Génétique des populations

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La génétique des populations est l'étude de la distribution et des changements de la fréquence des versions d'un gène (allèles) dans les populations d'êtres vivants, sous l'influence des « pressions évolutives » (sélection naturelle, dérive génétique, recombination, mutations, et migration). Les changements de fréquence des allèles sont un aspect majeur de l'évolution, la fixation de certains allèles conduit à une modification génétique de la population, et l'accumulation de tels changements dans différentes populations peut conduire au processus de spéciation.

Luigi Luca Cavalli-Sforza[modifier]

Le monde entier est en train de devenir une seule population, et cet aspect de la globalisation ne peut être que bénéfique sur le plan génétique.
  • Évolution biologique, évolution culturelle, Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Odile Jacob, 2005, chap. Gènes, populations, phénotypes et environnement, p. 90


Dans le Bassin méditerranéen, la ressemblance [génétique] entre tous les peuples vivant des deux côtés de la mer est remarquable.
  • Evolution biologique, évolution culturelle, Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Odile Jacob, 2005, chap. Gènes, populations, phénotypes et environnement, p. 119


S'il a été possible à l'Homme d'habiter les régions du Nord et de se nourrir des produits de l'agriculture, c'est grâce au fait qu'au cours de l'évolution, les habitants de ces zones ont sélectionné une couleur de peau plus claire. L'environnement est dans ce cas déterminé par une coutume alimentaire, laquelle est un fait culturel.
  • Qui sommes nous ?, Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Flammarion, 1997, chap. Pourquoi sommes nous différents ?, p. 136 puis 135


Actuellement, la conclusion la plus vraisemblable est que la population européenne est composée pour un tiers des descendants d'individus originaires du Moyen-Orient et pour le reste par les descendants de paléolithiques, qui étaient établis sur le continent à l'époque où sont arrivés les agriculteurs. Cette proportion peut varier beaucoup d'une partie de l'Europe à l'autre.
  • La génétique des populations, histoire d'une découverte (2005), Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Odile Jacob, 2008, chap. La révolution néolithique et le peuplement, p. 213


La partie d'Europe la plus habitée était celle où s'était développée cette grande culture que l'on a appelée magdalénienne (…) qui occupait de sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne. Ce sont les zones où l'on parlait le basque, et on a de nombreuses raisons de penser que la langue basque descend d'une langue anciennement parlée dans ces régions par les derniers chasseurs-cueilleurs mésolithiques, qui les peuplaient avant l'arrivée des agriculteurs.
  • Qui sommes nous ?, Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Flammarion, 1997, chap. Les dix derniers millénaires, p. 192


Bertrand Jordan[modifier]

Notons au passage que, puisque nous venons tous d'Afrique, nos lointains ancêtres étaient noirs : ce sont les Européens que la sélection naturelle a fait blanchir, et non l'inverse...
  • L'humanité au pluriel, la génétique et la question des races, Bertrand Jordan, éd. Seuil, 2008, chap. 8-Tous enfants de Cro-Magnon, p. 122


La recherche des origines par analyse ADN repose [...] sur des bases solides, et peut aider à comprendre notre histoire collective tout comme la place de chacun d'entre nous au sein de l'humanité. Elle bat en brèche la notion de race pure en montrant à quel point nous sommes tous des « métis ».
  • L'humanité au pluriel, la génétique et la question des races, Bertrand Jordan, éd. Seuil, 2008, chap. 9-Le « Business » des races, p. 138


[L]es groupes humains ont une certaine réalité. Ce ne sont cependant pas des «races» au sens ancien du terme, qui associe à la couleur de peau des comportements, des qualités et des défauts, des forces et des faiblesses qui seraient héréditaires et radicalement différentes d’une communauté à l’autre. L’humanité n’est pas divisée en «races» fondamentalement distinctes comme on le prétendait jadis. Elle n’est pas pour autant totalement homogène. [...] la génétique moderne montre l’existence, au sein de l’humanité, de «groupes d’ascendance» aux contours flous et à la diversité interne très élevée - sans différences biologiques nettes, et bien sûr sans aucune hiérarchie. Elle ne réintroduit pas la vieille notion de «race», vecteur de tant de drames. Elle ne remet nullement en cause l’égalité en droits de tous les hommes : ce principe, d’une autre nature, est un choix politique, et ne suppose pas que les humains soient tous pareils.


Le futur de notre espèce, c'est le métissage.


Didier Raoult[modifier]

Depuis l'aube des temps, le métissage est la règle de la Nature. [...] les migrations de population ont été et sont encore aujourd'hui des facteurs clés du métissage interhumain.
  • Arrêtons d'avoir peur, Didier Raoult , éd. Michel Lafon, 2016, p. 155-156


Les données génétiques sur les premiers hommes confirment que le métissage est consubstantiel au développement de l'humanité.
  • Arrêtons d'avoir peur, Didier Raoult , éd. Michel Lafon, 2016, p. 170-171


Aujourd'hui n'ayez plus peur du métissage! Celui-ci est si ancien ! La science et la génétique révèlent que c'est la nature même des hommes et des écosystèmes d'être en transformation permanente et de se mélanger, tout simplement pour survivre. Le métissage, même s'il va s'accentuer avec la mondialisation, n'est vraiment pas un phénomène nouveau.


Le métissage est une source de créativité car il accroît la capacité d'évolution en recombinant des caractères très distincts.


Divers[modifier]

[L]es populations du pourtour méditerranéen forment une entité anthropologique de loin plus cohérente que celles proposées par les découpages entre pays ou entre continents.
  • Jean-Michel Dugoujon, 2005, dans Diversité des allotypes des immunoglobulines d’une population berbère de la vallée de Tacheddirt, paru BMSAP, Tome 17, Fascicule 1-2 (2005), Jean-Michel Dugoujon.


En traitant séparément les peuplements de l'Afrique, de l'Europe et de l'Asie, la Méditerranée devient une barrière entre le Nord et le Sud, le peuplement de l'Afrique apparaît complexe en raison notamment de la séparation entre Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne, celui de l'Europe apparaît plus homogène qu'il n'est. Dès que la zone méditerranéenne est envisagée comme un tout, les relations entre les rives nord et sud, qui partagent par exemple les mêmes haplogroupes de l'ADNmt, deviennent évidentes et les questions de leurs origines communes tout comme celles de leurs contacts ultérieurs deviennent centrales.
  • Anthropobiologie: évolution humain, Eric Crubézy,José Braga,Georges Larrouy, éd. Elsevier Masson, 2008, p. 122


La proximité génétique entre le nord de l’Afrique et les groupes sud-ouest européens conduisent à l’hypothèse d’une origine commune entre ces populations. Deux hypothèses sont actuellement discutées. Cette origine commune pourrait dater du Paléolithique Supérieure avec l’expansion d’Hommes anatomiquement modernes depuis le Proche-Orient et s’étendant le long des deux rives de la Méditerranée. Elle pourrait aussi avoir eu lieu au cours de la diffusion Néolithique depuis le Proche-Orient, il y a 10 000 ans av. J.-C.
  • Clotilde Coudray, 2006, dans Diversité génétique des populations Berbères et peuplement du nord de l'Afrique, paru Revue Anthropo, Vol. 11 - 2006, Volume spécial, XXVIIème colloque GALF, Clotilde Coudray.


La composition génomique de ces chasseurs-cueilleurs [européens du Mésolithique] se situe très loin de celles des populations modernes, y compris des Eurasiens de l'ouest. [ ... ] Les données génomiques des premiers agriculteurs [venus d'Anatolie au Néolithique] des différentes parties de l'Europe montrent clairement une forte différentiation entre eux et les chasseurs-cueilleurs européens.
  • (en) The genomic make-up of these hunter-gatherers fall outside of the genetic variation of modern-day people, including western Eurasians. [...] genomic data from early farmers from different parts of Europe clearly showed a strong differentiation between them and European hunter-gatherers.


Voir aussi[modifier]


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