Génie

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Le génie désigne l'ensemble de dispositions naturelles éminentes, permettant de créer ; celui qui possède ces dispositions.

Marie-Jo Bonnet[modifier]

Contrairement aux figures de la Vestale ou de Cornalie, qui exaltent le foyer et la maternité, celle de Sappho raconte l'histoire de la femme de génie, rejetée par des hommes incultes, jeunes et beaux, qui meurt parce qu'elle a abdiqué les pouvoirs de l'esprit.
  • Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. « Poches », 1981, partie 2. Des mystères de la nature à ceux de Lesbos (XVIIIè siècle), chap. II Les mystères de Lesbos, Introduction, p. 214


Salvador Dalí[modifier]

Depuis la révolution française se développe une vicieuse tendance crétinisatrice qui tend à faire considérer par tout un chacun, que les génies (mis à part leur œuvre) sont des êtres humains plus ou moins semblables en tout au restant du commun des mortels. Ceci est faux. Et si ceci est faux pour moi qui suis, à notre époque, le génie à la spiritualité la plus vaste, un véritable génie moderne, ceci est encore plus faux pour les génies qui incarnèrent le sommet de la Renaissance, tel Raphaël, génie quasi divin. Le livre que voici prouvera que la vie quotidienne d’un génie, son sommeil, sa digestion, ses extases, ses ongles, ses rhumes, son sang, sa vie, sa mort sont essentiellement différents de ceux du reste de l’humanité. Ce livre unique est donc le premier journal écrit par un génie. Bien plus, par l’unique génie qui ait eu la chance unique d’être marié avec le génie de Gala, celle qui est l’unique femme mythologique de notre temps.
  • Journal d’un génie adolescent, Salvador Dalí, éd. La Table ronde, 1964, p. 21


La critique est une chose sublime. Elle est digne seulement des génies.
  • Journal d’un génie adolescent, Salvador Dalí, éd. La Table ronde, 1964, p. 161


Julien Gracq, Préférences, 1961[modifier]

Préférences, 1961[modifier]

Tout livre pousse sur d’autres livres, et peut-être que le génie n’est pas autre chose qu’un apport de bactéries particulières, une chimie individuelle délicate, au moyen de laquelle un esprit neuf absorbe, transforme, et finalement restitue sous une forme inédite non pas le monde brut, mais plutôt l’énorme matière littéraire qui préexiste à lui.
  • Préférences, Julien Gracq, éd. José Corti, 1961, Pourquoi la littérature respire mal (conférence, 1960), p. 82-83


Cécile Guilbert, Les ruses du professeur Nabokov, 2010[modifier]

« Le goût est la qualité fondamentale qui résume toutes les autres qualités. C'est le nec plus ultra de l'intelligence. Ce n'est que par lui seul que le génie est la santé suprême et l'équilibre de toutes les facultés. » Ces axiomes définitifs signés Isidore Ducasse dans Poésies I pourraient servir d'épigraphe à l'ensemble de cet ouvrage comme de devise à Nabokov qui ne l'a pas lu (pas plus que Lautréamont) mais use d'une formule proche dans « L'art de la littérature et le bon sens » : « la folie n'est qu'une maladie du bon sens, alors que le génie est le plein épanouissement de la santé de l'esprit ».
  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. XIII


James Joyce, Ulysse, 1922[modifier]

Il ceignit ses cheveux ébouriffés d'une couronne de feuilles de vigne en souriant à Vincent. Cette réponse et ces feuilles, lui dit Vincent, vous feront une parure plus convenable quand quelque chose de plus, de beaucoup plus qu'une poignée de poésies fugitives pourra se réclamer de votre génie comme d'un père. Tous ceux qui vous veulent du bien en forment le vœu. Tous désirent vous voir réaliser l'œuvre que vous méditez.


André Maurois[modifier]

C'est le propre du génie que de voir et de comprendre vite. Chateaubriand ne resta en Amérique que cinq mois. Mais que faut-il à un grand écrivain ? Une nuit délicieuse, un campement d'Indiens, quelques visions grouillantes, bigarrées, l'éclat et le clinquant d'un vocabulaire exotique. Là-dessus il reconstruira un monde.
  • L'écrivain biographe André Maurois à propos de Chateaubriand.
  • René ou la vie de Chateaubriand, André Maurois, éd. Grasset, coll. « Les Cahiers Rouges », 1956  (ISBN 2-246-18904-7), chap. II « Le voyageur et le soldat », II Séjour en Amérique, p. 65


Elle ne savait pas que le génie est toujours solitaire et qu'il n'existe pas de hiérarchie morale unaniment acceptée par les meilleurs. Elle avait pris pour des poètes tous les gens qui faisaient des vers. Deux ans de dure expérience lui avaient montré que les grands hommes ne sont pas des géants, « que le monde est pavé de brutes et que l'on ne peut faire un pas sans en faire crier une. »
  • L'écrivain biographe André Maurois à propos de George Sand.


Marthe Robert[modifier]

Pour la postérité et parfois même pour les contemporains, les parents, femmes, amis, maîtresses, logeurs et créanciers ont toujours tort en face du génie s’ils lui ont résisté au lieu de se laisser trahir, sacrifier, renier par lui, en considération non pas de ses qualités personnelles, mais de la haute idée que nous nous faisons nous-mêmes de sa mission
  • Exemple : Dostoïevski qui joue l’argent qu’il doit à son logeur
  • Livre de lectures, Marthe Robert, éd. Grasset, 1977  (ISBN 87 4008 1[à vérifier : ISBN invalide]), p. 13


le client de génie, n’eût-il encore rien qui le désigne comme tel, peut revendiquer le privilège d’être logé et nourri gratis
  • Livre de lectures, Marthe Robert, éd. Grasset, 1977  (ISBN 87 4008 1[à vérifier : ISBN invalide]), p. 14