J.B.S. Haldane

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J.B.S. Haldane.

J.B.S. Haldane (Oxford le 5 novembre 1892, Bhubaneswar 1er décembre 1964) est un généticien britannique. Sa pensée philosophique va au matérialisme dialectique. Comme beaucoup de ces pairs anglais, il est également un eugéniste mais très réformiste. Il est ainsi à la fois contre l'héréditarisme et l'environnementalisme.

Hérédité et Politique, 1938[modifier]

L’augmentation considérable ces dernières années du nombre de personnes certifiées comme faibles d’esprit peut se trouver être le résultat de la difficulté croissante à trouver un emploi régulier. […] En fait, ce peut être un phénomène social et économique plutôt que biologique
  • Hérédité et Politique (1938), J.B.S. Haldane, éd. PUF, 1948, p. cité in Gouz, S.(2012). J.B.S. Haldane, la science et le marxisme - La vision du monde d’un biologiste (p.390). Éditions Matériologiques, 2012


La Philosophie marxiste et les Sciences, 1947[modifier]

Mathématique et cosmologie (II)[modifier]

Si le matérialisme dialectique a parfois été mal appliqué en U.R.S.S., cela ne veut pas dire qu'un peu plus de cette méthode nuirait aux théoriciens de la science en Grande-Bretagne. En fait, il a déjà été utilisé par un petit nombre d'entre-eux. Malheureusement, une citation de quelques-uns des meilleurs exemples pourrait compromettre les postes et les traitements des chercheurs en questions.
  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 56


Biologie (IV)[modifier]

Un bon marxiste s'attendra à ce que la théorie darwinienne de la sélection naturelle contiennent ses propres contradictions internes. Engels la décrivait comme « la première expression temporaire et incomplète d'un fait récemment découvert » (Lettre à Lavrov, du 12 nov 1847). Autant que nous le sachons aujourd'hui, la sélection naturelle semble se nier elle-même de façons au moins.
  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 157


D'abord, ainsi que le l'ai moi-même indiqué (The causes of Evolution, 1932), tant qu'une espèce est clairsemée, l'adaptation d'un individu dépendra presque entièrement du succès avec lequel il copie la nature inorganique ou d'autres espèces. Mais si il existe en groupes denses, ou, à l'occasion dans d'autres circonstances, l'adaptation dépendra dans une large mesure de la victoire sur d'autres membres de la même espèce.
  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 157


Une autre contradiction interne est indiquée par Elton (Evolution, 1938). Lorsque deux espèces sont en lutte, et qu'en particulier l'une mange l'autre, leur nombre est sujet à fluctuation. [...] expérimentalement ... les dévorants exterminent leurs proies et, en conséquences s'exterminent eux mêmes. [Or], cela se produira rarement d'un seul coup sur une vaste étendue. Mais cela peut arriver à l'occasion. Elton pense que la conséqence en est que les dévorants, qu'ils soient herbivores, carnivores, ou parasites ont une efficacité moins impitoyables qu'ils auraient autrement. La modération à une certaine valeur de survie.
  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 159-160


La modération a une certaine valeur de survie.
  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 160


Je crois que la théorie de l'évolution est susceptible de se développer dans ce sens dialectique [de modération] sur la base du darwinisme, mais transcendant le darwinisme plutôt grossier qu'on utilise pour justifier une concurrence sans restriction et qui, comme la concurrence absolue, est une chose du passé
  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 159


Science, marxisme, guerre, 1944[modifier]

Ses adversaires disent que c'est un dogme auquel doivent se conformer les publications scientifiques dans l'Union Soviétique, de même que les publications scientifiques dans l'Europe médiévale devaient se conformer à la théologie courante. Mais le matérialisme dialectique ne précise pas la nature de la matière. [...] Il énonce que a matière est dans un état constant de flux, que le développement se produit au moyen d'une lutte des contraires, et ainsi de suite, mais il ne décrète pas où, dans la nature, on rencontre de pareilles luttes.
  • Science, marxisme, guerre (1944), J.B.S. Haldane (trad. Jules Castier), éd. du Pavillon, 1948, p. 283


Articles[modifier]

Daily Worker[modifier]

Je pense que le monde serait bien plus ennuyeux s'il n'y avait pas de différences dans les possibilités innées entre individus ou groupes d'individus […]. Le dogme de l'égalité humaine ne fait pas partie du communisme. La formule de "chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins", ne voudrait rien dire si les compétences étaient égales.
  • Darwin on slavery, J.B.S. Haldane, éd. Daily Worker, 14 nov 1949, p. cité in Prum, M.(2005). L'un sans l'autre : Racisme et eugénisme dans l'aire anglophone (p.109). Harmattan.


Rationalist Annual[modifier]

Quand je dis « je crois », je n’entends pas ces mots au sens en lequel un chrétien fervent les utilise […]. J’entends le sens ordinaire […]. C’est-à-dire que j’agis, et propose d’agir, sur la base de l’idée que le matérialisme est vrai. Mais je suis prêt à examiner des preuves du contraire. Et je ne suis certainement ni choqué ni énervé que l’on critique ou doute de la vérité du matérialisme.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 77


En pratique j’ai constaté que les matérialistes affichés sont en général moins égoïstes que ceux qui professent leur idéalisme. Car l’idéalisme est un outil particulièrement utile pour nous permettre d’accepter le malheur des autres, et en particulier leur pauvreté.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 78


La nature est dans un état de flux permanent – en fait, elle est constituée de processus et non de choses.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 81


Lorsque nous trouvons des « contradictions internes » dans nos conceptions des choses, notre esprit reflète la nature. Mais ces contradictions internes ne signifient pas que la nature est irrationnelle. Elles signifient qu’elle est instable.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 81


La nature est probablement infinie, certainement trop étendue pour que nous la saisissions entièrement. Donc notre explication de n’importe quel phénomène matériel est une simplification. Nous pensons naturellement aux choses comme étant nettement délimitées, et dès lors tendons à exagérer leur stabilité. Cependant, plus nous étudions la nature, plus nous voyons que ce qui est apparemment stable se révèle être le champ de bataille de tendances opposées.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 81


Leur vérité ou non dépend de la signification des symboles. C’est un problème social. Un énoncé n’est vrai que tant que quelqu’un le comprend. Après quoi, il est dénué de sens.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 83-84


Si nous adoptons le point de vue selon lequel un énoncé est vrai dans la mesure où il appelle des images mentales qui correspondent à la réalité, et utile dans la mesure où il incite à agir de manière appropriée à la situation réelle, nous sortons de la métaphysique et sommes confrontés à des problèmes concernant l’activité du cerveau, l’histoire du langage, et la manière dont nous apprenons le langage dans l’enfance, qui ne peuvent pas être résolus par la pensée pure, mais seulement par l’étude du monde réel.
C’est pour de telles raisons que je trouve le matérialisme satisfaisant intellectuellement.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 8


Mais [la société] fonctionne très mal. Alors nous allons probablement avoir une période difficile dans l’avenir immédiat, quoi qu’il arrive. Et comme je souhaite qu’une société rationnelle émerge des problèmes actuels, je suis non seulement un matérialiste moi-même, mais je fais ce que je peux pour que les autres soient matérialistes.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 8


Science and Society[modifier]

Assez naturellement, les biologistes pour lesquelles le matérialisme dialectique ne signifie rien, ou bien signifie une arme de l’abominable Marx, ne peuvent pas comprendre comment des mutations délétères peuvent être une condition du progrès évolutif. Du coup, ils leur dénient toute importance.
  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (J.B.S. Haldane( 1937). A Dialectical Account of Evolution (p.473-485). Science and Society (vol.1, n°4).), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 56