Hannibal Barca
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Hannibal Barca (en phénicien Hanni-baal est un nom théophore signifiant « qui a la faveur de Baal » et Barca, « foudre »), généralement appelé Annibal ou Hannibal, né en 247 av. J.-C. à Carthage (au nord-est de l'actuelle Tunis en Tunisie) et mort entre 183 av. J.-C. et 181 av. J.-C. en Bithynie (près de l'actuelle Bursa en Turquie), est un général et homme politique carthaginois, généralement considéré comme l'un des plus grands tacticiens militaires de l'histoire.

Legs de Mme Simone de La Fresnaye, 1982. N° d’inventaire : AM 1983-288. Centre Pompidou, Paris.
Dans la littérature de l'Antiquité
[modifier]Tite-Live, Histoire romaine, 31 av. J.-C.
[modifier]Plein d’audace pour affronter le danger, Hannibal était aussi plein de prudence au milieu du danger même. Aucune fatigue n’épuisait son corps, ne brisait son âme. Même endurance au froid et au chaud. Nourriture et boisson selon le besoin, non par plaisir. Pour veiller ou pour dormir, aucune différence entre le jour et la nuit. Du repos seulement quand les affaires étaient réglées. Beaucoup l’ont vu souvent s’étendre sur le sol, couvert d’une simple casaque de soldat, au milieu des sentinelles de garde. Rien dans sa tenue ne le distinguait des autres : ce qu’on remarquait, c’étaient ses armes et ses chevaux. Il était de loin le meilleur cavalier et le meilleur fantassin. Le premier, il s’élançait au combat, le dernier, il en sortait. Mais d’immenses vices égalaient de si brillantes qualités : cruauté inhumaine, perfidie plus que punique, rien de vrai, rien de sacré pour lui, aucune crainte des dieux, aucun respect des serments, aucun sens religieux.
- (la) Audacia ingens ad pericula capessenda, eademque consilia inter ipsa pericula prudentissima. Nulla laborum aut vigiliarum patientia corpore adaequabat. Frigus et aestum et inediam et sitim et somni depravationem pari aequo animo tolerabat. Cibi potusque desiderio naturali, non voluptate, modus finitus erat. Vigiliarum somnique nec die nec nocte discriminata tempora. Multi saepe militari sagulo opertum humi cubantem inter custodias stationesque militum conspexerunt. Vestitus nihil inter aequales excellens : arma atque equi conspiciebantur. Equitum peditumque idem longe primus erat ; princeps in proelium ibat, ultimus conserto proelio excedebat. Has tantas viri virtutes ingentia vitia aequabant : inhumana crudelitas, perfidia plus quam Punica, nihil veri, nihil sancti, nullus deum metus, nullum ius iurandum, nulla religio.
- Histoire de Rome depuis sa fondation (31 av. J.-C.), Tite-Live (trad. Annette Flobert), éd. Flammarion, 1999, t. 21, chap. 4, p. 12
Maharbal – chef numide et général pour le compte de Carthage – aurait dit à Hannibal, qui refusa d’attaquer Rome à la suite de la Bataille de Cannes : « Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas tirer profit de la victoire ».
- (la) Vincere scis, Hannibal; victoria uti nescis.
- Histoire de Rome depuis sa fondation (31 av. J.-C.), Tite-Live, éd. Flammarion, 4 janvier 1999, t. 22, chap. 51, p. 27)
Dans la littérature après l'Antiquité
[modifier]François Rabelais, Gargantua, 1542
[modifier]Grandgrousier
Le temps n'est plus d'ainsi conquestez les royaulmes avecques dommaige de son prochain frere christian, ceste imitation des anciens Hercules, Alexandres, Hannibalz, Scipions, Cesars et aultres telz est contraire à la profession de l'evangile, par lequel nous est commandé, guarder, saulver, regir et administrer chascun ses pays et terres non hostilement envahir les autres. Et ce que les Sarrazins et Barbares jadis appelloient prouesses, maintenant nous appellons briguanderies, et mechansetez.
Le temps n'est plus d'ainsi conquestez les royaulmes avecques dommaige de son prochain frere christian, ceste imitation des anciens Hercules, Alexandres, Hannibalz, Scipions, Cesars et aultres telz est contraire à la profession de l'evangile, par lequel nous est commandé, guarder, saulver, regir et administrer chascun ses pays et terres non hostilement envahir les autres. Et ce que les Sarrazins et Barbares jadis appelloient prouesses, maintenant nous appellons briguanderies, et mechansetez.
- (fr) Le temps n'est plus de conquérir les royaumes en détruisant son prochain, son frère chrétien, cette imitation des anciens Hercule, Alexandre, Hannibal, Scipion, César et semblables : agir comme tel est contraire à l'enseignement de l'évangile par lequel nous est commandé par, garder, sauver, régir et administrer chacun ses pays et terres, non envahir les autres avec hostilité. Ce que les Sarrasins et les Barbares appelèrent jadis prouesses, maintenant nous l'appelons pillages et malfaisance.
- Gargantua (1542), Rabelais, éd. Gallimard, 2007, chap. XLVI, « Comment Grandgousier traicta humainement Toucquedillon prisonnier », p. 409
José-Maria de Heredia, Les Trophées, 1893
[modifier]Et là-bas, sous le pont, adossé contre une arche,
Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche.
- Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. La Trebbia (vers 12-14), Rome et les Barbares, p. 96
Le Chef borgne monté sur l'éléphant gétule.
- Périphrase désignant Hannibal Barca, chef de guerre carthaginois.
- Les Trophées (1893), José-Maria de Heredia, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1981, chap. Après Cannes (vers 14), Rome et les Barbares, p. 97
Sigmund Freud, L'Interprétation du rêve, 1899
[modifier]Lors de mon dernier voyage en Italie, passant devant le lac Trasimène, après avoir vu le Tibre et avoir dû tristement rebrousser chemin à 80 kilomètres de Rome, je compris quelles impressions d'enfance avaient renforcé ma nostalgie de la Ville éternelle. Je pensai précisément que l'année suivante je pourrais passer par Rome en allant à Naples, et une phrase que j'avais sans doute lue dans un de nos classiques me revint : Qui sait lequel arpenta sa maison le plus impatiemment lorsqu'il conçut le projet d'aller à Rome, d'Annibal le guerrier ou de Winckelmann le vice-recteur ? J'ai suivi les traces d'Hannibal. Il ne m'avait pas été donné de voir Rome : lui aussi était allé en Campanie alors qu'on l'attendait à Rome. Annibal, avec qui je me trouvais cette ressemblance, avait été le héros favori de mes années de lycée ; quand nous avions étudié les guerres puniques, ma sympathie, comme celle de beaucoup de garçons de cet âge, était allée non pas aux Romains mais au Carthaginois. Dans les classes supérieures, quand je compris quelles conséquences aurait pour moi le fait d'être de race étrangère, et quand les tendances antisémites de mes camarades m'obligèrent à prendre une position nette, j'eus une idée plus haute encore de ce grand guerrier sémite. Annibal et Rome symbolisèrent à mes yeux d'adolescent la ténacité juive et l'organisation catholique. La signification qu'a prise depuis dans nos esprits le mouvement antisémite à contribuer à fixer les pensées et les sentiments de cette époque. Ainsi le souhait d'aller à Rome est devenu dans la vie du rêve le voile et le symbole de plusieurs autres souhaits très ardents, à la réalisation desquels il faut travailler avec la constance et l'obstination du Carthaginois, et dont l'accomplissement paraît être aussi peu favorisé par la destinée que le fut le désir d'Annibal.
- Die Traumdeutung, Sigmund Freud (trad. Jean-Pierre Lefebvre), éd. Seuil, 2010, p. 704
Liens externes
[modifier]- [1] Portrait d’Hannibal par Tite-Live (Ab Urbe Condita, Livre XXI, 4) — Traduction française intégrale accompagnée d’un commentaire universitaire, proposée par l’Université catholique de Louvain (UCLouvain, site Itinera Electronica).
- [2] Hannibal, général carthaginois et ennemi de Rome — Dossier pédagogique officiel d’Éduscol (Ministère de l’Éducation nationale), incluant textes, fiches de lecture, éléments de contexte historique et iconographie à destination des enseignants.