Mythe

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Un mythe est un récit qui se veut explicatif et fondateur d'une pratique sociale. Il est porté à l'origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde et de la société qui a forgé ou qui véhicule ces mythes.

Paul Valéry[modifier]

Mythe est toute chose qui est inséparable du langage, et lui emprunte toutes ses vertus sans contrepartie.

  • Œuvres I, Paul Valéry, éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1960, chap. Cahiers, p. 451

René Girard[modifier]

Il faut voir dans les mythes le récit nécessairement déformé d’une violence collective spontanée qui rassemble à nouveau une communauté que la rivalité mimétique a fait voler en éclats.

  • Shakespeare. Les feux de l’envie, René Girard, éd. Grasset, 1990  (ISBN 2-246-24991-0), p. 39


Dans les mythes et les légendes d’où sont tirées la plupart des tragédies, la fraternité est presque toujours associée à la réciprocité de la vengeance. Un examen attentif révèle que le héros tragique par excellence n’est pas l’individu solitaire, l’Œdipe de Freud et de la Poétique d’Aristote, mais le couple des frères ennemis, Étéocle et Polynice, Hamlet et Claudius.

  • Shakespeare. Les feux de l’envie, René Girard, éd. Grasset, 1990  (ISBN 2-246-24991-0), p. 334


Antoine Bello[modifier]

C'est la quête qui crée le mythe et non l'inverse.

  • Les falsificateurs, Antoine Bello, éd. Folio, 2007, p. 279


Giovanni Macchia, Chateaubriand — Europe n°775-776, 1993[modifier]

Après la première grande tentative d'interprétation proposée par Sainte-Beuve, dont la mesure se trouvait dans un jeu de reconnaissances et de repentirs, on vit s'esquisser un processus de mythification de l'écrivain, où la raison critique s'éclipsait tandis qu'étaient exaltés des motifs irrationnels, presque mystiques : le mystère d'une créativité qui loge dans une tournure, une phrase, une page, et qui de cette page se transmet à l'œuvre et à l'homme qui l'a composée, de même qu'un brin d'herbe contient le miracle de l'entière création.

  • « L'homme de la mort — Mythification de l'écrivain », Giovanni Macchia, Chateaubriand — Revue Littéraire Europe (ISSN 0014-2751), nº 775-776, Novembre-décembre 1993, p. 10