Pier Paolo Pasolini

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Pier Paolo Pasolini.

Pier Paolo Pasolini, est un écrivain, scénariste et metteur en scène italien né le 5 mars 1922 à Bologne, assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975 sur la plage d'Ostie, près de Rome.

Lettres luthériennes (Lettere luterane), 1976[modifier]

La drogue est toujours un ersatz. Elle est, précisément, un ersatz de la culture. […] À un niveau moyen — celui du « grand nombre » —, la drogue vient remplir un vide provoqué justement par le désir de mort, qui est donc un vide de culture. […] Quelque chose de semblable se produit également à un niveau plus élevé : il y a des écrivains et des artistes qui se droguent. Pourquoi le font-ils ? Ils le font eux aussi, je crois, pour remplir un vide. Cependant, dans ce cas, il ne s'agit pas simplement d'un vide de culture, mais d'un vide de nécessité et d'imagination. La drogue sert alors à remplacer la grâce par le désespoir, le style par la « manière ».

  • Lettres luthériennes (1976), Pier Paolo Pasolini (trad. Anna Rocchi Pullberg), éd. Seuil, coll. « Points », 2000, La drogue : une vraie tragédie italienne, p. 100-101


C'est bizarre à dire : il est vrai que les puissants ont été dépassés par la réalité, avec leur pouvoir clérical-fasciste qui leur colle à la peau comme un masque ridicule ; mais les représentants de l'opposition ont été dépassés eux aussi par la réalité, avec sur leur peau, comme un masque ridicule, leur progressisme et leur tolérance.

  • Lettres luthériennes (1976), Pier Paolo Pasolini (trad. Anna Rocchi Pullberg), éd. Seuil, coll. « Points », 2000, Hors du Palais, p. 112-113


La société préconsumériste avait besoin d'hommes forts, donc chastes. La société de consommation a besoin au contraire d'hommes faibles, donc luxurieux. Au mythe de la femme enfermée et séparée (dont l'obligation de chasteté impliquait la chasteté de l'homme) s'est substitué le mythe de la femme ouverte et proche, toujours à disposition. Au triomphe de l'amitié entre hommes et de l'érection s'est substitué le triomphe du couple et de l'impuissance. Les hommes jeunes sont traumatisés par l'obligation, que leur impose la permissivité, de faire tout le temps et librement l'amour.

  • Lettres luthériennes (1976), Pier Paolo Pasolini (trad. Anna Rocchi Pullberg), éd. Seuil, coll. « Points », 2000, Sujet pour un film sur un agent de police, p. 121


Celui qui se scandalise est toujours banal : j'ajoute qu'il est également toujours mal informé.

  • Lettres luthériennes (1976), Pier Paolo Pasolini (trad. Anna Rocchi Pullberg), éd. Seuil, coll. « Points », 2000, Il faut intenter un procès à Donat Cattin aussi, p. 164

Citations rapportées[modifier]

Je sais. Mais je n'ai pas de preuves. Ni même d'indices. Je sais parce que je suis un intellectuel, un écrivain […] qui rassemble les morceaux désorganisés et fragmentaires de toute une situation politique cohérente et qui rétablit la logique là où semblent régner l'arbitraire, la folie et le mystère. Tout cela fait partie de mon métier et de l'instinct de mon métier […]

  • (fr) Io so. Ma non ho le prove. Non ho nemmeno indizi. Io so perché sono un intellettuale, uno scrittore, che cerca di seguire tutto ciò che succede, di conoscere tutto ciò che se ne scrive, di immaginare tutto ciò che non si sa o che si tace; che coordina fatti anche lontani, che mette insieme i pezzi disorganizzati e frammentari di un intero coerente quadro politico, che ristabilisce la logica là dove sembrano regnare l'arbitrarietà, la follia e il mistero. Tutto ciò fa parte del mio mestiere e dell'istinto del mio mestiere.
  • « Qu'est-ce que ce coup d'État? je sais » dans le Corriere della Sera du 14 novembre 1974.
  • Gomorra, Roberto Saviano (trad. Vincent Raynaud), éd. Gallimard, 2006, p. 253


Il n'est pas vrai que, de toute façon, l'on avance. Bien souvent l'individu, tout comme les sociétés, régresse ou se détériore.

  • Max Blechman et Michael Löwy, Qu'est-ce que le romantisme révolutionnaire ?, Europe, n° 900, avril 2004
  • « Pasolini, et le pain perdu », Louis Narosk, revue Limite, nº 1, Septembre 2015, p. 78


Il n'y pas un groupe de jeunes que l'on rencontre dans la rue, qui ne pourrait être un groupe de criminels. Aucune lumière dans leurs yeux ; leurs traits sont des traits altérés, qui les font ressembler à des automates.

  • « Pasolini, et le pain perdu », Louis Narosk, revue Limite, nº 1, Septembre 2015, p. 78


La consommation est une forme de totalitarisme — en tant que complètement totalisante et qu'aliénante jusqu'à l'extrême limite de la dégradation anthropologique, jusqu'au génocide.

  • « Pasolini, et le pain perdu », Louis Narosk, revue Limite, nº 1, Septembre 2015, p. 78


Je suis une force du passé. À la tradition seule va mon amour. Je viens des ruines, des églises, des retables, des bourgs.

  • « Pasolini, et le pain perdu », Louis Narosk, revue Limite, nº 1, Septembre 2015, p. 79


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