Patrick Buisson

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Patrick Buisson, né le 19 avril 1949 à Paris, est un journaliste et conseiller politique français.

La Cause du peuple[modifier]

Esprit mobile, optimisant dans l'instant les informations qu'il venait d'enregistrer, Nicolas Sarkozy était un trader de la politique, un court-termiste qui avait le goût des allers et retours spéculatifs. Pour parler le langage des marchés, il ne se déterminait qu'au vu d'un possible retour sur investissement et d'une rapide prise de bénéfices.


Quelle faiblesse organique poussait-elle Nicolas Sarkozy à enchaîner presque automatiquement l'annonce d'une proposition un peu forte et l'ajout d'un codicille qui suggérait le contraire, comme s'il était effrayé par sa propre audace ? Pourquoi prenait-il pour habileté ce qui n'était qu'ambivalence, sinon contradiction ? Pour complémentarité ce qui n'était que confusion et incohérence ? Chez lui, la génuflexion suivait le blasphème, la contrition succédait à la bravade.


Avec Nicolas Sarkozy, la sphère du politique ne fut jamais une zone sécurisée à l'abri des intrusions. La séparation d'avec sa vie privée, qui aurait dû être la règle, fit en réalité figure d'exception. On ne saurait compter les décisions, de plus ou moins grande importance, qui n'aient été peu ou prou inspirées par les tribulations de sa vie sentimentale, peu ou prou envahies par les métastases publiques de son intimité.


Dans cette galerie de tempéraments politiques, Nicolas Sarkozy inventa une figure intermédiaire : celle d'un césarisme sans César, d'un empire sans emprise, d'un autoritarisme enclin à des emportements à répétition qui le rendaient toujours plus incapable de se faire obéir. Quiconque travailla un tant soit peu avec lui fut amené, un jour ou l'autre, à en faire l'expérience : il menaçait, vitupérait, humiliait, vociférait, brandissait un sabre de bois, mais ne sanctionnait jamais, ou alors soit trop tard, soit à mauvais escient.


La droite française n'a pas pris le chemin de Pasolini. Aujourd'hui encore, elle veut croire que le libéralisme n'est qu'un mode d'organisation de l'économie. Le meilleur et le plus efficace, celui dont on peut attendre croissance, emplois, création et partage de richesse. À aucun moment, elle n'a voulu prendre en compte les conséquences que pouvait avoir sur les rapports sociaux tout autant que sur les comportements individuels le passage du libéralisme restreint au libéralisme généralisé, principale caractéristique du monde contemporain. Pas plus qu'elle n'a voulu voir qu'en changeant de nature, le capitalisme s'emploie à liquider toutes les valeurs altruistes et sacrificielles, qu'elles soient commandées par la foi en une autre vie ou par des finalités profanes, pour laisser place à la tyrannie des désirs instables. C'est donc un enjeu de civilisation que porte le débat sur le libéralisme et la mondialisation.



L'un des non-dits les plus assourdissants du débat actuel consiste à taire la responsabilité du progressisme de gauche dans la séparation de l'islam et de la société française. Il n'est pourtant pas abusif d'imputer pour une large part au effets conjoints de l'individualisme hédoniste et de l'idéologie émancipatrice le processus de radicalisation des musulmans français travaillés par le double sentiment explosif et contradictoire de la supériorité de leur civilisation et de l'infériorité de leur puissance. Le mépris que leur inspire la société française, jugée à la fois apostate et décadente, est pour beaucoup dans leur refus croissant d'intégrer la communauté nationale.


Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :