Affaire Dreyfus

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La dégradation d'Alfred Dreyfus

L'affaire Dreyfus est un conflit social et politique majeur de la Troisième République française qui eut de grandes répercussions politiques. C'est à l'origine une simple affaire d'espionnage, elle devint politique et engendra des polémiques judiciaires et militaires.

Maurice Barrès[modifier]

Nous exigeons de cet enfant de Sem les beaux traits de la race indo-européenne. Il n'est point perméable à toutes les excitations dont nous affectent notre terre, nos ancêtres, notre drapeau, le mot « honneur ». Il y a des aphasies optiques où l'on a beau voir les signes graphiques, on n'en a plus l'intelligence. Ici l'aphasie est congénitale, elle vient de la race.
  • Scènes et doctrines du nationalisme, Maurice Barrès, éd. F. Juven, 1902, p. 144


Alfred Dreyfus[modifier]

Un tournant dans l'histoire de l'humanité.
  • (fr) Le 20 juillet 1906 fut une belle journée de réparation pour la France et la République. [...] l'une des œuvres de relèvement les plus extraordinaires dont le monde ait été témoin, une de ces œuvres qui retentissent jusque dans l'avenir le plus lointain, parce qu'elle aura marqué un tournant dans l'histoire de l'humanité, une étape grandiose vers une ère de progrès immense pour les idées de liberté, de justice et de solidarité sociale.


Charles Péguy, Cahiers de la Quinzaine[modifier]

Qu'avons-nous vu [dans l'affaire Dreyfus] sinon, en face de nous, un tel amas de saletés et de laideurs qu'à moins de nous en faire les complices, nous avons dû désirer de toutes nos forces que cela n'eût jamais eu lieu dans l'histoire du monde.
  • Charles Péguy, 4 juillet 1900, dans Cahiers de la Quinzaine, I-II, paru le 4 juillet 1900, Charles Péguy.


L'honneur d'un peuple est d'un seul tenant.
  • (fr) Ce que nous défendons [dans l’affaire Dreyfus], ce n’est pas seulement notre honneur, ce n’est pas seulement l’honneur de tout notre peuple dans le présent, c’est l’honneur historique de notre peuple, l’honneur de nos aïeux, l’honneur de nos enfants. Plus nous avons de passé, plus nous avons de mémoire [...], plus ainsi ici aussi nous devons la défendre. Plus nous avons de passé derrière nous, plus (justement), il nous faut le défendre et le garder pur. Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçu. C’était la règle et l’honneur de la poussée cornélienne, la vieille poussée cornélienne. C’était la règle et l’honneur de la poussée chrétienne. Une seule tache entache toute une famille. Elle entache aussi tout un peuple. [...] L'honneur d'un peuple est d'un seul tenant.
  • Œuvres en prose, 1909-1914, Charles Péguy, éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1959, p. 646-647


Émile Zola, J'accuse…![modifier]

Voir le recueil de citations : Émile Zola

Divers[modifier]

Ce ne fut même pas le heurt de groupements opposés d'intérêts, mais la querelle de deux mystiques. (...) Pour les premiers, seuls comptaient les droits de l'Individu. Pour les seconds, l'intérêt supérieur de la Patrie. (...) Voilà pourquoi les positions des adversaires étaient inconciliables et pourquoi, dans notre pays, tout dissentiment politique revêt une gravité qu'il n'aurait pas ailleurs...
  • À propos de l'Affaire Dreyfus.


Pour la gauche, il n'y avait, comme on dit au Palais, pas de question: puisqu'un innocent a été condamné, il a droit à la justice et à la réparation. Les personnes de cette tendance étaient amenées à considérer comme vraisemblable qu'un officier eût été à plaisir chargé d'un crime inexistant, pour le seul motif qu'il était d'origine juive. Elles admettaient que l'État-Major, ait été le siège d'une vaste conjuration poursuivant une sorte de vengeance rituelle.
  • À propos de l'Affaire Dreyfus.


Cette alliance des fils de la Veuve avec la synagogue et les disciples de Calvin peut être considérée comme un commencement de preuve à l'appui de notre thèse. Si les membres de cette Triplice ne formaient pas une seule et même famille, sous trois noms différents, auraient-ils soutenu avec une ardeur égale la cause de Dreyfus et travaillé comme ils l'ont fait à la désorganisation de nos forces nationales?
  • À propos de l'Affaire Dreyfus.
  • La Franc-maçonnerie, Isidore Bertrand, éd. Librairie Bloud et Cie, 1903, p. 13


Quant à l'inutile débat sur l'innocence ou la culpabilité du petit capitaine-alibi, il fallait forcément que Dreyfus fût innocent pour qu'il y ait "affaire"; puisque si Dreyfus avait été juif et coupable, le monde n'en aurait pas plus entendu parler que s'il avait été innocent, mais breton.
  • Comprendre l'empire, Alain Soral, éd. éditions blanche, 2011, p. 165


S’il n’a trouvé personne pour le défendre, alors même qu’il n’était qu’un accusé, faut-il en chercher la cause dans la façon dont on a surexcité, au moment de son procès, cette fièvre obsidionale dont brûlent toutes les nations qui vivent sous le régime de la paix armée ? Cela ne serait pas suffisant pour expliquer l’incroyable acharnement qu’on a montré contre lui. Quelle est donc la raison de cette dernière attitude ? N’ai-je pas dit que le capitaine Dreyfus appartenait à une classe de parias ? Il était soldat, mais il était juif et c’est comme juif surtout qu’il a été poursuivi. C’est parce qu’il était juif qu’on l’a arrêté, c’est parce qu’il était juif qu’on l’a jugé, c’est parce qu’il était juif qu’on l’a condamné, c’est parce qu’il était juif que l’on ne peut faire entendre en sa faveur la voix de la justice et de la vérité, et la responsabilité de la condamnation de cet innocent retombe tout entière sur ceux qui l’ont provoquée par leurs excitations indignes, par leurs mensonges et par leurs calomnies. [...] Il leur a fallu un traître juif propre à remplacer le Judas classique, un traître juif que l’on pût rappeler sans cesse, chaque jour, pour faire retomber son opprobre sur toute une race ; un traître juif dont on pût se servir pour donner une sanction pratique à une longue campagne dont l’affaire Dreyfus a été le dernier acte.
  • Une erreur judiciaire. L'Affaire Dreyfus, Bernard Lazare, éd. Allia, 1993 (réédition de l'édition Stock de 1897), p. 6-7


L’antisémitisme est, à l’heure actuelle, le mouvement en qui tous les débris déchus ont placé leurs suprêmes espérances de restauration. Épaves royalistes, immondices plébiscitaires et napoléoniennes, résidus boulangistes et scories cléricales, toutes les saletés réactionnaires se sont données rendez vous dans cet égout collecteur.
  • Les Anarchistes et l'affaire Dreyfus, Sébastien Faure, éd. CNT région parisienne, 2002(réédition de l'édition Lafon de 1898), p. 73-74


Je ne peux pas, soutenant des gens qu’on attaque parce qu’ils sont catholiques, me joindre à ceux qui poursuivent des hommes parce qu’ils sont juifs. Je ne peux pas, ayant flétri les proscriptions passées, applaudir aux proscriptions futures. Je ne peux pas, enfin, m’unir à ceux qui déplorent encore l’assassinat du duc d’Enghien pour déclarer que les conseils de guerre sont aussi infaillibles que Dieu lui-même.
  • « Entre les deux », Jules Cornély, éd. Le Matin, 20 novembre 1898, p. 1


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