Presse

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La presse écrite désigne, d'une manière générale, l'ensemble des moyens de diffusion de l’information écrite, ce qui englobe notamment les journaux quotidiens, les publications périodiques et les organismes professionnels liés à la diffusion de l'information.

Théâtre[modifier]

Coluche[modifier]

Il parait que la presse a tué un ministre. Par rapport à ceux qu'elle fait vivre, c'est pas très grave.
  • La politique, Coluche, album Coluche : l’intégrale, vol. 3, 1989 chez Carrère.


Littérature[modifier]

Roman[modifier]

Albert Camus, La peste, 1947[modifier]

La presse, si bavarde dans l'affaire des rats, ne parlait plus de rien. C'est que les rats meurent dans la rue et les hommes dans leur chambre. Et les journaux ne s'occupent que de la rue.
  • La Peste (1947), Albert Camus, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1994  (ISBN 2-07-036042-3), p. 39


Critique[modifier]

Charles-Augustin Sainte-Beuve, Portraits contemporains, 1839[modifier]

En province, à Paris même, si l'on n'y est pas plus ou moins mêlé, on ignore ce que c'est au fond que la presse, ce bruyant rendez-vous, ce poudreux boulevard de la littérature du jour, mais qui a, dans chaque allée, ses passages secrets.
  • Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. « Collection savoir : lettres », 1992  (ISBN 2-7056-6179-4), partie De la littérature industrielle, 1er septembre 1839. Portraits contemporains, t. II, p. 185


L'état actuel de la presse quotidienne, en ce qui concerne la littérature, est, pour trancher le mot, désastreux. Aucune idée morale n'étant en balance, il est arrivé qu'une suite de circonstances matérielles a graduellement altéré la pensée et en a dénaturé l'expression. L'annonce naquit et elle passa vite aux prodiges. Les conséquences de l'annonce furent rapides et infinies. On eut beau vouloir séparer dans le journal ce qui restait consciencieux et libre de ce qui devenait public et vénal : la limite du filet fut bientôt franchie. La réclame servit de pont. Comment condamner à deux doigts de distance, qualifier détestable et funeste ce qui se proclamait et s'affichait, deux doigts plus bas, comme la merveille de l'époque ? L'attraction des majuscules croissantes de l'annonce l'emporta: ce fut une montagne d'aimant qui fit mentir la boussole. Afin d'avoir en caisse le profit de l'annonce, on eut de la complaisance pour les livres annoncés ; la critique y perdit son crédit.
  • Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. « Collection savoir : lettres », 1992  (ISBN 2-7056-6179-4), partie De la littérature industrielle, 1er septembre 1839. Portraits contemporains, t. II, p. 186


Essai[modifier]

Alexandre Soljenitsyne, Le déclin du courage, 1978[modifier]

Et, avec tout cela, la presse est devenue la force la plus importante des États occidentaux, elle dépasse en puissance les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Pourtant, voyons : en vertu de quelle loi a-t-elle été élue et à qui rend-elle compte de son activité ? Si, dans l'Est communiste, un journaliste est ouvertement nommé comme tout fonctionnaire — quels sont les électeurs de qui les journalistes occidentaux tiennent leur position prépondérante ? Pour combien de temps l'occupent-ils et de quels pouvoirs sont-ils investis ?
  • Le déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne, éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 36


Gilbert Keith Chesterton, Utopie des usuriers, 1917[modifier]

La vérité concernant la presse, c'est qu'elle n'est pas telle que son nom la désigne. Elle n'est pas « la presse populaire ». Elle n'est pas la presse publique. Elle n'est pas davantage un organe de l'opinion publique. Elle est une conspiration ourdie par un petit nombre de millionnaires qui se sont entendus sur ce que cette grande nation (à laquelle nous appartenons) doit savoir sur elle-même, ses alliés, ses ennemis.[...]

Si bien que le lecteur de journal reçoit toutes ses informations et ses mots d'ordre politiques de ce qui à l'heure qu'il est constitue plus ou moins consciemment une sorte de société secrète, composée d'un très petit nombre de membres disposant de beaucoup d'argent.

  • Utopie des usuriers, G.K. Chesterton, éd. éditions de l'Homme Nouveau, 2010  (ISBN 978-2-915988-31-4), p. 178


Gilbert Keith Chesterton, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, 1926[modifier]

Deux fois dans ma vie un rédacteur-en-chef m'a dit qu'il n'osait pas imprimer ce que j'avais écrit de peur d'offenser les annonceurs de son journal. [...]

En ces deux occasions il me refusa la liberté d'expression parce que j'avais écrit que les grands magasins qui bénéficient de la publicité que l'on sait étaient en réalité pires que les petits magasins. C'est la une des choses, et elle est digne d'être relevée, qu'un homme n'a désormais plus le droit de dire ; peut-être même la seule chose qui lui soit réellement interdite. Si j'avais attaqué le gouvernement, on aurait trouvé cela très bien ; si j'avais attaqué Dieu, on aurait trouvé cela encore mieux. Si j'avais critiqué le mariage, le patriotisme ou la morale publique, j'aurais eu droit à la première page de la presse dominicale. Mais un grand journal ne peut se payer le luxe de critiquer les grands magasins, étant un grand magasin à sa manière et en passe de devenir lui-même un monopole.

  • Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (1926), G.K. Chesterton, éd. éditions de l'Homme Nouveau, 2010  (ISBN 978-2-915988-28-4), p. 71


Mémoires[modifier]

Richard Millet, La confession négative, 2009[modifier]

(…) une presse par rapport à laquelle ma force vient de ce que je ne lis pas, étant donné qu'elle ne dit pas la vérité et que la vérité est mon unique souci (…)
  • La confession négative, Richard Millet, éd. Editions Gallimard, NRF, 2009, p. 419