Communisme
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Au niveau théorique, le communisme est une conception de société sans classe, une organisation sociale sans État, fondée sur la possession commune des moyens de production et qui peut être classée comme une branche du socialisme. Il part de l'adage « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».
Au niveau politique, le communisme désigne une variété de mouvements qui affirment chercher à établir à terme une telle société.
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[modifier] Jules Guesde
Quant à la société communiste, qui ne deviendra une réalité vivante que lorsque les produits consommables existeront en quantité telle que la consommation des uns ne puisse ni entraver ni restreindre la consommation des autres, et qui sortira de l'ordre collectiviste avec des producteurs ou des hommes transformés par les conditions nouvelles du travail, elle n'aura pas d'autre devise que celle inscrite par Rabelais à la porte de son abbaye de Thélème :
fais ce que vouldras.
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« Une formule prétendue communiste », Jules Guesde, L'Egalité, 14 mai 1882, p. 1 (texte intégral sur Wikisource)
... contre nos conclusions collectivistes ou communistes, il est plus facile de trouver des juges et des géôliers que des arguments.
- Jules Guesde, le Collectivisme au Collège de France, in avertissement, Leçons à un professeur (réédition d'article de 1881-1882 de L'Égalité pour l'économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu), à la Prison Sainte-Pélagie, le 10 août 1883, 3 brochures.
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in Jules Guesde, l'apôtre et la loi, Claude Willard, éd. Les éditions ouvrières, coll. La part des hommes, 1991 (ISBN 2-7082-2889-9), p. 47
[modifier] Jean Jaurès
Le communisme doit être l'idée directrice et visible de tout le mouvement.
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Études socialistes, Jean Jaurès, éd. Paul Ollendorff, 1902, Introduction : Question de méthode, p. LIII (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Alexandre Soljenitsyne
Le stalinisme n'a existé ni en théorie ni en pratique : on ne peut parler ni de phénomène stalinien, ni d'époque stalinienne, ces concepts ont été fabriqués après 1956 par la pensée occidentale de gauche pour garder les idéaux communistes.
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L'erreur de l'Occident, Alexandre Soljenitsyne, éd. Grasset, 1980, p. 46-47
[modifier] Karl Marx et Friedrich Engels
Pour nous, le communisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.
Un spectre hante l'Europe — le spectre du communisme.
- (de) Ein Gespenst geht um in Europa, das Gespenst des Kommunismus.
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Manifeste du parti communiste (1848), Karl Marx et Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. Flammarion, coll. GF, 1998 (ISBN 2-08-071002-8), Introduction, p. 71 (texte intégral sur Wikisource)
Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste. Les prolétaires n'ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
- (de) Mögen die herrschenden Klassen vor einer kommunistischen Revolution zittern. Die Proletarier haben nichts in ihr zu verlieren als ihre Ketten. Sie haben eine Welt zu gewinnen. Proletarier aller Länder, vereinigt euch !
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Manifeste du parti communiste (1848), Karl Marx et Friedrich Engels (trad. Émile Bottigelli), éd. Flammarion, coll. GF, 1998 (ISBN 2-08-071002-8), partie IV (« Position des communistes à l'égard des divers partis d'opposition »), p. 119 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Jean-François Revel
Aucune des justifications avancées depuis 1917 en faveur du communisme réel n’a résisté à l’expérience ; aucun des objectifs qu’il se targuait d’atteindre n’a été atteint : ni la liberté, ni la prospérité, ni l’égalité, ni la paix. Si bien qu’il a disparu, sous le poids de ses propres vices plus que sous les coups de ses adversaires. Et pourtant, il n’a peut-être jamais été aussi farouchement protégé par autant de censeurs aussi dénués de scrupules que depuis son naufrage.
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La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 87
(…) l’argument selon lequel le communisme serait démocratique parce qu’il a contribué à la lutte antifasciste n’est pas plus recevable que celui qui consisterait à dire que le nazisme fut démocratique parce qu’il a participé à la lutte contre le stalinisme.
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La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 94
On nous dit que les communistes avaient un idéal. Je suis presque enclin à trouver cela encore pire. Parce que cela signifie qu’on a délibérément trompé des millions d’hommes. Parce qu’on ajoute ainsi aux crimes le mensonge le plus abject.
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La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 108
[modifier] Friedrich Engels
Le communisme est l'enseignement des conditions de la libération du prolétariat.
Avec la prise de possession des moyens de production par la société, la production marchande est éliminée, et par suite, la domination du produit sur le producteur. L'anarchie à l'intérieur de la production sociale est remplacée par l'organisation planifiée consciente. La lutte pour l'existence individuelle cesse. Par là, pour la première fois, l'homme se sépare, dans un certain sens, définitivement du règne animal, passe de conditions animales d'existence à des conditions réellement humaines. Le cercle des conditions de vie entourant l'homme, qui jusqu'ici dominait l'homme, passe maintenant sous la domination et le contrôle des hommes qui, pour la première fois, deviennent des maîtres réels et conscients de la nature, parce que et en tant que maîtres de leur propre vie en société.
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Anti-Dühring, Friedrich Engels (trad. Emile Bottigelli), éd. Editions sociales, 1971, chap. II. Notions théoriques, p. 319
La Commune instituait une organisation de la grande industrie et même de la manufacture qui devait non seulement reposer sur l'Association des Travailleurs dans chaque fabrique, mais aussi réunit toutes ces associations dans une grande fédération; bref, une organisation qui comme Marx le dit trés justement dans la Guerre civil, devait aboutir finalement au communisme...
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Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, La Guerre Civil en France, 1891, p. 16 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Dominique de Roux, Le Cinquième Empire, 1977
Les communistes n'ont pas de sexe [...] Oui, Monsieur, les serviteurs de la Révolution n'ont pas plus de sexe que de cœur. Le communisme a tout rétréci en eux. Ils sont la mécanique d'un système de police, de psychiatres et de pénitenciers. Le mot peuple, dans la bouche des membres du parti, est une farce. À ce point de mensonge, ils ne savent plus ce que c'est que le mensonge. L'esprit de négation a aplati en eux toute spiritualité. Il les rabaisse, les matérialise et les enferme dans la mentalité petite-bourgeoise avec ses hiérarchies à rebours. Si vous voulez, le communisme, c'est le côté cour du nazisme.
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Le Cinquième Empire (1977), Dominique de Roux, éd. Le Rocher, coll. Motifs, 2007 (ISBN 2-268-06229-7), chap. IV, p. 63
[modifier] Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu
Avis aux non-communistes :
Tout est commun, même Dieu.
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« Mon cœur mis à nu », dans Journaux intimes, Charles Baudelaire, éd. G. Crès, 1920, LXXXIV, p. 84 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Vladimir Boukovsky
Comme pour toute religion, le communisme n'a nul besoin de preuves logiques. Au contraire, plus la croyance est inouïe, plus elle est crédible.
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Cette lancinante douleur de la liberté, Vladimir Boukovsky (trad. Nikita Krivochéine), éd. Robert Laffont, coll. Pluriel, 1981 (ISBN 2-01-008769-0), p. 174
[modifier] Jean-Louis Tixier-Vignancour
Il fut un temps où les communistes recouvraient de croix gammées les affiches du R.P.F. Pourquoi pas? Dans ce malheureux pays, qui n'est pas de l'avis des communiste se voit immédiatement qualifié de ce qu'il n'est pas et de ce qu'il n'a jamais été.
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J'ai choisi la défense, Jean-Louis Tixier-Vignancour, éd. Éditions de la Table ronde, 1964, chap. Le procès de l'attentat du Petit-Clamart, p. 256
[modifier] Alexandre Zinoviev
Comme n'importe quel autre type de société, le communisme porte en lui ses propres formes d'inégalité, d'injustice, d'exploitation des uns par les autres. Mais il porte également en lui quelque chose de beaucoup plus sérieux : une sélection sociale des individus les plus capables de s'adapter, renforcée par une manipulation idéologique sytématique de la population, ce qui a pour résultat inévitable d'orienter de façon déterminé l'évolution sociale et biologique de l'humanité. La société produit les citoyens dont elle a besoin, c'est-à-dire des hommes qui sont capables de vivre uniquement dans une société de ce type qui, à leur tour, par leur mode de vie, concourent à maintenir en place l'ensemble dont ils sont issus. Le tournant de l'humanité vers le communisme n'est pas simplement un changement de spectacle joué par les même acteurs, mais un changement d'acteurs appelés à rénover de vieux spectacles et à en inventer de nouveaux.
Maintenant, homme, tout dépend de toi personnellement ! Montre ce dont tu es capable, chef-d'oeuvre de la création !
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Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Irréversibilité de l'évolution sociale, p. 328/329 (texte intégral sur Wikisource)