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Identité culturelle

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L’identité culturelle est un type d’identité qui implique des liens avec la culture, les coutumes, les traditions, et des styles de vie d'une certaine population.

François Laplantine[modifier]

Je ne pense pas que cela soit une conceptualisation. Précisément, ce n’est pas une pensée. Alors, évidemment on peut tenter de définir l’identité de multiples façons. Mais précisément, ce n’est pas un concept. C’est de l’affectif qui crée de l’exclusion, qui immobilise la pensée, qui tend à monter les groupes les uns contre les autres, qui tend à enfermer, aussi bien l’individu que le groupe dans une autochtonie dérisoire. L’identité nous renvoie presque toujours aux origines. Elle immobilise. Elle est incapable de penser le devenir qui surgit de la rencontre. Elle s’oppose en cela au processus du métissage qui est une pensée qui n’a pas été encore vraiment pensée. Je vois dans l’identité du compact, de la complétude, et jamais du manque, jamais de la perte. C’est l’assurance identitaire, c’est la certitude identitaire, c’est la violence identitaire qu’il faut mettre en crise – plus qu’en question. On est à la recherche d’un nouveau paradigme qui est en formation et que j’appelle métissage. Le fait de continuer à utiliser ces stéréotypes, comme identité, représentation, et bien d’autres, finit par bloquer l’exercice de la pensée critique.
  • Propos recueillis à Lyon le 28 juin 1999 par Henri Vaugrand et Nathalie Vialaneix
  • « Entretien avec François Laplantine : Le métissage, moment improbable d'une connaissance vibratoire », Henri Vaugrand et Nathalie Vialaneix, X-Alta, nº 2/3, novembre 1999 (lire en ligne)


L’identité culturelle, c’est la notion centrale qui est forgée par les premiers ethnologues. On ne voit même pas comment on peut continuer à penser une ethnologie sans ethnies, et a fortiori, une ethnologie sans cultures. Dans cette perspective, tout le problème est une question de découpage, une question de frontières. On est – j’ouvre une grande parenthèse – dans une pensée de l’espace alors que le plus difficile c’est le paradoxe qui consiste à dire le temps, à dire l’histoire, à dire les transformations, les mutations, les métamorphoses. On ne peut pas les dire si on reste lié, si on reste rivé à un mode de connaissance qui marche à la limite pour l’espace, mais qui ne marche pas pour la temporalité et pour l’histoire. La méthode des premiers ethnologues comme Bronislaw Malinowski – que je critique, mais c’était quelqu’un d’étonnant qui nous a appris à regarder et à écrire — consistait à découper des unités stables et fixes, et à les décontextualiser. On peut dire que, puisque l’identité culturelle et la notion de culture sont les notions de base des ethnologues – et des ethnologues j’en suis –, cela consiste toujours à privilégier l’espace sur le temps. Cela a même consisté à construire cette discipline contre le temps et contre l’histoire. On le voit encore avec Claude Lévi-Strauss. Si on pousse plus loin, je crois également que la notion de culture, en tant qu’isolat, en tant qu’unité découpée dans un continuum en mouvement, doit elle aussi être mise en crise. Et la difficulté devient la difficulté des mots pour continuer à penser.
  • Propos recueillis à Lyon le 28 juin 1999 par Henri Vaugrand et Nathalie Vialaneix
  • « Entretien avec François Laplantine : Le métissage, moment improbable d'une connaissance vibratoire », Henri Vaugrand et Nathalie Vialaneix, X-Alta, nº 2/3, novembre 1999 (lire en ligne)


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