Galilée
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Galilée ou Galileo Galilei (Pise, 15 février 1564 - Florence, 8 janvier 1642) est un physicien et mathématicien italien.
Citations
[modifier]Leçons sur l’Enfer de Dante
[modifier]S'il a déjà été difficile et admirable […] que les hommes aient pu, grâce à de longues observations, à des veilles continuelles, à de périlleuses navigations, mesurer et déterminer les intervalles entre les ciels, leurs mouvements rapides tout comme les plus lents et les rapports entre eux, les grandeurs des astres, qu'ils soient proches ou lointains, les lieux de la terre et des mers – toutes choses qui, totalement ou en grande partie, tombent sous le sens –, alors nous devons considérer ô combien plus merveilleuses l'étude et la description du lieu et de la taille de l'Enfer qui, enseveli dans les entrailles de la Terre, caché à tous nos sens, n'est connu de personne et échappe à toute expérience, ce lieu où il est si facile de descendre et dont il est pourtant si difficile de sortir […]. Pour tout ce qui était nécessaire à une explication de ce théâtre infernal, il y a eu enfin ce chorégraphe et architecte de la plus sublime sagesse qu'a été notre poète Dante : par conséquent, si celui qui dévoila si habilement l'admirable construction du ciel et dessina si parfaitement le site de la terre fut jugé digne du nom de divin, ce même nom ne pourra jamais être disputé à notre poète pour les raisons susdites.
- Leçons sur l’Enfer de Dante, Galilée (trad. Lucette Degryse), éd. Fayard, 2008 (ISBN 978-2-213-63470-8), partie Première leçon, p. 37-38
Le messager des étoiles
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Il est magnifique, et très agréable au regard, de pouvoir observer le corps lunaire […]. Retirant de là la certitude de l'expérience sensible, n'importe qui pourra comprendre que la Lune n'est nullement revêtue d'une surface lisse et parfaitement polie, mais bien d'une surface accidentée et inégale, et qu'elle est, comme la face de la Terre elle-même, couverte de tous côtés d'énormes protubérances, de creux profonds, et de sinuosités.
- Le messager des étoiles, Galileo Galilei (trad. Fernand Hallyn), éd. Seuil, coll. « Points », 2009 (ISBN 978-2-7578-1225-9), p. 142
[…] le bruit parvint à nos oreilles qu'un habitant des Provinces des Pays-Bas avait fabriqué une Lunette grâce à laquelle des objets visibles, même situés loin de l'œil de l'observateur, pouvaient être nettement discernés, comme s'ils étaient proches; de cet effet assurément merveilleux on rapportait quelques témoignages, auxquels les uns ajoutaient foi, mais que les autres niaient. […] Cela eut finalement pour conséquence que je m'appliquai entièrement à la recherche des principes ainsi qu'à la conception des moyens par lesquels je pourrais parvenir à l'invention d'un Instrument semblable; cette invention, peu après, en m'appuyant sur la théorie de la réfraction, je l'ai réalisée.
- Le messager des étoiles, Galileo Galilei (trad. Fernand Hallyn), éd. Seuil, coll. « Points », 2009 (ISBN 978-2-7578-1225-9), p. 143-144
[…] ne regardant ni au labeur ni aux frais, j'en suis arrivé à me construire un Instrument d'une qualité si grande que les choses vues à travers lui apparaissent presque mille fois plus grandes, et plus de trente fois plus proches, que si elles étaient regardées par les seuls moyens naturels. Exposer en détail le nombre et l'importance des avantages qu'offre cet Instrument, tant dans le domaine terrestre que dans le domaine maritime, serait tout à fait superflu. Mais, délaissant les choses de la Terre, je me suis porté vers l'exploration du Ciel.
- Le messager des étoiles, Galileo Galilei (trad. Fernand Hallyn), éd. Seuil, coll. « Points », 2009 (ISBN 978-2-7578-1225-9), p. 145
Grâce à la Lunette, on peut si bien fixer son regard sur elle [la Voie lactée], que toutes les disputes qui ont, durant tant de siècles, torturé les Philosophes sont détruites par l’évidence de la perception, et que nous voilà libérés de discussions verbeuses. La Galaxie n’est, en effet, rien d’autre qu’un amas d’Étoiles innombrables regroupées en petits tas : qu’elle que soit, en effet, la région vers laquelle on dirige la Lunette, aussitôt une immense foule d’Étoiles s’offre à la vue, dont plusieurs semblent assez grandes et bien visibles; mais une multitude de très petites Étoiles se soustrait absolument à l’exploration.
- Le messager des étoiles, Galileo Galilei, éd. Seuil, 1992 (ISBN 2-02-014593-6), p. 141
Lettre à Madame Christine de Lorraine, grande-duchesse de Toscane
[modifier]L'Essayeur
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La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l'Univers, mais on ne peut le comprendre si l'on ne s'applique d'abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquels il est humainement impossible d'en comprendre un mot. Sans eux, c'est une errance vaine dans un labyrinthe obscur[n 1].
- L' Essayeur de Galilée (1623), Galileo Galilei (trad. Christiane Chauviré), éd. Les Belles lettres, 1979 (ISBN 2251602348), p. 141 [232] (lire en ligne)
Citation choisie pour le 28 janvier 2022.
Correspondance
[modifier]Lettres sur les taches solaires
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Publiées à Rome, mai 1613, dans Istoria e dimostrazioni intorno alle macchie solari e loro accidenti[n 2]

On philosophera mieux en donnant son assentiment aux conclusions dépendant d’observations manifestes qu’en persistant dans des opinions opposées aux données d’expérience, et que confirment seulement des raisonnements probables ou apparents.
- Deuxième lette à Markus Welser, 14 août 1612.
- Galilée copernicien : le premier combat, 1610-1616, Maurice Clavelin, éd. Albin Michel, 2013 (2004) (ISBN 978-2-226-22276-3), partie Textes, première partie. La victoire entrevue (1610-1613), p. 271-272 [139] (lire en ligne)
[…] dans les sciences l’autorité de mille ne vaut pas une étincelle de raison chez un seul […].
- Troisième lettre à Markus Welser, 1er décembre 1612.
- Galilée copernicien : le premier combat, 1610-1616, Maurice Clavelin, éd. Albin Michel, 2013 (2004) (ISBN 978-2-226-22276-3), partie Textes, première partie. La victoire entrevue (1610-1613), p. 293 [200-201]
Citations rapportées
[modifier] La Voie lactée n’est rien d’autre qu’un amas d’étoiles innombrables.
- La Voie lactée, James Lequeux et Françoise Combes, éd. Edp sciences, 2013 (ISBN 978-2-7598-1039-0), chap. I. Introduction, p. 1
Citation choisie pour le 21 juillet 2021.
En science, l’autorité d’un millier ne vaut pas l’humble raisonnement d’un seul individu.
- L’Invention du Big-bang, Jean-Pierre Luminet, éd. Seuil, 2004 (ISBN 978-2-02061148-0), chap. 7. L’espace à courbure négative, p. 79
On ne peut rien apprendre à un homme, on peut juste l’aider à trouver la réponse par lui-même.
- Astronomies du passé : de Stonehenge aux pyramides mayas (2009), Yaël Nazé, éd. Belin, 2018 (ISBN 978-2-410-01141-8), chap. Avant-propos, p. 9
Citations sur
[modifier]Italo Calvino
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- Voir le recueil de citations : Italo Calvino
Ceux qui aiment vraiment la lune ne se contentent pas de la contempler comme une image conventionnelle, ils veulent entrer plus étroitement en relation avec elle, ils veulent voir davantage dans la lune, ils veulent que la lune en dise davantage. Le plus grand écrivain de la littérature italienne de tous les temps, Galilée, dès qu'il se met à parler de la lune, élève sa prose à un degré prodigieux de précision et d'évidence, en même temps que de raréfaction lyrique. Et la langue de Galilée fut l'un des modèles de celle de Leopardi, grand poète lunaire…
- Lettre à Anna Maria Ortese (it), décembre 1967. Partiellement publiée dans le Corriere della Sera, 24 décembre 1967, et dans (it) Italo Calvino, Una pietra sopra, Einaudi, (lire en ligne), « Il rapporto con la luna », p. 183.
- Le métier d’écrire, Italo Calvino (trad. Christophe Mileschi et Martin Rueff), éd. Gallimard, 2023 (ISBN 978-2-07-014006-0), p. 573-574 (lettre 245)
- « Le rapport avec la lune », dans Tourner la page, Italo Calvino (trad. Christophe Mileschi), éd. Gallimard, 2021 (ISBN 978-2-07-014004-6), p. 269-270
Galilée ne fait pas usage du langage comme d'un instrument neutre, il fait preuve de conscience littéraire, d'une incessante participation expressive, imaginative, et même lyrique. Lorsque je lis Galilée, j'aime chercher les passages où il parle de la Lune : c'est la première fois que la Lune devient pour les hommes un objet réel, que l'on décrit minutieusement comme une chose tangible, et pourtant, dès que la Lune apparaît, on sent dans la prose de Galilée une sorte de raréfaction, de lévitation : on s'élève dans une suspension enchantée.
- L'Approdo letterario, 41, janvier-mars 1968, repris dans Una pietra sopra, 1980, p. 186. Trad. fr dans La machine littérature : essais, Seuil, 1984 (ISBN 2-02-006682-3) [lire en ligne], p. 33.
- « Deux interviews sur science et littérature », dans Tourner la page, Italo Calvino (trad. Christophe Mileschi), éd. Gallimard, 2021 (ISBN 978-2-07-014004-6), p. 274
Lorsque j'ai dit que Galilée reste le plus grand écrivain italien, Carlo Cassola (it) a bondi pour dire : Comment ça ! Je croyais que c'était Dante ! Merci, belle découverte.
D'abord, je voulais dire écrivain en prose; dans ce cas, la question se joue entre Machiavel et Galilée, et là, je suis tout de même un peu gêné, parce que Machiavel aussi, je l'aime beaucoup. Ce que je peux dire, c'est que dans la direction où je travaille maintenant, je trouve davantage à me nourrir chez Galilée, quant à la précision du langage, à l'imagination scientifico-poétique, à la construction de conjectures. Mais Galilée - dit Cassola - était un scientifique, pas un écrivain. Cet argument me semble facile à démonter : de la même façon, Dante faisait lui aussi, dans un contexte culturel différent, œuvre encyclopédique et cosmologique, lui aussi cherchait à travers la parole littéraire à construire une image de l'univers. C'est là une vocation profonde de la littérature italienne qui se transmet de Dante à Galilée : l'œuvre littéraire comme carte du monde et du connaissable, l'écriture animée par un élan cognitif qui ressortit tantôt à la théologie, tantôt à la spéculation, tantôt à la sorcellerie, tantôt à l'ambition encyclopédique, tantôt à la philosophie naturelle, tantôt à l'observation transfigurante et visionnaire.
- L'Approdo letterario, 41, janvier-mars 1968, repris dans Una pietra sopra, 1980, p. 186-187. Trad. fr dans La machine littérature, 1984, p. 33-34.
- « Deux interviews sur science et littérature », dans Tourner la page, Italo Calvino (trad. Christophe Mileschi), éd. Gallimard, 2021 (ISBN 978-2-07-014004-6), p. 275
Maurice Clavelin
[modifier]- Voir le recueil de citations : Maurice Clavelin
Albert Einstein
[modifier]- Voir le recueil de citations : Albert Einstein

Par la seule pensée logique, nous ne pouvons acquérir aucun savoir sur le monde de l'expérience; tout savoir sur la réalité part de l'expérience et aboutit à elle. Si on les réfère au réel, les énoncés établis grâce à la seule logique sont parfaitement vides. C'est en comprenant cela, et surtout en s'efforçant de le faire admettre par le monde scientifique, que Galilée est devenu le père de la physique moderne, je dirais même, plus généralement, de toute la science moderne de la nature.
- « Sur la méthodologie de la physique théorique », Herbert Spencer Lecture, Oxford, 10 juin 1933[n 3].
- Science, éthique, philosophie [textes choisis et présentés par Jacques Merleau-Ponty et Françoise Balibar], Albert Einstein, éd. Seuil, 1991 (ISBN 2-02-010178-5), partie La nature de la physique, chap. 2. Méthodes de la physique : la théorie et l’expérience ; constantes physiques, p. 103
Fernand Hallyn
[modifier]Stephen Hawking
[modifier]- Voir le recueil de citations : Stephen Hawking
Le Dialogue concernant deux sciences nouvelles, qui expose les lois sur les mouvements accélérés des corps en chute libre, est très largement considéré comme la pierre angulaire de la physique moderne. Galilée y révise, et précise ses études antérieures concernant le mouvement, ainsi que les principes de la mécanique. […]Le Dialogue concernant deux sciences nouvelles apporta une telle contribution à la physique que les érudits ont longtemps soutenu que le livre anticipait les lois d'Isaac Newton sur le mouvement. […] Sa contribution au progrès de l'humanité ne fut jamais minimisée. Albert Einstein le reconnut lorsqu'il écrivit :
« Les hypothèses démontrées par des raisonnements de pure logique restent complètement vides pour ce qui concerne la réalité [physique]. C'est parce que Galilée l'a remarqué, et tout particulièrement parce qu'il l'a imposé au monde scientifique, qu'il est le père [de] la physique moderne — et même de la science moderne. »
- Sur les épaules des géants : les plus grands textes de physique et d'astronomie [ On the shoulders of giants : the great works of physics and astronomy], Stephen Hawking, éd. Dunod, 2003 (ISBN 2-10-007963-8), p. 80-81 (lire en ligne)
Émile Namer
[modifier]Erwin Panofsky
[modifier]- Voir le recueil de citations : Erwin Panofsky
Isabelle Pantin
[modifier]- Voir le recueil de citations : Isabelle Pantin
Paolo Sarpi
[modifier]Il viendra [...] un jour, et j’en suis presque certain, où les Hommes, éclairés par de meilleures études, déploreront l’infortune de Galilée et l’injustice faite à un si grand homme ; mais, en attendant, il faudra qu’il la souffre, et il ne pourra s’en plaindre qu’en secret….
- De Paolo Sarpi
- Histoire de l’astronomie moderne, Jean-Baptiste Joseph Delambre, éd. Huzard-Courcier, 1821, t. 1, partie DISCOURS PRÉLIMINAIRE., p. xxx (texte intégral sur Wikisource)
Alexandre Koyré
[modifier]- Voir le recueil de citations : Alexandre Koyré
Le concept galiléen du mouvement nous paraît tellement naturel que nous croyons même que la loi d'inertie dérive de l'expérience et de l'observation, bien que, de toute évidence, personne n'a jamais pu observer un mouvement d'inertie […] Nous ne sommes plus conscients du caractère paradoxal de la décision de Galilée […] d'expliquer le réel par l'impossible.
- Études d'histoire de la pensée scientifique, Alexandre Koyré, éd. PUF, 1966, p. 166
Notes et references
[modifier]- ↑ Voir notamment note 50, p. 270 [lire en ligne]; Mario Biagioli, « Le livre de la nature de Galilée : une économie de la supplémentarité », dans Galilée et ses publics, Presses universitaires de Strasbourg, (ISBN 979-10-344-0129-1, DOI 10.4000/books.pus.37417); Italo Calvino, « Le grand livre de la Nature », dans Pourquoi lire les classiques, Gallimard, (ISBN 978-2-07-045115-9), p. 127-137 (ed. 1996, p. 61-67 disponible sur Internet Archive; initialement dans Exigences et perspectives de la sémiotique, 1985 [lire en ligne], p. 683-688, écrit directement en français); Fernand Hallyn, « De la science antique à la science moderne : Galilée et le Livre du monde », dans Tradition classique et modernité, coll. « Cahiers de la Villa Kérylos » (no 13), (lire en ligne), p. 133-145.
- ↑ Opere, V [lire en ligne] (s:it:Indice:Le opere di Galileo Galilei V.djvu); trad (en) On Sunspots (trad. Eileen Reeves et Albert van Helden), University of Chicago Press, (ISBN 9780226707174, DOI 10.7208/9780226707174, lire en ligne) ((en) Voir l'article en anglais.). Voir notamment « Istoria e dimostrazioni intorno alle macchie solari (1613) », sur portalegalileo.museogalileo.it)
- ↑ « On the Method of Theoretical Physics », publié en 1933 dans (en) On the method of theoretical physics : the Herbert Spencer lecture delivered at Oxford. 10 June 1933, The Clarendon Press (OCLC 5913567, SUDOC 019587503), et l’année suivante dans (en) « On the Method of Theoretical Physics », Philosophy of Science, vol. 1, no2, 1934 [lien DOI, lien JSTOR]. Compilé dans Mein Weltbild, 1934.