Joachim du Bellay

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Dessin représentant Joachim du Bellay
Joachim du Bellay, gentil-homme angevin

Joachim du Bellay est un poète français né vers 1522 au château de la Turmelière (Liré), dans le Maine-et-Loire, et mort en 1560 à Paris.

Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l’origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes auquel Du Bellay donna son manifeste, Défense et illustration de la langue française. Il contribua énormément à l’indépendance et à l’utilisation du français comme langue du royaume de France.

La plume de Joachim s’illustre particulièrement dans Les Regrets et Les Antiquités de Rome. Du Bellay démontre un style nostalgique et humaniste.

Citations[modifier]

Défense et illustration de la langue française[modifier]

Ce n’est point chose vicieuse, mais grandement louable, emprunter d’une langue étrangère les sentences et les mots, et les approprier à la sienne.

  • Défense et illustration de la langue française (1549), Joachim du Bellay, éd. inexistante, 1549, Livre premier - Chapitre VI. Des mauvais traducteurs, et de ne traduire les poètes, p. aucune (texte intégral sur Wikisource)


Espère le fruit de ton labeur de l’incorruptible et non envieuse postérité : c’est la gloire, seule échelle par les degrés de laquelle les mortels d’un pied léger montent au ciel et se font compagnons des dieux.

  • Défense et illustration de la langue française (1549), Joachim du Bellay, éd. inexistante, 1549, Livre premier - Chapitre VI. Des mauvais traducteurs, et de ne traduire les poètes, p. aucune (texte intégral sur Wikisource)


Le naturel n’est pas suffisant à celui qui en poésie veut faire œuvre digne de l’immortalité.

  • Raccourcissement de la citation originelle : « Que le naturel n’est suffisant à celui qui en poésie veut faire œuvre digne de l’immortalité ».
  • Défense et illustration de la langue française (1549), Joachim du Bellay, éd. inexistante, 1549, Livre deuxième - Chapitre III. Que le naturel n’est suffisant à celui qui en poésie veut faire oeuvre digne de l’immortalité, p. aucune (texte intégral sur Wikisource)


Lis donc, et relis premièrement, ô poète futur, feuillette de main nocturne et journelle les exemplaires grecs et latins, puis me laisse toutes ces vieilles poésies françaises aux Jeux Floraux de Toulouse et au Puy de Rouen : comme rondeaux, ballades, virelais, chants royaux, chansons et autres telles épiceries, qui corrompent le goût de notre langue et ne servent sinon à porter témoignage de notre ignorance.

  • Défense et illustration de la langue française (1549), Joachim du Bellay, éd. inexistante, 1549, Chapitre VI. D’inventer des mots, et de quelques autres choses que doit observer le poète français, p. aucune (texte intégral sur Wikisource)


L’Olive[modifier]

Portrait lithographe de Pierre de Ronsard
Pierre de Ronsard, plus proche ami de Joachim

Divin Ronsard, qui de l’arc à sept cordes
Tiras premier au but de la mémoire
Les traits ailés de la française gloire

  • Modernisation des vers originels : « 

    Divin Ronsard, qui de l’arc à sept cordes
    Tiras premier au but de la memoire
    Les traictz aelez de la Françoise gloire,

     »


Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d’étoiles vagabondes,
Et pour entrer aux cavernes profondes
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait


Les Regrets[modifier]

Ruines du château de la Turmelière
Ruines du château de Liré où vécut Joachim du Bellay (Plus mon petit Liré, que le mont Palatin).

J’écris à l’aventure

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, I, p. 31, vers 8 (texte intégral sur Wikisource)


Las, où est maintenant ce mespris de fortune ?
Ou est ce cœur vainqueur de toute adversité […] ?

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, VI, p. 33, vers 1 (texte intégral sur Wikisource)


France, mère des arts, des armes et des lois.

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, IX, p. 35, vers 1 (texte intégral sur Wikisource)


Entre les loups cruels, j’erre parmi la plaine
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine
D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, IX, p. 35, vers 10 et 11 (texte intégral sur Wikisource)


Si les vers ont été l’abus de ma jeunesse,
Les vers seront aussi l’appui de ma vieillesse,
S’ils furent ma folie, ils seront ma raison, […].

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, XIII, p. 36, vers 9 à 11 (texte intégral sur Wikisource)


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, XXXI, p. 44, vers 1 (texte intégral sur Wikisource)

Plus me plaist le séjour qu’ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur Angevine.

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, XXXI, p. 44, vers 9 à 14 (texte intégral sur Wikisource)


Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, XXXI, p. 44, vers 5 à 8 (texte intégral sur Wikisource)


Ô qu’heureux est celui qui peut passer son âge
Entre pareils à soi ! et qui sans fiction,
Sans crainte, sans envie et sans ambition,
Règne paisiblement en son pauvre ménage !

  • Modernisation de la strophe originelle : « 

    O qu’heureux est celuy qui peut passer son aage
    Entre pareils à soy! et qui sans fiction
    Sans crainte, sans envie, et sans ambition,
    Règne paisiblement en son pauvre mesnage!

     »
  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, XXXVIII, p. 47, vers 1 à 4 (texte intégral sur Wikisource)


Il n’est si grande douleur qu’une douleur muette.

  • Remaniement du vers originel : « Et n’est si grande douleur qu’une douleur muette ».
  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, XLVIII, p. 51, vers 14 (texte intégral sur Wikisource)


Et ne vaut-il pas mieux quelque orage endurer,
Que d’avoir toujours peur de la mer importune ?
Par la bonne fortune on se trouve abusé,
Par la fortune adverse on devient plus rusé.

  • Les œuvres françoises de Joachim Du Bellay,… / rev. et de nouveau augm. de plusieurs poésies non encore auparavant imprimées (1558), Joachim du Bellay, éd. impr. de F. Morel, 1569, partie Les regrets et autres oeuvres poétiques de I. du Bellay, gentilhomme angevin, LI, p. 53, vers 7 à 10 (texte intégral sur Wikisource)


Les Antiquités de Rome[modifier]

Ô mondaine inconstance !
Ce qui est ferme, est par le temps détruit,
Et ce qui fuit, au temps fait résistance.

  • Les Antiquités de Rome, Joachim du Bellay, éd. inexistant, 1558, Les Antiquités de Rome - Sonnet 3, p. 4, vers 12 à 14 (texte intégral sur Wikisource)


Ô merveille profonde !

  • Les Antiquités de Rome, Joachim du Bellay, éd. inexistant, 1558, Les Antiquités de Rome - Sonnet 29, p. 29, vers 12 (texte intégral sur Wikisource)


Que chacun va pillant : comme on voit le glaneur
Cheminant pas à pas recueillir les reliques
De ce qui va tombant après le moissonneur.

  • Les Antiquités de Rome, Joachim du Bellay, éd. inexistant, 1558, Les Antiquités de Rome - Sonnet 30, p. 30, vers 12 à 14 (texte intégral sur Wikisource)


Divers jeux rustiques[modifier]

Bravime esprit[modifier]

Docte, doctieur et doctime Baïf

  • Chute du sonnet critiquant ironiquement l’excès des néologismes de de Baïf, son confrère de la Pléiade.
  • Bravime Esprit, Joachim du Bellay, éd. inexistant, 1558, p. aucune, vers 14


A Phœbus[modifier]

Grappe mûre de pinot meunier N
Grappe gorgée de l’humeur savoureuse tant aimée de Joachim.

Fais que l’humeur savoureuse
De la vigne plantureuse,
Aux rais de ton œil divin,
Son nectar nous assaisonne,
Nectar, tel comme le donne
Mon doux vignoble angevin.

  • Modernisation de « 

    Fay que l’humeur savoureuse
    De la vigne plantureuse,
    Aux rays de ton œil divin […].

     »
  • A Phœbus, Joachim du Bellay, éd. inexistant, 1558, p. aucune, vers 1 à 6 de la strophe 12


D’un vanneur de bled aux vents[modifier]

Blé mur

A mon bled, que je vanne
A la chaleur du jour

À vous, troupe légère
Qui d’aile passagère
Par le monde volez

  • Modernisation de « 

    A vous, trouppe legere
    Qui d’aile passagere
    Par le monde volez […].

     »


Ce pendant que j’ahanne
A mon bled, que je vanne […].


Ample Discours au Roy sur le faict des quatre Estats du Royaume de France (posthume)[modifier]

En vain le Roy sera aux armes invincible,
S’il n’est juste et ne faict la justice garder.

  • Ample Discours au Roy sur le faict des quatre Estats du Royaume de France (1558), Joachim du Bellay, éd. inexistante, 1567, p. aucune


Les Amours (posthume)[modifier]

Je ne sçay pas d’ou vient ce desir là,
Fors qu’il vous plaist nous monstrer par cela
Que d’un Corbeau vous pouvez faire un Cygne

  • Les Amours (1558), Joachim du Bellay, éd. Morel, 1568, X, p. aucune


Élégies latines (posthume)[modifier]

Nos vers coulent d’une veine facile, et la foule nous lit, la Cour nous lit, assidûment. Nous écrivons pour les gens sans culture et, tout aussi bien, pour les gens de culture.

  • À Eustache du Bellay qui jalousait la confiance apportée par Jean du Bellay, le puissant cardinal et diplomate, à son cousin Joachim. Dans ce texte, Joachim lui répond que c’est le fait qu’il est poète qui lui permet d’acquérir la confiance de son oncle.
  • Élégies latines (1559), Joachim du Bellay, éd. aucun, 1985, p. 1


Citation sur Du Bellay[modifier]

Les vers de Du Bellay ne sont presque jamais ceux d’un solitaire. Sa poésie, parlante, est une quête d’amitié.

  • Tableau de la littérature française, Jules Supervielle, éd. Gallimard, 1962, chap. Du Bellay, p. 255


Articles connexes[modifier]

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