Serge Daney

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Serge Daney est un critique de cinéma né à Paris le 4 juin 1944 et mort le 12 juin 1992.

Il est considéré comme l'un des plus importants critiques de sa génération. Il développa une théorie voir une morale de l'image. Il fut rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, puis chroniqua dans Libération puis il fonda la revue Trafic peu avant son décès. Théoricien du cinéma, il chroniqua également sur la société, la télévision (des chroniques Zappettes rassemblées dans Le Salaire du Zappeur) et le tennis (L'Amateur de Tennis).

Citations de Serge Daney[modifier]

Quand je me suis surpris, dans cette chronique [celle pour Libération, NDLR], à dire encore du bien de Fritz Lang et toujours du mal de René Clair, j'ai moins été étonné de ma fidélité aux goûts traditionnels des Cahiers qu'à la véhémence avec laquelle je refusais toute « réconciliation ». Cette véhémence est peut-être devenue mon problème dans une opinion très pacifiée. Au moment où, au cours d'une fête du cinéma télévisée [La plus belle nuit du cinéma, diffusé sur Canal + en novembre 1990], on a élu Les Enfants du paradis plus beau film français depuis le parlant, j'ai eu le sentiment que « nous » n'avions pas gagné. Qui est ce « nous » ? Ceux pour qui le cinéma français, c'est plutôt La Règle du jeu, Pickpocket, Playtime, L'Enfance nue ou La Maman et la Putain. Et puis, je me raisonne et je me dis que si nous avions aimé ces films pour leur violence minoritaire, il est normal que dans cette période de retour d'hypocrisie bourgeoise (je préfère ça au « consensus mou » qui est lui-même un cliché mou), la violence soit mal vue, le sens critique dévalorisé et le minoritaire vite mis dans son tort.

Je ne devrais donc pas être surpris. Pas surpris qu'entre le cru et le cuit, la guerre continue. Une guerre culinaire (nous sommes en France) où, face à la crudité-naturalisme (Renoir), la crudité-impressionnisme (Bresson) ou la crudité-art moderne (Godard), on retrouve le mijoté à la Tavernier ou le frichti Berri. Pas surpris que celui-ci me poursuive en justice comme un caïd blessé. C'est l'héritage du Delannoy bouilli ou du mironton L'Herbier (un vrai nul, celui-là). Cela dit, tout me dit qu’il y a là comme une « guerre civile » franco-française, qui tient à ce pays et à son histoire, qui excède le cinéma et qui ne sera jamais finie. Quelqu'un m'avait écrit, à Libération, pour me reprocher de faire du Truffaut trente ans après. Il avait raison. Nous sommes « trente ans avant ».

  • Devant la recrudescence des vols de sacs à main, Serge Daney, éd. Aléas, 1991, chap. Entretien avec Philippe Roger, p. 113


Ici on a Claude Berri, c'est le troisième âge, en Amérique ils ont Terminator, c'est le premier âge.

  • Serge Daney, Serge Daney, itinéraire d'un ciné-fils (2005), écrit par Serge Daney et Régis Debray


A. Indiscutable. Film-compagnon de route. Vu et revu. « Lot » primitif. Jamais épuisé.
B. Devenu indiscutable ou soupçonné tel. Mais peu de réelle « connivence » avec.
C. Aérolite vu une fois, classé à part, second « lot » virtuel.
D. Mémoire vive mais vague d'y avoir adhéré.
E. Chef-d'œuvre pour les autres et, finalement, pour moi aussi.
F. Émotion personnelle mais pas forcément partageable.
G. Sublime ou important, un temps, pour « nous ». Pas revu. Crainte.
H. Nanars erratiquement présents. Liés à l'enfance.
[donne ensuite une liste de réalisateurs par ordre alphabétique et quelques uns de leurs films, chacun accolés d'une lettre-note]

  • L'Exercice a été profitable Monsieur, Serge Daney, éd. P.O.L, 1992, p. 88


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