Gavroche

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Gavroche
Illustration d'Émile Bayard

Gavroche est un personnage du roman Les Misérables de Victor Hugo (1862).

Les mots de Gavroche[modifier]

Avertissement — Significations des expressions argotiques (sauf note particulière) extraites du Dictionnaire de l'argot français et de ses origines, Éditions Larousse/Bordas, 1999 (ISBN 2035349192)

Gavroche heurtant le dos de la vieille Madame Burgon[1] qui fouille dans un tas d'ordures : Tiens ! moi qui avais pris ça pour un énorme, un énorme chien !
Madame Burgon : Carcan[2] de moutard ! Si je n'avais pas été penchée, je sais bien où je t'aurais flanqué mon pied !
Gavroche : Kiss ! kiss ! Après ça, je ne me suis peut-être pas trompé.
Gavroche face à Madame Burgon indignée : Madame n'a pas le genre de beauté qui me conviendrait.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. III (« Marius »), chap. 22 (« Le petit qui criait au tome III »), livre VIII (« Le Mauvais Pauvre »), p. 319


Gavroche, dans la rue, à une vieille concierge (barbue) avec son balai à la main : Madame, vous sortez donc avec votre cheval ?

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Où le petit Gavroche tire parti de Napoléon le Grand »), livre VI (« Le Petit Gavroche »), p. 367


Gavroche éclabousse les bottes vernies d'un passant :
Le passant furieux : Drôle[3] !
Gavroche : Monsieur se plaint ?
Le passant : De toi !
Gavroche : Le bureau est fermé, je ne reçois plus de plaintes.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Où le petit Gavroche tire parti de Napoléon le Grand »), livre VI (« Le Petit Gavroche »), p. 367


Gavroche, dans la rue, sous l'averse qui redouble : Ah ça, qu'est-ce que cela signifie ? Il repleut ! Bon Dieu, si cela continue, je me désabonne.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Où le petit Gavroche tire parti de Napoléon le Grand »), livre VI (« Le Petit Gavroche »), p. 367


Gavroche à l'aîné des deux enfants qu'il a recueillis (ce sont ses frères, mais il l'ignore) et auquel il donne un morceau de pain : Colle-toi ça dans le fusil.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Où le petit Gavroche tire parti de Napoléon le Grand »), livre VI (« Le Petit Gavroche »), p. 368


Gueulemer le bandit s'adressant à Gavroche : Mioche[4], es-tu un homme ?
Gavroche : Un môme comme mézig[5] est un orgue[6], et des orgues comme vousailles sont des mômes.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 3 (« Les Péripéties de l'évasion »), livre VI (« Le Petit Gavroche »), p. 379


Gavroche se sauve avec le pistolet qu'il vient de voler à une marchande en lui criant : Mère Chose, je vous emprunte votre machin.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 1 (« Quelques éclaircissements sur les origines de la poésie de Gavroche. Influence d'un académicien sur cette poésie »), livre XI (« L'atome fraternise avec l'ouragan »), p. 413


Gavroche voyant passer un groupe de riches (et gros) propriétaires : Ces rentiers, comme c'est gras ! Ça se gave. Ça patauge dans les bons dîners. Demandez-leur ce qu'ils font de leur argent. Ils n'en savent rien. Ils le mangent, quoi ! Autant en emporte le ventre.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 1 (« Quelques éclaircissements sur les origines de la poésie de Gavroche. Influence d'un académicien sur cette poésie »), livre XI (« L'atome fraternise avec l'ouragan »), p. 414


Gavroche interpellant quatre vieilles commères rassemblées dans la rue de Thorigny : Les vieilles, qu'est-ce que vous avez donc à parler politique ?
Gavroche en réponse aux invectives d'une des commères : Tu renifles, mon ancienne. Mouche ton promontoire.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Gavroche en marche »), livre XI (« L'atome fraternise avec l'ouragan »), p. 415


Gavroche s'apitoie sur un caniche très maigre croisé dans la rue : Mon pauvre toutou, tu as donc avalé un tonneau qu'on te voit tous les cerceaux.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Gavroche en marche »), livre XI (« L'atome fraternise avec l'ouragan »), p. 415


Gavroche à Javert démasqué et fait prisonnier par les insurgés de la barricade : C'est la souris qui a pris le chat.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 7 (« L'Homme recruté rue des Billettes »), livre XII (« Corinthe »), p. 428


Gavroche aux insurgés qui refusent de lui donner un fusil après qu'il a contribué à démasquer Javert : Je vous laisse le musicien, mais je veux la clarinette.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 7 (« L'Homme recruté rue des Billettes »), livre XII (« Corinthe »), p. 428


Gavroche monologuant après avoir brisé la vitre d'un réverbère dans la rue qui s'assombrit : C'est ça, la vieille rue, mets ton bonnet de nuit.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Le Gamin ennemi des lumières »), livre XV (« La Rue de L'Homme-Armé »), p. 445


Gavroche à Jean Valjean qui veut lui donner une pièce de cent sous en récompense : Bourgeois, j'aime mieux casser les lanternes. Reprenez votre bête féroce. On ne me corrompt point. Ça a cinq griffes ; mais ça ne m'égratigne pas[7].

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Le Gamin ennemi des lumières »), livre XV (« La Rue de L'Homme-Armé »), p. 445


Gavroche à Jean Valjean dont il ignore le nom et à qui il remet la lettre que Marius lui a demandé d'apporter à Cosette : Et dépêchez-vous, monsieur Chose, puisque Mamselle Chosette attend.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 2 (« Le Gamin ennemi des lumières »), livre XV (« La Rue de L'Homme-Armé »), p. 446


Gavroche « emprunte » une charrette pour la barricade à un ivrogne qui cuve son vin dans la rue et lui laisse un reçu :
République française.
« Reçu ta charrette. »
Signé : « Gavroche. »

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 4 (« Les Excès de zèle de Gavroche »), livre XV (« La Rue de L'Homme-Armé »), p. 448


Dialogue (surréaliste) entre Gavroche et un sergent de ville qui le questionne pour savoir où il va en pleine nuit avec sa charrette :
Gavroche au sergent : Bonjour, l’ordre public.
Le sergent : Où vas-tu, voyou ?
Gavroche : Citoyen, je ne vous ai pas encore appelé bourgeois. Pourquoi m’insultez-vous ?
Le sergent : Où vas-tu, drôle[3] ?
Gavroche : Monsieur, vous étiez peut-être hier un homme d’esprit, mais vous avez été destitué ce matin.
Le sergent : Je te demande où tu vas, gredin ?
Gavroche : Vous parlez gentiment. Vrai, on ne vous donnerait pas votre âge. Vous devriez vendre vos cheveux cent francs la pièce. Cela vous ferait cinq cents francs.
Le sergent : Où vas-tu ? Où vas-tu ? Où vas-tu, bandit ?
Gavroche : Voilà de vilains mots. La première fois qu’on vous donnera à téter, il faudra qu’on vous essuie mieux la bouche.
Le sergent brandissant sa baïonnette : Me diras-tu où tu vas, à la fin, misérable ?
Gavroche : Mon général, je vas chercher le médecin pour mon épouse qui est en couches.
Le sergent : Aux armes !

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. IV (« L'Idylle rue Plumet et l'Épopée rue Saint-Denis »), chap. 4 (« Les Excès de zèle de Gavroche »), livre XV (« La Rue de L'Homme-Armé »), p. 448-449


Gavroche aux insurgés de la barricade face au gros de l'armée : Je vous autorise à leur flanquer une pile[8] indigne.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. V (« Jean Valjean »), chap. 8 (« Les artilleurs se font prendre au sérieux »), livre I (« La Guerre entre quatre murs »), p. 462


Gavroche, hors de la barricade pour récupérer des cartouches sur les cadavres, devient la cible des soldats et les balles sifflent autour de lui : Fichtre ! Voilà qu'on me tue mes morts.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Éditions du Seuil, 1963, t. V (« Jean Valjean »), chap. 15 (« Gavroche dehors »), livre I (« La Guerre entre quatre murs »), p. 468


Notes et références[modifier]

  1. Elle est la « portière » (nom vieilli, équivalant aujourd'hui à la fonction de concierge) de la masure Gorbeau, boulevard de l'Hôpital à Paris, où habitent, vers 1831-1832, les Thénardier, parents de Gavroche.
  2. Argot : individu désagréable.
  3. 3,0 et 3,1 Argot : nom masculin, dans le sens de polisson/mauvais sujet.
  4. Argot : petit enfant (source : Dictionnaire encyclopédique Quillet, Librairie Aristide Quillet, 1962).
  5. Argot : moi.
  6. Argot ancien : homme, individu.
  7. Pièce de 5 francs avec l'effigie d'un tigre sur une face.
  8. Argot : correction.

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