ce que nous appelons l'éducation chauvine du peuple français n'est que l'exaltation excessive de la grandeur de la France dans tous les domaines de la culture ou, comme disent les Français, de la "civilisation". Un jeune Français n'est pas dressé à se rendre compte objectivement de la réalité des choses : son éducation lui montre, avec la vue subjective que l'on peut imaginer, tout ce qui a quelque importance pour la grandeur de son pays, en matière de politique et de civilisation. Une telle éducation doit toujours se borner à des notions d'ordre général très importantes. Et il est nécessaire qu'elles soient gravées dans le cœur et dans la mémoire du peuple par une constante répétition.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. Nouvelles Editions Latines, 1934, p. 40


Joris-Karl Huysmans[modifier]

La guerre de Cent Ans ç’a été, en somme, la guerre du Sud contre le Nord. L’Angleterre, à cette époque, c’était la Normandie qui l’avait autrefois conquise et dont elle avait conservé et le sang, et les coutumes, et la langue. À supposer que Jeanne d’Arc ait continué ses travaux de couture auprès de sa mère, Charles VII était dépossédé et la guerre prenait fin. […]. Il y aurait eu ainsi un unique et puissant royaume du Nord, s’étendant jusqu’aux provinces de la langue d’oc, englobant tous les gens dont les goûts, dont les instincts, dont les mœurs étaient pareils. Au contraire, le sacre du Valois à Reims a fait une France sans cohésion, une France absurde. Il a dispersé les éléments semblables, cousu les nationalités les plus réfractaires, les races les plus hostiles. Il nous a dotés, et pour longtemps, hélas ! de ces êtres au brou de noix et aux yeux vernis, de ces broyeurs de chocolat et mâcheurs d’ail, qui ne sont pas du tout des Français, mais bien des Espagnols ou des Italiens. En un mot, sans Jeanne d’Arc, la France n’appartenait plus à cette lignée de gens fanfarons et bruyants, éventés et perfides, à cette satanée race latine que le diable emporte !

  • Là-bas (1891), Joris-Karl Huysmans, éd. Gallimard, coll. Folio, 1985, p. 72-73


Augustin Ibazizen [modifier]

J’ai deux patries, une patrie charnelle qui est ma Kabylie et une Patrie spirituelle et d’élection qui est la France. Je souffre du conformisme idéologique qui consiste à la vilipender, à la ramener au rang des nations méchantes, égoïstes, sectaires, racistes, incorrigibles. Je sais d’expérience que certains de ses fils peuvent être tels, mais, je sais aussi tous les trésors qu’elle m’a ouverts. Il me suffit de refaire en pensée le survol que j’ai imaginé tant de fois : partir des tours de Notre-Dame, frôler la Sainte Chapelle, survoler le Louvre, filer vers l’Ouest, ralentir au-dessus du palais de Versailles, passer entre les deux tours de la cathédrale de Chartres pour venir se poser sur le doigt effilé du Mont Saint-Michel et, de la rêver de tout ce qui reste à revoir ou à découvrir de la royale vallée de la Loire, avec ses châteaux et l’ensemble du territoire avec ses cathédrales, ses musées, ses laboratoires, ses savants et ses saints. Comment appartenir à un tel pays et ne pas savoir ce qu’il représente ?

  • Le testament d'un Berbère: un itinéraire spirituel et politique, Augustin Ibazizen, éd. Albatros, 1984, p. 123


André Kaspi[modifier]

L'antiaméricanisme reste, dans notre pays, une valeur sûre. Que nous en soyons conscients ou non, il imprègne notre conversation et notre réflexion. Il constitue l'un des fondements de la culture française. A telle enseigne qu'on peut se demander s'il ne contribue pas à construire notre identité nationale. Comme si nous avions besoin d'un ennemi, imaginaire ou réel, pour définir ce que nous sommes.

  • Comprendre les Etats-Unis aujourd'hui, André Kaspi, éd. Perrin, 2008, p. 37


Gaston Kelman[modifier]

La France ne veut pas être multiraciale, et pourtant elle l’est, même si elle s’entête à l’ignorer. Les débats se focalisent sur la terminologie - insertion, intégration, assimilation et que sais-je encore - à l'heure ou en région parisienne, dans certaines classes du primaire, on ne trouve pas un seul Caucasien, rien que des sémites, des chamites, et des mongoloïdes. Et la progression de la multiracialité ne va pas s'arrêter dans les vingt prochaines années, puisque ce sont les Noirs qui font le plus d'enfants. Il sufft pour cela de faire un tour à l'hôpital d'Evry-Courcouronnes. Une puéricultrice de ce centre hospitalier me disait en substance : «  Si ces gens n'étaient pas en France, la maternité aurait fermé et moi je perdrais mon boulot ».

  • Je suis noir et je n’aime pas le manioc, Gaston Kelman, éd. Max Milo, 2004, p. 55


Victor de Laprade[modifier]

Parmi tous les peuples qui tour à tour ont sillonné le sol des vieilles Gaules, il n'en est pas un qui puisse revendiquer à lui seul la paternité de la nation française.

  • (fr) Jetons donc un rapide coup d'œil sur les origines de la nation française et sur le sol qu'elle habite. […] Toutes les races d'hommes sont venues mêler leur sang au sang de ses enfants : la Grèce divine a jeté des essaims sur ses rives méridionales; les Cambres et les Goths sont sortis pour la visiter des forêts de la Scandinavie ; les Huns et les Vandales ont quitté pour elle les steppes centrales de l'Asie; les tribus indo-germaniques se sont répandues pour y arriver des sommets de l'Himalaya jusqu'aux bords du Rhin; chez elle, Rome a laissé des villes à chaque campement de ses légions ; les hordes sarrasines ont passé la mer pour apporter quelques gouttes de sang arabe au sang de ses hardis cavaliers. […] Ainsi le caractère originel de la nation française, c'est de provenir d'une fusion des races les plus diverses, de n'être asservie à aucune prédominance exclusive dans le sang et dans les aptitudes intellectuelles ; d'où résulte une capacité merveilleuse pour recevoir toute idée, pour tout comprendre, pour emprunter à chaque peuple ce qu'il y a de général, de plus universellement humain dans sa pensée, et pour le transmettre à celui dont l'esprit est différent. […] Parmi tous les peuples qui tour à tour ont sillonné le sol des vieilles Gaules, il n'en est donc pas un qui puisse revendiquer à lui seul la paternité de la nation française.


L'esprit français n'est spécialement ni l'esprit religieux, ni l'esprit des arts, ni l'esprit poétique, ni l'esprit utilitaire; c'est par excellence l'esprit humain. Mais quoique la race française ne provienne point exclusivement d'une seule race, le génie français se rattache néanmoins à une tradition particulière, il n'est pas seulement fils de ses oeuvres, il peut citer des aïeux. L'intelligence française représente d'une manière abstraite et générale le génie même de l'humanité. […] Le génie français, malgré tout ce qu'il a d'essentiellement neuf et d'original dans son universalité, le génie français est fils d'une tradition, mais cette tradition n'est ni gauloise ni germanique, elle est par-dessus tout grecque et romaine.


Henry Laurens[modifier]

L'histoire de la France depuis la Révolution française est incompréhensible sans la prise en compte de sa dimension arabe... L'un des enjeux essentiels de la reformulation actuelle de l'histoire de France est la prise en compte à l'intérieur du roman national de la diversité dont la dimension arabe. Il ne faut pas forcer l'histoire en imposant artificiellement des éléments étrangers, mais reconnaitre l'ampleur des apports qui constituent la société d'aujourd'hui, car toute histoire est avant tout rétrospection par nécessité de comprendre le présent.

  • Français et Arabes depuis deux siècles : La chose franco-arabe, Henry Laurens, éd. Poche, 2013, p. 63-64


Gustave Le Bon[modifier]

Bien que le séjour des Arabes en France n'ait été constitué que par une série de courtes invasions, ils ont laissé des traces profondes de leur passage dans la langue, et […] ils en ont laissé également dans le sang. Plusieurs d'entre eux s'étaient fixés définitivement sur notre sol, dans le voisinage des villes occupées par leurs compatriotes et s'adonnaient à l'industrie et à l'agriculture. […] Souvent alliés aux seigneurs chrétiens toujours en guerre, ils finirent sur beaucoup de points par se confondre avec les habitants. L'ethnologie nous en fournit la preuve, en retrouvant, après tant de siècles, des descendants des Arabes sur plusieurs parties de notre sol. Dans le département de la Creuse, dans les Hautes-Alpes, et notamment dans plusieurs localités situées autour de Montmaure (montagne des Maures), dans le canton de Baignes (Charente), de même que dans certains villages des Landes, du Roussillon, du Languedoc, du Béarn, les descendants des Arabes sont facilement reconnaissables. On les distingue à leur peau basanée, leurs cheveux couleur d'ébène, leur nez aquilin, leurs yeux foncés et perçants. Les femmes se reconnaissent à leur teint olivâtre, leur figure allongée, leurs grands yeux noirs, leurs sourcils épais, la forme conique de leurs seins, etc.

  • La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre troisième, chapitre septième, Les Arabes en Sicile, en Italie et en France, p. 237


Il est en Europe un État, la France, qui en est menacé [par l'immigration]. C’est un pays riche, dont la population ne s’accroît plus, entouré de pays pauvres dont la population s’accroît constamment. L’immigration de ces voisins est fatale, et d’autant plus fatale que les exigences croissantes de nos ouvriers la rendent nécessaire pour les besoins de l’agriculture et de l’industrie. Les avantages que trouvent ces émigrants sur notre sol sont évidents. […] un travail plus facile et mieux rétribué que sur leur territoire natal. Ils se dirigent vers notre pays, non seulement parce qu’il est plus riche, mais aussi parce que la plupart des autres édictent chaque jour des mesures pour les repousser. L’invasion des étrangers est d’autant plus redoutable, que ce sont, naturellement, les éléments les plus inférieurs, ceux qui n’arrivaient pas à se suffire à eux-mêmes dans leur patrie, qui émigrent. Nos principes humanitaires nous condamnent à subir une invasion croissante d’étrangers. Ils n’étaient pas 400,000 il y a quarante ans, ils sont plus de 1,200,000 aujourd’hui, et ils arrivent en rangs chaque jour plus pressés. Si l’on ne considérait que le nombre d’italiens qu’elle contient, Marseille pourrait être qualifiée de colonie italienne.[…] Si les conditions actuelles ne changent pas, c’est-à-dire si ces invasions ne s’arrêtent pas, il faudra un temps bien court pour qu’en France un tiers de la population soit devenu allemand et un tiers italien. Que devient l’unité, ou simplement l’existence d’un peuple, dans des conditions semblables ?

  • A propos de l'immigration venant des pays européens voisins en 1895…
  • Lois psychologiques de l'évolution des peuples (1895), Gustave Le Bon, éd. Félix Alcan, 1907, chap. III, p. 124


Jacques Le Goff[modifier]

Malgré une hostilité le plus souvent très vive des Français à l'égard des musulmans, la France a fait du Moyen Age à nos jours des emprunts culturels et humains à l'islam qui ont enrichi et continuent d'enrichir sa vie sociale et intellectuelle.

  • Jacques Le Goff, 2006, Préface, dans Histoire de l'islam et des musulmans en France, paru Albin Michel, 2007, p.13, Ouvrage collectif.


Jean-Marie Le Pen[modifier]

La première usine qu’il faut faire en France, c’est une usine à couilles!


Auguste Longnon[modifier]

Aussi bien que les Romains proprements dit, les Francs n'entrèrent que pour une bien faible part dans la formation de la nationalité française et les Français se considèrent plus volontiers comme les descendants des Celtes, autrement dit Gaulois, en latin Galli, qui valurent à notre patrie son ancien nom de Gaule, en latin Gallia : c'est là néanmoins une opinion aussi peu justifiée que celle qui nous rattacherait en majorité aux Francs et aux Romains. Comme ceux-ci, en effet, les Celtes sont des conquérants, qui, du VIIe au IIIe siècle avant notre ère, établirent progressivement leur autorité sur les peuples antérieurement établis dans la France actuelle, peuples parmi lesquels on distingue les Ligures aussi bien que les Ibères et qui, eux-mêmes, ainsi que l'a dit un historien récent, "s'étaient superposés sur notre sol aux tribus anonymes des temps néolithiques et paléolithiques".

  • Origine et formation de la nationalité française, Auguste Longnon, éd. Librarie nationale, 1912, p. 11


René Martial[modifier]

Il est certain que, de nos jours, on peut encore trouver en France des descendants des Sarrasins, notamment dans toute la région du sud de la Loire, dans les monts d'Auvergne, en Guyenne, en Languedoc et en Provence, voire même en Bourgogne.

  • La Race française (1934), René Martial, éd. Mercure de France, 1934, p. 101-102


Jules Michelet[modifier]

Histoire de France, 1833-1867[modifier]

[N]ul doute que notre patrie ne doive beaucoup à l'influence étrangère. Toutes les races du monde ont contribué pour doter cette Pandore. […] Races sur races, peuples sur peuples.

  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Hachette, 1835, t. 1, p. 129-133


Cette fusion intime des races constitue l'identité de notre nation, sa personnalité.

  • Introduction à l'histoire universelle, Jules Michelet, éd. Wahlen, 1834, t. 1, p. 75-76


La France a fait la France, et l'élément fatal de race m'y semble secondaire. Elle est fille de sa liberté. Dans le progrès humain, la part essentielle est à la force vive, qu'on appelle homme. L'homme est son propre Prométhée.

  • « Histoire de France », dans Œuvres complètes, Jules Michelet, éd. Flammarion, 1893-1894, t. 1, préface de 1869, p. VIII


L'histoire de France commence avec la langue française. La langue est le signe principal d'une nationalité.

  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1861, t. 2, livre III (« Tableau de la France »), p. 1


A cet accent sonore [à Toulouse], vous vous croiriez en Italie; pour vous détromper il suffit de regarder ces maisons de bois et de brique; la parole brusque, l'allure hardie et vive vous rappelleront aussi que vous êtes en France. Les gens aisés du moins sont Français; le petit peuple est toute autre chose, peut-être Espagnol ou Maure.

  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1861, t. 2, livre III (« Tableau de la France »), p. 34


L'Angleterre est un empire, l'Allemagne un pays, une race ; la France est une personne.

  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1861, t. 2, livre III (« Tableau de la France »), « Centralisation », p. 103


L'élément sémitique, juif et arabe, était fort en Languedoc [au XIIe siècle]. Narbonne avait été longtemps la capitale des Sarrasins en France. Les Juifs étaient innombrables. Maltraités, mais pourtant soufferts, ils florissaient à Carcassonne, à Montpellier, à Nîmes; leurs rabbins y tenaient des écoles publiques. Ils formaient le lien entre les chrétiens et les mahométans, entre la France et l'Espagne. Les sciences, applicables aux besoins matériels, médecine et mathématiques, étaient l'étude commune aux hommes des trois religions. Montpellier était plus lié avec Salerne et Cordoue qu'avec Rome. Un commerce actif associait tous ces peuples, rapprochés plus que séparés par la mer. […] Ces nobles du Midi étaient des gens d'esprit qui savaient bien la plupart que penser de leur noblesse. Il n'y en avait guère qui, en remontant un peu, ne rencontrassent dans leur généalogie quelque grand-mère sarrasine ou juive. Nous avons déjà vu qu'Eudes, l'ancien duc d'Aquitaine, l'adversaire de Charles Martel, avait donné sa fille à un émir sarrasin. Dans les romans carolingiens, les chevaliers chrétiens épousent sans scrupule leur belle libératrice, la fille du sultan.

  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1861, t. 2, p. 335


Le Peuple, 1845[modifier]

Par devant l'Europe, la France, sachez-le, n'aura jamais qu'un seul nom, inexpiable, qui est son vrai nom éternel : La Révolution.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, « À M. Edgar Quinet », p. XLIII


Nous sommes les fils de ceux qui par l'effort d'une nationalité héroïque, ont fait l'ouvrage du monde.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 270


Si l'on voulait entasser ce que chaque nation a dépensé de sang, et d'or, et d'efforts de toute sorte, pour les choses désintéressées qui ne devaient profiter qu'au monde, la pyramide de la France irait montant jusqu'au ciel… et la vôtre, ô nations, toutes tant que vous êtes ici, ah ! La vôtre, l'entassement de vos sacrifices, irait au genou d'un enfant.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 275


Il faut bien que Dieu l'éclaire plus qu'une autre nation, puisqu'en pleine nuit, elle voit quand nulle autre ne voit plus ; dans ces affreuses ténèbres qui se faisaient souvent au moyen âge et depuis, personne ne distinguait le ciel ; la France seule le voyait. Voilà ce que c'est que la France.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 276


Toute autre histoire est mutilée, la nôtre seule est complète ; prenez l'histoire de l'Italie, il y manque les derniers siècles ; prenez l'histoire de l'Allemagne, de l'Angleterre, il y manque les premiers. Prenez celle de la France ; avec elle, vous savez le monde.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 279


Cette tradition, c'est celle qui de César à Charlemagne, à Saint Louis, de Louis XIV à Napoléon, fait de l'histoire de France celle de l'humanité.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 280


Cette nation, considérée ainsi comme l'asile du monde, est bien plus qu'une nation ; c'est la fraternité vivante. […] Le jour où, se souvenant qu'elle fut et doit être le salut du genre humain, la France s'entourera de ses enfants et leur enseignera la France, comme foi et comme religion, elle se retrouvera vivante, et solide comme le globe. […] C'est le seul [pays] qui ait droit de s'enseigner ainsi lui-même, parce qu'il est celui qui a le plus confondu son intérêt et sa destinée avec ceux de l'humanité. C'est le seul qui puisse le faire, parce que sa grande légende nationale, et pourtant humaine, est la seule complète et la mieux suivie de toutes, celle qui, par son enchaînement historique, répond le mieux aux exigences de la raison. […] La légende nationale de France est une traînée de lumière immense, non interrompue, véritable voie lactée sur laquelle le monde eut toujours les yeux. L'Allemagne et l'Angleterre, comme race, comme langue et comme instinct, sont étrangères à la grande tradition du monde, romano-chrétienne et démocratique.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 281


Qu'il [l'enfant] sache, tout d'abord, que Dieu lui a fait la grâce d'avoir cette patrie, qui promulgua, écrivit de son sang, la loi de l'équité divine, de la fraternité, que le dieu des nations a parlé par la France. La patrie d'abord comme dogme et principe. Puis, la patrie comme légende .

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 308


Ministère des Affaires étrangères [modifier]

Il est bien difficile d’attribuer à la France une date de naissance ; faut-il choisir 496 et le baptême de Clovis roi des Francs, 987 et le sacre d’Hugues Capet, fondateur de la dynastie qui régna pendant neuf siècles sur le pays ou 1789 et la Révolution, quand la France s’affirme comme une nation dans un État déjà constitué ? […] La pluralité des choix possibles montre, en tout cas, que la France, comme un être vivant, s’est lentement constituée, intégrant des apports multiples à partir desquels elle a construit son identité. […] De cette lente émergence, il faut aussi retenir les brassages humains. Aux noyaux de peuplement préhistoriques attestés par de nombreux sites, dont quelques-uns comme Lascaux ont une renommée mondiale, se sont ajoutés les apports celtes, ceux des peuples de la Méditerranée, Grecs et Romains, ceux des nomades guerriers venus de steppes, comme les Huns, ceux des peuples nordiques et germaniques, Vandales, Suèves, Burgondes, Alamans, Wisigoths, Francs et, plus tard, Arabes et Vikings… Ces peuples ont en partie déterminé les souches de population de certaines régions mais, surtout, ils se sont fondus dans le creuset qui deviendra la France. C’est également au cours de cette période, sous l’autorité des Capétiens, que se construit progressivement le territoire et que se mettent en place les institutions et l’administration qui le gèrent et l’organisent. Le choix de Paris comme capitale est à cet égard décisif : le territoire et l’État qui en émane trouvent là un centre à partir duquel l’unité de la France se réalise.


François Mitterrand[modifier]

Il existe dans notre pays une solide permanence du bonapartisme, où se rencontrent la vocation de la grandeur nationale, tradition monarchique, et la passion de l’unité nationale, tradition jacobine.


L’Europe abstraite, forme géométrique dessinée sur un papier blanc, c’est la caricature qu’en donnent ses détracteurs. La véritable Europe a besoin des patries comme un corps vivant de chair et de sang. Ses fondateurs l’ont souhaitée ainsi. Ses fidèles ne l’aimeraient pas autrement. […] Une France nationaliste oblige ses partenaires ou bien à l’imiter et donc à s’isoler, ou bien à s’abolir dans un atlantisme qui, sous le couvert du « plus grand occident », étouffera ce que la civilisation de l’Europe contient d’irremplaçable.

  • Le Coup d'État permanent, François Mitterrand, éd. 10/18, 1965, p. 103


Quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du Monde.

  • Ici et maintenant, François Mitterrand, Guy Claisse, éd. Fayard, 1980, p. 55


George Montandon[modifier]

Parler de race française, c'est ne pas savoir ce qu'est une race. Il n'y a pas de race française. Il y a une ethnie française, dans la constitution somatique de laquelle entrent les éléments de plusieurs races.

  • Ethnologue des années 30-40, Montandon fut l'une des cautions scientifiques du racisme avant la Seconde Guerre mondiale


[A]u contraire de ce qui ce passe pour la Presqu'île Ibérique, pour la Scandinavie, à un moindre degré pour l'Allemagne, la France, considérée racialement, ne forme pas une race. La population de la France est une juxtaposition et un mélange d'éléments provenant de diverses races et le mélange a eu des résultantes si diverses, typologiquement et topographiquement, qu'on peut dire le tableau racial de la France kaléidoscopique. […] Il n'est donc pas invraisemblable que le tumulte des races en France conditionne ce tumulte des esprits que l'on y mentionne depuis les temps les plus reculés.


Jean-Benoît Nadeau[modifier]

Le Français « ethnique » n'existe pas. Même en remontant très loin dans l'évolution du pays, il est impossible de déterminer une ethnicité commune à toute la France et plus vous vous rapprochez du présent, plus tout se mélange. [...] Ce n'est pas la race ou le mythe d'une origine commune qui relie les Français entre eux, c'est la culture qu'ils partagent.

  • Jean-Benoît Nadeau est un journaliste et écrivain québécois


Élisée Reclus[modifier]

Les Normands scandinaves, venus par mer sur le littoral de la Manche, sur les bords de la Seine et dans quelques districts intérieurs de la contrée à laquqlle ils ont donné leur nom, exercèrent aussi par leurs croisements une influence évidente sur le type des habitants de la Neustrie. Au midi de la France, ce sont d'autres "rois de la mer", et de race tout à fait étrangère, qui eurent la plus forte part au mélange du sang. Les Sarrasins gardèrent longtemps sur les côtes de la Provence, à la Garde-Freinet, un solide point d'appui et de là purent faire des incursions dans une partie de la France. Au huitième siècle, lors de l'invasion des Berbères dit Arabes, ceux-ci avaient pénétré jusque dans la vallée de la Loire : on parle même de leur venue dans la région orientale de la France, à Luxeuil, dans les Vosges et devant Metz. […] En maints endroits de la France on signale des colonies de Sarrasins; il est vrai que ce nom, étant celui des ennemis les plus exécrés, dut être fréquemment donné à d'autres peuples que les Maures; mais les observations des anthropologistes ne permettent pas de douter que nombre de familles françaises dans les bassins de la Garonne et du Rhône ne soient issus des envahisseurs musulmans, Berbères modifiés par leur croisement avec les Espagnols, les Arabes et les noirs d'Afrique. On peut dire que depuis les Normands et les Maures la France n'a plus reçu en masse d'autres éléments ethniques.

  • Nouvelle géographie universelle: la terre et les hommes, Élisée Reclus, éd. Hachette, 1881, t. 2, chap. 1-Vue d'ensemble - Le milieu et la race, Ançêtres de Français, p. 45-46


Ernest Renan[modifier]

Pourquoi le Languedoc est-il réuni à la France du nord, union que ni la langue, ni la race, ni l’histoire, ni le caractère des populations n’appelaient ? […] Notre étourderie vient du Midi, et, si la France n’avait pas entraîné le Languedoc et la Provence dans son cercle d’activité, nous serions sérieux, actifs, protestants, parlementaires. Notre fond de race est le même que celui des Iles-Britanniques.

  • La Réforme intellectuelle et morale (1871), Ernest Renan, éd. Complexe, 1985, p. 9,27


Nicolas Sarkozy[modifier]

Cette France [qu'il faut construire] est un pays réconcilié. Etre français se définit à nouveau comme le fait d'aimer la France, ses valeurs éternelles, son destin exceptionnel, sa culture universelle. C'est une France où l’expression "Français de souche" a disparu. Où la diversité est comprise comme une richesse. Où chacun accepte l'autre dans son identité et le respecte. Où la surenchère des mémoires s'incline devant l'égalité devenue enfin réalité. Cette France, je l'ai appelée France d'après.


Charles Seignobos[modifier]

La nation française est plus hétérogène qu'aucune autre nation d'Europe; c'est en vérité une agglomération internationale de peuples […]. Il n'y a jamais eu de droit ni de langue communs à toute la population, et il faut une ignorance totale de l'anthropologie pour parler de "race française". La France n'a jmais eu de frontières ethnographiques ni linguistiques. Ses frontières n'ont été que géographiques ou politiques; elles ne se sont formées que très lentement et par une série d'accidents. […] Les Français sont un peuple de métis; il n'existe ni une race française, ni un type français.

  • Histoire sincère de la nation française (1937), Charles Seignobos, éd. Presses Universitaires de France, 1982, p. 15-29


Les manuels scolaires français ont donc tort d'enseigner aux élèves « Les Gaulois, nos ancêtres, étaient grands et blonds », car ces enfants ne descendent pas des guerriers nordiques, mais des paysans établis plus anciennement. Tout ce qu'on a le droit de leur dire, c'est que leurs ancêtres ont parlé la langue celtique introduite par ces guerriers.

  • Histoire sincère de la nation française (1937), Charles Seignobos, éd. Presses Universitaires de France, 1946, p. 19


Marcel de Serres[modifier]

De tous les pays de l'Europe, la France est celui dont le sol a été le plus sillonné dans tous les sens, par les races qui lui sont étrangères. Les Grecs, les Romains, les peuples des rives du Danube, les Sarrasins, les Maures, les Scandinaves, les Goths, les Visigoths, etc., ont tour à tour parcouru ses diverses régions, et y ont déposé, en passant, les restes de ceux que les combats ou les maladies faisaient succomber. II suit de là […] que la race gauloise est la plus mélangée des races européennes.

  • « Note sur la paléontologie humaine » (1853), dans Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, Marcel de Serres, éd. Gauthier-Villars, 1853, p. 518


Dominique Schnapper [modifier]

L'identité nationale n'est pas en définitive un état de chose biologique - qui d'entre nous a pour ançêtre un Gaulois? - mais culturel : on est français par le fait qu'on s'exprime dans une certaine langue, qu'on intériorise une certaine culture, et qu'on participe à une vie politique et économique.

  • « Unité nationale et particularisme culturels », dans Commentaires, Dominique Schnapper, éd. Paris, été 1987, n°38, 1987, p. 361


L'épisode des Harkis constitue une des pages honteuses de l'histoire de France, comme l'ont été l'instauration du Statut des juifs ou la rafle du Vel d'Hiv.

  • Et ils sont devenus harkis, Mohand Hamoumou, éd. Fayard, 1993, préface de Dominique Schnapper, p. 10


Emmanuel Todd[modifier]

La contribution principale de la France à l'histoire de l'humanité est justement d'avoir fait échapper la démocratie à sa gangue ethnique originelle et défini un corps de citoyens sans référence aux notions de race ou de sang.

  • Le destin des immigrés, Emmanuel Todd, éd. Seuil, 1994, p. 14


La Révolution française est un autre grand moment d'universalisme européen, qui aboutit à la notion d'un homme universel absolu. Libre et égal, le citoyen français n'est que le prototype d'une espèce appelée à couvrir la planète.

  • Le destin des immigrés, Emmanuel Todd, éd. Seuil, 1994, p. 15


Tzvetan Todorov[modifier]

L’identité nationale échappe aux lois, elle se fait et défait quotidiennement par l’action de millions d’individus habitant ce pays, la France.

  • (fr) Qu’est-ce qu’être français ? [Nicolas Sarkozy] explique : « La France, ce n’est pas une race, pas une ethnie », et en cela il a raison. Il poursuit : « La France, c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs… Etre français, c’est parler et écrire le français. » Ce sont là des formules inconsistantes : il y a évidemment beaucoup de non-Français, hors de France, qui aiment ce pays, qui parlent et écrivent sa langue ; réciproquement, un certain nombre de Français, on le sait hélas, sont analphabètes : cela ne les empêche pas d’être de bons Français… Mais surtout, l’amour n’a rien à faire ici (pas de ministère de l’amour) : la citoyenneté ne se définit pas par des sentiments, seuls les Etats totalitaires rendent l’amour de la patrie obligatoire. Le candidat poursuit : « L’identité française est un ensemble de valeurs non négociables », et il cite à titre d’exemple : « La laïcité, l’égalité homme-femme, la République et la démocratie. » Ces valeurs sont belles, et l’on doit effectivement les défendre. Mais sont-elles spécifiquement françaises ? Démocratie et République sont revendiquées bien au-delà des frontières hexagonales, égalité et laïcité font partie de la définition même de ces régimes politiques. Au vrai, ces valeurs appartiennent non à l’identité française, mais au pacte républicain auquel sont soumis les citoyens et les résidents du pays. Ce n’est pas parce qu’elle est contraire à l’identité française que la soumission des femmes est condamnable. C’est parce qu’elle transgresse les lois ou les principes constitutionnels en vigueur. L’identité nationale, elle, échappe aux lois, elle se fait et défait quotidiennement par l’action de millions d’individus habitant ce pays, la France.
  • « Un ministère indésirable dans une démocratie libérale », Tzvetan Todorov , Le Monde, 17 mars 2007, p. 16


Paul Topinard[modifier]

En France, ou la nation est cependant si homogène et l'unité si complète, il y a des Français, mais pas de race française. On y découvre, au nord, les descendants des Belges, des Wallons et autres Kymris; à l'est, ceux des Germains et des Burgondes; à l'ouest, des Normands; au centre, des Celtes, qui, à l'époque même ou leur nom prit naissance, étaient formés d'étrangers d'origines diverses et d'autochtones; au Midi, enfin, des anciens Aquitains et des Basques, sans parler d'une foule de colonies, comme les Sarrasins qu'on retrouve ça et là, les Tectosages qui ont laissé à Toulouse l'usage des déformations craniennes, et les trafiquants qui passèrent par la ville phocéenne de Marseille.

  • L'anthropologie, préface de Paul Broca (1879), Paul Topinard, éd. Reinwald, 1895, Ethnogénie de la France, p. 457-458


Georges Vacher de Lapouge[modifier]

Il y a dans la France continentale [en 1926] environ vingt millions de Français bien purs d'origine, à peu près dix millions de Français mélangés, contaminés par des infiltrations anciennes provenant de pays voisins, par des importations d'esclaves faits sur les musulmans, et même par des nègres introduits en grand nombre pendant les trois derniers siècles dans les provinces de l'Ouest, enfin près de dix millions de métèques arrivés d'hier ou depuis un siècle au plus.

  • Lapouge, auteur de L'Aryen et son rôle social va fournir plus tard les éléments fondateurs de l'antisémitisme nazi.


Justin Vaïsse[modifier]

Quand la France se regarde dans un miroir imaginaire, elle se voit blanche et catholique, ou non croyante. En fait, elle est devenue diverse, et elle l'est de plus en plus; il suffit pour le constater de prendre le métro ou, de façon plus révélatrice encore, d'aller visiter une école publique dans l'une des grandes agglomérations du pays ou à sa périphérie. Mais le réflexe qui associe "Français" et "Blanc", plutôt que "Français" et "citoyen", reste omniprésent. Or, les idéaux universalistes de la République n'ont rien à voir ni avec la couleur de la peau ni avec la religion. Pour la France, s'accepter diverse sur le plan ethnique et religieux ne remet en question son identité que si elle se représente elle-même comme une nation blanche et chrétienne, et non pas comme une nation "idéelle". En d'autres termes : que si elle trahit ses propres idéaux.

  • Intégrer l'Islam, Justin Vaïsse, éd. Odile Jacob, 2007, Introduction, p. 20


Les premiers musulmans arrivèrent en France à la suite de l'occupation de l'Espagne par les Maures, il y a plus d'un millénaire, et s'installèrent dans les environs de Toulouse - et jusqu'en Bourgogne. A Narbonne, les traces d'une mosquée datant du VIIIe siècle sont le témoignage de l'ancienneté de ce passé. Lors de la célèbre, et en partie mythologique, bataille de Poitiers en 732, dont les historiens reconsidèrent aujourd'hui l'importance, Charles Martel aurait stoppé la progression des envahisseurs arabes. Des réfugiés musulmans qui fuyaient la Reconquista espagnole, et plus tard l'Inquisition, firent souche en Languedoc-Roussillon et dans le Pays basque français, ainsi que dans le Béarn.

  • Intégrer l'Islam, Justin Vaïsse, éd. Odile Jacob, 2007, Introduction, p. 32-33


Paul Vidal de La Blache[modifier]

La France oppose aux diversités qui l’assiègent et la pénètrent sa force d’assimilation. Elle transforme ce qu’elle reçoit. Les contrastes s’y atténuent ; les invasions s’y éteignent. Il semble qu’il y a quelque chose en elle qui amortit les angles et adoucit les contours.[…] Le mot qui caractérise le mieux la France est variété.


Un atmosphère ambiante, inspirant des manières de sentir, des expressions, des tours de langage, un genre particulier de sociabilité, a envelopé les populations diverses que le sort a réunies sur la terre de France. Rien n'a plus fait pour en rapprocher les éléments. Il y a toujours quelque choses d'âpre dans le frottement des hommes de races diverses.[…] En France, rien de semblable. Comment se raidir contre une force insensible qui nous prend sans que nous nous en doutions, qui s'exhale du fond de nos habitudes et nous rend de moins en moins étrangers les uns aux autres ? Un peu plus tôt ou un peu plus tard, tous ont successivement adhéré au contrat.


Joachim du Bellay[modifier]

France, mère des arts, des armes et des lois.

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, IX, p. 35, vers 1 (texte intégral sur Wikisource)


Christopher Soames[modifier]

Dans une organisation internationale, il faut toujours mettre un Français à la tête, car les Français sont les seuls à ne jamais y défendre les intérêts de leur pays.

  • « Paroles d'Européens : ils ont osé le dire », Christopher Soames, observatoiredeleurope.com, 2014 (lire en ligne)


Voir aussi[modifier]