Henry de Montherlant

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Henri de Montherlant

Henry Marie Joseph Frédéric Expedite Millon de Montherlant, (1895-1972) est un romancier, essayiste, auteur dramatique et académicien français.

Citations[modifier]

Les Olympiques, 1924[modifier]

Les dictateurs naissent dans les maisons où l’on n’ose pas donner un ordre à la bonne.

  • Les Olympiques (1924), Henry de Montherlant, éd. Gallimard, coll. « Collection Blanche », 1954, p. 36


Les Célibataires, 1934[modifier]

C'est là signe certain de barbarie: dans toute société, ce sont toujours les éléments d'intelligence inférieure qui sont affamés d'être à la page. Incapables de discerner par le goût, la culture et l'esprit critique, ils jugent automatiquement, d'après ce principe que la vérité est la nouveauté.

  • (fr) Les Célibataires, Henry de Montherlant, éd. Grasset, 1946, p. 551


L'expression que prit le visage de M. Octave en voyant de la fumée (de cigarette) dans sa chambre (sa chambre!...), et de la cendre sur son tapis (son tapis!...), fut digne du théâtre.

  • (fr) Les Célibataires, Henry de Montherlant, éd. Gallimard, coll. « Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade », 1959, t. I, p. 861


Le Solstice de juin, 1941[modifier]

Il n'y a que la guerre, la guerre est la seule réalité.

  • Le Solstice de juin, Henry de Montherlant, éd. Grasset, 1941, p. 205


Faire tout ce qu'il faut pour anéantir l'adversaire. Mais un fois qu'il a montré que c'était lui qui tenait le bon bout, s'allier de même cœur avec lui.

  • Le Solstice de juin, Henry de Montherlant, éd. Grasset, 1941, p. 288


Les Jeunes Filles[modifier]

Le repliement sur soi-même n'est bon qu'aux natures singulières et fortes, et encore, à condition d'être relatif et entrecoupé. Les autres le payent cher. On ne s'enferme pas dans sa chambre impunément. On ne vit pas sur soi seul impunément.

  • Les Jeunes Filles, Henry de Montherlant, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1936, p. 22


(…) laissons l'instruction aux sots. Une petite qui aurait obtenu quelque diplôme, eût-elle par la suite oublié tout ce qu'elle a appris, il me semble qu'il resterait toujours en elle, comme dans un vase charmant qui contint un jour un liquide nauséabond, la mauvaise odeur de la demi-science qu'elle a jadis ingurgitée.

  • Les Jeunes Filles, Henry de Montherlant, éd. ‪Presses de la cité‬, 1936, p. 213


‪España sagrada‬, 1951[modifier]

Si le meurtre rituel est une fleur de l'adoration religieuse comme de l'amour extrême, la domination de l'homme sur la bête, dans le combat, suppose un fond d'amour de l'homme pour la bête. L'homme ne maîtrise la bête que dans la mesure où une sympathie avec elle, une sympathie physiologique, le renseigne sur les points vulnérables de la bête. La bête et le bestiaire, seul à seul et qui luttent, ce n'est un désaccord que dans l'apparence, c'est en réalité un profond accord. Et la domination accomplie est un mode de la possession.

  • ‪España sagrada‬, Henry de Montherlant, éd. D. Wapler, 1951, p. 44


Carnets 1934-1944[modifier]

Curieux pays où un roi — George V — et un dictateur — Primo de Rivera — se promènent avec une fleur à la boutonnière! Mais dans les démocraties, il faut être «sérieux». Imaginez-vous Poincaré une rose au jabot?

  • Carnets 1934-1944, Henry de Montherlant, éd. Gallimard, 1957, p. 15


L’odeur est l’intelligence des fleurs.

  • Reprise de la citation originelle : « Les dahlias sont sans odeur, et l’odeur est l’intelligence des fleurs ».
  • Carnets 1934-1944, Henry de Montherlant, éd. Gallimard, 1957, p. 27


Essais, 1963[modifier]

Nous croyons que les ruines de la guerre sont moins difficilement réparées ques les ruines de la paix. On a plutôt fait de rétablir un pont que d'abattre un lupanar. Quand aux hommes, cela repousse tout seul, et la guerre tue moins d'âmes que la paix.

  • Essais, Henry de Montherlant, éd. Bib. de la Pléiade, 1963, p. 783


Un Assassin est mon maître, 1971[modifier]

(...) la guerre est restée pour moi (...) la plus tendre expérience humaine que jai vécue.

  • (fr) Un Assassin est mon maître, Henry de Montherlant, éd. Gallimard, 1971, p. 225


Brocéliande: Notes, 1972[modifier]

Il est bien que l'homme meure quand il est abandonné par la part divine de soi-même.

  • (fr) Brocéliande: Notes, Henry de Montherlant, éd. Gallimard, coll. « Théâtre, Bibliothèque de la Pléiade », 1972, p. 1006


La mort de Pompée, 1972[modifier]

J'ai écrit un jour que les Français avaient l'art de vivre bourgeoisement les tragédies. Je dirais aujourd'hui, avec plus de pointe: les Français sont tellement bourgeois qu'ils ne savent meme pas qu'ils vivent une tragédie. Mais peut-être est-ce cela que voulait dire celui qui affirmait jadis qu'ils n'avaient pas la tête épique. La tragédie est un don des dieux aux hommes. Je ne parle pas de la tragédie qu'écrivent les poètes tragiques: je parle de la tragédie que, de temps en temps, les hommes sont condamnés à subir. Mais il faut que les dieux vous aient donné aussi une âme qui aime la tragédie, une âme qui fasse d'elle dans la joie sombre un des éléments de sa force et de son humanité. N'oublions pas, en outre, que tout homme étant appelé à mourir, tout homme sans exception trouvera un jour devant la tragédie.

  • (fr) La mort de Pompée, Henry de Montherlant, éd. Gallimard, coll. « Théâtre, Bibliothèque de la Pléiade », 1972, p. 1345


Citations sur Henry de Montherlant[modifier]

Dans le bruit du « siècle lâche » son œuvre, liée simplement aux grandes valeurs aristocratiques, se dresse comme une tour d'ivoire qui est aussi un ermitage. Descendant des comtes catalans de Montherlant, ce grand écrivain a toujours eu le sentiment précis d'être l'héritier d'une tradition précieuse, d'être appelé à la réaffirmer. Il aimait rappeler que son grand-père, zouave pontifical, défendit « l'épée à la main l'héritage des Césars » et que son bisaïeul maternel, le comte de Riamcey, fut à la tête du parti légitimiste et ultramontain aux temps de Napoléon III. Montherlant se déclarait de la race qui « hurle aux loups » et il interprétait comme un signe du destin le fait d'être né le jour anniversaire de Rome, le 21 avril de 1896, à Paris.

  • « De Montherlant le dernier écrivain aristocratique », Giorgio Locchi, Il Tempo, nº 242, 23 septembre 1972, p. 3


Montherlant figurait le Dieu de mon adolescence et la proximité de l'Espagne qu'il vénérait réactualisait ses « Bestiaires » sollicitant mon esprit comme le torero qu'il avait failli devenir.


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