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José-Maria de Heredia

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
José-Maria de Heredia, par Adolphe Lalauze (vers 1897).

José-Maria de Heredia, né le 22 novembre 1842 et mort le 3 octobre 1905, est un homme de lettres d'origine cubaine : né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893. Son œuvre poétique a fait de lui l'un des maîtres du mouvement parnassien. Il est l'auteur d'un seul recueil, Les Trophées, publié en 1893 et comprenant cent-dix-huit sonnets qui retracent l'histoire du monde, comme Les Conquérants, ou dépeignent des moments privilégiés, comme Le Récif de corail ; ainsi que quatre poèmes plus longs.

Citations des Trophées[modifier]

La Grèce et la Sicile[modifier]

Mais l'Homme indifférent au rêve des aïeux
Écoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
La Mer qui se lamente en pleurant les Sirènes.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. L'Oubli (vers 12-14), La Grèce et la Sicile, p. 29


Et partout devant lui, par milliers, les oiseaux

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Stymphale (vers 1), La Grèce et la Sicile, p. 34


Enfin, le Soleil vit, à travers ces nuées
Où son arc avait fait d'éclatantes trouées,
Hercule tout sanglant sourire au grand ciel bleu.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Stymphale (vers 12-14), La Grèce et la Sicile, p. 34


Du temps que je vivais à mes frères pareil
Et comme eux ignorant d'un sort meilleur ou pire,
Les monts Thessaliens étaient mon vague empire
Et leurs torrents glacés lavaient mon poil vermeil.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Nessos (v.1-4), La Grèce et la Sicile, p. 35


C'est que leur amour même aux brutes nous ravale ;
Le cri qu'il nous arrache est un hennissement,
Et leur désir en nous n'étreint que la cavale.

  • Une Centauresse à propos des Centaures.
  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. La Centauresse (vers 13-14), La Grèce et la Sicile, p. 36


La foule nuptiale au festin s'est ruée,
Centaures et guerriers ivres, hardis et beaux ;
Et la chair héroïque, au reflet des flambeaux,
Se mêle au poil ardent des fils de la Nuée.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Centaures et Lapithes (v. 1-4), La Grèce et la Sicile, p. 37


Par l'air magique où flotte un parfum de poison,
Sa parole semait la puissance des charmes ;
le Héros la suivait et sur ses belles armes
Secouait les éclairs de l'illustre Toison.

  • Médée avance en prononçant des incantations, suivi par Jason qui porte la Toison d'or étincelante.
  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Jason et Médée (vers 5-8), La Grèce et la Sicile, p. 40


L'Amour leur souriait, mais la fatale Épouse
Emportait avec elle et sa fureur jalouse
Et les philtres d'Asie et son père et les Dieux.

  • Derniers vers du poème. Allusion aux futurs crimes de Médée.
  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Jason et Médée (vers 12-14), La Grèce et la Sicile, p. 40


Au flanc du Cithéron, sous la ronce enfoui,
Le roc s'ouvre, repaire où resplendit au centre
Par l'éclat des yeux d'or, de la gorge et du ventre,
La Vierge aux ailes d'aigle et dont nul n'a joui.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Sphinx, La Grèce et la Sicile, p. 54


La Vierge Céphéenne, hélas ! encor vivante,
Liée, échevelée, au roc des noirs îlots,
Se lamente en tordant avec de vains sanglots
Sa chair royale où court un frisson d'épouvante.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Andromède au monstre (vers 1-4), La Grèce et la Sicile, p. 59 (texte intégral sur Wikisource)


Rome et les Barbares[modifier]

Et là-bas, sous le pont, adossé contre une arche,
Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche.

  • Hannibal Barca, chef de guerre carthaginois, pendant la Deuxième guerre punique.
  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. La Trebbia (vers 12-14), Rome et les Barbares, p. 96


Le Chef borgne monté sur l'éléphant gétule.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Après Cannes (vers 14), Rome et les Barbares, p. 97


Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,
Sur le ciel enflammé l'Imperator sanglant.

  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Soir de bataille (vers 12-14), Rome et les Barbares, p. 102


Les Conquérants[modifier]

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

  • Début des Conquérants qui évoque les conquistadores.
  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Les Conquérants (vers 1-4), Les Conquérants, p. 135


Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

  • Fin des Conquérants qui évoque les conquistadores.
  • Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Les Conquérants (vers 12-14), Les Conquérants, p. 135


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