Escalier

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L'escalier est une construction architecturale constituée d'une suite régulière de marches, les degrés, permettant d'accéder à un étage, de passer d'un niveau à un autre en montant et descendant.

Histoire de l'art[modifier]

André Chastel, L'Escalier dans l'architecture de la Renaissance, 1985[modifier]

Les deux éléments de l'architecture qui ont dépéri avec la civilisation industrielle et ses techniques, sont la cheminée et l'escalier.
  • « Un membre privilégié de l'architecture », André Chastel, dans L'Escalier dans l'architecture de la Renaissance, André Chastel, éd. Picard, coll. « De Architectura », 1985  (ISBN 2-7084-0129-7), p. 7


Littérature[modifier]

Critique[modifier]

Louis Aragon, Livres Choisis — Dix-neuf poèmes élastiques (Blaise Cendrars), 1919[modifier]

Voici des années mortes. On vit au jour le jour. De temps à autre, on tourne la page et ce qu'on lit au verso n'est pas pour effrayer. A force de monter les escaliers et de les descendre, je me suis fait une philosophie. Quelques pays, quelques amis : tout passe, et parfois il y a des colères bleues, des injures, des gifles, un peu de sang sur les doigts. Mais ce qui revient toujours, c'est le décor de Paris que traversent la Seine et le métropolitain comme deux poignards tatoués.
  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton. Elle expose les propos critiques de Louis Aragon dans une rubrique qu'il lui avait été attribuée dans ce numéro. Il avait choisi notamment de commenter le recueil Dix-neuf poèmes élastiques de Blaise Cendrars dont il est question ici.


Nouvelle[modifier]

Guy de Maupassant, Le Horla, 1887[modifier]

J'entrai dans ce gigantesque bijou de granit, aussi léger qu'une dentelle, couvert de tours, de sveltes clochetons, où montent des escaliers tordus, et qui lancent dans le ciel bleu des jours, dans le ciel noir des nuits, leurs têtes bizarres hérissées de chimères, de diables, de bêtes fantastiques, de fleurs monstrueuses, et reliés l'un à l'autre par de fines arches ouvragées.
  • Description de l'abbaye d'Avranches.


Parodie[modifier]

Pierre Louÿs, Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, 1917[modifier]

Ne pissez pas sur la plus haute marche de l'escalier pour faire des cascades.


Poésie[modifier]

Daniel Lefèvre, Plaintive plénitude, 1990[modifier]

Avec ses marches usées par d'innombrables pas
Avec sa rampe où la main se pose en passant
Avec l'air à la fois confiant et distrait
Des choses qui n'ont aucun doute
Sur leur raison d'exister

Mais entre terre et ciel à même le vide
Entre rêve et réalité à même l'angoisse

Un escalier qui ne mène nulle part
Sans portes sans paliers sans rien qui le prolonge
Un escalier qui s'enroule autour du vertige

Un escalier suspendu dans l'impossible
Pour combien de moments encore ?

  • Toute la vie posée sur le tranchant des mots, Daniel Lefèvre, éd. DN, 2012, p. 436


Prose poétique[modifier]

André Breton, Poisson soluble, 1924[modifier]

Le fantôme entre sur la pointe des pieds. Il inspecte rapidement la tour et descend l'escalier triangulaire.


[...] elle mordit avec délices dans les étonnantes stratifications blanches qui restaient à sa disposition, les baguettes de craie, et celles-ci écrivirent le mot amour sur l'ardoise de sa bouche. Elle mangea ainsi un véritable petit château de craie, d'une architecture patiente et folle, après quoi elle jeta sur ses épaules un manteau de petit gris et, s'étant chaussée de deux peaux de souris, elle descendit l'escalier de la liberté, qui conduisait à l'illusion de jamais vu.


Quel vent le pousse, lui que la bougie de sa langue éclaire par les escaliers de l'occasion ?


Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961[modifier]

« Je veux être père ». C'était dit d'un ton minable et Dolman n'en put croire ses oreilles. « Quoi ? » La voix s'enlisa dans la boue criblée de gousses d'ail et siffla : « Il faut que je sois père, ne serait-ce que d’un pou ». « Laissez-moi réfléchir, dit Dolman à quatre pattes, revenez après la nuit. » La voix se fit pressante : « Gardez-moi près de vous, je suis bien dans cette hutte ». « Non ! », trancha l'homme et le Caressant déguerpit, proférant des injures, mais vaincu pour l'instant. Dolman se coucha, dormit et se réveilla sans avoir trouvé de solution, sans même être en mesure d'y songer. Douze heures plus tard l'Affreux réapparut. Dolman apaisa l'ombre d'un geste accablé. « Je serai votre cygne ». La Bête se dressa. « Retirez votre chemise, vos poils, votre hargne. Chantez les charmes de l’hallucination, les tourbillons de l’oreiller, la poitrine glacée de la nuit. Vous êtes l’épouse terrible attendue depuis toujours ». Dolman, ouvrant la bouche, constata que sa voix était absente. « Je suis perdu, pensa-t-il. Joué. Comment ai-je pu espérer me mesurer avec la Peur ? » Et il rampa vers l'escalier de l'Époux.
  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 52


Récit de voyage[modifier]

Guy de Maupassant, La Vie Errante, 1890[modifier]

Entrez dans les vieux palais de Gênes, vous y verrez une succession de cours d’honneur à galeries et à colonnades et d’escaliers de marbre incroyablement beaux, tous différemment dessinés et conçus par de vrais artistes, pour des hommes au regard instruit et difficile.
Entrez dans les anciens châteaux de France, vous y trouverez les mêmes efforts vers l’incessante rénovation du style et de l’ornement.
Entrez ensuite dans les plus riches demeures du Paris actuel, vous y admirerez de curieux objets anciens soigneusement catalogués, étiquetés, exposés sous verre suivant leur valeur connue, cotée, affirmée par des experts, mais pas une fois vous ne resterez surpris par l’originale et neuve invention des différentes parties de la demeure elle-même.

  • La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, La Côte italienne, p. 35


Roman[modifier]

Antoine Bello, Les falsificateurs, 2007[modifier]

Parfois monter un escalier est la seule façon de savoir où il mène.


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