Europe

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Europe Supported By Africa and AmericaWilliam Blake (1796)

L’Europe est considérée comme un continent ou une partie de l’Eurasie (péninsule occidentale), voire de l’Eurafrasie, selon le point de vue. Elle est parfois qualifiée de « Vieux Continent » (ou d’« Ancien Monde »), par opposition au « Nouveau Monde » (Amériques).

Médias[modifier]

Presse[modifier]

Charles-Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 1856[modifier]

L'Europe me suffit, disait [Voltaire] un peu impertinemment, je ne me soucie guère du tripot de Paris, attendu que ce tripot est souvent conduit par l'envie, par la cabale, par le mauvais goût et par mille petits intérêts qui s'opposent toujours à l'intérêt commun.

  • Les lumières et les salons — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. Collection savoir : lettres, 1992 (ISBN 2-7056-6178-6), partie Voltaire, 20 et 27 octobre 1856. Causeries du lundi, t. XIII, p. 180


Visions de l'Europe au XIXè siècle[modifier]

Victor Hugo[modifier]

Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. Soyons l'humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie.

  • « Choses vues » (1887), dans Oeuvres complètes, Histoire, Victor Hugo, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1987, p. 1313


Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue.

  • « Ateliers nationaux » (20 juin 1848), dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, vol. Actes et paroles. I, partie Assemblée constituante, p. 214 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


Gustave Le Bon[modifier]

Il semblera toujours humiliant à certains esprits de songer que c'est à des infidèles que l'Europe chrétienne doit d'être sortie de la barbarie, et une chose si humiliante en apparence ne sera que bien difficilement admise. [...] Par leur influence morale, [les Arabes] ont policé les peuples barbares qui avaient détruit l'empire romain ; par leur influence intellectuelle, ils ont ouvert à l'Europe le monde des connaissances scientifiques, littéraires et philosophiques qu'elle ignorait, et ont été nos civilisateurs et nos maîtres pendant six cents ans.

  • La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, Livre cinquième, chapitre dixième, Civilisation de l'Europe par les Arabes, p. 442


Jules Michelet[modifier]

L'Allemagne et l'Angleterre, comme race, comme langue et comme instinct, sont étrangères à la grande tradition du monde, romano-chrétienne et démocratique. [...] Observez bien ces peuples, vous y trouverez, au physique, au moral, un désaccord de vie et de principe que n'offre pas la France, et qui [...] doit empêcher toujours le monde d'y chercher ses modèles et ses enseignements.

  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 282


Ce qu’il y a de moins simple, de moins naturel, de plus artificiel, c’est-à-dire de moins fatal, de plus humain et de plus libre dans le monde, c’est l'Europe; de plus européen, c'est ma patrie, c'est la France.

  • Jules Michelet. Introduction à l’histoire universelle, 1834. Cité par :
  • L’invention des continents, Christian Grataloup, éd. Larousse, 2009, p. 11


Ernest Renan[modifier]

Ce fut par ces traductions arabes des ouvrages de science et de philosophie grecque que l'Europe reçut le ferment de tradition antique nécessaire à l'éclosion de son génie.

  • Discours et conférences, Ernest Renan, éd. C. Lévy, 1887, L'Islamisme et la Science (conférence prononcée à la Sorbonne, en 1883), p. 387


Visions de l'Europe au début du XXè siècle[modifier]

Jules Romains (1915)[modifier]

Europe ! Je n’accepte pas
Que tu meures dans ce délire.
Europe, je crie qui tu es
Dans l’oreille de tes tueurs.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 748


Le passé de l'Europe[modifier]

Luigi Luca Cavalli-Sforza[modifier]

Actuellement, la conclusion la plus vraisemblable est que la population européenne est composée pour un tiers des descendants d'individus originaires du Moyen-Orient et pour le reste par les descendants de paléolithiques, qui étaient établis sur le continent à l'époque ou sont arrivés les agriculteurs. Cette proportion peut varier beaucoup d'une partie de l'Europe à l'autre.

  • La génétique des populations, histoire d'une découverte (2005), Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Odile Jacob, 2008, chap. La révolution néolithique et le peuplement, p. 213


Thierry Camous[modifier]

De 1492 date une nouvelle conception fondatrice de l'Occident, une vision politico-religieuse de l'exclusion et de la possession. Il s'appuie à la Renaissance sur un mythe coriace, celui de l'« exclusivité fondatrice de la source gréco-romaine ». Comme si le monde ne devait rien à Sumer, à l'Egypte, à Babylone, à l'Inde ou à la Chine, comme si le judaïsme ou le christianisme n'avaient pas une dette fondamentale envers les antiques religions de Mésopotamie ! Evacué aussi, le rôle fondamental des philosophes musulmans dans l'adaptation de la philosophie antique au monothéisme.

  • Orients / Occidents, vingt-siècles de guerres, Thierry Camous, éd. PUF, 2007, p. 422


Michel Chasles[modifier]

Depuis le VIIIe siècle jusqu'au XIIe siècle, l'Europe demeura plongée dans une ignorance profonde. L'amour et la culture des sciences furent concentrées pendant ce long intervalle chez un seul peuple, les Arabes de Bagdad et de Cordoue. C'est à eux que nous avons dû la connaissance des ouvrages grecs qu'ils avaient traduits pour leur usage, et qu'ils nous ont transmis, longtemps avant qu'ils nous parvinssent dans leur langue originale. Jusqu'à ces derniers temps, on a pensé que c'était là la seule obligation que nous eussions aux Arabes ; et l'on a négligé de rechercher et d'étudier leurs propres ouvrages, pensant que l'on n'y devait trouver rien d'original, ni d'étranger aux doctrines et à l'érudition grecques. C'est une erreur sur laquelle on revient aujourd'hui, surtout depuis qu'on connaît les ouvrages hindous, et que l'on sait que les Arabes y ont puisé les principes du calcul algébrique qui les distingue essentiellement des ouvrages grecs.

  • Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie, Michel Chasles, éd. Hayez, 1837, p. 487-488


Marcel Detienne [modifier]

Non « notre histoire » ne commence pas avec les Grecs. Elle est infiniment plus vaste qu'un hexagone et la foi de son clergé.

  • Allusion au fameux manuel Lavisse qui écrivait dans ses Instructions « notre histoire commence avec les Grecs »
  • Les Grecs et nous : Une anthropologie comparée de la Grèce ancienne, Marcel Detienne , éd. Perrin, 2005, p. 26


Samuel Huntington[modifier]

Entre le XIe et le XIIIe siècle, la culture européenne a commencé a se développer, sous l'effet de l'emprunt systématique à la culture musulmane et byzantine, et de l'adaptation de cet héritage au contexte particulier et aux besoins de l'Occident.

  • Le choc des civilisations (The Clash of Civilisations) (1996), Samuel Huntington, éd. Odile Jacob, 2007, p. 49


Frédéric Lenoir[modifier]

A strictement parler, les racines de l'Europe ne sont pas chrétiennes. Elles sont grecques, juives, romaines, celtes... et plus lointainement encore égyptiennes, mésopotamiennes, perses...[...] L'expression est impropre et laisse à penser que les sources antiques sont niées. Il serait plus approprié de parler de rôle déterminant du christianisme dans la construction de l'identité européenne.[...] Ce qui fonde le lien social et la citoyenneté européenne aujourd'hui, ce n'est plus la foi chrétienne, mais la raison et le droit laïc.


Henri-Irénée Marrou [modifier]

Le christianisme africain a été l'agent combien fécond, combien efficace, d'un transfert de culture du sud au nord, d'Afrique en Europe. [...] Je crois que vous devriez, vous Maghrébins [...], vous devriez être assez fiers de cela, d'avoir offert à l'Europe ces maîtres qui l'ont formée [...] qu'ils s'appellent Tertullien, Cyprien, Augustin [...]. De l'Andalousie et de la Campanie jusqu'à l'Angleterre, la chrétienté latine tout entière, l'Europe occidentale tout entière a été de la sorte fécondée, éduquée, cultivée par vos ancêtres selon la chair, sinon l'esprit, vos pères, chers amis maghrébins.

  • Actes du Deuxiem̀e congres international d'étude des cultures de la mediterranée occidentale, Henri Irénée Marrou, éd. Société nationale d'édition et de diffusion, 1978, vol. 2, p. 173-176


Edgar Morin[modifier]

L'Europe moderne se forme en perdant le Monde Ancien (chute de Byzance, 1453), en découvrant le Nouveau Monde (1492), et en changeant de Monde (Copernic, 1473-1543). Deux siècles plus tard, elle va changer le Monde.

  • Penser l'Europe (1987), Edgar Morin, éd. Gallimard, 1987, p. 44


Simone Weil[modifier]

La civilisation européenne est une combinaison de l'esprit d'Orient avec son contraire, combinaison dans laquelle l'esprit d'Orient doit entrer dans une proportion assez considérable.

  • (fr) Notre passé nous vient en grande partie d'Orient. C'est devenu un lieu commun de dire que notre civilisation, étant d'origine gréco-latine, s'oppose à l'Orient. [...] Nous n'avons reçu des Latins que la notion d'État [...]. Dans tout autre domaine, leur apport créateur a été nul. Quant aux Grecs, source authentique de notre culture, ils avaient reçu ce qu'ils nous ont transmis. [...] Hérodote est on ne peut plus clair à ce sujet. Il y avait, avant les temps historiques, une civilisation méditerranéenne dont l'inspiration venait avant tout d'Égypte [...] L'origine orientale du christianisme est évidente. [...] Quant au moyen âge, les moments brillants du moyen âge ont été ceux ou la culture orientale est venue de nouveau féconder l'Europe, par l'intermédiaire des Arabes [...]. La Renaissance aussi a été en partie causée par le stimulant des contacts avec Byzance. [...] Il est exact qu'il y a en Europe quelque chose qui s'oppose à l'esprit d'Orient, quelque chose de spécifiquement occidental. Mais ce quelque chose se trouve à l'état pur et à la deuxième puissance en Amérique et menace de nous dévorer. La civilisation européenne est une combinaison de l'esprit d'Orient avec son contraire, combinaison dans laquelle l'esprit d'Orient doit entrer dans une proportion assez considérable. Cette proportion est loin d'être réalisée aujourd'hui. Nous avons besoin d'une injection d'esprit oriental.
  • « À propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français » (1943), dans Écrits historiques et politiques, Simone Weil, éd. Gallimard, 1960, p. 372-373


Les religions de l'Europe (dans l'Europe)[modifier]

Passé judéo-chrétien[modifier]

Maurice-Ruben Hayoun[modifier]

Ce qu'il faut répéter avec force, c'est que l'Europe a d'indéniables racines judéo-chrétiennes et que la véritable loi fondamentale de l'Europe, sa constitution spirituelle, n'est autre que le Décalogue biblique, véritable charte de l'humanité civilisée. Il y a là un lien indéfectible qu'il n'appartient à personne de défaire.

  • L'identité juive et la culture européenne, Maurice-Ruben Hayoun, éd. Pocket, 2010, p. Quatrième de couverture


Henri Tessier[modifier]

Les Européens doivent apprendre qu’une partie notable de leurs racines chrétiennes latines se trouvent au sud de la Méditerranée. Et les habitants du Maghreb doivent aussi connaître le rôle qu’ont joué leurs ancêtres dans une tradition culturelle et religieuse qui leur apparaît aujourd’hui comme une réalité totalement étrangère à leur terre. Cette prise de conscience peut avoir aussi son importance pour les jeunes Églises d’Afrique qui regardent leurs sources spirituelles comme uniquement européennes, oubliant non seulement les origines orientales de la Bible et les développements de la patristique orientale, mais aussi le rôle de l’Afrique romaine. Le professeur Claude Lepelley réfléchissant sur notre sujet, n’hésite pas à exprimer sa position sous cette forme paradoxale: «Le christianisme occidental n’est pas né en Europe, mais au sud de la Méditerranée». Cette affirmation qui peut étonner est pourtant largement étayée par l’histoire.


Nicolas Sarkozy[modifier]

Il est certain que les valeurs chrétiennes ont été civilisatrices en Europe et leur influence dominante.

  • La République, les religions, l'espérance, Nicolas Sarkozy, éd. Éditions du Cerf, 2004 (ISBN 2-266-15708-6), p. 180


Ce fut une erreur de tourner le dos à notre passé et de renier, d’une certaine façon, des racines qui sont évidentes. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’on remet en cause la laïcité, il suffit de survoler la France pour voir ce long manteau d’églises ! Dire qu’en Europe il y a des racines chrétiennes, c’est tout simplement faire preuve de bon sens, renoncer à le dire, c’est tourner le dos à une réalité historique. Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir.

  • Nicolas Sarkozy, 30 janvier 2008, dans la-Croix.com, paru 31 janvier 2008.


Passé musulman[modifier]

John William Draper[modifier]

On ne saurait trop déplorer que la littérature européenne ait systématiquement cherché à nous faire oublier nos obligations scientifiques envers les mahométans. Il est certainement temps que nous les reconnaissions. Une injustice, fondée uniquement sur la haine religieuse et sur l'orgueil national, ne peut durer éternellement.

  • Histoire du développement intellectuel de l'Europe, John William Draper (trad. L. Aubert), éd. A. Lacroix, Verboeckhoven et cie, 1868, p. 308


Charles de Galles[modifier]

Une grande partie des traits dont s'enorgueillit l'Europe moderne lui sont venues de l'Espagne musulmane. La diplomatie, la liberté du commerce, l'ouverture des frontières, les techniques de recherches universitaires, d'anthropologie, l'étiquette, la mode, divers types de médecine, les hôpitaux, tous venaient de cette grande ville entre toutes. [...] L'étonnant est l'importance que l'Islam a longtemps eue en Europe, d'abord en Espagne, puis dans les Balkans, et la mesure de sa contribution à une civilisation que nous tous identifions trop souvent, et à tort, comme uniquement occidentale. L'Islam fait partie de notre passé et de notre présent, dans tous les domaines de l'entreprise humaine. Il a aidé à créer l'Europe moderne. Il fait partie de notre propre héritage et ne s'en distingue pas.

  • (en) Many of the traits on which modern Europe prides itself came to it from Muslim Spain. Diplomacy, free trade, open borders, the techniques of academic research, of anthropology, etiquette, fashion, various types of medicine, hospitals, all came from this great city of cities. [...] The surprise is the extent to which Islam has been a part of Europe for so long, first in Spain, then in the Balkans, and the extent to which it has contributed so much towards the civilisation which we all too often think of, wrongly, as entirely Western. Islam is part of our past and our present, in all fields of human endeavour. It has helped to create modern Europe. It is part of our own inheritance, not a thing apart.
  • Charles de Galles (trad. Wikiquote), 27 octobre 1993, Oxford Centre for Islamic Studies , The Sheldonian Theatre, Oxford, dans Islam and the West, paru Site officiel du Prince de Galles (www.princeofwales.gov.uk), Charles de Galles.


Jack Goody[modifier]

La civilisation musulmane tient depuis longtemps une place prépondérante en Europe, ou elle s'est d'abord imposée en Espagne et dans le monde méditerranéen dès le VIIe siècle, pour ensuite pénétrer les pays de l'Est au XIVe siècle, et poursuivre sa percée jusque dans les steppes du Nord.

  • L'Islam en Europe, Jack Goody, éd. La Découverte, 2004, p. 16


L'islam n'a jamais été l'Autre de l'Europe, l'Orient, mais une composante des Européens, qui fait partie intégrante non seulement de notre passé, mais aussi de notre présent, dans la Méditerranée, dans les Balkans, à Chypre, en Russie. Nous devons prendre la mesure de son importance et accepter ce lien, même si son influence a eu une forte coloration religieuse qui peut nous déplaire.

  • L'Islam en Europe, Jack Goody, éd. La Découverte, 2004, p. 103


René Guénon[modifier]

La plupart des Européens n’ont pas exactement évalué l’importance de l’apport qu’ils ont reçu de la civilisation islamique, ni compris la nature de leurs emprunts à cette civilisation dans le passé et certains vont jusqu’à totalement méconnaître tout ce qui s’y rapporte. [...] s'il est généralement connu que l'Espagne est restée sous la loi islamique pendant plusieurs siècles, on ne dit jamais qu'il en fut de même d'autres pays, tels que la Sicile et la partie la plus méridionale de la France actuelle. [...] Le plus étrange [...], c'est de voir les Européens se considérer comme les héritiers directs de la civilisation héllénique, alors que la vérité des faits infirme cette prétention. La réalité tirée de l'histoire même établit que la science et la philosophie grecques ont été transmises aux Européens par des intermédiaires musulmans. En d'autre termes, le patrimoine intellectuel des Héllènes n'est parvenu à l'Occident qu'après avoir été sérieusement étudié par le Proche-Orient, et n'étaient les savants de l'Islam et ses philosophes, les Européens seraient restés dans l'ignorance totale de ces connaissances pendant fort longtemps, si tant est qu'ils soient jamais parvenus à les connaitre. Il convient de faire remarquer que nous parlons ici de l'influence de la civilisation islamique et non spécialement arabe comme on le dit quelquefois à tort. Car la plupart de ceux qui ont exercé cette influence en Occident n'étaient pas de race arabe.

  • Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le taoïsme, René Guénon, éd. Gallimard, 1973, Influence de la civilisation islamique en Occident (1950), p. 76-77


Georg Wilhelm Friedrich Hegel[modifier]

La science et les connaissances, notamment philosophiques, sont venues en Occident de chez les Arabes.


Évariste Lévi-Provençal[modifier]

La dette de l'Europe envers l'Espagne musulmane est d'une importance presque sans égale. Ce foyer de haute culture qu'était Al-andalus fut un trésor inestimable pour l'Europe médiévale. Il lui rendit accessible des outils culturels et scientifiques comme le système positionnel des chiffres (les chiffres arabes), les fonctions matématiques trigonométriques, une science médicale déjà bien avançée (qui n'était que la version arabe des sciences médicales grecques classiques, mais une version développée), et tant d'autres choses encore, parmi lesquelles de nombreuses traductions. Puis vint la Renaissance et les grandes découvertes maritimes, véritable amorce des Temps modernes, engendrant le siècle des Lumières et tout ce qui suivit : tout cela n'aurait pas été possible sans les apports de l'Espagne musulmane.


William Montgomery Watt[modifier]

Parce qu’elle s’opposait à l’islam, l’Europe a déprécié l’influence des Sarrasins et mis exagérément l’accent sur sa dépendance à l’égard de l’héritage grec et romain. Il importe donc aujourd’hui pour nous de corriger cette orientation erronée et de reconnaître pleinement notre dette envers le monde arabe et musulman.

  • (en) Because Europe was reacting against Islam it belittled the influence of Saracens and exaggerated its dependence on its Greek and Roman heritage. So today an important task for us is to correct this false emphasis and to acknowledge fully our debt to the Arab and Islamic world.
  • Islamic surveys: the influence of Islam on medieval Europe, William Montgomery Watt (trad. Wikiquote), éd. Edinburgh University Press, 1973, p. 84


Races et migrations[modifier]

Madison Grant[modifier]

Au point de vue zoologique, depuis le début de l'époque tertiaire, l'Afrique du Nord, au nord du Sahara, fait partie de l'Europe. Cela est vrai à la fois des animaux et des races humaines. Les Berbères de l'Afrique du Nord sont identiques comme race aux Espagnols et aux Italiens du Sud.

  • Le déclin de la Grande Race (1916), Madison Grant, éd. L'Homme Libre, 2002, chap. V-La race méditerranéenne, p. 137


Marc Sauter [modifier]

[L]es politiciens occidentaux empruntent à l'histoire les arguments contradictoires qui leur permettent d'englober dans l'Europe ou au contraire d'en rejeter la Russie, comme aussi de faire appel à la solidarité européenne de la Turquie. [...] Pour l'anthropologiste, les frontières que tracent le géographe et l'historien ne signifient pas grand-chose. On s'en sera bien rendu compte en parcourant la première partie de notre ouvrage ; malgré notre volonté délibérée de limiter notre présentation à la seule Europe, nous avons à de nombreuses reprises été obligés de chercher au-dehors du territoire de celle-ci, en Asie occidentale et en Afrique du nord. En fait, sur le plan anthropologique, l'Europe déborde largement les mers méridionales, la chaîne du Caucase et les steppes russes pour englober toute une humanité. Racialement, l'Europe est partout où la peau de l'homme est blanche.

  • Les Races de l'Europe (1952), Marc Sauter , éd. Payot, 1952, p. 179-180


Emmanuel Todd[modifier]

L'Europe, démographiquement déprimée par sa faible fécondité, a besoin d'immigrés. L'installation d'étrangers sur son sol est l'une des conditions de sa survie.

  • L'invention de l'Europe, Emmanuel Todd, éd. Seuil, 1996, p. 612


Tzvetan Todorov[modifier]

L'Europe a toujours énormément emprunté (et prêté) à ses voisins. Pour ce qui concerne l'apport des populations habitant les rives du sud de la Méditerranée, on peut à peine parler d'extériorité. Les terres d'Afrique du Nord font partie de l'Empire romain, et les Berbères qui les habitent fournissent à ce dernier des empereurs comme, plus tard, des Pères de l'Eglise. Dans l'Espagne occupée par les Maures s'épanouit une civilisation musulmane tolérante, par l'intermédiaire de laquelle passe aux autres Européens une bonne partie de l'héritage grec classique.

  • La peur des barbares, Tzvetan Todorov, éd. robert Laffont, 2008, p. 257


Ce qu’est ou n’est pas l'Europe[modifier]

Ulrich Beck[modifier]

L'Union européenne n'est ni un club de chrétiens, ni une communauté transcendantale d'origine. Seule une image de l'homme et de la culture non anthropologique, antiontologique, radicalement ouverte, obéissant à des procédures déterminées, et donc politiquement pragmatique, mérite d'être qualifiée d'"européenne". [...] Ceux qui veulent laisser les Turcs en dehors de l'Union découvrent l'enracinement de l'Europe dans l'Occident chrétien. Seuls ceux qui de tout temps ont fait partie de cette "communauté occidentale de destin" font partie des "nôtres". Les autres sont les Autres exclus de l'Europe. Dans cette vision du monde, tout homme a une patrie, la sienne, et il ne peut la choisir : elle lui est innée et obéit à la géographie des nations et des stéréotypes qui la dominent. [...] Même lorsqu'on parle avec bienveillance de "dialogue des cultures", cette conception territoriale grave, fausse, dangereuse, des cultures continue à hanter les esprits : comme si "l'Islam" et "l'Occident" existaient dans des espaces esclusifs devant enfin chercher à nouer un dialogue. Ou est passé "Londistan" - la métrople de l'islam en dehors du monde islamique ? Ou sont les musulmans occidentaux, la bourgeoisie arabe, les chrétiens d'Orient, les Arabes israéliens, les deuxième et troisième génération d'immigrants musulmans dans tous les pays occidentaux, etc ? [...] Ceux qui veulent réinventer l'Occident chrétien pour marquer les frontières de l'Europe font de l'Europe une religion, presque une race, et dénaturent complètement le projet des Lumières européennes.

  • Qu'est-ce que le cosmopolitisme ?, Ulrich Beck, éd. Flammarion, 2006, p. 320-321


Sophie Bessis[modifier]

L'Europe moderne, qui ne commence vraiment à se concevoir comme telle que dans le courant du XVIe siècle, s'invente d'abord une série de mythes, dont chacun est assis sur un rejet. [...] le mythe de l'exclusivité fondatrice de la source gréco-romaine fonctionne [...] comme une implacable machine à expulser les sources orientales ou non chrétiennes de la civilisation européenne. Effacées, les influences babyloniennes, chaldéennes, égyptiennes et indiennes qui ont irrigué la Grèce [...]. Ignoré, l'immense prestige qu'a constamment connu l'Égypte dans le monde grec dont les lettrés reconnaissent volontiers ce qu'ils doivent à ses sciences et à sa religion. Occultée, la dimension essentielle de l'époque hellénistique, ce métissage de l'hellénisme et des Orients. Passée sous silence, la pluralité culturelle d'un Empire romain pour qui les Barbares étaient les hommes venus du Nord et non les peuples familiers de la rive sud de la Méditerranée. Enfin, la volonté têtue des penseurs de la Renaissance de se fabriquer une filiation directe avec leurs ancêtres athéniens leur permet d'oublier comment ils en ont retrouvé la trace. À l'expulsion physique de l'islam du territoire politique de l'Europe occidentale correspond l' expulsion de la pensée judéo-musulmane du territoire intellectuel européen. [...] Grâce à ses humanistes qui lui fabriquent un passé largement imaginaire et décident de quoi sont faits ses héritages, l'Europe nouvelle s'invente des frontières au-delà desquelles est rejeté tout ce qui est supposé n'être ni gréco-romain ni chrétien.

  • L'Occident et les autres : Histoire d'une suprématie, Sophie Bessis, éd. La Découverte, 2003, p. 17


Rémi Brague[modifier]

L'Europe doit ainsi prendre conscience de l'immensité de la dette culturelle qu'elle a envers ces truchements (c'est d'ailleurs un mot arabe...) : envers les Juifs, en dehors d'elle comme en son intérieur, ainsi qu'envers le monde de culture arabe, chrétiens comme musulmans.

  • (fr) Il est en tout cas salutaire de se rappeler l'humilité de ses origines. Non pour mesurer avec satisfaction la distance parcourue. Mais pour savoir à quoi et à qui on doit d'avoir accompli ces progrès. Il existe un devoir de réminiscence. Il est bon aussi de rappeler d'ou l'Europe a tiré les sucs nourriciers dont elle s'est engraissée. La réponse est simple : elle les a pris en dehors d'elle. Elle les a empruntés au monde gréco-romain qui l'a précédée, puis au monde de culture arabe qui s'est développé en parrallèle avec elle, enfin au monde byzantin. C'est du monde arabe, en particulier, que sont venus les textes arabes d'Aristote, de Galien, et de bien d'autres, qui, traduits en latin, ont nourri la Renaissance du XIIe siècle. C'est du monde byzantin que vinrent les originaux de ces mêmes textes, qui en permirent une étude plus précise et alimentèrent la floraison scholastique du XIIIe siècle. Que serait Thomas d'Aquin s'il n'avait trouvé en Averroès un adversaire à sa mesure ? Que serait Duns Scott s'il n'avait trouvé en Avicenne, pour reprendre la formule de Gilson, un "point de départ" ? Et bien des textes dont l'Europe s'est nourrie lui sont venues par l'intermédiaire des traducteurs juifs. L'Europe doit ainsi prendre conscience de l'immensité de la dette culturelle qu'elle a envers ces truchements (c'est d'ailleurs un mot arabe...) : envers les Juifs, en dehors d'elle comme en son intérieur, ainsi qu'envers le monde de culture arabe, chrétiens comme musulmans.
  • Au moyen du Moyen Age : Philosophies médiévales en chrétienté, judaïsme et islam, Rémi Brague, éd. Transparence, 2006, Les leçons du Moyen Age, p. 52


Kemal Dervis[modifier]

Trop d'efforts sont gaspillés dans de vaines tentatives pour définir une "identité européenne" qui recréerait, au niveau continental, un nationalisme semblable à celui du 19ème et du 20ème siècle. Il est vain de vouloir définir un nouveau "nationalisme européen" qui remplacerait le nationalisme français, allemand ou tout autre nationalisme du passé. La langue, l'Histoire, les coutumes et les goûts locaux font de "l'euro-nationalisme" un objectif peu crédible. Un Espagnol de Séville, un Suédois d'Umeö et un Grec de Crète peuvent-ils partager la même allégeance nationaliste envers l'Union européenne, une allégeance du même type que celle qui existait envers les Etats-nations? Est-ce même souhaitable? Voulons-nous recréer au niveau du continent les passions qui ont conduit à tant de conflits meurtriers dans le passé ? Une partie de l'opinion a considéré que le christianisme pouvait être le ciment de la construction de l'identité européenne. Devons-nous abandonner l'un des plus grands succès des Lumières (la séparation de l'Etat et de l'Eglise) pour créer un "euro-nationalisme" basé sur la religion? Doit-elle se définir d'une manière qui va dans le sens du "choc des civilisations" et des grandes fractures religieuses, alors que le monde est de plus en plus interdépendant? L'Europe doit-elle considérer son avenir avec un regard nostalgique à l'égard d'un passé lourd de souffrances ou doit-elle, à l'inverse, en attendre des relations pacifiées, débarrassées des "identités meurtrières", pour emprunter l'expression d'Amin Maalouf ?


Geert Mak[modifier]

Il n'y a pas de peuple européen. Il n'existe pas de communauté unique de culture et de traditions [...]; il y en a au moins quatre : la protestante du Nord, la catholique latine, la grecque orthodoxe et l'ottomane musulmane. Point de langue unique, mais des dizaines d'idiomes. [...] Et surtout : il n'y a en Europe que très peu d'Histoire commune, d'expérience commune de l'Histoire.

  • Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle, Geert Mak, éd. Gallimard, 2004, Epilogue, p. 956


Paul Veyne[modifier]

Notre Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l'homme, de la liberté de penser, de la liberté sexuelle, du féminisme, du socialisme ou de la réduction des inégalités. Toutes choses qui sont étrangères et parfois opposées au catholicisme d'hier et d'aujourd'hui. La morale chrétienne, elle, prêchait l'ascétisme, qui nous est sorti de l'esprit, l'amour du prochain (vaste programme, resté vague) et nous enseignait de ne pas tuer ni voler, mais tout le monde le savait déjà. Tranchons le mot : l'apport du christianisme à l'Europe actuelle, qui compte toujours une forte proportion de chrétiens, se réduit presque à la présence de ceux-ci parmi nous. S'il fallait absolument nous trouver des pères spirituels, notre modernité pourrait nommer Kant et Spinoza. [...] L'Europe n'a pas de racines, chrétiennes ou autres, elle s'est faite par étapes imprévisibles, aucune de ses composantes n'étant plus originales qu'une autre. Elle n'est pas préformée dans le christianisme, elle n'est pas le développement d'un germe, mais le résultat d'une épigénèse. Le christianisme également du reste.


Limites géographiques de l'Europe[modifier]

Christian Grataloup[modifier]

On peut, certes, remarquer que Chypre ou Malte ne sont peut-être pas si évidemment européennes. Chypre pourrait être raisonnablement considérée comme asiatique et Malte comme africaine.

  • L’invention des continents, Christian Grataloup, éd. Larousse, 2009, p. 14


Si les limites de l’Europe semblent partout ambiguës, il est a moins un point où elles ne sont généralement pas contestées : le détroit de Gibraltar. Cette limite est cependant un effet de la Reconquista ibérique qui ne réussit pas, malgré ses efforts (…), à se poursuivre au sud du détroit.

  • L’invention des continents, Christian Grataloup, éd. Larousse, 2009, p. 24


Jacques Le Goff[modifier]

On ne peut faire l’Europe sans s’appuyer sur la géographie et l’Histoire. Certes, les frontières géographiques de l’Europe ne sont pas données une fois pour toutes. Mais, si on fait aller l’Europe jusqu’à l’Irak, pourquoi ne pas y intégrer le Proche-Orient, l’Afrique du Nord, l’Europe de l’Est au moins jusqu’au Caucase ? La considération géographique laisse une marge aux Européens mais leur montre aussi ce qui serait une absurdité. Quant à l’Histoire, elle permet de faire de l’Europe autre chose qu’un espace de libre-échange. Une communauté culturelle qui vient de loin s’est lentement constituée. L’Europe n’est pas vieille, elle est ancienne. Et l’ancienneté bien utilisée est un atout pour construire un avenir. Évoquer l’Histoire pour promouvoir une Europe culturelle n’est pas revenir à la religion. La Turquie est à maintenir en dehors de l’Europe non pas parce qu’elle est musulmane, laïcisée d’ailleurs, mais parce qu’elle n’est pas européenne. La Bosnie, l’Albanie, musulmanes, sont européennes et feront partie de l’Europe dans un avenir plus ou moins proche.

  • Jacques Le Goff, 3 mai 2004, Interview de Jacques Le Goff recueillie par Jean Quatremer, dans Libération, paru 3 mai 2004.


Europe et Turquie[modifier]

Christian Grataloup[modifier]

Valéry Giscard d’Estaing, en affirmant de la Turquie, le 7 novembre 2002, que « sa capitale n’est pas en Europe, qu’elle a 95% de sa population hors d’Europe, donc que ce n’est pas un état européen », a provoqué un débat public.

  • L’invention des continents, Christian Grataloup, éd. Larousse, 2009, p. 13


Actualité et futur de l’Europe[modifier]

Marcello De Angelis[modifier]

Notre continent devra opérer ce choix crucial et historique : ou bien il restera ce volet oriental du Gros-Occident, niant de ce fait sa propre spécificité, diluant progressivement sa propre identité dans une sur-modernité qui la condamnera à demeurer terre de conflits et zone frontalière, limes face à l'Est et face à l'Islam pour protéger les intérêts et la survie d'une puissance impériale d'au-delà de l'océan; ou, alors, l'Europe se réveillera et retrouvera une nouvelle dimension, qui est tout à la fois sa dimension la plus ancienne; (...) elle rompra les liens de subordination qui l'entravent et partira de l'avant, redevenant ainsi maîtresse de son destin.


Albert Einstein[modifier]

La création des États-Unis d'Europe est une nécessité si l'on considère la situation économique et technique. Savoir si l'union suffira à la paix et à la sécurité ne peut être prédit par quiconque avec certitude, mais je pense qu'un "oui" est plus probable qu'un "non".


Patrick J. Geary[modifier]

Les peuples de l'Europe sont une réalité en train de se former, un projet en cours : il faut qu'ils gardent éternellement ce statut.

  • Quand les nations refont l'histoire, Patrick J. Geary, éd. Flammarion, 2004, p. 200


L'histoire des peuples européens ne s'est pas arrêtée et ne s'arrêtera jamais. L'ethnogenèse concerne autant le présent et l'avenir que le passé. Malgré tous leurs efforts, les romantiques, les hommes politiques et les spécialistes de sciences sociales ne parviendront jamais à figer une fois pour toutes ce qu'il y a d'essentiel dans l'âme d'un peuple ou d'une nation. Rien ne peut garantir que les nations, les groupes ethniques et les communautés d'aujourd'hui ne disparaitront pas totalement un jour. Le passé a peut-être défini les paramètres dans le cadre desquels il est possible de construire l'avenir, mais le passé ne peut pas déterminer la réalité de cet avenir. Les peuples d'Europe, comme les peuples d'Afrique, d'Amérique et d'Asie, sont des produits de l'histoire en perpétuel renouveau, non les atomes de l'histoire.

  • Quand les nations refont l'histoire, Patrick J. Geary, éd. Flammarion, 2004, p. 221


Dominique Moïsi[modifier]

L’Europe, en pleine crise identitaire, se bat pour la survie de l’euro. Elle est plus encline à se protéger du monde qu’à agir sur lui.

  • « Les nouvelles puissances mondiales », Dominique Moïsi, Ouest-France, 28 décembre 2010, p. 1


Franz Ludwig Schenk Graf von Stauffenberg[modifier]

Les "représentants du peuple" livrent l'Europe au pouvoir des fonctionnaires au lieu de soumettre le pouvoir au droit.

  • « L'Union européenne et l'Etat de droit », Franz Ludwig Schenk Graf von Stauffenberg, Exposés à l'occasion de la 24e assemblée générale ordinaire de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) du 25 avril 2009 à l'hôtel national à Berne., Juillet 2009, p. 15


Fraction[modifier]

(...) nous n'oublions pas que le système capitaliste détient une part importante de responsabilité dans la situation actuelle. La politique soutenue par le grand patronat a en effet provoqué des résultats désastreux qu'il convient de dénoncer: déculturation, explosion de la délinquance, misère sociale et chaos ethnique. Ce CD est, en définitive, un véritable appel à la reconquête spirituelle, ethnique et territoriale de la nation européenne.

  • Entrevue du groupe Fraction par la revue Devenir: à propos de leur mini-cd Reconquista de 2001.
  • « Fraction passe à l'interrogatoire », La rédaction, Devenir (revue) (ISSN 1376-0262), nº 21, été 2002, p. 31-32


François Ryssen[modifier]

Défigurée par la sous-culture américaine, tenue fermement en laisse par la diplomatie anglo-saxonne, minée de l'intérieur par une immigration massive, agressée militairement par l'Islam à sa périphérie, trahie en permanence par ses gouvernements, l'Europe, à l'heure de la monnaie unique, tel un gros pachyderme blessé, semble n'avoir qu'une envie: celle de s'étendre dans la boue et d'attendre la mort.

  • « La machine de guerre démocratique », François Ryssen, Jeune Résistance (ISSN 1279 - 4759), nº 25, hiver 2001, p. 5


Amin Maalouf[modifier]

Forger l’Europe nouvelle, c’est forger une nouvelle conception de l’identité, pour elle, pour chacun des pays qui la composent, et un peu aussi pour le reste du monde.

  • Les Identités meurtrières, Amin Maalouf, éd. Le Livre de Poche, 1998, p. 186


L'Europe vue de loin[modifier]

Patrick Cauvin[modifier]

L’Europe... Il n’avait jamais compris, c’était un fatras lointain de musiques bruyantes, de ponts de pierre, de jardins travaillés, une application mesquine à conjuguer les nostalgies, la vitesse, le progrès.

  • Cette phrase est mise dans la bouche (ou plutôt dans la pensée) d'un Hindou.
  • Le sang des roses, Patrick Cauvin, éd. Albin Michel, 2002, p. 220


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