Humanisme

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L’humanisme désigne en premier lieu un courant culturel s'étant développé durant la Renaissance, d'abord en Italie et dans les Flandres puis dans le reste de l'Europe. Renouant avec la civilisation gréco-latine, les intellectuels de l'époque manifestaient un vif appétit de savoir.

Par extension, le terme "humanisme" désigne toute attitude basée sur l'idée que les humains sont en possession de capacités intellectuelles potentiellement illimitées et qu'ils sont donc capables de contrôler le cours de leur existence sans avoir à imaginer (a fortiori s'y référer) une instance transcendant leur condition (la nature, la providence, "Dieu"...). Les humanistes considèrent comme fondamentales la quête du savoir et la volonté de le diffuser, quel que soit son contenu.

Luc Ferry[modifier]

Progrès de la civilisation par ceux de la raison : voilà l’espoir qui animait toute la philosophie des Lumières.


Iegor Gran[modifier]

Car le b.a.-ba de l'humanisme, c'est de voir en chaque être humain une richesse pour le monde et non un bouche à nourrir, un tube qui produit du CO2, un ver intestinal de la nature.
  • L'écologie en bas de chez moi, Iegor Gran, éd. P.O.L/folio, 2011, p. 161


Adolf Hitler[modifier]

La civilisation a été l’un des éléments constitutifs de la puissance de l’Empire romain. Ce fut aussi le cas en Espagne, sous la domination des Arabes. La civilisation atteignit là un degré qu’elle a rarement atteint. Vraiment une époque d’humanisme intégral, où régna le plus pur esprit chevaleresque. L’intrusion du christianisme a amené le triomphe de la barbarie. L’esprit chevaleresque des Castillans est en réalité un héritage des Arabes.
  • Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, Adolf Hitler, éd. Flammarion, 1954, 28 août 1942, p. 297


Claude Lévi-Strauss[modifier]

En ce siècle où l’homme s’acharne à détruire d’innombrables formes vivantes, après tant de siècles dont la richesse et la diversité constituaient de temps immémorial, le plus clair de son patrimoine, jamais sans doute, il n’a été plus nécessaire de dire, comme le font les mythes, qu’un humanisme bien ordonné, ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres avant l’amour-propre : et que même un séjour d’un ou deux millions d’années sur cette terre, puisque de toute façon il connaîtra un terme, ne saurait servir d’excuse à une espèce quelconque, fût-ce la nôtre, pour se l’approprier comme une chose et s’y conduire sans pudeur ni discrétion.

Mythologiques 3. L’Origine des manières de table (1968), Claude Lévi-Strauss, éd. Plon, 1968, p. 422

André Malraux[modifier]

L’humanisme, ce n’est pas dire : “ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait”; c’est dire : “nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase.”

Les Voix du silence, (1951), André Malraux, 1951; Pléiade/Nrf, 1953 p. 639-640

Eugène Ionesco[modifier]

Certains critiques m'accusent de défendre un humanisme abstrait, l'homme de nulle part. En réalité je suis pour l'homme de partout ; pour mon ennemi comme pour mon ami. L'homme de partout est l'homme concret. L'homme abstrait, c'est l'homme des idéologies : l'homme des idéologies qui n'existe pas. La condition essentielle de l'homme n'est pas sa condition de citoyen, mais sa condition de mortel. Lorsque je parle de la mort, tout le monde me comprend. La mort n'est ni bourgeoise ni socialiste. Ce qui vient du plus profond de moi-même, mon angoisse la plus profonde est la chose la plus populaire.


Jean Rohou[modifier]

[Dans la Grèce antique]pendant quelque quatre-vingts ans (484-404 av. J.-C.) qui correspondent à une véritable et soudaine révolution de la condition humaine [...]. D'une vie rurale, clanique, féodale, soumise aux processus naturels, à la loi du sang, à la tradition, on passe soudainement à une société urbaine, commerçante, démocratique, à un monde construit par les hommes, où chacun commence à devenir librement responsable. D'une mentalité religieuse, mythique, animiste, magique, fataliste, l'on passe à un humanisme rationaliste et conquérant et de la pensée naturaliste des présocratiques à la pensée sociologique de Socrate et de ses contemporains, pour qui l'homme est déjà plus social qu'animal.
  • La Tragédie classique, Jean Rohou, éd. Sedes, coll. « Anthologie Sedes », 1996  (ISBN 2-7181-9406-5), partie I. L'âge classique, le théâtre, le tragique, chap. 2. Les âges classiques de la tragédie, Dans la Grèce antique, p. 31


José Sócrates[modifier]

Et le propre de l'humaniste, c'est de se sentir humilié par l'humiliation de l'autre, de se sentir exclu par l'exclusion de l'autre, de sentir sa liberté entravée par la privation de liberté de l'autre.
  • (pt) O próprio do humanista é sentir-se humilhado pela humilhação do outro, é sentir-se excluído pela exclusão do outro, é sentir sua liberdade obstaculizada pela privação da liberdade do outro.


Stefan Zweig[modifier]

Cet espoir de concorde finale, européenne, spirituelle, représente vraiment le seul élément de croyance religieuse de l'humanisme, habituellement sec et rationnel : les humanistes répandent le message de leur foi en l'humanité avec la même ferveur que d'autres, en ces temps si sombres, proclament leur foi en Dieu; ils ont la conviction que l'esprit du monde, son but, son avenir résident dans la solidarité et non dans l'individualisme, ce qui permettra à ce monde de devenir de plus en plus humain.
  • Érasme, Grandeur et décadence d’une idée (1935), Stefan Zweig (trad. Alzir Hella), éd. Le livre de poche, 2009, p. 93


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