Philippe de Villiers

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Philippe de Villiers en 2007.

Philippe de Villiers, né le 25 mars 1949 à Boulogne en Vendée, est un homme politique et écrivain français.

Les Cloches sonneront-elles encore demain ?, 2016[modifier]

Dans une note peu connue d'un de ses livres [Anthropologie du point de vue pragmatique], le philosophe Emmanuel Kant relève que « les Turcs appellent l'Europe chrétienne le Frankestan ». Il ne croyait pas si bien dire : il n'y aura bientôt qu'une lettre à changer pour désigner la partie française, le « i » de Frankistan.

  • Les Cloches sonneront-elles encore demain ?, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2016, chap. IV. Le Frankistan, p. 37


La France est de tradition multiethnique. La Martinique fut française avant la Corse. Mais elle n'a jamais été multiculturelle. La France est une culture. Le multiculturalisme, c'est l'implosion de la nation, donc la mort de la citoyenneté.

  • Les Cloches sonneront-elles encore demain ?, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2016, chap. XIV. Le Paradis diversitaire, p. 134


On voudrait croire qu'on est en 1914. D'ailleurs, la manifestation du 11 janvier 2015 s'est faite sous le signe de l'« Union sacrée ». Ce fut un sursaut populaire qui mit dans la rue tout le bleu horizon de l'active et de la réserve, s'écriant à l'unisson : « Ils ne passeront pas ! » Sauf qu'au lieu de jurer : « Ils n'auront pas l'Alsace et la Lorraine », toutes ces belles poitrines exposées au péril des caméras criaient : « Ils n'auront pas ma haine ». Ce pacifisme tonitruant – bouche en cœur et menton haut – relève d'une forme post-moderne de témérité médiatique qui habille la veulerie des soldats de Koh-Lanta. Juste avant la poudre d'escampette et la débâcle. En 1914, c'est tout le monde dans la tranchée. Aujourd'hui, c'est tout le monde au supermarché.

  • Les Cloches sonneront-elles encore demain ?, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2016, chap. XXV. Le nouvel Édit de Nantes, p. 260-261


Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, 2015[modifier]

Par-delà le tohu-bohu et les désordres, les slogans festifs, le droit d'aller voir les filles, derrières les barricades, Mai 68, c'est en réalité la naissance du boboïsme, c'est-à-dire d'une nouvelle idéologie en fusion : celle des bourgeois – les libéraux – et celle des bohèmes – les libertaires. Le bourgeois bohème est un hybride qui hérite, depuis l'Amérique, d'un nouveau modèle économique et sociétal : le capitalisme libertaire.

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 87, 88


Le mondialisme qui arrache tous les ligaments fait surgir un monde inconnu, inédit, de fantômes d'âmes, avec une finance irréelle, spéculative, une école sans ancrage, où on n'apprend plus qu'à « sauver la planète », un pouvoir devenu anational, une économie sans marchés locaux où le travail et le capital ne se connaissent plus. Je fais pousser des tomates qui partent en Ukraine. Et je consomme chez moi des tomates qui en viennent. Les camions se croisent, c'est le voyage en Absurdie.

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 104


Le moment du jugement, du bilan est arrivé. Et le moment de penser le contraire de ce qui suit : « Pour détruire un pays, il faut détruire ses racines », m'avait un jour glissé Soljenitsyne, en regardant les chênaies blessées du bocage vendéen. La rupture entre l'homme et la nature, c'est aussi la rupture entre l'homme et lui-même. Nous sommes comme les plantes, entre le ciel et la terre, nous avons besoin d'humus et de lumière. Pauvres petits poussins d'hommes en batterie, privés, vidés de la sève d'en haut et de la sève d'en bas. Nous voilà guettés par ce que Gustave Thibon appelait, dans nos conversations, « la dénutrition de l'homme intérieur ». C'est la séparation fatale de l'homme d'avec ses sources cosmiques et divines et la tyrannie de l'idole sociale.

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 105


La provocation est devenu la norme. Duchamp, qui s'était servi d'un Rembrandt comme d'une table à repasser, en est venu à penser que l'art, c'était la table à repasser. Il a fini par avouer : « L'art est un produit comme les haricots. On achète l'art comme on achète des spaghettis ». Comme l'écrit le philosophe François-Xavier Bellamy : « Ce que je crains, ce n'est pas le choc des cultures, c'est le choc des incultures. »

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 129


Aujourd'hui, on a perdu à la fois la potestas et l'auctoritas. La potestas est partie à Bruxelles et l'auctoritas dans les médias. Le roi est nu, il ne reste que le casque et le scooter. Un pouvoir sans un minimum de durée et de sacralité n'a plus de légitimité. Il vit, il survit comme le petit homme d'aujourd'hui.

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 302


Combien de temps une patrie peut-elle ainsi s'oublier elle-même ? Combien de temps peut-elle vivre sans patriotisme ? Peut-elle seulement survivre, amnésique ? Nos politiciens ont perdu l'idée de la France. Or une nation n'existe pas sans contour ni conteurs. Si elle cesse de se définir et de rêver, si elle perd ses frontières et son dédale historique et romanesque, elle s'abîme. Ainsi a-t-on soustrait tout un peuple à l'intuition précieuse du Temps long. Pendant que prospèrent en toute discrétion ceux qui sont ses ennemis mortels.

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 303


La signature du traité transatlantique par cette Union européenne sans visage et sans rivage achèvera ce que les historiens du futur appelleront – et je pèse mes mots – un suicide civilisationnel : les mondiocrates œuvrent, non seulement à l'émergence de l'entreprise du troisième type – « la firme anationale » – mais aussi à l'éradication de nos langues et de nos cultures traditionnelles, à la domestication des consciences, des loisirs, des pensées intimes.

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 325


On a sans doute trop vite oublié la terrible confession du président Miterrand sur son lit de mort : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique ». Oui, une guerre méconnue, vitale, une guerre économique, sans mort apparente. Les américains veulent un pouvoir sans partage sur le monde.

  • l'auteur cite l'ouvrage de Georges-Marc Benamou, Le dernier Mitterand, Plon, 2005
  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 327


En réalité, en écoutant cet homme d'État qui cherche à embrasser l'avenir du monde et qui parle sans retour, je comprends que nous assistons aujourd'hui à une formidable inversion historique : jusqu'à la chute du Mur, la Russie représentait le bloc soviétique, le bloc soumis, et l'OTAN le monde libre. Désormais, la Russie libérée de toute idéologique révolutionnaire, assiste en pays libre à l'instrumentalisation de l'OTAN pour asservir le monde à l'Amérique ainsi qu'à son modèle de société. Le monde libre, indépendant, ne serait-il pas désormais à l'Est, le monde asservi – sous domination américaine – désormais à l'Ouest ?

  • L'auteur évoque Vladimir Poutine
  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 334


Le gouffre s'ouvrira à la lumière. De petites lucioles dans la nuit vacilleront au loin. Au début, peu de gens les distingueront et sauront abriter ces lueurs tremblantes, fragiles, contre toutes les tempêtes hostiles. Il y aura des hommes qui se lèveront, au nom de la vérité, de la nature, de la vie ; ils cacheront, dans leurs pèlerines, de petits manifestes de « refuzniks ». Ils exerceront leurs enfants à penser différemment, à remettre l'esprit au dessus de la matière. Ils briseront la spirale du déclin du courage. Ainsi viendra l'éclosion des consciences dressées.
Aujourd'hui les dissidents sont à l'Est, ils vont passer à l'Ouest.

  • Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Philippe De Villiers, éd. Albin Michel, 2015  (ISBN 978-2-226-31906-7), p. 340


Le roman de Saint Louis, 2013[modifier]

La reine entra dans la chambre et se fit consolatrice. Elle m'expliqua que la tristesse était un péché, le septième péché capital :

« La chrétienté a inauguré un temps nouveau, le temps de joie. A travers elle, se manifeste, dans sa plénitude, la joie de vivre, la joie d'avoir un corps, d'avoir une âme dans ce corps, et la joie d'exister. »

  • Le roman de Saint Louis, Philippe de Villiers, éd. Albin Michel, 2013  (ISBN 978-2-226-24977-7), p. 38


Le péché, pour un monarque, c'est la superbia. Le temps efface le roi de l'instant pour ne retenir que la trace de l'œuvre séculaire. Les rois sont comme les quatre architectures qui ont successivement travaillé à Reims, il n'en paraît point. Mais l'unité de l'œuvre est au prix de leur abnégation. La royauté est d'essence sacrificielle. Car son point culminant est le sacrifice de toute sa personne.
  • Le roman de Saint Louis, Philippe de Villiers, éd. Albin Michel, 2013  (ISBN 978-2-226-24977-7), p. 41


« La science ne nuit pas à la foi, elle l'éclaire et la fortifie. Seuls les ténèbres, où prospèrent les fausses croyances, sont dissipées et confondues par la lumière. La description des phénomènes de la nature, leur explication par les causes, leurs propriétés et leurs effets, leur contemplation poétique, religieuse et philosophique sont autant d'hymnes élevés à la gloire du Dieu créateur. » Il faut donc encourager la science, au nom de la foi.
  • Le roman de Saint Louis, Philippe de Villiers, éd. Albin Michel, 2013  (ISBN 978-2-226-24977-7), p. 121


- Y-a t-il un gouvernement idéal ?
- Oui : Un gouvernement qui participe du régime monarchique dans la mesure où un seul est placé à la tête ; de l'aristocratie dans la mesure où un certain nombre d'entre les meilleurs sont chargés des fonctions publiques ; de la démocratie, c'est-à-dire de la puissance du peuple, dans la mesure où les gouvernants peuvent être pris dans les rangs du peuple. D'ailleurs, ce peuple ne doit plus obéissance au prince lorsque le prince commande des choses injustes. Le peuple n'est pas fait pour le prince mais le prince pour le peuple. Sous le regard de Dieu.

  • Le roman de Saint Louis, Philippe de Villiers, éd. Albin Michel, 2013  (ISBN 978-2-226-24977-7), p. 470