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Jean-Luc Godard

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Jean-Luc Godard (1968).

Jean-Luc Godard est un cinéaste franco-suisse, né le 3 décembre 1930 à Paris - 2022. Il est également acteur, chef monteur, dialoguiste, monteur, producteur et scénariste. Chef de file de la Nouvelle Vague, cinéaste militant, son œuvre évolue à partir des années 1980/90 vers le collage poétique, truffée de références et d'hommages aux maîtres de l'histoire de la peinture et de la musique. Personnage emblématique dans l'histoire du cinéma français et international, son image d'intellectuel exigeant et sa voix inimitable se sont un peu substituées à son œuvre.

Citations

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Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard

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Le cinéma, c'est l'enfance de l'art.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 412


Charlie Chaplin est au dessus de toute éloge, puisqu'il est le plus grand.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 250


Stanley Kubrick doit continuer à filmer des personnages qui existent, et non idées qui n'existent plus que dans les tiroirs de vieux scénaristes croyant que le cinéma, c'est le septième art.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 250


Orson Welles est le seul, avec Griffith — qui le muet, qui le parlant — à avoir fait démarrer ce merveilleux train électrique auquel ne croyait pas Lumière. Tous les cinéastes, toujours, lui devront tout.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 251


Dans tous ses films, et dans Orphée en particulier, Jean Cocteau nous prouve inlassablement que pour savoir faire du cinéma, il nous faut retrouver Méliès, et que pour ça, pas mal d'années Lumière sont encore nécessaires.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 253


Il y a plusieurs façons de faire un film. Comme Jean Renoir et Robert Bresson qui font de la musique. Comme Sergueï Eisenstein qui faisait de la peinture. Comme Stroheim qui écrivait des romans parlant à l'époque du muet. Comme Alain Resnais qui fait de la peinture. Et comme Socrate, je veux dire Rossellini, qui fait de la philosophie. Bref, le cinéma peut être à la fois tout, c'est-à-dire juge et partie.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 254


Avec Hitchcock, les gens ont été contents de redécouvrir que le cinéma avait encore cette puissance extraordinaire que rien n'égalait.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 412


Hitchcock, c'était un « voyant ». Il voyait ses films avant de les écrire.
  • Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Alain Bergala (ed.), Jean-Luc Godard, éd. Cahiers du cinéma, 1998, t. 1, p. 412


Les années cahiers

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Il y a, en gros, deux genres de cinéastes. Ceux qui marchent dans la rue la tête baissée et ceux qui marchent la tête haute. Les premiers, pour voir ce qui se passe autour d'eux, sont obligés de relever souvent et soudain la tête, et de la tourner tantôt à gauche, tantôt à droite, embrassant d'une série de coups d'œil le champs qui s'offrent à leur vue. Ils voient. Les seconds ne voient rien, ils regardent, fixant leur attention sur le point précis qui les intéresse. Lorsqu'ils tourneront un film, le cadrage des premiers sera aéré, fluide (Rosselini), celui des seconds serrés au millimètre (Hitchcock). On trouvera chez les premiers un découpage sans doute disparate mais terriblement sensible à la tentation du hasard (Welles), et chez les seconds des mouvements d'appareils, non seulement d'une précision inouïe sur le plateau, mais qui ont leur propre valeur abstraite de mouvement dans l'espace (Lang). Bergman ferait plutôt partie du premier groupe, celui du cinéma libre. Visconti, du second, celui du cinéma rigoureux.
  • Les années cahiers, Jean-Luc Godard, éd. Flammarion, 1989, p. 139


Avec lui, nous sommes en présence du genre de type qui met vingt trois heures à sortir de son lit et travaille ensuite une heure d'arrache-pied. Il s'écrit alors "J'ai eu une journée harrassante" Et le pire est qu'il ne ment pas tellement. Transposé en terme de cinéma, ça signifie que Carbonnaux se montre incroyablement flemmard et négligent au stade du scénario ou de la préparation des gags, finit par se réveiller au moment du tournage et retrouve tous ses esprits quand arrive le temps du montage. La preuve en est son dernier film : Le temps des œufs durs.
  • Les années cahiers, Jean-Luc Godard, éd. Flammarion, 1989, p. 129-130


À propos de Jean-Luc Godard

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Louis Aragon

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Qu’est-ce que l’art ? Je suis aux prises de cette interrogation depuis que j’ai vu Pierrot le fou de Jean-Luc Godard, où le Sphinx Belmondo pose à un producteur américain la question : Qu’est-ce que le cinéma ? Il y a une chose dont je suis sûr, aussi puis-je commencer tout ceci devant moi qui m’effraye par une assertion, au moins, comme un pilotis solide au milieu des marais : c’est que l’art d’aujourd’hui, c’est Jean-Luc Godard.
  • Les Lettres françaises, 1096, 9 septembre 1965
  • « Qu’est-ce que l’art, Jean-Luc Godard ? » (1965), dans Écrits sur l’art moderne, Louis Aragon, éd. Flammarion, 2011  (ISBN 978-2-0812-4084-1), p. 477-478


Qu’est-ce que je raconte ? Ah ! oui ; j’aime le langage et c’est pour ça que j’aime Godard. Qui est tout langage.
  • « Qu’est-ce que l’art, Jean-Luc Godard ? » (1965), dans Écrits sur l’art moderne, Louis Aragon, éd. Flammarion, 2011  (ISBN 978-2-0812-4084-1), p. 479


Pendant que j’assistais à la projection de Pierrot, j’avais oublié ce qu’il faut, paraît-il, dire et penser de Godard. Qu’il a des tics, qu’il cite celui-ci et celui-là, qu’il nous fait la leçon, qu’il se croit ceci ou cela… Enfin qu’il est insupportable, bavard, moralisateur (ou immoralisateur) : je ne voyais qu’une seule chose, une seule, et c’est que c’était beau.
  • « Qu’est-ce que l’art, Jean-Luc Godard ? » (1965), dans Écrits sur l’art moderne, Louis Aragon, éd. Flammarion, 2011  (ISBN 978-2-0812-4084-1), p. 480


Personne ne sait mieux que Godard peindre l'ordre du désordre. […] Le désordre de notre monde est sa matière, à l'issue des villes modernes, luisantes de néon et de formica, dans les quartiers suburbains ou les arrière-cours, ce que personne ne voit jamais avec les yeux de l'art, les poutrelles tordues, les machines rouillées, les déchets, les boîtes de conserve, des filins d'acier, tout ce bidonville de notre vie sans quoi nous ne pourrions vivre, mais que nous nous arrangeons pour ne pas voir. Et de cela comme de l'accident et du meurtre, il fait la beauté. L'ordre de ce qui ne peut en avoir, par définition.
  • « Qu’est-ce que l’art, Jean-Luc Godard ? » (1965), dans Écrits sur l’art moderne, Louis Aragon, éd. Flammarion, 2011  (ISBN 978-2-0812-4084-1), p. 482


Si je voulais aussi, j'aborderais J.-L. G. par le rivage des peintres pour chercher origine à l'une des caractéristiques de son art dont on lui fait le plus reproche. La citation, comme disent les critiques, les collages comme j'ai proposé que cela s'appelle, et il m'a semblé voir, dans des interviews, que Godard avait repris ce terme. Les peintres ont les premiers usés du collage au sens où nous l'entendons, lui et moi, dès avant 1910, et leur emploi systématique par Braque et Picasso.
  • « Qu’est-ce que l’art, Jean-Luc Godard ? » (1965), dans Écrits sur l’art moderne, Louis Aragon, éd. Flammarion, 2011  (ISBN 978-2-0812-4084-1), p. 484


Ce qu'on lui reproche surtout, à Godard, ce sont les collages parlés […]. On lui reproche, au passage, de citer Céline. Ici Guignol's Band : s'il me fallait parler de Céline on n'en finirait plus. Je préfère Pascal, sans doute, et je ne peux pas oublier ce qu'est devenu l'auteur du Voyage au bout de la nuit, certes. N'empêche que Le Voyage, quand il a paru, c'était un fichûment beau livre et que les générations ultérieures s'y perdent, nous considèrent comme injustes, stupides, partisans. Et nous sommes tout ça. Ce sont les malentendus des pères et des fils. Vous ne les dénouerez pas par des commandements : « Mon jeune Godard, il vous est interdit de citer Céline ! » Alors, il le cite, cette idée. Pour ma part, je suis très fier d'être cité (collé) par l'auteur de Pierrot avec une constance qui n'est pas moins remarquable que celle qu'il apporte à vous flanquer Céline au nez. Pas moins remarquable, mais beaucoup moins remarquée par MM. les critiques, ou parce qu'ils ne m'ont pas lu, ou parce que ça les agace autant qu'avec Céline, mais n'ont pas avec moi les arguments que Céline leur donne, alors il ne reste que l'irritation, et le passé sous silence, l'irritation pire d'être muette.
  • « Qu’est-ce que l’art, Jean-Luc Godard ? » (1965), dans Écrits sur l’art moderne, Louis Aragon, éd. Flammarion, 2011  (ISBN 978-2-0812-4084-1), p. 486


François Truffaut

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Quand Godard tournait A bout de souffle, il n'avait pas de quoi s'offrir un ticket de métro. Il était aussi démuni, sinon davantage, que le personnage qu'il filmait.
  • Charlie Chaplin, André Bazin, éd. Ramsay Poche Cinéma, 1972, p. 7


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